Jean-Luc Raymond

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dimanche 12 novembre 2006

Accès public à l'Internet en Afrique : 4 mémoires d'étudiants, travaux de recherche au Mali, Sénégal et au Burkina-Faso

L'association des EPNologues publie 4 travaux d'étudiants du Master 2 CGNPT (Université Paris 10 Nanterre) très intéressants sur l'accès public en Afrique ; une perception de la réalité de l'appropriation des technologies via des expériences différentes et enrichissantes du point de vue humain et pédagogique :


Au Mali, un état des lieux des TIC et des usages diversifiés des technologies

Loïc Baron (Septembre 2006), "Etude des TIC au Mali, lors du Forum Social Mondial 2006. Projet : De l'Ilot Bamako en collaboration avec l'association GNTM de Saint-Denis" (à télécharger ici en .pdf, 72 pages). Au coeur de ce projet, un travail avec un Espace Public Numérique de Saint-Denis (93) permettant à des jeunes du quartier de se rendre au Forum Social Mondial à Bamako (Mali). Un voyage d'études illustré fait un état des lieux de l'accès public à l'Internet au Mali, des utilisations de l'Internet par les Maliens. Extrait :

"Utilisation du GSM dans le désert. Mohamed possède quelques chameaux et un troupeau de chèvres. C'est un Touareg nomade. Mais le seul élevage ne permet pas de vivre convenablement. Sa femme et lui réalisent des objets d’artisanat. Ils invitent des touristes en ballade à dos de chameau qui passent quelques nuits dans leur campement. Ces activités touristiques leur permettent d'acheter en ville des produits de première nécessité. Mais l'arrivée du GSM a considérablement modifié leur mode de vie. En effet, depuis
que Mohamed a acheté un téléphone portable, ils peuvent recevoir des coups de téléphones venant de Tombouctou ville. Ces appels sont ceux de partenaires de Tombouctou qui leur indique l'arrivée de touristes qui souhaitent partir en expédition
dans le désert. Mais la couverture GSM est limitée autour de la ville de Tombouctou. Les touaregs impliqués dans l'activité touristique établissent donc leur campement en fonction de ce nouveau paramètre : être à portée du réseau de téléphonie mobile."

A Dakar, citoyenneté numérique et administration en ligne

Abdoul Aziz Wane (Septembre 2005). "Autre Mairie de Dakar : Audit des Espaces Publics d'Accès Internet : Utilisation des TICs pour une qualité de service public et de bonne gouvernance locale" (à télécharger ici en .pdf, 114 pages). Ce mémoire s'intéresse à la réalité de l'accès public à Internet à Dakar avant de dégager les enjeux des TIC de l'administration locale et d'entrevoir un programme d'actions global par la mairie de Dakar d'appropriation de l'internet, auprès des citoyens de la capitale du Sénégal. Abdoul Aziz Wane dresse une typologie des publics menacés d'exclusion numérique :

"D'après les témoignages recueillis auprès des populations aux alentours des CyberCentres et chez les particuliers (pères et mères de familles), il a été constaté que quelques sous-groupes de la population Dakaroise sont significativement en
marge d'Internet :
- la tranche d'âge des 50 ans et plus (90% de non-utilisateurs),
- ceux qui n'ont pas de diplôme du secondaire (79% de non-utilisateurs),
- ceux qui n'ont pas d'activité professionnelle et ne sont pas demandeurs d'emploi (62% de non-utilisateurs),
Dans une moindre mesure :
- les chômeurs (49% de non-utilisateurs),
- les ouvriers (49% de non-utilisateurs)."


Espaces Numériques Scolaires au Sénégal : pluralité d'expériences

Maty Diallo / Dia (Septembre 2005) "Accès au grand public des Espaces Numériques Scolaires au Sénégal : Situation actuelle et perspectives" (à télécharger ici en .pdf, 97 pages). Ce mémoire de fin d'études dresse un panorama des ENS (Espaces Numériques Scolaires) au Sénégal, des lieux qui sont soit le fait d'une initiative interne (projet d'école ou d'établissement ou encore dans le cadre de partenariat Nord-Sud), soit nés sous l'impulsion des Autorités du Ministère de l'Education ou des Collectivités locales dans le cadre de la décentralisation. Par une méthodologie d'enquête quantitative et qualitative, Maty Diallo / Dia présente la pluralité des approches et des usages en ENS. Dans sa conclusion, il propose des axes de développement pragmatiques :

