Jean-Luc Raymond

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dimanche 28 janvier 2007

Constructions durables Aquitaine, site Internet du Centre de ressources construction et aménagement durable en Aquitaine

Capitaliser les informations dans le développement durable sur Internet devient un enjeu de poids tant les savoirs dans ce domaine semblent épars. En outre, les français ont été peu sensibilisés jusqu'à maintenant par les pouvoirs publics aux bons gestes pour sauvegarder l'environnement et avoir une démarche globalement responsable tout au long de la vie.


Internet investit ce champ et en particulier les collectivités territoriales qui au-delà d'une politique d'Agenda 21 ("projet de développement durable, conçu à l'échelle d'un territoire") mettent en place sur leurs sites des informations en premier lieu relatives au recyclage des déchets et aussi à de bonnes pratiques responsables.


Plus rares, les initiatives régionales thématiques exemplaires tel le nouveau site Internet Constructions Durables Aquitaine (Centre de ressources construction durable et aménagement durable en Aquitaine) lancé le 16 janvier 2007 par la Région Aquitainel'Ademe Aquitaine et Nobatek (centre de recherche technologique spécialisé dans la construction durable) avec pour double objectif :

"1) Informer sur les démarches environnementales dans la construction et l’aménagement afin de promouvoir leur application en Aquitaine, en proposant une information claire et structurée sur les démarches et leurs avancées : mise à disposition de références (bibliographie), d’outils, agenda, etc.

2. Capitaliser et illustrer par l’exemple en créant un observatoire des opérations en Aquitaine. Certaines de ces opérations sont analysées de manière détaillée afin de mettre en avant les solutions techniques mises en place pour répondre aux problématiques posées."


Ce site est donc destiné aux institutions, collectivités locales, aux professionnels du bâtiment et au grand public pour répondre à la question  : Comment construire durablement en Aquitaine ? Un enjeu de taille lorsqu'on sait que le secteur du bâtiment représente en France : 46 % des consommations énergétiques, 25% des émissions de CO2, 16% de nos consommations d’eau et plus de 31 millions de tonnes de déchets par an...

Sobjet (tendance 050)

La rubrique tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Sylvain Héraut a suggéré par courrier électronique, le néologisme "sobjet". Le 6 janvier 2007, le mot est employé par Vicente Verdu, économiste et journaliste espagnol, auteur de l'ouvrage à paraître "Moi et toi, objets de luxe", à l'occasion d'un entretien publié dans le quotidien Libération : "Le consommateur est devenu critique et conscient de ses droits" où il est question de la figure du consommateur dans la société occidentale :

"Selon vous, cette culture de la consommation a créé une nouvelle figure, à la fois sujet et objet, le «sobjet». Expliquez-nous.

Nous sommes dans un espace général où croît la subjectivité de l'objet, tout comme l'objectivité du sujet. D'où cette créature hybride du «sobjet». On peut donner l'exemple de la relation homme-femme. Fini l'équation l'homme-sujet et la femme-objet. La femme est devenue protagoniste, et l'homme jouit de la satisfaction masculine d'être objet de désir. Dans le monde des marques, même phénomène. Auparavant, les produits n'avaient que des propriétés pratiques ; désormais, ils véhiculent des histoires et des sentiments. «Dessiné pour les sens», dit le slogan de Nokia pour son portable 8800, car les objets naissent aujourd'hui avec la mission de nous séduire, de nous occuper et nous accompagner. Les produits ont aujourd'hui de l'éloquence, ce sont des personnalités. La mascotte est le prototype du «sobjet», le chien de compagnie étant à la fois sujet et objet. De la même façon, les relations humaines relèvent de cette notion mixte. L'autre est à la fois protagoniste et instrument. C'est une sorte d'humanisme utilitariste et affectif. L'autre n'est ni transcendantal ni esclave, il est un mélange des deux."


En Espagnol, on parle de Sobjecto qui est d'ailleurs un personnage de théâtre dans "Mujerfranquicia", une pièce expérimentale de Raquel Tomàs (2006) :

"Quatre personnages cherchent à tirer un rendement optimal d’eux-mêmes et de tout ce qui les entoure. La Mujerfranquicia (La Femmefranchise) ne sait pas qui elle est, mais tout le monde veut lui ressembler. L’Hombreaplazos (L’Hommeàéchéances) ne sait pas ce qu’il veut, mais investit toujours à terme. La NiñaOmega3 (La FilleOméga3) ne sait pas parler, mais elle n’arrête pas de poser des questions. El Sobjeto (Le Sobjet) ne sait pas ce qu’il vaut, mais il achète tout. Quatre velléités de super héros réunies dans le même chapitre d’une histoire éternelle."

