Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une
chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans
l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le
prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre,
objet utile ou inutile, lieu en devenir...
L'E-Artcasting est un mot juste né d'un blog en espagnol et en
anglais du même
nom qui cherche à repérer des technologies "sociales" utilisées dans les
musées d'Art à travers le monde, des nouvelles façons de communiquer et
d'interagir avec le public (podcasting, partage de photos, systèmes
d'e-learning...).
L'E-Artcasting serait donc une approche qui permet d'explorer l'Art à travers
l'utilisation de nouveaux outils, de leur impact et de leurs possibilités.
Selon les initiateurs du blog, l'E-Artcasting s'inscrit dans la lignée du
nouveau Web (Web 2.0). Le concept d'E-Artcasting est à suivre...
Tag - education
lundi 20 novembre 2006
E-Artcasting (tendance 015)
Par Jean-Luc Raymond le lundi 20 novembre 2006, 23:45 - Tendance
Internet, passeport pour l'inégalité ? (Nicolas Arpagian, Grégoire Lucas)
Par Jean-Luc Raymond le lundi 20 novembre 2006, 21:33
Nicolas Arpagian (grand reporter) et Grégoire Lucas (consultant) ont
récemment participé à la rédaction de l'ouvrage L'Opinion numérique (sorti en
novembre aux Editions Dalloz), sous la direction d'Agathe Lepage (cf. la
présentation du livre). Dans une tribune des Echos (daté du
mercredi 15 novembre 2006) intitulée : "Internet : passeport pour l'inégalité",
les deux auteurs s'interrogent sur le mot "information" comme matière première,
comme témoignage ou comme information erronée et nous questionnent sur un fait
saillant avec une conclusion très optimiste :
"Avec l'avènement d'Internet, notre société est-elle dès lors condamnée à compter deux sortes de populations ? Celle des initiés, capable de faire le tri parmi le foisonnement d'informations. L'autre, dont les connaissances plus limitées ne lui permettraient pas de discerner la bonne information de la mauvaise. La réponse passe avant tout par l'éducation et l'apprentissage au plus jeune âge des enjeux de la Toile.
"Science sans conscience n'est que ruine de l'âme", disait Rabelais. On pourrait penser que la consommation d'Internet dès le berceau, et son usage presque inné chez les jeunes générations, fera émerger une capacité d'utilisation éclairée, une consommation éduquée, au fait de son potentiel et de ses limites. Et que bientôt ses utilisateurs sauront "traiter" et discerner l'information présente sur le Web, et percevoir "in fine", ce qu'elle est et surtout ce qu'elle n'est pas... C'est sans nul doute le meilleur sinon le seul rempart contre certains excès et dérives que l'on peut craindre".
Source :
Arpagian, Nicolas et Lucas, Grégoire (15 novembre 2006). "Internet, passeport pour l'inégalité ?", Les Echos, Point de vue, Paris, 1 p.
samedi 18 novembre 2006
Innovation sociale pédagogique, des projets scolaires concrets porteurs de sens : prix de l'innovation éducative et Taxibrousse
Par Jean-Luc Raymond le samedi 18 novembre 2006, 18:07
L'innovation sociale peut se passer de la formalisation
des Technologies de l'Information et de la Communication dans bien des
projets qui visent à favoriser davantage de compréhension et de respect de
l'autre.
Taxibrousse relie les pratiques Nord-Sud
L'agence de Presse pédagogique canadienne Infobourg rapporte sur son site
la belle initiative de Taxibrousse, une ASBL belge (association) qui propose
des stages d'entraide au Sénégal, auxquels des élèves et des enseignants de la
Belgique, de la France et du Québec participent : "Taxibrousse : "Je veux aider", "je veux apprendre", "je veux
partager"". Ces stages d'entraide et de formation (de 15 jours à 3
mois) pour les enseignants et les élèves font renaître chez ceux qui y
participent la notion d'entraide et de partage avec des projets pédagogiques
humanitaires. Ce sont 400 personnes qui sont parties depuis 2002 au Sénégal,
année où le projet Taxibrousse est né de l'idée Jean-Marc Quinet. Les vécus de
ces stages rapportés sur le site Internet de l'ASBL Taxibrousse témoignent de la
richesse sociale des échanges.