"Dans le même sens, les Pouvoirs locaux pourraient, toujours en relation avec les ONG, les mouvements associatifs, les artisans, pêcheurs, automobilistes, agriculteurs, les commerçants, etc., initier et promouvoir le développement de cyber-écoles. L'idée serait d'utiliser la puissance des TIC dans les ENS au service de la communauté, afin de mettre en commun les expériences et les activités des groupes socioprofessionnels, dans le but d'une mutualisation des moyens. Ces cyber-écoles, relativement bien implantées, pourraient permettre de faire face aux frais financiers qu'occasionnent aujourd'hui la construction tout azimut de cybercafés et dont les coûts sont souvent de portée des possibilités des habitants. Compte tenu de ce facteur limitant, la mutualisation envisagée pourrait se faire dans le cadre de salles multimédias qui regrouperaient
l'essentiel des moyens informatiques et de communication. Afin d'assurer la pérennisation du projet, il peut être prévu un couplage avec des activités de services telles que l'animation d'un cybercafé, la formation, la vente de produits locaux (artisanat, tourisme) en ligne, la réalisation de sites Web pour les PME locales, etc."


E-formation et formation au Burkina-Faso via des Espaces Publics Numériques en réseau

Emmanuel Tassr Sawadogo (Septembre 2005). "Offre de e-formation en milieu rural au Burkina Faso : Etude de faisabilité d'un projet pilote" (à télécharger ici en .pdf, 79 pages). L'objectif principal de ce projet est la construction d'une offre de e-formation et d'information pour le développement aux communautés rurales du territoire du Sanmatenga, une des 45 provinces du Burkina Faso, en partenariat avec InFoDev (structure de formation et d'information au Burkina). Le mémoire est présenté sous la forme d'une gestion de projet technique. A propos des publics concernés :

"Le choix d'InFoDev de s'intéresser au monde rural prédéfinit les publics cible du projet qui prend désormais le nom de Projet Sanem. En effet, les zones rurales sont constituées presque exclusivement de petits agriculteurs et d'éleveurs. Ces deux secteurs d'activités occupent 85% de la population du Burkina Faso et, paradoxalement, il n'y a pas d’offre de formation
structurée pour ces publics ; ce qui donne déjà à ce projet son caractère innovant. Ce caractère innovant du projet justifie d'ailleurs l'enquête menée pour dresser le relevé des besoins en formation et en information spécifiques à ce milieu. La politique d'InFoDev, le porteur du présent projet, est d'utiliser la médiation de l'ordinateur dans une série d'offres de formation en direction de ces publics localisés dans la province du Sanmatenga dans la perspective d'un développement humain durable et d'éviter les supports non interactifs à quotient phatique médiocre (...) En terme de disponibilité, les deux saisons qui s'alternent dans le pays rythment la vie : la saison des pluies ou hivernage, qui s'étend de mi-mai à mi-octobre est la période et pendant laquelle la totalité des populations rurales sont sollicitées à temps plein dans les travaux champêtres. En revanche, la saison sèche, qui va de la mi-octobre à la première moitié du mois de mai est une période sans activités majeures et offre donc une plage temporelle de disponibilité des publics pour s’impliquer dans d'éventuelles formations."

samedi 11 novembre 2006

Insécurité numérique (tendance 006)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile...


Dans le "Guide de la Sécurité pour les pays en voie de développement de l'Union Internationale des Télécommunications" paru en 2006 (et téléchargeable ici en .pdf, 156 pages), la notion d'insécurité numérique est nommée en page 9 et fait depuis lors ricochet dans le vocable employé pour les technologies ; extrait du sous-chapitre "Constat de l'insécurité numérique" :

"La réalité de l'insécurité des technologies de traitement de l'information et des communications trouve ses origines dans les caractéristiques des technologies de l'information et du monde virtuel. La dématérialisation des acteurs, les accès à distance, un relatif anonymat, les problèmes de conception, de mise en oeuvre, de gestion, de contrôle de l'informatique et des télécoms, associés aux pannes, dysfonctionnements, erreurs, incompétences, incohérences ou encore aux catastrophes naturelles, confèrent de facto un certain niveau d’insécurité aux infrastructures informatiques (...)

La réalité de ces dernières : usurpation d'identité, leurre de systèmes, accès indus, exploitation frauduleuse des ressources, infection, détérioration, destruction, modification, divulgation, déni de service, vol, chantage, etc. met en évidence les limites des approches sécuritaires actuelles, tout en révélant paradoxalement, une certaine robustesse des infrastructures.
Quelles que soient les motivations des acteurs de la criminalité informatique celle-ci engendre toujours des conséquences économiques non négligeables et constitue dans sa dimension de cybercriminalité, un fléau grandissant, transfrontalier et complexe."