Bernard Stiegler, Internet, télécratie, contributions, participativité et démocratie

Le philosophe Bernard Stiegler est de plus en plus présent dans l'émission "Ce soir ou jamais" de France 3. Le mardi 23 janvier, il s'est exprimé sur la puissance de l'Internet en particulier dans l'importance des contributeurs internautes dans le débat démocratique. Voici la transcription de ses propos sur les nouvelles technologies dans le cadre de cette émission :

"Je crois qu'Internet est un phénomène très très important qui ne fait que commencer et qu'il faut garder de juger ce qu'il se passe sur Internet avec le très peu de recul historique dont nous disposons. En revanche, je crois qu'il s’y passe des processus participatifs. Je n'oppose pas participation et représentation. La représentation est un processus de délégation. Si par exemple, on regarde ce qui se passe sur Wikipédia qui est quand même un phénomène très intéressant. C'est une encyclopédie que beaucoup regardent de très haut, universitaires ou professeurs, écrivains et intellectuels ou avec mépris. Beaucoup la regardent de haut, mais beaucoup la pratiquent aussi, l'utilisent. L'encyclopédie Wikipédia est un média extrêmement intéressant qui est en reconfiguration permanente et où chacun peut modifier un article qu'il est en train de lire, avec un contrôle bien entendu puisqu'il y a des responsables de rubriques. Et là, on voit comment quelque chose de très intéressant se produit, qui est arrivé aussi dans une association que je préside qui s'appelle Ars Industrialis, où les internautes veulent contribuer aux choses.


La différence entre le média Internet et les grands médias de masse que nous avons connus comme la radio et la télévision, c'est que dans ces médias de masse, il y a une opposition entre les producteurs d'un côté et les consommateurs de l'autre. Sur Internet, il n'y a pas de consommateurs. Il y a des participants, des contributeurs et c'est un processus d'un type tout à fait nouveau. Ce processus est extrêmement intéressant parce qu'il manifeste que les gens ont besoin d'exister, de pouvoir vivre collectivement, d'échanger et qu'il y a là une possibilité de développement tout à fait nouvelle.


Ici, il est très intéressant de faire un rapport entre ce qui se passe sur Internet par rapport à l'information et d'une façon plus générale, le fait que dans la société industrielle contemporaine, l'opposition entre production et consommation, pas simplement dans le domaine de l'internet, commence à devenir problématique.


Sur Internet, un phénomène s'est développé déjà depuis une quinzaine d'années : la production open source, en particulier le monde de ce qu'on appelle le logiciel libre. C'est un modèle industriel nouveau et un modèle économique nouveau. Un logiciel libre est développé par les utilisateurs du logiciel. Ses sources de développement sont ouvertes à tous. Tout le monde peut contribuer à l'évolution du logiciel et les gens en pratiquant le font évoluer et donc existent aussi à travers le développement de ce logiciel. (...)


Ceci, c'est un nouveau projet industriel, un nouveau projet politique, un nouveau projet économique, un projet technologique. Il faut développer les technologies pour cela (...) C'est un enjeu fondamental des décennies qui viennent. Il faut que la société se mobilise pour obliger les candidats à l'élection présidentielle à développer une politique dans ce domaine.


Il faut bien se rendre compte qu'il y a la convergence des technologies, donc convergence d'Internet (France Télévision a un site Internet ; toutes les chaînes de télévision ont un site Internet).


Sur Internet, on voit apparaître l'autoproduction vidéo. L'écrit a repris une seconde vie et c'est très bien aussi que les gens fassent des images et apprennent à manipuler les caméras. Tout ça est en train de se développer et produit la convergence du numérique, convergence entre les télécommunications, l'informatique et l'audiovisuel. C'est colossal, les transformations qui se produisent là, sans parler de ce qu'on appelle les microtechnologies et, derrière les nanotechnologies. Toutes ces technologies des objets communicants, ce sont d'énormes vagues de transformations qui sont en train de se produire. Il faut regarder cela de très très près et les pratiques des individus.


