Jean-Luc Raymond

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Tag - emploi

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lundi 30 octobre 2006

Que sont devenus les emplois jeunes des collectivités locales ?

A une époque, on a pu facilement gloser sur les emplois jeunes et leur utilité, voire sur la sortie du dispositif pour nombre de ces employés qui ont fait partie du dispositif du Ministère du Travail "nouveaux services, nouveaux emplois" dès la fin des années 90. Aujourd'hui, on reconnaît peu l'apport de ces salariés au sein des collectivités territoriales qui ont pourtant rempli des missions de service public. Ils sont le creuset de l'animation multimédia dans les Espaces Publics Numériques, des lieux naissants où ils ont souvent inventé, créé avec des moyens raisonnables dans un contexte de découverte des nouvelles technologies pour la majorité des Français. On oublie souvent de dire que plus de 10 % des Français, selon les statistiques, ont découvert les utilisations possibles de l'ordinateur et de l'internet dans des espaces multimédias à but non lucratif. Que sont devenus ces emploi jeunes ? Comment se sont-ils intégrés dans la vie professionnelle à l'issue de ce contrat de 5 ans ?


Une étude de la DARES (Direction de l'Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques, Ministère de l'Emploi, de la cohésion sociale et du logement) publiée ce jour s'est intéressée au devenir des emplois jeunes : "Que sont devenus les "emplois-jeunes" des collectivités locales, établissements publics et associations ?" (téléchargeable en pdf avec des tableaux au format Excel).


La conclusion montre l'efficacité du dispositif dans son ensemble comme le souligne ce résumé :

"Trois quarts des jeunes embauchés début 1999 en emploi-jeune dans une collectivité locale, un établissement public ou une association et restés au moins deux années en poste ont occupé un emploi immédiatement après leur sortie du dispositif. Parmi eux, 61 % sont restés chez leur employeur sur un contrat de droit commun ou en stage et 23 % ont été maintenus sur leur poste emploi-jeune grâce à une aide supplémentaire de trois ans en vue de sa pérennisation, les autres trouvant un emploi chez un autre employeur.

L'insertion professionnelle a été rapide quand le jeune a choisi de rompre son contrat avant le terme des cinq ans d'aide de l'État : près des deux tiers avaient déjà trouvé un emploi au moment où ils ont rompu leur contrat. L'insertion a été en revanche plus difficile quand le contrat est arrivé à son terme et que le jeune n'a pas pu rester chez son employeur.

Pendant leur emploi-jeune, six jeunes sur dix ont préparé un diplôme ou un concours d'entrée dans la fonction publique et quatre sur dix l'ont obtenu. Si la réussite au concours a été le gage d'une insertion professionnelle rapide et stable, l'obtention d'un diplôme ou d'un titre a eu peu d'impact sur l'insertion des jeunes à 18 mois."


Source :

Rotman, Gilles (30 octobre 2006). "Que sont devenus les "emplois-jeunes" des collectivités locales, établissements publics et associations ?" (En ligne), in Premières Synthèses, n°44.1, Direction de l'Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques, Ministère de l'Emploi, de la cohésion sociale et du logement, Paris, 6 p. et annexes (Page consultée le 30 octobre 2006)

mercredi 18 octobre 2006

Recherche d'emploi sur Internet : Jobetic, un blog avec des ressources indispensables et un guide de la recherche d'emploi sur Internet

Jobetic est l'un des blogs les plus intéressants consacré à la recherche d'emploi sur Internet. Il a été créé par l'équipe d'Alias Presse, une agence de Presse spécialisée sur le thème de l'emploi, du monde de l'entreprise, des technologies et de l'innovation dont la journaliste Corinne Zerbib est fer de lance. Corinne Zerbib est d'ailleurs l'auteur d'un ouvrage de référence à petit prix : "Rechercher un emploi sur Internet" (collection Vie Active, aux Éditions J'ai lu, 2005).


Jobetic fait une veille conséquente sur l'emploi et internet, et outre l'actualité du secteur, met à disposition des ressources essentielles comme l'annuaire des job boards (sites Internet généralistes d'offres d'emploi), une lettre d'informations gratuite envoyée par courrier électronique, une rubrique Secteurs qui traite du recrutement en régions.


Plus pertinent encore, le blog Jobetic a regroupé différents articles dans un guide de la recherche d'emploi sur Internet s'enrichissant au fur et à mesure avec ces différents chapitres :

Adaptez votre candidature aux 'nouveaux' médias,
Planifiez votre recherche d'emploi,
Préparez vos e-CV et lettre de motivation,
Anticipez le CV universel,
Chassez les offres d'emploi en ligne,
Lancez vos candidatures spontanées,
Suivez vos candidatures,
Créez votre blog emploi,
Entrez dans les réseaux,
Cooptez-vous les uns les autres.