Les 14 et 15 juin 2007, à Paris, se tiendra le 14e colloque du CREIS (Centre de Coordination pour la Recherche et l'Enseignement en Informatique et Société) sur le thème "De l'insécurité numérique à la vulnérabilité de la société". Un appel à communication auprès des chercheurs vient d'être lancé avec ces propos sur l'insécurité numérique :

"En s'hybridant avec les télécommunications, puis avec l'audiovisuel, l'informatique a favorisé le développement des techniques d'information et de communication (TIC) et la mise en réseau. Ces techniques qui se diffusent dans les espaces privés, publics ont une caractéristique commune : elles individualisent / autonomisent autant qu'elles accroissent notre dépendance.
Elles sont ainsi tout à la fois : - ambivalentes : d'une part, elles paraissent séduisantes, modernes, facilitant la vie au quotidien, offrant la possibilité d'accéder à des quantités d'information ; d'autre part, elles sont sources de contrôle, de traçabilité, d'atteinte à la vie privée et aux libertés,
- paradoxales : d'une part, elles permettent de rationaliser les démarches, de sécuriser les transactions, de rendre pérenne la production ; d'autre part jamais les systèmes d'information et de communication n'ont été aussi fragiles, montrant à l'occasion de panne, par exemple, notre extrême vulnérabilité par rapport à la technique (...)

Comment définir les concepts de vulnérabilité, d'insécurité, de panne, de dépendance ?
Quelle perception en a-t-on ?
Les dispositifs techniques de sécurisation, les protections juridiques, la sensibilisation des utilisateurs, les chartes de bon usage suffiront-ils ?
Les fouilles de données, les contrôles et les traces qui en découlent ne sont-ils pas liberticides ?
Peut-on gérer l'insécurité numérique, la maîtriser, s'y accoutumer, s'y former, s'en prémunir ?
Ne va-t-elle pas exclure certains, nous rendre dépendants ou encore contrecarrer la quête d'un développement durable ?"

Jean-Jacques Servan-Schreiber, prospectiviste des usages des technologies et précurseur des Espaces Publics Numériques

Comme L'Express et Les Echos ("JJSS et la modernité", 8 novembre 2006) le rappellent cette semaine dans un dossier consacré à sa vie, Jean-Jaques Servan-Schreiber, décédé la semaine dernière à l'âge de 82 ans, fut un visionnaire des technologies. En 1967, il publie "Le Défi Américain", un essai avec un énorme succès qui se vendra à 600 000 exemplaires, où il souligne que l'Europe est dépassée tant au niveau des méthodes de management que de l'équipement technologique et dans sa capacité de mobilisation de la recherche. C'est un livre visionnaire, traduit en 15 langues qui marqua cette époque.


Son second livre à succès, "Le Défi Mondial" sorti en 1980 s'intéressera à la puissance économique du Japon grâce au levier technologique à l'informatisation. En 1981, Jean-Jacques Servan-Schreiber convainc François Mitterrand de créer le Centre pour l'Informatisation de la France (dit "Centre Mondial Informatique et Ressource Humaine") dirigé par Nicolas Negroponte et Seymour Papert. (Photo : Jean-Jacques Servan-Schreiber et des enfants au Centre Mondial de l'Informatique en 1984). Ce centre est en avance sur son temps, il se veut...

"Instiller aux sphères politiciennes le virus micro-processorien et a pour objectifs de mettre au point un nouvel ordinateur individuel ainsi que de servir de base aux programmes pilotes dans les pays en voie de développement, une expérience sociale au profit des jeunes, des chômeurs et des personnes âgées."


Jean-Jacques Servan-Schreiber eut l'idée des Espaces Publics Numériques et d'un réseau des animateurs multimédias plus de 10 ans avant leur existence : "Un réseau national de 50 000 ateliers équipés de micro-ordinateurs professionnels" (document du Centre mondial pour l'informatique et les ressources humaines, novembre 1984), "Coordination entre les responsables de centres et les animateurs" (Note technique, 27 novembre 1984), "L'ordinateur au village : le projet français fait des vagues" (par Daniel Garric, Le Point n° 640, 24 décembre 1984), "Les chantiers populaires de la micro" (Le Matin, 23 janvier 1985).


Le Centre Mondial Informatique ferme en 1985 et on dénonce dans les médias français le gouffre financier (frais de réception et de voyage).


Il demeure de Jean-Jacques Servan-Schreiber une vision de prospectiviste indiscutable dont voici quelques citations qui font sens et qui sont toujours d'actualité plus que jamais :

"Rien n'est donc plus urgent que de tout mettre en œuvre pour brancher la puissance informatique sur le développement, avant tout, des facultés de chaque homme et de chaque femme, dans sa région, dans sa culture , dans sa langue, selon sa vocation, pour faire surgir sa propre ressource, sa propre capacité à créer. C'est vrai au nord comme au sud. Car devant la nouvelle ère qui commence nous sommes tous sous-dévelopés. ". (Le Défi Mondial, 1980)

"En 1980, et probablement avant, l'ensemble des écoles et universités américaines seront reliées avec des consoles aux ordinateurs géants dans les différentes branches des connaissances. Et les programmes d'éducation par classe, peut-être même par élève, seront adaptés et coordonnés directement par les ordinateurs." (Le Défi Mondial, 1980)