Il faut voir la vitesse à la quelle s'est socialisé internet. Il faut se souvenir qu'il y a 15 ans, Internet n'existait pas. Aujourd'hui, nous pratiquons pratiquement tous de près ou de loin. J'y passe 7, 8 heures par jour devant Internet. Je travaille avec et des centaines de milliers de gens travaillent avec Internet. C'est quelque chose qui va se développer encore beaucoup plus que tout ce que nous pouvons imaginer et il est fondamental de repenser la société industrielle par rapport à cela.


Je pense qu’Internet va transformer très profondément la vie politique. Je crois que ça va conduire à une participativité, à une implication, à une contribution des gens beaucoup plus grande dans la vie politique et c'est une très bonne nouvelle. Il s’est produit une coupure pendant les dernières décennies du fait des médias de masse qui ont produit des courts-circuits dans l'individuation collective, à travers le fait que la radio et la télévision, les médias se sont substitués aux appareils démocratiques (ce que j'appelle la télécratie). Internet permet d'imaginer une relance de la démocratie. Ce peut être aussi un outil de manipulation beaucoup plus fort aussi."

samedi 27 janvier 2007

Lawrence Lessig, L'avenir des idées, Le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques, téléchargeable gratuitement

L'essai de Lawrence Lessig "L'avenir des idées - Le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques" publié il y a quelques mois en français aux Presses Universitaires de Lyon est désormais téléchargeable gratuitement sur le site des PUL à cette adresse en .pdf (306 pages) ; une traduction de l'anglais par Jean-Baptiste Soufron et Alain Bony.


Ouvrage essentiel que le New York Times a qualifié ainsi : "un livre qui vous secoue et vous fait prendre conscience de ce que l'on perd lorsque les idées sont transformées en propriété intellectuelle", "L'avenir des idées" de Lawrence Lessig montre (avec de nombreux exemples) comment les excès de la réglementation et les dérives monoplistiques (notamment le droit d'auteur) dans l'univers de l'Internet ont pour conséquence directe de diminuer les capacités d'innovation et de créativité. L'analyse est abordée sous 3 angles : juridique, politique et philosophique.


Au coeur de ces questions, notre avenir à tous et des questions essentielles : pouvons-nous définir et préserver des biens communs informationnels ? Saurons-nous sauvegarder l'échange de connaissances en ligne ? Quelle place pour le partage de savoirs sur Internet ?


Ce cyberespace, véritable "cité numérique" est un espace de pouvoir, de créativité, d'échange où est établi un jeu d'acteurs industriels qui ont pour dénominateurs communs d'influer mondialement sur nos cultures et sur des projets politiques. A nous de comprendre et d'agir pour que l'innovation et l'expressivité soient aussi au coeur de nos préoccupations. C'est ce à quoi l'essai de Lawrence Lessig nous fait invariablement réfléchir :

"Les innovations que j'ai décrites découlent de l'environnement constitué par le Net. Cet environnement est une association équilibrée entre réglementation et liberté. Il est sensible aux modifications de cet équilibre. Si les contraintes sur la couche des contenus deviennent plus lourdes, l'innovation qui repose sur des contenus libres sera freinée. Si l'accès garanti par le bien commun de la couche du code est soumis à des conditions ou des limitations, alors l'innovation qui en dépend sera menacée. Cet environnement établit un équilibre entre ce qui est libre et ce qui est sous contrôle. Préserver cet environnement implique aussi de préserver cet équilibre."


Lawrence Lessig est Professeur de Droit à la Stanford Law School. Titre original de l'ouvrage : "L'avenir des idées - Le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques" : "The Future of ideas - The Fate Of The Commons In A Connected World".

Amazon est de moins en moins un cybermarchand et de plus en plus une plateforme technologique

Amazon est-il arrivé à maturité ? Est-il encore un cybermarchand ? Amazon est devenu avec le temps une plateforme technologique protéiforme diversifiée où les fonctionnalités sont organisées dans un écosystème de plus en plus porté vers des applications en ligne ouvertes (via les API) et en même temps très liées à Amazon.


Le cybermarchand teste constamment des nouveaux services en les mettant d'abord en ligne à destination de ses partenaires et des revendeurs. Aussi, la base de données des revendeurs Amazon constitue un point d'entrée unique pour analyser ce qui fonctionne, plaît, est utilisé ou non et permet à la société américaine d'avoir une force de frappe inégalée (à l'exception d'Ebay) sur Internet, d'autant plus impressionnante qu'elle est mondiale.