Source :

Collectif (octobre 2006). Jobetic (En ligne). Alias Presse, Hermanville-sur-Mer, Blog (Page consultée le 18 octobre 2006)

jeudi 28 septembre 2006

Jacques Cotta, 7 millions de travailleurs pauvres, la face cachée des temps modernes

Le journaliste Jacques Cotta a publié chez Fayard, le 27 septembre, un récit-essai sur une population française oubliée : les 7 millions de travailleurs pauvres : "7 millions de travailleurs pauvres. La face cachée des temps modernes".


Il y décrit de façon magistrale la vie au quotidien d'hommes et de femmes sans logis qui, la plupart du temps, errent chaque soir pour trouver un logement digne de ce nom, cherchent de quoi manger et désirent se laver ; ces mêmes personnes qui travaillent chaque jour pour un salaire dérisoire.


Crise du logement oblige, ces travailleurs pauvres sont victimes de la gentrification, terme barbare mais urbain, leur faible niveau de revenus les excluant de la ville mais aussi de la périphérie des villes. De plus en plus rejetées dans le rural, ces personnes se voient rejeter de la possibilité d'avoir un travail stable du fait de la difficulté à se déplacer par les modes de transports en commun, leur accès à la culture demeure limité, ne parlons même pas d'un accès à Internet digne de ce nom. Le livre de Jacques Cotta évoque ces gens-là, ceux qui n'ont pas d'organisations représentatives, ceux qui se taisent, dans la société française, qui n'existent pas sauf dans des statistiques liées à des revenus :

"Depuis que j'ai quitté l'homme au costume, je reste en butte à quelques questions qui se bousculent. Qui sont vraiment ces nouveaux pauvres, ces "poor workers" à la française ? La clocharde vautrée est détectable, mais eux ? Y a-t-il une trajectoire bien identifiée qui mène à cette nouvelle pauvreté, ou chaque cas est-il particulier ? Comment ces nouveaux pauvres ont-ils basculé ? Comment vivent-ils au quotidien ? Pour quelle raison l'homme qui vient de me parler a-t-il tout d'un coup sombré ? Il est environ 20h30, la pluie a cessé, et l'agitation habituelledu quartier a repris le dessus. Sous les appareils de chauffage extérieurs, les terrasses sont pleines, la musique resonge, couvrant le bruit des voitures qui passent à toute allure.

Malgré les apparences, statistiquement, il y a là des hommes et des femmes directement concernés que je ne peux repérer. Ils sont en effet 7 millions de France à connaître cette pauvreté, à ne pouvoir se nourrir, subvenir à leurs besoins élémentaires, se loger. Plus de 3 sans domicile fixe sur 10 ont un boulot et pourtant, comme l'homme que j'ai quitté à l'instant, cherchent soir après soir où dormir. Comment les reconnaître alors qu'ils sont comme vous, comme tout le monde, comme moi ?"


Statistiquement en France, plus de 7 millions de salariés perçoivent un salaire inférieur à 722 euros par mois et se trouvent dans l'incapacité de se nourrir, de se loger ou de s'habiller décemment, de même que leur famille. Plus de 12 millions ont moins de 843 euros de revenu mensuel. Entre la moitié et les deux tiers des femmes qui travaillent ont un contrat d'intégration (CES, CIE, CES...) et touchent moins de 750 euros par mois, ont un enfant, vivent seules ou avec un conjoint au chômage et forment 90 % des familles monoparentales.


Alors que la France n'a jamais été aussi riche - le Produit Intérieur Brut est en progression constante depuis le début des années 1990 - la précarité s'est développée sur un mode exponentiel. En 10 ans, l'intérim a augmenté de 130 %, le nombre de CDD de 60 %, les CDI de seulement 2 %. Plus d'un million de personnes bénéficient du RMI, plus de 500 000 de l'allocation solidarité.


Daniel Mermet (France-Inter) a consacré son émission "Là-bas si j'y suis" du 27 septembre à un entretien avec le journaliste Jaques Cotta à l'occasion de la sortie de son livre 7 millions de pauvres. Vous pouvez écouter cette émission à cette adresse.


