La rubrique Tendances, c'est un condensé de ce
temps qui s'hume au présent avec un goût d'avenir. Expressions figurées et
imagées d'aujourd'hui, bribes de sens sur notre temps, concepts du moment...
Les mots soulignés correspondent à des traits de Tendances. Notre monde est en
invitation permanente de signifiance. Bonne lecture!
Digitainable : l'open space intelligent
"L'open space avait montré la voie à la rationalisation des m2. Sa version
2009, étendue, pourrait sceller l'union de la rentabilité financière et du
bénéfice environnemental par réduction de l'empreinte écologique des
entreprises, sur fond de "Clean Tech" alliant numérique et développement
durable. "Digitainable" (digital + substainable), c'est justement la formule
choisie par François
Denieul pour prolonger son défunt "Laboratoire des espaces intelligents" de
l'université Paris XIII. Ce gourou, qui conseille banques et multinationales,
n'oublie pas la question humaine. "Si les entreprises ont besoin de souplesse
dans la gestion de l'espace, l'individu, lui, a toujours besoin de s'approprier
un territoire", explique-t-il. Solution du futur (à l'état de prototype) : un
poste de travail sensible, capable grâce à ses capteurs, de distiller
l'éclairage (LED, bien sûr) approprié, tel un "cocon" lumineux".
(Thalyscope, Septembre-Octobre 2009)
Un monde transparent
"Raphaël
Enthoven, philosophe : "Vous avez aimé 1984 ? Vous adorerez les années
2000, c'est-à-dire l'époque où le danger ne vient pas d'en haut, mais d'à côté.
Méfiez-vous les uns les uns des autres : désormais, ce n'est plus Big Brother
qui vous regarde, c'est votre voisin de portable, que son téléphone transforme
en mini-Fouché. Nous avons moins à craindre un retour de la dictature ou de
l'ordre moral que le despotisme sournois de la transparence, la transformation
de l'espace public en une cage de verre où, devant le tribunal sans appel de
l'opinion publique, l'indiscrétion tient lieu de délation, l'information
disparaît sous le buzz, Internet et la presse trash font office de police
secrète, où la rumeur succède à la calomnie et où l'oeil de Moscou cède la
place à l'oeil de boeuf d'un appareil numérique"."
(L'Express, 1er octobre 2009)
La consubstantielle fragilité démocratique
"Jean-Claude
Guillebaud : "Comment sauverons-nous la démocratie sans l'élixir de la
croissance ? Nul ne le sait. C'est d'ailleurs vers cette Asie mirobolante,
cette Chine affolée d'enrichissement et d'Orient industrieux que la croissance
s'est expatriée. Ainsi, un fantasme nouveau hante-t-il désormais l'Europe,
celui de la consubstantielle fragilité démocratique. Voyez déjà comme nos
démocraties se durcissent, se raidissent tandis que réapparaissent, après
démaquillage, les corporatismes, les frivolités people, les individualismes
obstinés, les égoïsmes nus et cette "avidité des riches" que - bien avant le
Christianisme - condamnait Aristote. Danserons-nous encore longtemps sur le
Pont d'Avignon ?""
(TéléObs, 1er octobre 2009)
Ciblage comportemental des internautes
"Voilà plus d'un an que les grandes régies publicitaires sur Internet mettent
en oeuvre, en catimini, ce "ciblage comportemental". (...) A en croire leurs
promoteurs, une campagne ainsi conçue serait 2 à 3 fois plus efficace qu'une
publicité classique. Plus besoin de se cantonner aux sites proches de son
secteur d'activité pour acheter de l'espace (ciblage contextuel). (...) Tous
les grands ténors du Web - Microsoft, Yahoo, AOL... - ont concocté leur offre.
Google teste une solution qui devrait être commercialisée avant la fin de
l'année (...) Dans son principe, le ciblage comportemental repose sur 2
procédures : le traçage de l'internaute, puis son profilage. La première
opération s'effectue à l'aide d'un cookie. Ce fichier informatique envoyé par
le site visité sur le disque dur de l'internaute permet de tracer l'historique
de sa navigation à chaque connexion. La phase de profilage est plus délicate.
Pour être efficace, une régie doit pouvoir s'appuyer sur une audience
importante (10 à 15 millions de visiteurs uniques) et suffisamment diversifiée
pour constituer un large panel de profils (...) A partir de quand un internaute
est-il suffisamment "cerné" pour être rangé dans une famille donnée (cluster) ?
L'expertise des opérateurs est encore empirique. Chacun utilise ses propres
algorithmes."
(Enjeux Les Echos, Octobre 2009)
Crédit photo : Jean-Luc Raymond. Oeuvre de Street Art. Galerie Agnès B. Paris 4e. Octobre 2009.

Monique
Brunel lance, à juste titre, un appel
Les licences Creative Commons sont de plus en plus utilisées sur les
publications personnelles et collectives dans le partage de la création. Le
Journal du Net publie un point complet et synthétique sur les licences Creative
Commons sous la plume de Guillaume Devaux "