"C'est au cours de mes séjours de travail, de plus en plus fréquents, en Amérique et au Japon, que j'ai découvert cet univers tout neuf, pour nous, Français, de l'informatisation. J'ai alors perçu qu'il va tout pénétrer, tout changer - industries, agriculture, services, éducation. Convaincu qu'il était nécessaire d'en savoir rapidement plus long, j'ai participé, pendant trois mois, à des séminaires en Californie, pour mieux m'imprégner de cette nouvelle "révolution" dans les modes de liaisons entre les individus et communautés, cherchant à définir la meilleure ouverture pour une "voie française". Je me suis même fixé, pour un temps, dans la plus avancée des universités américaines en informatique, celle de Carnegie-Mellon, à Pittsburgh. Chaque bureau, chaque chambre, chaque poste de travail, y est doté d'un ordinateur personnel, directement branché sur l'ensemble des banques de données de l'Université et aussi du pays. (Un seul exemple : un étudiant, en fin de cursus, peut, de son ordinateur même, solliciter un poste dans l'ensemble du pays !) Immense progrès, encore inconcevable chez nous." (Le Fossoyeur, 1993).

vendredi 10 novembre 2006

Wikinomics ou wikinomie (tendance 005)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile...


Journaliste et fin observateur des technologies et de leurs usages depuis des années, Francis Pisani évoque sur son blog un nouveau mot : "Encore un nouveau terme : Wikinomics".


Ce mot est le titre d'un ouvrage de Don Tapscott et Antony D. Williams à paraître en janvier 2007 chez Portfolio : Wikinomics: How Mass Collaboration Changes Everything (Wikinomics: comment la collaboration de masse change tout).


L'idée de ce livre et du terme Wikinomics (à traduire par Wikinomie ?) soutenu par le think tank New Paradigm est relevée par Francis Pisani :

"Alors que les hiérarchies ne disparaissent pas, de profonds changements dans la nature de la technologie, de la démographie et de l'économie globale sont en train de donner lieu à la montée de nouveaux modèles de production basés sur la communauté, la collaboration, et l'auto-organisation plus que sur la hiérarchie et le contrôle."


On peut en savoir plus sur le site Internet consacré à la promotion de l'ouvrage : Wikinomics, y télécharger l'introduction et le premier chapitre du livre en .pdf : "1. Wikinomics: The Art And Science of Peer Production". Les deux auteurs y expliquent l'emploi du terme Wikinomics :

"To succeed, it will not be sufficient to simply intensify existing management strategies. Leaders must think differently abut how to compete and be profitable, and embrace a new art and science of collaboration we call wikinomics. This is more than open source, social networking, so-called crowdsourcing, smart mobs, crowd wisdom, or other ideas that touch upon the subject. Rather, we are talking about deep changes in the structure and modus operandi of the corporation and our economy, based on new competitive principles such as openness, peering, sharing, and acting globally."


Plus loin, ils caractérisent le mot wikinomics (wikinomie) en 4 idées fortes de l'économie mondialisée où les "armes" de la collaboration massive jouent à plein :

"The new art and science of wikinomics is based on four powerful new ideas: openness, peering, sharing, and acting globally. These new principles are replacing some old tenets of business."


Sur l'emploi de la racine Wiki, Don Tapscott et Antony D. Williams font une analogie avec un nouveau lieu de travail :

"The "wiki workplace" wraps up the journey with a look at how mass collaboration is taking root in the workplace and creating a new corporate meritocracry that is sweeking away the hierarchical silos in its path and connecting internal teams to a wealth of external networks."

Jean-Pierre Corniou, la connaissance n'est pas un stock mais un flux

Jean-Pierre Corniou (haut-fonctionnaire, ex-Directeur des Systèmes d'Information de grandes entreprises dont Renault) s'est exprimé lors des Rencontres ICC 2006, (Anticiper, Décider et Innover dans l'économie de la connaissance) au Palais Brongniart, le 19 octobre, lors de la plénière Décider, Innover et Agir dans l'Economie de la connaissance. Luc Legay a enregistré en vidéo une partie de l'intervention de Jean-Pierre Corniou sur le thème "Information et connaissances" dont voici la transcription écrite :

"Dans un monde bruissant d'informations et de connaissances, on ne peut pas s'en tenir à un savoir statique. La connaissance n'est pas un stock mais un flux. Ce n'est pas parce que vous avez fait Polytechnique à 22 ans, qu'à 50 ans, vous êtes toujours compétitif. Et ça, c'est extrêmement important de remettre en question notre processus d'élaboration du modèle élitiste et donc du pouvoir en le réinjectant, en le repositionnant de façon dynamique par rapport à l'émergence de ces formes nouvelles.