Claude Leblanc, enseignant au Collège Beaubois de
Pierrefonds (au Québec) a participé à Taxibrousse :
"Pendant cinq jours, durant leur semaine de relâche, 16 élèves de 4e et 5e secondaire et leurs deux accompagnateurs se sont envolés pour le Sénégal pour y faire de la remédiation avec les jeunes sénégalais. (...) Selon monsieur Leblanc, le plus difficile pour ses élèves a été "de revenir dans une société matérialiste où ce sont les possessions matérielles qui déterminent la valeur d'une personne, et non la personne elle-même"."
Un des prochains projets de Taxibrousse prévu en août 2007 : "Nous
souhaitons mettre sur pied une petite équipe d'enseignants férus d'informatique
pour former leurs homologues sénégalais".
Prix de l'innovation éducative 2006 : des actions "trans-"
Le Café pédadogique consacre un reportage au Prix de l'innovation éducative 2006 remis cette année par
Philippe Meirieu à deux collèges, une école, un lycée professionnel en
France. La Ligue de
l'enseignement et l'association "Pour l'école" parrainent cette
opération qui valorise des actions innovantes dans les domaines pédagogique et
éducatif conduites dans des établissements du premier et du second
degré.
Les Lauréats 2006 : l'école maternelle Pablo Picasso de Perpignan a
fabriqué des jeux scientifiques pour des enfants aveugles en associant les
parents d'élèves. Le collège Jean-Vilar de Grigny (Essonne) s'est illustré en
montant une exposition autour du "Pendule de Foucault" avec des élèves en
grande difficulté, transformant ainsi leur attitude vis-à-vis des
disciplines scientifiques. Le collège Laplace à Créteil (Val-de-Marne) a
construit tout un travail avec une maison de retraite : "les élèves ont
écrit des textes à partir des récits de vie des personnes âgées" et
d'autres collégiens en Zone
d'Éducation Prioritaire ont travaillé avec des artistes de
l'Opéra pour façonner un spectacle. Enfin, le lycée professionnel Croix Cordier
de Tinqueux (Marne) a constitué un recueil sur les poilus reposant
dans les cimetières communaux, chaque élève parrainant une tombe.
Ces projets sont porteurs de partage de savoir, de reconstitution de la mémoire
et de partage entre des groupes de vie bien différents. Philippe Meirieu a
décrit ces projets comme "trans-" : "transgénérationnels,
transdisciplinaires, transculturels. En effet, les 4 projets lancent des ponts
entre les hommes."
L'UNAF indique sur son site l'ensemble des
11 projets primés. La ligue de l'enseignement présente
les lauréats 2006 et invite les écoles et les collèges à participer au
Prix
de l'innovation éducative 2007.
mardi 14 novembre 2006
MITIC, Médias, Images et Technologies de l'Information et de la Communication (tendance 009)
Par Jean-Luc Raymond le mardi 14 novembre 2006, 22:22 - Tendance
Nouvelle
rubrique : tendance. Un mot, une expression, une chose comme reflet de
notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens
dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et
contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile...
Le consultant Philippe Martin cherche à redéfinir l'utilisation des
Technologies de l'Information et la Communication par les enfants en empruntant
l'expression MITIC. Ceci est évoqué dans un billet de son blog N'ayez pas
peur!! : "Le MITIC va-t-il transformer la façon d'enseigner ?" :
"Ensuite une analyse suisse de la revue Enjeux Pédagogiques qui se penche sur les TIC et la pédagogie. D'ailleurs, j'y ai découvert le terme de "MITIC" qui veut dire "Médias, Images et Technologies de l'Information et de la Communication" qui selon moi est plus approprié à ce qui se passe sur le web, je parle en terme d'utilisation des blogs, wikis, partage d'images et de vidéos dont les élèves sont très friands, plutôt que le terme TIC qui fait plus référence à l'usage des logiciels de textes, d'images, tableurs ainsi que du fonctionnement des ordinateurs."
