Jean-Luc Raymond

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Tag - culture

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lundi 18 décembre 2006

Culture 2.0, séminaire de prospective des usages culturels numériques organisé par le Ministère de la Culture

Depuis le mois d'octobre 2006 et jusqu'au 20 février 2007, le Ministère de la Culture en partenariat L'Institut de Recherche et d'Innovation du Centre Pompidou (IRI) propose un séminaire de prospective des usages culturels numériques intitulé "Culture 2.0". Au coeur de ces rencontres, des échanges entre des acteurs économiques du secteur des nouvelles technologies, des chercheurs et des agents du Département des Etudes de la Prospective et des Statistiques (DEPS) du Ministère de la Culture avec un programme très étoffé (cf. cette page) :

"L'attention tend à se déplacer désormais vers les usages numériques culturels eux mêmes, sinon vers les "contenus". Ce changement de perspective amène à s'interroger sur la manière dont les logiciels, les services en ligne, les compétences et savoir-faire "numériques" des "usagers" informent les pratiques culturelles. L'objectif de ce séminaire est de dégager les lignes de force qui travaillent tant l'offre culturelle que les pratiques culturelles. Le séminaire se propose d'explorer avec des chercheurs et des praticiens les problématiques d'usages émergents. Il portera une attention particulière aux usages liés à l'univers du "Web 2.0".

Plutôt que de passer en revue l'impact du numérique sur chacune des grandes filières culturelles (l'audiovisuel, l'écrit, la photographie ou la musique), le parti a été retenu d'organiser le séminaire autour de quelques grandes thématiques d'usage transversales aux filières."

Au premier semestre 2007, un séminaire public qui constitue une phase de débats et de réflexions à partir des résultats du séminaire interne, sera proposé à destination de publics du Centre Pompidou. Il sera consacré à une mise en débat exploratoire d'une prospective de la culture et donnera lieu à un cahier de synthèse.


Pour le séminaire de prospective, un blog Culture 2.0 a été ouvert qui comprend des ressources (liens et articles) et des contributions d'intervenants.

lundi 11 décembre 2006

La mort du disque

Dans l'une de ses chroniques hebdomadaires pour l'Express : "La musique du monde" (13 avril 2006), Jacques Attali explique en quelques phrases le bouleversement du rapport du consommateur à la musique. Plus encore, il affirme un rôle pivot de la musique : "Or, comme la musique, de tout temps, annonce les changements sociaux, nous entrons dans une toute nouvelle économie, où la seule chose qui restera vraiment rare sera le temps."


Plusieurs blogs d'experts ou de veille sont consacrés aux transformations de valeurs symboliques de la musique en tant que marchandise et notamment à la dématérialisation des supports, à la distribution de pair à pair ("peer to peer") ou à un nouveau rapport économique au bien "musique" : celui d'Alban MartinMyMusic de Sylvie Krstulovic, The Music Crash et Marketing et Droit de la musique dans l'environnement numérique sans oublier Les catalyseurs numériques.


La dernière édition du journal des Allumés du Jazz (n°17, 4e trimestre 2006, à télécharger ici en .pdf), groupement de labels indépendants de ce genre musical, consacre un numéro spécial au titre fort "La mort du disque" ; extrait de l'édito au vitriol de Jean Rochard :

"Téléchââââââââârrrrrrrrrrrrgez !

À deux pas de chez moi, trois librairies viennent d’ouvrir, j’ai trouvé ça joyeux. Toujours pas de disquaire. Pourtant le livre fait 3% de ses ventes par Internet (plus que le disque). Le livre en ligne est en échec. L’objet livre est considéré par ceux-là mêmes qui le façonnent et le vendent (ils ont su faire imposer le prix unique du livre par exemple), ce qui n’est pas le cas de leurs homologues du disque qui ne subsistent que de « Vive la mort ! ». Floués, bluesés, on se demande comment cette industrie proclame aussi facilement le décès de son « protégé », celui sur lequel elle a vécu si longtemps en lui infligeant bien des mauvais traitements. Quelle contradiction dans un monde où la médecine a fait de tels progrès pour maintenir en vie les êtres aux situations physiques les plus précaires ! Quelle contradiction lorsque la défense du bon produit semble être le souhait du citoyen !