Plus que jamais, l'éducation au discernement, la réflexion critique, l'intelligence cognitive vont être des facteurs de différenciation. Et à cet égard, la manière dont marchent les outils staliniens que sont les appareils de formation initiaux m'inquiètent considérablement parce qu'au lieu d'avoir des machines productivistes dont le taux de rendement est catastrophiquement faible comme l'enseignement français (on forme 25 000 ingénieurs par an sur une classe d'âge de 750 000 jeunes avec un taux de non-productivité considérable), il faut absolument et de façon immédiate repenser ce qu'on apprend à l'école parce qu'on apprend à l'école, ce n'est pas du tout à utiliser les moteurs de recherche, c'est un savoir mort, statique, écrit dans des livres par des inspecteurs généraux qui n'ont pas ouvert leur ordinateur de leur vie parce qu'ils ne savent pas ce que c'est. Et donc, il faut repenser le processus éducatif. Et des pays comme la Finlande, la Corée du Sud, ont complètement revu leur méthode d'éducation et fabriquent des gens dont le discernement, la capacité d'analyse, la compréhension fine de l'information sont le vecteur de la connaissance.


C'est le process d'acquisition et de restitution de connaissances qui va aujourd'hui être discriminant dans la société et dans le monde de l'entreprise. Ce n'est plus l'information acquise à l'instant T qui, de toute façon, est morte. Nous sommes en dynamique et nous ne sommes plus dans un monde statique. Voilà la manière dont je perçois ce management de la complexité. Apprendre en entreprise, apprendre à l'école, apprendre en tant que citoyen, apprendre dans l'ensemble de la société civile à décrypter la complexité de ce monde ; ne plus en avoir peur, la maîtriser et se lancer dans une vision extrêmement dynamique de la société de la connaissance qui n'est pas la gestion d'un stock accaparé par une minorité de gens et qui est une production collective. (...)


La recherche d'informations, c'est absolument consubstantiel à l'intelligence humaine. Nous avons des capteurs d'informations qui sont permanents et qui sont constants. On est fabriqué comme cela. On capte la température. On capte le mouvement. On capte la lumière. Aujourd'hui, on capte avec des outils, de l'information de toute nature et notre processus cérébral est de transformer cette information, ces "data", ces données en information et ces informations en connaissances. C'est ça l'intelligence humaine. On est équipé d'une CPU ultrapuissante pour faire cela et évidemment tout ça nous permet de prendre des décisions, de faire comme disent les Québécois "de poser des gestes".


Je trouve absolument génial qu'on soit dans une ère d'excès d'information. Tant mieux. On est passé dans l'ère de la rareté, dans l'air du pouvoir qui nous interdisait d'échanger de l'information, et attention, attention, il y a des gens qui veulent nous ramener à ça, tous les jours, parce que l'information fait peur. Elle dérange. Elle est contradictoire. Elle est bruissante. Toute l'expérience humaine, toute la richesse collective est née sur la capitalisation et l'échange d'informations transformées en connaissances. Donc, je n'ai pas peur d'avoir trop d'informations, je me réjouis.


Par contre, il faut accroître notre bande passante. Il faut savoir mieux lire. J'écris dans 
mon blog qu'Internet réhabilitait l'écrit. Bien sûr. Je pense aussi qu'il faut savoir lire les images. Je regrette que Dominique Wolton ne soit pas là parce que c'est extrêmement intéressant ce qu'il dit, son propos sur la lecture de l'image. Je trouve qu'apprendre aux enfants - il se trouve que ma femme est enseignante dans le primaire, elle a 18 élèves - et je déplore qu'il n'y ait pas 18 ordinateurs personnels dans sa classe lui permettant d'apprendre la géographie avec Google Earth.


Je crois qu'il faut qu'on apprenne à travailler dans un monde multimédia où nos sens sont sollicités de façon très complexe... Mais allez visiter une cathédrale à l'époque où les gens ne savaient pas lire. La richesse sémantique d'une cathédrale est quelque chose de fabuleux. La lecture d'un paysage, la lecture d'une ville, la lecture de la nature, ce sont des choses remarquables. Il y a énormément d'informations. Donc, je crois qu'il faut se réjouir de l'abondance d'informations. Il faut déplorer que nos process et nos algorithmes de traitement de l'information soient encore si pauvres et si mal préparés par les systèmes éducatifs."

jeudi 9 novembre 2006

Micro-Usine Personnalisée, MUP (tendance 004)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot ou expression à suivre...