L'acronyme MITIC semble rencontrer un écho particulier dans l'enseignement
scolaire en Suisse. Il figure notamment dans le vocabulaire de la formation
continue des enseignants (Réforme, rénovation du système éducatif genevois et
usages des TIC, Nouvelles méthodes de travail dans l'élaboration de projets en
commun) avec un cours spécifique : "Médias,
image et technologies de l'information et de la communication (MITIC)" et
un article de GeLibrEdu revient sur une préoccupation grandissante : "Vers des MITIC libres dans
l'éducation à Genève" (30 octobre 2006) :
"L'Etat de Genève souhaite promouvoir des Médias, Images et Technologies de l'Information et de la Communication (MITIC) libres. Les enjeux éducatifs étant particulièrement en phase avec ceux du monde du libre, le Service Ecoles-Médias (SEM) propose ici des ressources pour s'informer et se former, présente les projets réalisés, en cours et à venir."
Semaine de la solidarité internationale, 9e édition
Par Jean-Luc Raymond le mardi 14 novembre 2006, 09:43 - Evénement
Du 11 au
19 novembre 2006, se tient la 9e édition de la Semaine de la solidarité
internationale (avec le soutien du Ministère des Affaires étrangères, du
Ministère de l'Éducation Nationale de l'Enseignement Supérieur et de la
Recherche, de la Région Ile-de-France, du Conseil Général de l'Essonne, et de
la Mairie de Paris).
"En France, tous les jours, des bénévoles, des salariés, s'impliquent dans des projets et des initiatives de solidarité internationale au niveau local, national ou international. Des citoyens, par des gestes concrets (en achetant ou voyageant solidaire, en épargnant éthique, en interpellant les décideurs...) tentent, très simplement, de promouvoir des relations Nord-Sud plus justes et plus équitables. Mais avez-vous entendu parler de ces bénévoles, ces salariés, ces citoyens aux 20 heures ? La solidarité internationale est souvent absente des médias nationaux. Peu de télévisions, de radios ou de journaux nationaux la relaient. C'est pour valoriser ces engagements, dans leur diversité, que la Semaine a été créée. Pour DIRE à voix haute la solidarité internationale et offrir à ses acteurs, une semaine par an, un espace-temps pour faire connaître au grand public les actions menées tout au long de l'année et proposer des pistes d’actions concrètes à la portée de tout un chacun."
Le site Internet de la Semaine de la solidarité internationale répertorie les actions solidaires (recherche multicritères), donne des pistes de gestes solidaires et invite chacun à participer aux animations de ces 8 jours pour un monde plus juste.
dimanche 12 novembre 2006
Génération M (tendance 007)
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 12 novembre 2006, 23:45 - Tendance
Nouvelle
rubrique : tendance. Un mot, une expression, une chose comme reflet de
notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens
dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et
contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile...
Génération M... Dans l'édition d'août 2006, le magazine américain Wired (spécialisé nouvelles
technologies) reprend les propos en condensé du blog de Derek Powazek,
cofondateur de JPG Magazine, qui définit sur son blog, dans un article du 31
mai 2006, la Génération M dont il se déclare faire partie : Generation M
:
"What truly defines my generation - us Web geeks, iPodders, and remixers? I think we're Generation M.
M for multitask: We listen to music while surfing the Web and having four IM conversations.
M for mashup, my favorite example of multitask culture.
Finally, M for media, with emphasis on the me.
There is no corner of our lives undocumented, no niche topic left unexplored".
Patrick Giroux et François
Guité font allusion sur leurs blogs à une acception moins large de la
Génération M : les pratiques multimédia chez les jeunes de 8 à 18 ans
:
"Ainsi, les médias occupent presque autant de place dans leur vie que l'école. Face à pareille compétition, celle-ci, avec les pauvres moyens qui lui sont donnés, ne peut plus rivaliser. ... Peut-être faut-il dire multimédia plutôt que media, car les jeunes vivent à l'ère de l'électronique. Ils gobent non seulement la télé, les jeux vidéo et l'ordinateur, mais aussi les lecteurs MP3, les téléphones cellulaires et les Palms."