Source :

Cotta, Jacques (27 septembre 2006). 7 millions de travailleurs pauvres, la face cachée des temps modernes, Fayard, Paris, 308 p.

mercredi 6 septembre 2006

Création d'entreprise et solidarité numérique, questionnements sur l'appropriation à l'Internet, une coopérative d'activité TIC en Wallonie

Sébastien Cayrolles, créateur de Ceovia, une entreprise de services sur Internet en Région Dijonnaise ("nouveau média qui va donner enfin l'occasion aux particuliers et aux professionnels de communiquer localement"), compte son aventure sur son blog : Scayaux : un créateur d'entreprise à Dijon.


Habitant de Auxonne, il informe aussi sur l'activité d'une association locale "qui procure des séances d'aide pour maîtriser l'informatique" et se questionne dans un autre article sur Internet comme espace de solidarité avec une piste de solution technique en problématisant son propos sur la culture numérique :

"Outre ces problèmes techniques de raccord au web, il y a bien évidemment le problème de la culture numérique. Il y a de nombreuses personnes avec qui j'aimerais bien échanger des photos, des séances de webcam, des lectures. Mais je crois qu'il est à peu près impensable de les convertir à Internet en l'état actuel des choses."


Aujourd'hui, les enjeux de créations d'entreprises axées sur des activités locales numériques se heurtent à des interrogations liées à l'appropriation d'Internet par les utilisateurs : quelles sont les compétences développées, à développer ? Celles qui bien évidemment conditionnent des activités économiques sur des territoires...


Dans le domaine de la création d'entreprise, la solidarité numérique peut jouer à plein comme cette idée judicieuse qui est devenue réalité, l'association Technocité Asbl (centre de compétence de la Région Wallonne en Belgique, qui a pour mission de diffuser très largement les Technologies de l'Information et de la Communication et d'en favoriser l'usage par l'initiation, la formation et le perfectionnement) créée une coopérative d'activité avec le centre de formation d'Hornu qui a pour but de faciliter l'engagement vers une activité indépendante. Pour Technocité, Pascal Kaiser décrit cette action :

"On a formé énormément de gens, à 50 % des demandeurs d'emploi. Et nos formations sont high-tech. Elles coûtent cher en matériel et en formateurs. D'où l'idée d’avoir une certaine traçabilitéde ces formations. De permettre de transformer l'essai. Il y a un fort déficit d'esprit d'entreprise. Les jeunes qui débutent comme indépendants ne savent pas se vendre, hésitent à se lancer… Or, ça peut fonctionner très fort en free-lance. C'est pour ça qu'on veut proposer une formule relativement souple qui donnera la possibilité de travailler 1 an comme free-lance tout en gardant son droit au chômage si l'activité s'arrête. On va aussi proposer des coachings en comptabilité à la demande, et surtout la possibilité de se retrouver dans des groupes de personnes tous dans la même situation."

mardi 5 septembre 2006

William J. Mitchell, la ville du XXIe siècle

William J. Mitchell est professeur au MIT (Massachusetts Institute of Technology, voir son site) et à la tête du MIT's Program in Media Arts and Sciences qui comprend le MIT media Lab.


Dans le numéro 91 de la revue scientifique en sciences humaines et sociales Sociétés, il s'interroge via l'article "L'espace entre les mots : Symboles, espace et ville" sur l'organisation de l'espace urbain comme constitutive de la relation de la communication dans une dimension narrative ; l'espace comme comme environnement qui se dote technologiquement d'éléments, de symboles et d'informations importés et valorisés in situ ; extrait :

"Ces déplacements, dislocations, insertions et combinaisons d'information numérique en rapport avec les environnements architecturaux et urbains ont toujours été lourds de conséquences, et le seront encore davantage à l'avenir. Un acheteur jadis était cantonné au monde clos d'un magasin ; on peut maintenant passer un coup de fil de son portable pour savoir quoi acheter pour le dîner, ou surfer sur Internet pour comparer les prix. Au moment de payer, un appareil sans fil lira les codes barres sur les produits achetés, les encaissera tout en mettant à jour le système d'inventaire des stocks. Un responsable politique peut désormais rester en contact au moyen de son Blackberry et donner des instructions, le tout sans quitter la salle de réunion, ni interrompre le débat qui s'y tient. L'étudiant dans son amphithéâtre n'interagissait auparavant qu'avec les éléments fournis par le professeur ; il peut désormais taper sur Google le sujet de l'intervention depuis son ordinateur portable, et rassembler des ressources accumulées autour du sujet du cours. (...) 