(...) Que souhaitons-nous pour la musique, qu’elle soit sur scène ou enregistrée ? La voulons-nous en forme de crottes d’oreilles, activatrices d’une mémoire sélective et atrophiée ? La désirons-nous en simple complément de l’avis général que l’on croit sien (tout le monde a un avis sur tout sans avoir préalablement vu ou entendu – l’écoute n’est là que pour confirmer ce qui se dit que l’on fait sien – sans plus de distinction entre ce que nous sommes et l’espace médiatique). Ou la souhaitons-nous de retour parmi nous ? Car la « mort du disque » annoncée cache en réalité un autre règlement de comptes, celui qui verra la mort de la musique ou, pour être plus précis, sa mise sous anesthésie totale. C’est bien plus grave qu’une sorte d’ingratitude qui consisterait à jeter la carcasse lorsqu’il n’y a plus de gras. Il y a un mouvement qui va dans le sens de la fin de l’expression (Fermez-la et consommez - avec un peu de fond sonore)."

mercredi 6 décembre 2006

Alberto Manguel, sa bibliothèque non numérique

L'essayiste argentin Alberto Manguel publie aux Editions Actes Sud "La Bibliothèque, la nuit", un ouvrage passionnant où il explique comment il s'est installé en 2000 dans un hameau de Poitou-Charentes, près de Châtellerault, pour amener, dès 2001, les 30 000 ouvrages qu'il possède, dans un même lieu ; une expérience rare. Lire à ce sujet l'article "Alberto Manguel : la bibliothèque, point fixe"


Dans le Nouvel Observateur du 30 novembre 2006, Alberto Manguel répond aux questions du journaliste Didier Jacob sur cette aventure de bibliothèque au coeur du rural et est interrogé sur les bibliothèques en ligne ; extrait :

"Je ne rejette pas du tout l'électronique. Ce serait absurde. Comme cette amie d'Horace Walpole qui s'exclamait un jour : "J'accepte l'Univers!" Et Walpole avait répondu : "Tant mieux!" L'électronique est là, inutile de se demander si on l'accepte ou non. Elle permet des choses très utiles. Elle permet d'indexer les textes, par exemple. De retrouver facilement un mot ou une phrase. Mais la lecture n'est pas seulement ça. Si j'ai besoin de lire un livre, pas seulement pour le consulter, le texte électronique n'est pas un moyen commode. Qui peut lire un roman entièrement sur internet ? Le livre reste indispensable. Et qu'on ne me parle pas d'interactivité. Je cite volontiers en exemple le cas d'un écrivain français, Joseph Joubert, qui ne gardait dans sa bibliothèque que les livres qu'il aimait. Il arrachait même, dans ses ouvrages préférés, les pages moins bonnes, et les jetait au feu. Si ce n'est pas une bibliothèque interactive."

mercredi 29 novembre 2006

Bien d'expérience (tendance 019)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Expression qui revient en force au-devant la scène médiatique, la notion de bien informationnel pour caractériser les contenus culturels à l'heure de l'Internet et des échanges dématérialisés. Olivier Bomsel, Anne-Gaëlle Geffroy et Gilles Le Blanc abordent cette caractéristique du monde économique actuel et en devenir dans leur récent ouvrage : "Modem le maudit. Economie de la distribution numérique des contenus" paru aux Editions de l'Ecole des Mines de Paris en juillet 2006.

"Les contenus (culturels) sont des flux d'informations particuliers qui se distinguent par leur statut de "bien d'expérience". Les acheteurs ne peuvent connaître la valeur réelle d'un contenu (sa qualité) avant de l'avoir consommé. Ainsi, la spécificité essentielle des industries de la création par rapport aux industries "banales" est l'absence de caractéristiques objectives du produit. On connaît le niveau de bruit, la puissance, la consommation électrique, le détail des accessoires d'un aspirateur. On connaît également les caractéristiques de certains biens informationnels comme les logiciels par exemple. Mais pour un livre, un disque ou un film, la consommation obéit à des modalités différentes. Les contenus sont en fait des biens d'expérience comme le vin, les parfums ou les voitures d'occasion. Il y a une asymétrie d'information sur la qualité de ces biens entre le vendeur et l'acheteur, entre l'amont et l'aval. C'est typique de l'industrie du cinéma : les producteurs achètent à l'aveugle, sélectionnent sans connaître, sur la base d'un "pitch", c'est-à-dire d'un court résumé de l'histoire. (...) La nouveauté de l'économie numérique est la concurrence entre les multiples systèmes de distribution se disputant la croissance des marchés de contenus. Internet n'est avantagé dans la distribution de contenus audiovisuels que pour le peer-to-peer ou la vidéo à la demande... (...) Internet est en position de force dans les secteurs où n'existe pas de distribution numérique alternative. C'est le cas de la Presse écrite et de la musique. Dans le domaine de la musique, on n'a pas le choix, car il n'existe pas de forme alternative à Internet pour distribuer du contenu sous forme dématérialisée, le mode hertzien ne s'y prête pas. Dans d'autres secteurs, tels que la vidéo, Internet affronte la concurrence de la télédiffusion."