Les deux spécialistes de la pédagogie font en fait référence à une étude
américaine de la Kaiser Family Foundation publiée en mars 2005 sur les
habitudes de consommation des médias par les jeunes
américains de 8 à 18 ans : "Generation M: Media in the Lives of 8-18 Year-olds" (rapport
complet téléchargeable ici en .pdf, 145 pages).
Accès public à l'Internet en Afrique : 4 mémoires d'étudiants, travaux de recherche au Mali, Sénégal et au Burkina-Faso
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 12 novembre 2006, 23:31
L'association
des EPNologues publie 4 travaux d'étudiants du Master 2 CGNPT
(Université Paris 10 Nanterre) très intéressants sur l'accès public en
Afrique ; une perception de la réalité de l'appropriation des technologies via
des expériences différentes et enrichissantes du point de
vue humain et pédagogique :
Au Mali, un état des lieux des TIC et des usages diversifiés des
technologies
Loïc Baron (Septembre 2006), "Etude des TIC au Mali, lors du Forum Social Mondial 2006. Projet : De l'Ilot Bamako en collaboration avec l'association GNTM de Saint-Denis" (à télécharger ici en .pdf, 72 pages). Au coeur de ce projet, un travail avec un Espace Public Numérique de Saint-Denis (93) permettant à des jeunes du quartier de se rendre au Forum Social Mondial à Bamako (Mali). Un voyage d'études illustré fait un état des lieux de l'accès public à l'Internet au Mali, des utilisations de l'Internet par les Maliens. Extrait :
"Utilisation du GSM dans le désert. Mohamed possède quelques chameaux et un troupeau de chèvres. C'est un Touareg nomade. Mais le seul élevage ne permet pas de vivre convenablement. Sa femme et lui réalisent des objets d’artisanat. Ils invitent des touristes en ballade à dos de chameau qui passent quelques nuits dans leur campement. Ces activités touristiques leur permettent d'acheter en ville des produits de première nécessité. Mais l'arrivée du GSM a considérablement modifié leur mode de vie. En effet, depuis
que Mohamed a acheté un téléphone portable, ils peuvent recevoir des coups de téléphones venant de Tombouctou ville. Ces appels sont ceux de partenaires de Tombouctou qui leur indique l'arrivée de touristes qui souhaitent partir en expédition
dans le désert. Mais la couverture GSM est limitée autour de la ville de Tombouctou. Les touaregs impliqués dans l'activité touristique établissent donc leur campement en fonction de ce nouveau paramètre : être à portée du réseau de téléphonie mobile."
A Dakar, citoyenneté numérique et administration en ligne
Abdoul Aziz Wane (Septembre 2005). "Autre Mairie de Dakar : Audit des Espaces Publics d'Accès Internet : Utilisation des TICs pour une qualité de service public et de bonne gouvernance locale" (à télécharger ici en .pdf, 114 pages). Ce mémoire s'intéresse à la réalité de l'accès public à Internet à Dakar avant de dégager les enjeux des TIC de l'administration locale et d'entrevoir un programme d'actions global par la mairie de Dakar d'appropriation de l'internet, auprès des citoyens de la capitale du Sénégal. Abdoul Aziz Wane dresse une typologie des publics menacés d'exclusion numérique :
"D'après les témoignages recueillis auprès des populations aux alentours des CyberCentres et chez les particuliers (pères et mères de familles), il a été constaté que quelques sous-groupes de la population Dakaroise sont significativement en
marge d'Internet :
- la tranche d'âge des 50 ans et plus (90% de non-utilisateurs),
- ceux qui n'ont pas de diplôme du secondaire (79% de non-utilisateurs),
- ceux qui n'ont pas d'activité professionnelle et ne sont pas demandeurs d'emploi (62% de non-utilisateurs),
Dans une moindre mesure :
- les chômeurs (49% de non-utilisateurs),
- les ouvriers (49% de non-utilisateurs)."