Contrairement à ce qu'on imaginait couramment il y a quelque temps pourtant, l'ubiquité qui caractérise les réseaux numériques n'a pas tout simplement gommé les différences entre les lieux, permettant à n'importe quoi de se produire n'importe où, à n'importe quel moment. Au contraire, cela s'est mué en mécanisme d'injection permanente d'informations au sein de contextes autrefois inaccessibles, ajoutant une nouvelle couche de sens. 

À mesure que ces différents modes et moyens de communication ont fait leur apparition les uns après les autres, ils se sont partiellement substitués à leurs prédécesseurs ; on peut, par exemple, choisir de décrocher le téléphone ou d'envoyer un e-mail au lieu de donner rendez-vous quelque part à un ami pour une conversation en tête à tête. La plupart du temps cependant, les nouvelles formes d'information se surajoutent et viennent compléter ce qui existait auparavant. Le mot écrit n'a pas mis un terme aux échanges parlés, et le mot électronique n'a pas tué l'imprimerie.

Toutes les pratiques de communication que j'ai décrites ici - de la discussion entre personnes rassemblées à portée de voix à propos de choses à portée de main à l'inscription et la lecture d'étiquettes, la construction et le téléchargement de pages web accessibles à l'échelle planétaire, l'envoi et à la réception d'e-mails jusqu'aux réunions en ligne depuis son ordinateur - travaillent ensemble à la fois dans le but de donner sens aux édifices et aux villes et d'en tirer du sens. Les fonctions sociales et culturelles des espaces construits sont devenues indissociables de l'opération simultanée de multiples systèmes de communication à l'oeuvre autour et à l'intérieur d'eux. On ne peut plus (n’a-t-on jamais pu ?) comprendre l'architecture en tant que médium autonome fait de masses, d'espaces et de lumière ; elle sert de nos jours de base construite à la rencontre et à l'extraction de sens à partir de flots d'information auditive, textuelle, graphique et numérique se recoupant au travers de réseaux planétaires."


Source :

Mitchell, William J. (2006). Trad. Bosqué, Clément. "L'espace entre les mots : Symboles, espace et ville" in Sociétés n°91, De Boeck, Bruxelles, pp.20-21

vendredi 1 septembre 2006

Initiatives de solidarité numérique 2005-2006 de IRDC Canada : en Asie, au Pakistan et en Inde

IRDC (ou en français CRDI - Centre de Recherches pour le Développement International) vient de publier son rapport annuel d'activités (86 pages en .pdf. à télécharger à cette adresse). Parmi les initiatives relatives aux Technologies de l'Information et de la Communication, IRDC soutient des projets de développement dont :

- "L'informatisation de langues locales" (initiative décrite à la page 37) dirigé par le National University of Computer and Emerging Sciences du Pakistan qui a permis de créer et de former dans 7 pays des équipes regroupant des chercheurs, praticiens, linguistes... pour mettre au point des outils comme des jeux et polices de caractères, vérificateurs d'orthographe, correcteurs grammaticaux et systèmes de reconnaissance de la parole en 9 langues dont chacune présente des difficultés particulières. Le logiciel Nepalinux 1.0 lancé en décembre 2005, comprend un correcteur orthographique d'environ 22 000 mots népalais d'usage courant,

- "JuriBurkina, accès direct et gratuit à l'information juridique" (initiative décrite à la page 44) : fournir un accès intégral à l'information juridique publique, dont la loi et la jurisprudence, aux juristes et aux citoyens du Burkina Faso via un logiciel d'exploitation libre mis au point par LexUM, le Laboratoire d'informatique juridique de l'Université de Montréal. JuriBukina est en ligne et peut être consulté par tout internaute,

- "L'impact des TIC sur l'allègement de la pauvreté dans la région rurale de Pondichéry en Inde" (initiative décrite page 53) : Donner accès à de l'information fondamentale sur l'économie et l'environnement à 12 000 personnes de 7 villages via des Espaces Publics Numériques appelés "centres de savoirs communautaires". Ce projet est coordonné sur place par la MS Swaminath Research Foundation.


A souligner que IRDC a la particularité de disposer d'un financement conséquent de Microsoft Corporation (lire à ce sujet ce communiqué de Presse, le descriptif du partenariat Unlimited Potential ou encore ce communiqué) pour développer les activités de Telecentre.org, une plateforme d'échanges, de mise en réseau et développement des télécentres prioritairement dans les pays en voie de développement et plus largement à travers le monde.


Source :

Collectif (31 août 2006). Rapport annuel du CRDI 2005-2006 (En ligne), Centre de Recherches pour le Développement International, Ottawa, 86 p. (Page consultée le 31 août 2006)

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