Dans un article publié ce jour : "Comment imprimer des objets chez soi. Après les TIC, voici les MUP !" (2 pages), le quotidien Le Monde revient, sous la plume du prospectiviste Joël de Rosnay, sur un phénomène qui bouleverse le monde de l'imprimerie : les Micro-Usines Personnalisées ou MUP :

"La révolution Internet, comme le disait très justement Nicolas Negroponte, ancien Directeur du Media Lab du MIT, a contribué, grâce à la numérisation, à "transformer des atomes en bits". Aujourd'hui il devient possible de retransformer des bits en atomes ! C'est-à-dire en objets physiques, chez soi, dans son atelier de bricolage ou dans une PME. Cette révolution est rendue possible grâce ce que l'on appelle les imprimantes 3D, ou encore les machines de prototypage rapide (rapid prototyping machines). Encore très coûteuse il y a un an, ces imprimantes 3D peuvent être connectées à un PC et utilisées chez soi à des prix désormais abordables."


Joël de Rosnay cite l'exemple de sa planche de surf clonée en 2005, grâce à un robot 3D. Que peut-on faire avec sa micro-usine personnalisée ?

"Fabriquer les objets les plus divers. Par exemple des maquettes en trois dimensions pour les architectes, comme des bâtiments qu'ils souhaitent montrer à leurs clients ou des expositions en projet pour des musées ; des pièces de rechange, des engrenages pour des PME ou pour des passionnés de bricolage ; des modèles moléculaires, des crânes ou des squelettes pour l'enseignement scientifique ; des coques personnalisées pour téléphones portables ; divers bibelots, breloques, colliers ou bracelets. Mais il y a plus. Non seulement on peut fabriquer des objets en ajoutant des matériaux, couche par couche, qu'il s'agisse de plastiques ou d'alliages, mais l'on peut aussi sculpter de la matière brute pour lui donner forme grâce à des systèmes à commande numérique permettant d'usiner le bois ou la mousse plastique."


Joël de Rosnay prédit des conflits entre les producteurs d'objets standardisés (usines...) et des micro-producteurs (PME, associations) qui vont produire à petites séries. Le scientifique français utilise aussi une expression équivalente à Micro-Usine Personnalisée : Nano-Usine Personnalisée (N.U.P.).


L'article de Joël de Rosnay est aussi publié sur Agoravox. Un dossier en 5 pages en .pdf de Antoine Ferreira pour Jautomatise.com explique ce qu'est une micro-usine et les enjeux économiques qui en découlent : "Vers les Micro-Usines automatisées du futur".


Source :

De Rosnay, Joël (9 novembre 2006). "Comment imprimer des objets chez soi. Après les TIC, voici les MUP !" (En ligne), Le Monde, Paris, 2 p. (Page consultée le 9 novembre 2006).

La vidéo d'opinion amateur et marketing au coeur de la campagne électorale américaine

Les élections de mi-mandat aux États-Unis auront davantage accentué l'aspect marketing des campagnes électorales locales pour un enjeu national. En comparaison avec les élections ayant eu lieu aux États-Unis en 2004, le grand vainqueur technologique de la vague des outils en présence porte un nom : la vidéo.


Pendant plus de 3 mois, les différents candidats se sont affrontés via vidéos interposées diffusées sur YouTube. Cela se surajoute aux spots de pub télévisés habituels des candidats. Mais là où la nouveauté est présente : ce sont des spots de pub amateurs (toujours diffusés sur des plateformes comme YouTube) issus des équipes de campagne des candidats et d'amateurs qui traduisent en mots, en images et en arguments ou simili-preuves des critiques acerbes sur l'adversaire républicain ou démocrate. Les taux de consultation de ces vidéos sont parfois impressionnants. Elles ont servi tour à tour de sources d'informations aux chaînes de télévision locales américaines et ont parfois même été rediffusées sur les chaînes. À côté de cela, on peut trouver des vidéos de la campagne vue de l'intérieur : les bénévoles en action, les galas de dons pour les candidats, les discours au fur et à mesure de la campagne. Partout, la vidéo est présente, omniprésente, intrusive et force de témoignage.


Face à ce raz-de-marée, les grands networks américains ont changé leur fusil d'épaule pour une couverture vidéo amateur des résultats électoraux. Ainsi, ABCNews TV a donné la parole aux internautes 4 fois par heure durant près de 24 heures via un module intitulé "Be seen Be heard" où de simples citoyens ont enregistré des séquences vidéo sur des sujets liés à la campagne ou à leur candidat favori. Le network a fait largement la promotion de ce module sur son antenne plusieurs jours avant "la nuit des résultats". En parallèle, cette chaîne a laissé largement s'exprimer, durant le programme de couverture des résultats, les étudiants des campus américains, parfois avec une image de piètre qualité façon "webcam".

Le site Internet média Cyberjournalist.net indique 3 initiatives médias liées aux élections américaines : Video The Vote (faire filmer des opérations de vote dans le pays par des amateurs pour éviter ou signaler des irrégularités), Polling Place Photo Project (photographier son bureau de vote le jour du vote et l'envoyer sur le site Inernet de l'initiative) et Veek the vote 2006 (le jour du vote, des citoyens des vidéos via leur téléphone portable à Veek The Vote qui les rend disponibles et réutilisables sur des sites ou blogs).

mardi 7 novembre 2006

Nettoyeur de réputation (tendance 002)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot ou expression à suivre...