Espaces Numériques Scolaires au Sénégal : pluralité
d'expériences
Maty Diallo / Dia (Septembre 2005) "Accès au grand public des Espaces Numériques Scolaires au Sénégal : Situation actuelle et perspectives" (à télécharger ici en .pdf, 97 pages). Ce mémoire de fin d'études dresse un panorama des ENS (Espaces Numériques Scolaires) au Sénégal, des lieux qui sont soit le fait d'une initiative interne (projet d'école ou d'établissement ou encore dans le cadre de partenariat Nord-Sud), soit nés sous l'impulsion des Autorités du Ministère de l'Education ou des Collectivités locales dans le cadre de la décentralisation. Par une méthodologie d'enquête quantitative et qualitative, Maty Diallo / Dia présente la pluralité des approches et des usages en ENS. Dans sa conclusion, il propose des axes de développement pragmatiques :
"Dans le même sens, les Pouvoirs locaux pourraient, toujours en relation avec les ONG, les mouvements associatifs, les artisans, pêcheurs, automobilistes, agriculteurs, les commerçants, etc., initier et promouvoir le développement de cyber-écoles. L'idée serait d'utiliser la puissance des TIC dans les ENS au service de la communauté, afin de mettre en commun les expériences et les activités des groupes socioprofessionnels, dans le but d'une mutualisation des moyens. Ces cyber-écoles, relativement bien implantées, pourraient permettre de faire face aux frais financiers qu'occasionnent aujourd'hui la construction tout azimut de cybercafés et dont les coûts sont souvent de portée des possibilités des habitants. Compte tenu de ce facteur limitant, la mutualisation envisagée pourrait se faire dans le cadre de salles multimédias qui regrouperaient
l'essentiel des moyens informatiques et de communication. Afin d'assurer la pérennisation du projet, il peut être prévu un couplage avec des activités de services telles que l'animation d'un cybercafé, la formation, la vente de produits locaux (artisanat, tourisme) en ligne, la réalisation de sites Web pour les PME locales, etc."
E-formation et formation au Burkina-Faso via des Espaces Publics Numériques en
réseau
Emmanuel Tassr Sawadogo (Septembre 2005). "Offre de e-formation en milieu rural au Burkina Faso : Etude de faisabilité d'un projet pilote" (à télécharger ici en .pdf, 79 pages). L'objectif principal de ce projet est la construction d'une offre de e-formation et d'information pour le développement aux communautés rurales du territoire du Sanmatenga, une des 45 provinces du Burkina Faso, en partenariat avec InFoDev (structure de formation et d'information au Burkina). Le mémoire est présenté sous la forme d'une gestion de projet technique. A propos des publics concernés :
"Le choix d'InFoDev de s'intéresser au monde rural prédéfinit les publics cible du projet qui prend désormais le nom de Projet Sanem. En effet, les zones rurales sont constituées presque exclusivement de petits agriculteurs et d'éleveurs. Ces deux secteurs d'activités occupent 85% de la population du Burkina Faso et, paradoxalement, il n'y a pas d’offre de formation
structurée pour ces publics ; ce qui donne déjà à ce projet son caractère innovant. Ce caractère innovant du projet justifie d'ailleurs l'enquête menée pour dresser le relevé des besoins en formation et en information spécifiques à ce milieu. La politique d'InFoDev, le porteur du présent projet, est d'utiliser la médiation de l'ordinateur dans une série d'offres de formation en direction de ces publics localisés dans la province du Sanmatenga dans la perspective d'un développement humain durable et d'éviter les supports non interactifs à quotient phatique médiocre (...) En terme de disponibilité, les deux saisons qui s'alternent dans le pays rythment la vie : la saison des pluies ou hivernage, qui s'étend de mi-mai à mi-octobre est la période et pendant laquelle la totalité des populations rurales sont sollicitées à temps plein dans les travaux champêtres. En revanche, la saison sèche, qui va de la mi-octobre à la première moitié du mois de mai est une période sans activités majeures et offre donc une plage temporelle de disponibilité des publics pour s’impliquer dans d'éventuelles formations."