L'expression bien d'expérience n'est pas nouvelle. En 2001, lors d'un séminaire sur la propriété intellectuelle et l'économie des biens informationnels, le chercheur en économie Michel Gensollen évoque l'information comme bien d'expérience comme l'un des mécanismes de formation de la valeur de l'information :

"L''information comme bien d'expérience : l'analyse précédente (l'information comme bien public) néglige le fait que l'information est un bien d'expérience, c’est-à-dire que le consommateur ne peut savoir ex ante si une information dont il connaît l'adresse lui convient ou non ; plus généralement, il est coûteux de rechercher une information, et plus encore lorsqu'on ne sait pas précisément ce qu'on cherche ; la valeur de l'information réside donc également dans les processus d'indexation, de recherche et, éventuellement, de certification de la qualité des données ; cette fonction proprement éditoriale, qui justifiait en fin de compte la rémunération des éditeurs, est remplie aujourd'hui sur Internet plus efficacement par d'autres acteurs : moteurs de recherche, forums de discussion, critiques des consommateurs, etc."

mardi 28 novembre 2006

Construction des savoirs, PC à 100 Dollars au Brésil, GCompris, principes d'intégration des TIC en milieu scolaire... (brèves citoyennes de clavier)

Sur le blog Vagabondages, des notes à la volée d'interventions du colloque Lyonnais "Savoir, Réseaux et partages" des 23 et 24 novembre 2006, avec une attention sur les outils collectifs au service de la construction des savoirs (Web 2.0, wiki, flux RSS...).


Ce sont 49 écoliers brésiliens qui testent le premier prototype fonctionnel 2B1 du PC à 100 dollars ("One Laptop Per Child") comme le rapporte ZDNet. "Son coût de fabrication se situe pour l'instant à 150 dollars". NetEco décrit la machine, sa connectique et son offre logiciels via l'article : "Les PC à 100$ l'unité gagnent le Brésil".


Philippe Larmine présente pour GénérationCyb : "GCompris : un logiciel éducatif libre pour les 2 à 10 ans" qui propose une centaine d'activités différentes sur des thèmes comme la manipulation du clavier et de la souris, le calcul et l'écriture, des jeux (échecs, mémory...), le dessin vectoriel, etc.


François Guité publie une liste explicative ("work in progress") des 6 principes d'intégration des TIC en milieu scolaire :
1. La technologie doit servir l'utilisateur sans le déshumaniser,
2. La technologie doit seconder la pensée sans s'y substituer,
3. La technologie doit faciliter les savoirs,
4. La technologie doit se conformer au développement de la personne,
5. La technologie ne doit pas contraindre la liberté dans le choix des moyens,
6. La technologie ne doit pas entraver l'épanouissement social.


Utile : un recensement de photothèques gratuites sur Interroge où l'on peut télécharger gratuitement des clichés numériques de son choix pour des illustrations. Via Techbee.


Christian Bensi signale deux stages organisés par l'INJEP (Institut National de la Jeunesse et de l'Education Populaire) au premier semestre 2007, rendez-vous coordonnés par Gérard Marquié (chargé d’études et de formation) qui prendront notamment en compte la problématique Internet : "L'information des jeunes dans les politiques publiques d'éducation et de jeunesse" (du mardi 13 février au vendredi 16 février) et "L'orientation des jeunes dans un parcours de vie" (du mardi 24 avril au vendredi 27 avril).


Comment choisir le bon outil technologique de communication dans une relation client - utilisateur (point de vue de l'utilisateur). Voici une excellente modélisation d'un arbre de décision avec les bonnes questions à se poser et les choix technologiques qui s'imposent : "Communication Technologies - A Decision Tree for Users".