Le lancement d' "Amapedia, la Wikipedia d'Amazon" signalé notamment par le journaliste Francis Pisani, s'inscrit dans cette dynamique de lier le contenu, l'expertise du lecteur-fan-contributeur-consommateur-distributeur à l'univers Amazon. A suivre : Amapedia :

"Le contenu est pour le moment des plus limités : 800 articles créés en interne et 5 000 qui viennent d'essais antérieurs (ProductWiki). Les sections les plus populaires semblent être livres (science-fiction) et jeux de stratégie. Les geeks mènent l'offensive. Ça changera."


Le Journal du Net analyse historiquement et avec une analyse chiffrée ce que devient Amazon via un dossier actualisé : "Amazon est-il encore un cybermarchand ?" :

"En fait, cela fait des années que Jeff Bezos annonce où il veut en venir. "Les services pourraient devenir notre activité première". Technologie et services : c'est ainsi que sont nés en 2002 les web services d'Amazon, des applications Web pouvant interagir dynamiquement avec d'autres programmes, et sur lesquelles les développeurs peuvent s'appuyer pour bâtir de nouvelles applications adaptées à leur activité. A l'heure actuelle, plus de 180.000 développeurs conçoivent des solutions et des sites à partir des web services d'Amazon.

Cela fait longtemps qu'Amazon n'est plus un simple magasin de produits culturels en ligne. Amazon est devenu une plate-forme technologique, et c'est cette compétence que l'entreprise cherche à monétiser, en prenant en charge les opérations en ligne d'autres distributeurs, comme Target, en louant une partie de ses serveurs et de ses capacités informatiques, en ouvrant la porte de ses programmes aux développeurs, etc. La société fait la même chose offline, en proposant aux sites marchands de sous-traiter leur logistique ou en mettant à disposition une partie de ses 20 centres logistiques, qu'elle a patiemment construit pour environ 300 millions de dollars."

dimanche 21 janvier 2007

Fracture numérique, développement durable, innovation, utilisation des téléphones mobiles chez les enfants... (brèves citoyennes de clavier)

Pour réfléchir, deux articles à lire dans le magazine Sciences Humaines de février : "Le Développement durable" par Sylvie Brunel, Géographe (apparition, principes, contradictions et applications) et "Les jeunes "guerriers des cités"" par Thomas Sauvadet, Sociologue (enquête au cœur des bandes de jeunes, révélatrice d'un microcosme avec ses liens de solidarités, ses codes mais aussi ses lois implacables).


Fracture numérique : Le Môle de Recherche Breton MARSOUIN révise son positionnement de recherche sur la fracture numérique à l'occasion d'un appel à communications : "Espaces publics & TIC : les TIC sont-elles un outil servant le débat public, et en même temps font-elles l'objet d'un débat sur leur usage qui dépasse la question un peu vaine de la "fracture numérique"?". Dans le bilan du bulletin E-Veille 2005-2006 du Ministère des Services Gouvernementaux du Québec, tout un chapitre sur "l'Inclusion numérique : un défi de taille auquel s'attaquent les gouvernements" (en .pdf).


Tutoriels : "Concevoir un sudoku en Flash" (par Le Journal du Net développeur) ; pour la recherche d'emploi : "Faire aboutir ses candidatures spontanées" (par le Journal du Management) ; dans le milieu professionnel, avec les outils technologiques : "S'organiser pour gagner en efficacité" (toujours par le Journal du Management).


Mobilité : "Comment les enfants britanniques de 6 à 13 ans utilisent le téléphone portable ?", résultat d'une étude de Intuitive Media Research : "69 % des 6-13 ans déclarent, en effet, envoyer des SMS à leurs connaissances. Viennent ensuite la prise de photos, qui représente 58 % des réponses, puis la réalisation de vidéos (43 %). Envoyer des MMS est moins répandu mais touche tout de même 42 % de cette classe d'âges. Enfin, les jeux sur téléphone avec des amis ne rallient que 39 % de l'échantillon."


Innovation : "Knowledge and the diversity of innovation systems: a comparative analysis of European regions", article scientifique de Christophe Carricazeaux et Frédéric Gaschet, Université Bordeaux 4, en .pdf de 44 pages qui analyse la diversité des configurations régionales européennes en termes d'accumulation de connaissance et de performances socio-économiques. L'hypothèse est que les liens dynamiques entre connaissance, innovation et performances sont spécifiques au contexte institutionnel au sein duquel interagissent des agents hétérogènes.