Paris en images, le patrimoine photographique de Paris sur un site Internet
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 12 novembre 2006, 11:24
La Ville de Paris en association avec France Télécom vient de
lancer un site Internet expérimental : Paris en Images avec la
célèbre agence photos Roger-Viollet pour favoriser l'accès au patrimoine
photographique de Paris. 15 000 photos sont consultables et également
téléchargeables sur téléphone mobile et assistant personnel (PDA). On y
découvre des oeuvres d'Atget, Brassaï, Gustave Le Gray, Disdéri, Hippolyte
Blancard... La Bibliothèque Historique de la Ville de Paris et le Musée
Carnavalet ont contribué par leurs fonds au site Paris en Images. Le site
Internet patrimonial propose des ballades thématiques en 3D dans un quartier de
la capitale et ainsi de visionner l'évolution de celui-ci.
À cette occasion, la Ville de Paris a confié la numérisation de ses archives
disséminées de daguerréotypes et photos à La Parisienne de
Photographies, une Société d'Économie Mixte (qui intègre désormais
l'agence photographique Roger-Viollet), ayant pour mission de numériser
500 000 supports en 8 ans. Le site Paris en Images permet la consultation des
images en basse résolution et proposera à la vente des reproductions pour les
médias et les éditions permettant de contribuer au financement de la
numérisation et de la préservation des supports.
Sur le site Paris en
Images, un observatoire pédagogique a été mis en place qui présentera
différents travaux. Le premier projet pédagogique a consisté en un travail de
reconduction photographique pour 25 élèves d'une classe de CM1 de l'école
Julien Lacroix dans le 20e arrondissement : reproduction en couleur dans les
mêmes conditions de prise de vue des photos de leur quartier et ses environs
datant du début du siècle. Les élèves ont aussi photographié le même lieu
semaine après semaine afin d'observer les évolutions et changements. Analyser
une photographie, observer son quartier, tels étaient les objectifs de cette
initiative. Les enfants ont utilisé un outil Rich Media développé par France
Télécom : TélénetCité qui a permis de conjuguer différents formats de
contenus (textes, image et vidéo).
Source :
Guillot, Claire (10 novembre 2006). "La Ville de Paris diffuse son patrimoine photographique" (En ligne), Le Monde, Paris, 1 p. (Page consultée le 12 novembre 2006).
samedi 11 novembre 2006
Jean-Jacques Servan-Schreiber, prospectiviste des usages des technologies et précurseur des Espaces Publics Numériques
Par Jean-Luc Raymond le samedi 11 novembre 2006, 19:11
Comme
L'Express et Les Echos ("JJSS et la modernité", 8 novembre 2006) le rappellent cette
semaine dans un dossier consacré à sa vie, Jean-Jaques Servan-Schreiber, décédé
la semaine dernière à l'âge de 82 ans, fut un visionnaire des technologies. En
1967, il publie "Le Défi Américain", un essai avec un énorme succès qui se
vendra à 600 000 exemplaires, où il souligne que l'Europe est dépassée tant au
niveau des méthodes de management que de l'équipement technologique et dans sa
capacité de mobilisation de la recherche. C'est un livre visionnaire, traduit
en 15 langues qui marqua cette époque.
Son second livre à succès, "Le Défi Mondial" sorti en 1980 s'intéressera à la
puissance économique du Japon grâce au levier technologique à
l'informatisation. En 1981, Jean-Jacques Servan-Schreiber convainc François
Mitterrand de créer le Centre pour l'Informatisation de la France (dit "Centre
Mondial Informatique et Ressource Humaine") dirigé par Nicolas Negroponte et
Seymour Papert. (Photo : Jean-Jacques Servan-Schreiber et des enfants au
Centre Mondial de l'Informatique en 1984). Ce centre est en avance sur son
temps, il se veut...
"Instiller aux sphères politiciennes le virus micro-processorien et a pour objectifs de mettre au point un nouvel ordinateur individuel ainsi que de servir de base aux programmes pilotes dans les pays en voie de développement, une expérience sociale au profit des jeunes, des chômeurs et des personnes âgées."