L'Arobase espace public multimédia municipal de Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) vient de fêter son 5e anniversaire. Depuis 2001, "ce sont plus de 1000 personnes qui se sont inscrites pour se former aux multiples usages que permet l'informatique, pour utiliser l'équipement sur place et pour développer leurs projets personnels ou collectifs."

lundi 20 novembre 2006

E-Artcasting (tendance 015)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


L'E-Artcasting est un mot juste né d'un blog en espagnol et en anglais du même nom qui cherche à repérer des technologies "sociales" utilisées dans les musées d'Art à travers le monde, des nouvelles façons de communiquer et d'interagir avec le public (podcasting, partage de photos, systèmes d'e-learning...).
L'E-Artcasting serait donc une approche qui permet d'explorer l'Art à travers l'utilisation de nouveaux outils, de leur impact et de leurs possibilités. Selon les initiateurs du blog, l'E-Artcasting s'inscrit dans la lignée du nouveau Web (Web 2.0). Le concept d'E-Artcasting est à suivre...

dimanche 19 novembre 2006

Un projet culturel pour conserver et explorer la mémoire locale à New York, Best Before

Innovant dans sa démarche de collecte et d'exposition de traces du passé, les habitants de New York City ont participé de manière active à une exposition temporaire dans le cadre du projet Best Before ("Meilleur avant"). D'août à octobre 2006, ils ont pu trouver devant leur domicile, une pochette plastique dans laquelle ils étaient invités à placer un objet de leur passé, un bien dont l'utilisation a expiré, à donner pour mémoire au lieu de jeter. Les citoyens New Yorkais pouvaient également indiquer sur un formulaire, la description de l'utilisation de l'objet, son emplacement habituel et le pourquoi de son expiration.


Une fois la collecte effectuée, les objets ont été rassemblés au Lower Manhattan Cultural Council pour être exposés du 13 au 29 octobre sous la forme une installation (sous la forme de lignes du temps) et avec des clichés retraçant l'historique du projet. On peut voir quelques photos de l'expo à cette adresse. Ces objets sont marqués par leur usage et la relation entretenue avec la personne qui s'en s'est servie. Ils sont le reflet d'un moment inscrit dans une vie, d'un passage de la sphère privée vers la sphère publique construisant un documentaire exposé sur des réalités d'une culture urbaine. Ils contextualisent la ville par la vie de ses habitants, rendent plus proche les habitudes des foyers.


Les objets gardent la mémoire de leur utilisation avec le site Internet Best Before consacré à ce projet culturel vivifiant qui présente quelques-uns des objets recueillis.

samedi 18 novembre 2006

Innovation sociale pédagogique, des projets scolaires concrets porteurs de sens : prix de l'innovation éducative et Taxibrousse

L'innovation sociale peut se passer de la formalisation des Technologies de l'Information et de la Communication dans bien des projets qui visent à favoriser davantage de compréhension et de respect de l'autre.


Taxibrousse relie les pratiques Nord-Sud


L'agence de Presse pédagogique canadienne Infobourg rapporte sur son site la belle initiative de Taxibrousse, une ASBL belge (association) qui propose des stages d'entraide au Sénégal, auxquels des élèves et des enseignants de la Belgique, de la France et du Québec participent : "Taxibrousse : "Je veux aider", "je veux apprendre", "je veux partager"". Ces stages d'entraide et de formation (de 15 jours à 3 mois) pour les enseignants et les élèves font renaître chez ceux qui y participent la notion d'entraide et de partage avec des projets pédagogiques humanitaires. Ce sont 400 personnes qui sont parties depuis 2002 au Sénégal, année où le projet Taxibrousse est né de l'idée Jean-Marc Quinet. Les vécus de ces stages rapportés sur le site Internet de l'ASBL Taxibrousse témoignent de la richesse sociale des échanges.


Claude Leblanc, enseignant au Collège Beaubois de Pierrefonds (au Québec) a participé à Taxibrousse :

"Pendant cinq jours, durant leur semaine de relâche, 16 élèves de 4e et 5e secondaire et leurs deux accompagnateurs se sont envolés pour le Sénégal pour y faire de la remédiation avec les jeunes sénégalais. (...) Selon monsieur Leblanc, le plus difficile pour ses élèves a été "de revenir dans une société matérialiste où ce sont les possessions matérielles qui déterminent la valeur d'une personne, et non la personne elle-même"."


Un des prochains projets de Taxibrousse prévu en août 2007 : "Nous souhaitons mettre sur pied une petite équipe d'enseignants férus d'informatique pour former leurs homologues sénégalais".