Lieux : Edicom nous informe que le Japon a inauguré ce dimanche le plus vaste musée d'art du monde consacré exclusivement à des expositions temporaires (le Centre national d'art de Tokyo), un espace qui veut incarner l'esprit du "21e siècle", ouvert aux collections du monde entier, aux jeunes talents et aux nouvelles technologies. A Paris, jusqu'à fin mars 2007, la Maison A et le Studio B se visitent au 38 bis rue Hallé, 14e arrondissement ; des maisons intelligentes avec innovations technologiques et écologiques.


Sites internet locaux : nouveau, le blog de Bretteville l'Orgueilleuse (plus de 2000 habitants, dans le Calvados) par le Maire Loïc Cavellec qui témoigne de la vie de la commune et des différents projets. A Faulquemont (5500 habitants, Moselle), ce sont les agents qui alimentent le site Internet de la commune selon leur domaine de compétences et ils apprécient l'interactivité du système (article de la Gazette des Communes du 22 janvier 2007).

samedi 20 janvier 2007

L'ordinateur à 100 Dollars, présentation en vidéo et en français de l'OLPC (One Laptop per Child)

Clément Laberge pointe vers une vidéo extraite du carnet du Renard Roux qui présente en exclusivité, en vidéo et en français ce que sera l'OLPC (One Laptop Per Child) ou XO, l'ordinateur à 100 Dollars US pour les enfants des pays en voie de développement.


Né de l'idée de Nicholas Negroponte, directeur du MIT Media Laboratory, l'OLPC est présenté ici par Nathanaël Lécaudé (Université de Montréal, Faculté de Musique) qui développe une application de composition et de lecture musical : TamTam, à découvrir plus amplement avec des démos vidéo sur le blog dédié TamTam: Music and sound for the OLPC.


On voit dans ce banc d'essai vidéo de l'ordinateur à 100 Dollars US, la compacité de l'appareil et son descriptif technique (microprocesseur, mémoire, résolution de l'écran, ports, entrées, sorties...). La machine est dotée d'un internet sans fil de type meshworking (portée annoncée de 1 km pour l'antenne). Cela permet de connecter plusieurs ordinateurs ensemble sans point d'accès central. Les enfants peuvent collaborer sur des travaux en commun sans connexion filaire.


Quelques applications disponibles en standard sur l'OLPC : un navigateur basé sur Mozilla, Etoys (pour construire du contenu interactif), un logiciel de clavardage, une application de traitement de texte et TamTam précédemment évoqué.

Spam pump and dump (tendance 048)

La rubrique tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Sur son blog, Jean-Pierre Cloutier évoque le phénomène boursier du spam pump and dump qui prend de l'ampleur et n'est malheureusement pas nouveau : "Le pourriel pump and dump" :

"Depuis un peu plus de deux mois, c'est le "pump and dump" qui, du moins dans ma boîte de courriel, représente la majorité des messages non sollicités. L'astuce pour les fraudeurs consiste d'abord à acheter un certain volume d'actions d'un titre boursier dormant ou coté en cents (penny stock), puis par un pourriel prenant la forme d'une recommandation d'achat de susciter de l'intérêt pour le titre dans le but d'en faire artificiellement gonfler le prix (pump) et, par la suite, une fois atteint le seuil souhaité de liquider rapidement le portefeuille (dump) et d'encaisser la marge. Évidemment, la vente en bloc du portefeuille des fraudeurs fait s'effondrer le titre et les investisseurs qui ont mordu à l'arnaque subissent des pertes."


Le blog Legitiname, dans un article de septembre 2006, parle aussi de ce type de spam : "Pump and dump : quand le spam rejoint la bourse" qui représenterait actuellement 15 % des spam :

"La fraude financière se taille une nouvelle entrée sur Internet. Le "pump and dump" (aussi appelé "stock dump") consiste à gonfler artificiellement le prix d'une action dans le but de réaliser une forte plus-value lors de la revente."