Il y avait la gestion de la réputation puis se trouve au coeur des préoccupations actuelles : la réputation numérique, une question au centre de l'identité numérique. Bertrand Duperrin explique un nouveau métier et un nouveau service : Nettoyeur de réputation :

"Un pas de plus vient d'être franchi aux USA avec ReputationDefender. Un discours bien huilé qui peut faire froid dans le dos vous fait comprendre que quelle que soit votre situation, il ne doit rien rester de compromettant pour vous sur le web. Alors, on vous propose de tout effacer. Auraient-ils une technologie spéciale? Non, juste une armée d'avocats prêts à bondir sur le moindre webmaster pour qu'il fasse le ménage dans ce qu'il a pu publier sur vous."

Via Arkandis.

jeudi 2 novembre 2006

Livres sur le Web 2.0 et les médias sociaux, la glocalisation en question

Le journaliste anglais Ian Delaney prépare un ouvrage sur le Web 2.0 et les médias sociaux ("social media"). Dans sa capitalisation de connaissances sur le sujet, il vient de publier un article sur son blog indiquant des eBooks sur ces 2 thèmes, des livres électroniques téléchargeables gratuitement en .pdf : 10 free ebooks about Web 2.0.


Parmi cette sélection de 12 ouvrages, qui augmente au fur et à mesure des contributions des internautes, on peut signaler 2 ouvrages en gestation pour lesquels les auteurs ont délivré leur texte préparatoire en ligne et invitent les visiteurs à complémenter leurs propos afin d'améliorer leur contenu :

- We-think: the power of mass creativity de Charles Leadbetter s'intéresse par des exemples concrets à montrer comment le nouveau Web bouleverse des pans entiers de notre société dans les fondements organisationnels de notre temps : univers de l'entreprise et du travail, monde scolaire, sphère du jeu vidéo, vie de la cité, modes d'innovations... Au coeur de ces changements, ce que Charles Leadbetter appelle la créativité de masse.

- New Influencers par Paul Gillin, prévu pour 2007. Ce journaliste américain, auteur et consultant Internet et nouvelles technologies s'intéresse au phénomène des blogs et à leur influence grandissante dans l'entreprise. Paul Gillin dresse aussi des portraits de blogueurs influenceurs anglo-saxons.


Lecture recommandée par Ian Delaney, une intervention de Danah Boyd (chercheuse doctorante sur les réseaux sociaux en ligne et qui travaille pour Yahoo) en mars 2006 sur une caractéristique très importante des technologies de l'information et de la communication : "G/localization: When Global Information and Local Interaction Collide".


Le sociologue Blaise Galland définit ainsi le processus de glocalisation :

"processus double par lequel la ville se décharge de sa fonction de production, d'échange et de traitement de l'information en la déplaçant dans le cyberespace, tout en développant, conséquemment, de nouvelles formes d'organisations sociospatiales au niveau local."


... à compléter par l'article du Courrier, quotidien suisse, dans un entretien avec le sociologue Roland Robertson : "Nous vivons dans un monde glocalisé" :

"La "glocalisation" est une globalisation qui se donne des limites, qui doit s'adapter aux réalités locales, plutôt que de les ignorer ou les écraser. Par ailleurs, en provoquant une résistance à elle-même – suscitant un mouvement mondial de contestation – la globalisation contribue, ironiquement et paradoxalement, à concentrer l'attention sur les réalités locales. Il est vrai que protester contre la globalisation a parfois eu l'effet contraire, produisant plus de globalisation. Mais l'on a compris que, pour faire avancer la cause du "local", il faut agir au niveau global, en sillonnant la planète, en communiquant à travers les nouvelles technologies, etc."


Source :

Delaney, Ian (October 31, 2006). "10 free ebooks about Web 2.0" (En ligne), TwoPointTouch, Londres, 1 p. (Page consultée le 1er novembre 2006)

Visage de l'Internet marocain

La connaissance de l'utilisation de l'Internet en Afrique est très parcellaire. Il est assez difficile de donner un visage aux habitudes des internautes de ces pays, d'en dégager des tendances fortes. Le réseau de chercheurs d'Africanti observe depuis plusieurs années l'internet et les nouvelles technologies du Sud. C'est l'une des rares initiatives francophones d'ampleur sur le sujet à compléter par le catalogue de liens d'Africanti et des sites plus locaux ou régionaux.