Jean-Jacques Servan-Schreiber eut l'idée des Espaces Publics Numériques et d'un
réseau des animateurs multimédias plus de 10 ans avant leur existence :
"Un réseau national de 50 000 ateliers équipés de
micro-ordinateurs professionnels" (document du Centre mondial pour
l'informatique et les ressources humaines, novembre 1984), "Coordination entre les responsables de centres et les
animateurs" (Note technique, 27 novembre 1984), "L'ordinateur au village : le projet français fait des
vagues" (par Daniel Garric, Le Point n° 640, 24 décembre 1984), "Les chantiers populaires de la micro" (Le Matin, 23 janvier
1985).
Le Centre Mondial Informatique ferme en 1985 et on dénonce dans les médias
français le gouffre financier (frais de réception et de voyage).
Il demeure de Jean-Jacques Servan-Schreiber une vision de prospectiviste
indiscutable dont voici quelques citations qui font sens et qui sont toujours
d'actualité plus que jamais :
"Rien n'est donc plus urgent que de tout mettre en œuvre pour brancher la puissance informatique sur le développement, avant tout, des facultés de chaque homme et de chaque femme, dans sa région, dans sa culture , dans sa langue, selon sa vocation, pour faire surgir sa propre ressource, sa propre capacité à créer. C'est vrai au nord comme au sud. Car devant la nouvelle ère qui commence nous sommes tous sous-dévelopés. ". (Le Défi Mondial, 1980)
"En 1980, et probablement avant, l'ensemble des écoles et universités américaines seront reliées avec des consoles aux ordinateurs géants dans les différentes branches des connaissances. Et les programmes d'éducation par classe, peut-être même par élève, seront adaptés et coordonnés directement par les ordinateurs." (Le Défi Mondial, 1980)
"C'est au cours de mes séjours de travail, de plus en plus fréquents, en Amérique et au Japon, que j'ai découvert cet univers tout neuf, pour nous, Français, de l'informatisation. J'ai alors perçu qu'il va tout pénétrer, tout changer - industries, agriculture, services, éducation. Convaincu qu'il était nécessaire d'en savoir rapidement plus long, j'ai participé, pendant trois mois, à des séminaires en Californie, pour mieux m'imprégner de cette nouvelle "révolution" dans les modes de liaisons entre les individus et communautés, cherchant à définir la meilleure ouverture pour une "voie française". Je me suis même fixé, pour un temps, dans la plus avancée des universités américaines en informatique, celle de Carnegie-Mellon, à Pittsburgh. Chaque bureau, chaque chambre, chaque poste de travail, y est doté d'un ordinateur personnel, directement branché sur l'ensemble des banques de données de l'Université et aussi du pays. (Un seul exemple : un étudiant, en fin de cursus, peut, de son ordinateur même, solliciter un poste dans l'ensemble du pays !) Immense progrès, encore inconcevable chez nous." (Le Fossoyeur, 1993).
vendredi 10 novembre 2006
Jean-Pierre Corniou, la connaissance n'est pas un stock mais un flux
Par Jean-Luc Raymond le vendredi 10 novembre 2006, 10:14
Jean-Pierre Corniou (haut-fonctionnaire, ex-Directeur des Systèmes
d'Information de grandes entreprises dont Renault) s'est exprimé lors des
Rencontres ICC 2006,
(Anticiper, Décider et Innover dans l'économie de la connaissance) au
Palais Brongniart, le 19 octobre, lors de la plénière Décider, Innover et Agir dans l'Economie de la
connaissance. Luc Legay a
enregistré en vidéo une partie de l'intervention de Jean-Pierre
Corniou sur le thème "Information et connaissances" dont voici la transcription
écrite :
"Dans un monde bruissant d'informations et de connaissances, on ne peut pas s'en tenir à un savoir statique. La connaissance n'est pas un stock mais un flux. Ce n'est pas parce que vous avez fait Polytechnique à 22 ans, qu'à 50 ans, vous êtes toujours compétitif. Et ça, c'est extrêmement important de remettre en question notre processus d'élaboration du modèle élitiste et donc du pouvoir en le réinjectant, en le repositionnant de façon dynamique par rapport à l'émergence de ces formes nouvelles.