Le 2 septembre 2006, le site Informatique Weka précisait que le stock spam influe sur les cours de la Bourse :

"Un récent exemple de pump and dump montre la puissance du processus. À la fin du printemps 2006, le cours de l'action Southern Cosmetics s'est brutalement mis à grimper de manière totalement anormale. En volume, elle s'est échangée six fois plus qu'à l'accoutumée. Rien de la part de Southern Cosmetics ne laissait présager un tel mouvement vers le haut. En fait, le point de départ du mouvement est le 21 juin. Des centaines de milliers d'internautes jouant à la Bourse en ligne ont reçu un stock spam les informant de l'imminence d'un accord commercial entre Southern Cosmetics et Naomi LLC, une autre société spécialisée dans les cosmétiques et produits de beauté."

Industrie musicale, dématérialisation, modèle économique publicitaire renouvelé, culture remix et nouvelles formes de créations musicales snacking

Depuis le début des années 2000, l'Internet, la téléphonie mobile et l'apparition des lecteurs mp3 bouleversent l'univers de la musique avec comme effet visible, des modes de distribution de la musique qui changent : on passe d'un support matériel à immatériel d'où un changement de valeurs et de symbolique importants de ce type de création artistique dans notre esprit associé à la consommation même de l'oeuvre sonore construite.


Les modèles économiques des major companies du disque stabilisés depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale ne sont plus pertinents et rentables. Production, composition, édition, fabrication, distribution, promotion et répartition des Droits sont aujourd'hui remis en cause.


La massification du nombre d'utilisateurs d'Internet, de possesseurs de téléphones portables et de lecteurs mp3 a favorisé cette "perte" de valeurs patrimoniales d'une culture métier de l'industrie du disque en faveur d'une musique instrumentée par d'autres acteurs de l'industrie : les fournisseurs d'accès à Internet (passage obligé), les opérateurs de téléphonie mobile, les constructeurs d'appareillage physique (lecteurs mp3, téléphones portables) et logiciels principalement pour lire des fichiers. La "convergence" téléphonie portable - lecteur mp3 magnifiée actuellement par la campagne de communication de l'iPhone générée et relayée sur Internet est l'une des étapes de ce processus.


Il faut se souvenir que les acteurs du marketing sans une véritable culture métier du disque ont investi les organigrammes de direction de l'industrie du disque au début des années 90 suite à l'apparition du support CD.


Cette nouvelle industrie musicale est dominée aujourd'hui par des acteurs médiatiques informatiques qui ont façonné une restriction des droits d'usage et de partage des créations (Microsoft, Apple, Sony), des médias traditionnels qui ont investi dans des plateformes en ligne comme News Corp. de Rupert Murdoch (qui possède MySpace), des sociétés informatiques médiatiques ayant valorisé la musique via des capacités de recherche et d'indexation multimédia textuelles, imagées, animées et vidéo (Google, Yahoo) et tout un champ qui se façonne mêlant le non marchand au marchand (BitTorrent, réseaux de pair à pair...). Tous ont un point commun : chercher dans la publicité le nirvana d'une nouvelle rentabilité où la musique devient en quelque sorte un "addendum" à une promotion autre.


En parallèle, l'irruption du peer-to-peer (au sens large et générique) et de réseaux d'échanges immatériels induisent un nouveau changement de paradigme chez les consommateurs de musique : la remise en cause de la valeur du coût de la démarche de création musicale et une course à se procurer de manière gratuite ce qui était "traditionnellement" payant. Les acteurs de ce marché, en amont, intermédiaires ou utilisateurs doivent supporter le coût incompressible de la bande passante, donc de l'utilisation des tuyaux.


Au-delà du changement des modes de distribution, ce nouveau "business model" publicitaire renouvelé (la musique a toujours entretenu depuis le début du 20e siècle un rapport très étroit avec l'univers publicitaire et le marketing) est micro-discriminant car il induit une communautarisation des genres musicaux et au sein de plateformes "reliant" des individus profilés ayant les mêmes désirs et affects (gothiques, punk, rap...).


Cet écosystème publicitaire médiatique et économique (adjectif intimement liés) fait renaître d'une part une culture du remix (générer une oeuvre musicale d'autres oeuvres musicales existantes) ; lire à ce propos l'article d'Anne-Marie Boisvert : "Idées sur le remix : du bricolage : une culture assemblée avec les moyens du bord" (avril, mai 2003) :

"(...) La culture remix : une culture qui embrasse le recyclage et le glanage, et dont l'originalité est d'avoir transformé les oeuvres préenregistrées et les moyens de diffusion comme les tables tournantes (outils traditionnels des DJs) en moyens de création. Ici, ce sont les moyens de reproduction qui précèdent et servent à la production6. Ainsi, le concept même d'oeuvre originale s'estompe et perd son sens.