Le rôle joué par les diasporas (notamment en Europe) pour l'appropriation d'Internet dans les pays africains reste peu souligné dans les grands médias de l'actualité d'Internet. Celle-ci constitue un apport majeur dans l'invitation à la communication pour les familles en Afrique, dans le fait de pouvoir rester en contact avec "le pays" par courrier électronique, mais aussi en pouvant consulter des sites internet de la Presse quotidienne comme Le Soleil (Sénégal), L'Essor ou Le Républicain (au Mali). Le portail panafricain Afrik.com, créé en 2000 par des journalistes, demeure aujourd'hui un site incontournable qui couvre l'actualité de 52 pays du Sud. On ne mesure pas assez ici, en Europe Occidentale, le rôle joué par ces médias.


Autre fait pour être "relié" au pays, les forums d'expression. Ils sont nombreux, dans différentes langues, foisonnants d'expression, d'opinions, de questions et de réponses et d'infos. La plupart des personnes qui y interviennent sont issues de la diaspora mais ont en commun une culture. C'est le cas de Yabiladi par exemple, un étonnant "portail du Maroc et des Marocains dans le monde avec une série de services dédiés aux Marocains : Forum, chat,...". Se plonger dans les forums de Yabiladi est un exercice passionnant : on y découvre les traditions marocaines, des recettes de cuisine, des conseils pour le voyage... Mille et une choses sur des sujets divers avec une réactivité et un échange permanent ; une agora virtuelle dont les préoccupations sont réelles. Yabiladi reprend également des informations marocaines et laisse aux internautes la possibilité de les commenter.


Ainsi, la semaine dernière, Yabiladi a publié sur son site un article de l'hebdomadaire marocain TelQuel (du 27 octobre 2006) : "L'autre Maroc du Net. Au royaume des excès" qui donne une vision critique de l'utilisation de l'Internet au Maroc, un dossier complexe, apparemment passionné, qui conte la jeune histoire du Web dans ce pays, une population d'internautes qui semble saisir à bras le corps la "vague" de l'expression. Un article très intéressant, car non monolithique sur la diversité de l'Internet au Maroc où l'on montre que la nouveauté technologique n'est pas forcément adoptée par les utilisateurs.


En lisant de tels papiers, on comprend mieux le développement d'Internet dans les pays du Sud et on peut aussi avoir un autre regard sur le Web mondialisé vu de la vieille Europe. Extrait :

"Les premiers frémissements de ce raz-de-marée verbal se sont fait sentir avec l'apparition du service gratuit de chat vocal en ligne PalTalk en 2000. Une sorte de "jouqa" (foule) bruyante, où se retrouvaient des internautes des quatre coins du globe. Dans le tas, les chatteurs marocains étaient parmi les plus actifs. Ils ont pris d'assaut les salons de discussions pour y dire tout et son contraire, avec une préférence prononcée pour trois thèmes de prédilection : le sexe, la religion et… l'engueulade gratuite. Un engouement qui trouve son origine dans la nature même du service : en remplaçant le texte par la parole, "le chat vocal a décomplexé ceux qui avaient un problème avec l'écrit", analyse Rachid Jankari, pour expliquer la lame de fond qui a inondé le Net marocain.


Et malgré la vogue des logiciels de messagerie vocale (MSN Messenger, Yahoo! Messenger…) et de téléphonie sur Internet (Skype), PalTalk reste toujours aussi encombré de participants marocains. C'est que ce souk de la parlotte offre l'avantage d'être un espace de rencontres plus ou moins anarchique." (...)


"Il y a quelques années à peine, l'Internet marocain balbutiait comme un bébé, tétant le sein d'une connexion aussi lente qu'une tortue neurasthénique. Aujourd'hui, la Toile marocaine ressemblerait plutôt à un adolescent en pleine crise de croissance. Le pays compte désormais 5000 cybercafés, environ 3 millions d'utilisateurs et 400 000 abonnés, dont 80% à une connexion haut débit, sésame indispensable pour accéder au multimédia. Ainsi, de consommateurs passifs figés devant une page web fixe, les internautes sont devenus acteurs du monde virtuel, via leurs sites personnels, leurs blogs, leurs vidéos ou bien les exploits des hackers marocains. Certes, comme tout ado trop vite grandi, le web marocain est encore brouillon et commet pas mal d’erreurs de jeunesse. Les hormones en ébullition, on s'enflamme vite à cet âge. Ce qui a le don de crisper les milieux conservateurs, prompts à crier au loup au premier scandale sexuel impliquant des Marocains. Mais bonne nouvelle : l'internaute marocain, même s'il dérape bien souvent, est en voie de s'approprier l'outil Internet."



Source :

Hamdani, Hassan et Smyej, Hicham (27 octobre 2006). "Enquête. L'autre Maroc du Net. Au royaume des excès" (En ligne) TelQuel, n°244, Rabat, Maroc, Dossier (page consultée le 2 novembre 2006)

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