Plus que jamais, l'éducation au discernement, la réflexion critique, l'intelligence cognitive vont être des facteurs de différenciation. Et à cet égard, la manière dont marchent les outils staliniens que sont les appareils de formation initiaux m'inquiètent considérablement parce qu'au lieu d'avoir des machines productivistes dont le taux de rendement est catastrophiquement faible comme l'enseignement français (on forme 25 000 ingénieurs par an sur une classe d'âge de 750 000 jeunes avec un taux de non-productivité considérable), il faut absolument et de façon immédiate repenser ce qu'on apprend à l'école parce qu'on apprend à l'école, ce n'est pas du tout à utiliser les moteurs de recherche, c'est un savoir mort, statique, écrit dans des livres par des inspecteurs généraux qui n'ont pas ouvert leur ordinateur de leur vie parce qu'ils ne savent pas ce que c'est. Et donc, il faut repenser le processus éducatif. Et des pays comme la Finlande, la Corée du Sud, ont complètement revu leur méthode d'éducation et fabriquent des gens dont le discernement, la capacité d'analyse, la compréhension fine de l'information sont le vecteur de la connaissance.
C'est le process d'acquisition et de restitution de connaissances qui va aujourd'hui être discriminant dans la société et dans le monde de l'entreprise. Ce n'est plus l'information acquise à l'instant T qui, de toute façon, est morte. Nous sommes en dynamique et nous ne sommes plus dans un monde statique. Voilà la manière dont je perçois ce management de la complexité. Apprendre en entreprise, apprendre à l'école, apprendre en tant que citoyen, apprendre dans l'ensemble de la société civile à décrypter la complexité de ce monde ; ne plus en avoir peur, la maîtriser et se lancer dans une vision extrêmement dynamique de la société de la connaissance qui n'est pas la gestion d'un stock accaparé par une minorité de gens et qui est une production collective. (...)
La recherche d'informations, c'est absolument consubstantiel à l'intelligence humaine. Nous avons des capteurs d'informations qui sont permanents et qui sont constants. On est fabriqué comme cela. On capte la température. On capte le mouvement. On capte la lumière. Aujourd'hui, on capte avec des outils, de l'information de toute nature et notre processus cérébral est de transformer cette information, ces "data", ces données en information et ces informations en connaissances. C'est ça l'intelligence humaine. On est équipé d'une CPU ultrapuissante pour faire cela et évidemment tout ça nous permet de prendre des décisions, de faire comme disent les Québécois "de poser des gestes".
Je trouve absolument génial qu'on soit dans une ère d'excès d'information. Tant mieux. On est passé dans l'ère de la rareté, dans l'air du pouvoir qui nous interdisait d'échanger de l'information, et attention, attention, il y a des gens qui veulent nous ramener à ça, tous les jours, parce que l'information fait peur. Elle dérange. Elle est contradictoire. Elle est bruissante. Toute l'expérience humaine, toute la richesse collective est née sur la capitalisation et l'échange d'informations transformées en connaissances. Donc, je n'ai pas peur d'avoir trop d'informations, je me réjouis.
Par contre, il faut accroître notre bande passante. Il faut savoir mieux lire. J'écris dans mon blog qu'Internet réhabilitait l'écrit. Bien sûr. Je pense aussi qu'il faut savoir lire les images. Je regrette que Dominique Wolton ne soit pas là parce que c'est extrêmement intéressant ce qu'il dit, son propos sur la lecture de l'image. Je trouve qu'apprendre aux enfants - il se trouve que ma femme est enseignante dans le primaire, elle a 18 élèves - et je déplore qu'il n'y ait pas 18 ordinateurs personnels dans sa classe lui permettant d'apprendre la géographie avec Google Earth.
Je crois qu'il faut qu'on apprenne à travailler dans un monde multimédia où nos sens sont sollicités de façon très complexe... Mais allez visiter une cathédrale à l'époque où les gens ne savaient pas lire. La richesse sémantique d'une cathédrale est quelque chose de fabuleux. La lecture d'un paysage, la lecture d'une ville, la lecture de la nature, ce sont des choses remarquables. Il y a énormément d'informations. Donc, je crois qu'il faut se réjouir de l'abondance d'informations. Il faut déplorer que nos process et nos algorithmes de traitement de l'information soient encore si pauvres et si mal préparés par les systèmes éducatifs."
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