La culture remix est une culture de la citation et du remake, certes, mais aussi une culture de l'intervention et de la réinvention, avec pour but le divertissement, mais aussi la communion et la libération. L'artiste aux commandes fait sciemment place au hasard (entre autres, sous la forme de glitches) et aux moyens du bord dans son processus créatif. Car le résultat importe, mais moins que le processus, la performance et l'événement. La culture remix emprunte ainsi à la société postindustrielle sa sursaturation sensorielle, en la reproduisant dans un contexte esthétique qui la canalise. Ses oeuvres demeurent ouvertes, introduisant, au moins pour un moment, un sens dans la cacophonie du monde, au moyen d'assemblages bricolés et éphémères, toujours sujets à transformation et toujours susceptibles d'une réorganisation."


D'autre part, l'écosystème publicitaire médiatique et économique génère des nouvelles formes courtes d'oeuvres (sonneries musicales, mini-extraits vidéo, cartes postales virtuelles musicales) que le quotidien Le Monde qualifie du côté des consommateurs, d'effet snacking dans un article du 19 janvier 2007 : "L'image en renfort de la musique", venant peu à peu se placer à côté des traditionnels morceaux et albums mais ne qui manqueront pas, avec le temps, à se substituer à ces derniers, dans la forme même créative :

""Carl Watts, directeur des programmes chez Sony-BMG, est chargé de développer des formats vidéo courts (1 min 30 maximum), adaptés aux usages des nouveaux médias, aux sites d'artistes et aux baladeurs vidéo, téléphones portables, consoles de jeu numériques. Ces "divertissements informatifs" ont gagné des noms génériques : le blogsong (un artiste explique, avec son morceau en fond sonore, son état d'esprit lors de la création du titre) ; le live and rare (extrait de concert inédit) ; le in the mix (travail en studio)... Chez Sony-BMG, on travaille à la réalisation de "documentaires" sur les artistes, des 52-minutes faciles à tronçonner sous forme de feuilleton quotidien, et destinés à forger l'image marketing d'un artiste.

Après le clip, le "snacking"

Tout cela devient du "contenu embarqué", c'est-à-dire proposé à la vente sur les consoles, téléphones, cartes mémoires, clés USB. On peut aussi les visionner sur le Net - nous voici dans la sphère du "marketing viral", où l'internaute sert de relais immédiat. "Les années 1980 ont connu le clip, poursuit Carl Watts. En 2006, les formats courts correspondent aux habitudes du "snacking" (picorage) des consommateurs.""

lundi 15 janvier 2007

NégaWatts (tendance 047)

La rubrique tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


On doit le concept de négaWatts à l'américain Amory Bloch Lovins, écologiste professionnel et auteur de plusieurs livres sur l'efficacité énergétique auprès des entreprises et du grand public. Comme l'indique la base de connaissances Wikipédia, on parle de négaWatts lorsqu'on utilise moins d'énergie pour assurer un même service.


Pour illustrer ce concept, le gouvernement britannique a pris la décision d'interdire la mise en vente d'appareils disposant d'une fonction de veille : téléviseurs, lecteurs musicaux, DVD, équipement informatiques... Une mesure radicale. La veille "provoque plus de 8 pour cent de la consommation électrique des ménages".


Wikipédia précise un exemple à propos des négaWatts :

"L'exemple le plus courant consiste à remplacer une classique ampoule de 100 Watts par une lampe fluorescente de 20 Watts revient à utiliser 5 fois moins d'énergie pour assurer un même niveau d'éclairage. La puissance électrique nécessaire est ainsi réduite de 80 Watts. En d'autres termes, le remplacement de cette lampe génère "80 Watts en moins", soit une production de 80 négaWatts.

Les négaWatts peuvent être produits par une amélioration de l'isolation et de l'efficacité énergétique des bâtiments, la régulation du chauffage pour réduire la consommation d'énergie, l'autopartage et le co-voiturage, la relocalisation des circuits économiques, le transfert du transport routier sur les rails, la construction de commerce et de restaurant proche des zones résidentielles..."


En France, l'association négaWatt a pour objectif de promouvoir et développer le concept et la pratique "négaWatts" à tous les niveaux de la société.

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