Prix de l'innovation éducative 2006 : des actions "trans-"


Le Café pédadogique consacre un reportage au Prix de l'innovation éducative 2006 remis cette année par Philippe Meirieu à deux collèges, une école, un lycée professionnel en France. La Ligue de l'enseignement et l'association "Pour l'école" parrainent cette opération qui valorise des actions innovantes dans les domaines pédagogique et éducatif conduites dans des établissements du premier et du second degré.


Les Lauréats 2006 : l'école maternelle Pablo Picasso de Perpignan a fabriqué des jeux scientifiques pour des enfants aveugles en associant les parents d'élèves. Le collège Jean-Vilar de Grigny (Essonne) s'est illustré en montant une exposition autour du "Pendule de Foucault" avec des élèves en grande difficulté, transformant ainsi leur attitude vis-à-vis des disciplines scientifiques. Le collège Laplace à Créteil (Val-de-Marne) a construit tout un travail avec une maison de retraite : "les élèves ont écrit des textes à partir des récits de vie des personnes âgées" et d'autres collégiens en Zone d'Éducation Prioritaire ont travaillé avec des artistes de l'Opéra pour façonner un spectacle. Enfin, le lycée professionnel Croix Cordier de Tinqueux (Marne) a constitué un recueil sur les poilus reposant dans les cimetières communaux, chaque élève parrainant une tombe.


Ces projets sont porteurs de partage de savoir, de reconstitution de la mémoire et de partage entre des groupes de vie bien différents. Philippe Meirieu a décrit ces projets comme "trans-" : "transgénérationnels, transdisciplinaires, transculturels. En effet, les 4 projets lancent des ponts entre les hommes."


L'UNAF indique sur son site l'ensemble des 11 projets primés. La ligue de l'enseignement présente les lauréats 2006 et invite les écoles et les collèges à participer au Prix de l'innovation éducative 2007.

mardi 14 novembre 2006

Territoires urbains, exclusions, représentations et sphères de vie

En ces temps d'accélération de créations hybrides de plateformes du nouveau Web autour de cartographies annotées par certains utilisateurs internautes et d'une redécouverte du territoire réel au regard du territoire virtuel, quelques relectures s'imposent pour prendre un peu de recul sur la notion de territoire et de ville contemporaine.


En février 2006, le sociologue Jacques Donzelot publie l'article scientifique "La ville à 3 vitesses" dans la collection Arguments du PUCA (Plan Urbanisme Construction Architecture) du Ministère des Transports et de l'Équipement, qui comprend des textes synthétiques sur l'actualité des questionnements relatifs à la recherche urbaine. Jacques Donzelot y décrit 3 phénomènes majeurs du rapport des habitants à la ville moderne : la relégation, la péri-urbanisation et la gentrification. Les classes moyennes et précaires se voient rejeter des villes centres :

"Il y a la mondialisation par le bas qui se traduit par la concentration de ces minorités visibles dans les territoires de la relégation. Et puis la mondialisation par le haut qui correspond à la classe émergente associée à la gentrification. Entre ces deux pôles, aucune commune mesure ne permet l'établissement d'une relation, conflictuelle ou non. Elles vivent dans la même ville. Mais celle-ci ne relie pas l'une et l'autre des extrémités de ses habitants. Elle vit plutôt au rythme des malaises de la population qui s'intercale entre ces deux éléments sans établir une continuité efficace. Car cette population de classes moyennes qui constitue la principale part de la société contribue à la relégation autant qu'elle se sent rejetée par le processus de gentrification. Autant les classes moyennes ont constitué la solution de la ville industrielle, autant elles sont devenues le problème dans la ville mondialisée. Il n'est pas de moyen que la ville puisse à nouveau "faire société" qui ne nécessite d'apporter une solution aux classes moyennes, celles qui s'estiment, à juste titre, "les oubliées" de la nouvelle configuration pour la pure et simple raison qu'elles se trouvent en position de la subir."


Les classes créatives, puissantes financièrement, tiennent le pouvoir économique et se concentrent dans les villes centres, autour de bouillonnements culturels et technologiques, bénéficiant d'accès à des infrastructures techniques à haut, voire très haut débit.


Dans son essai "La société hypermoderne" (Editions de l'Aube, 2000), François Ascher, Professeur d'Urbanisme à l'Université de Paris 8, décrit la société moderne dans l'évolution urbaine et les liens sociaux dans la cité, plus nombreux, mais moins forts, qui font naître une société de la connaissance, un capitalisme cognitif sur lequel les individus pensent peser et ainsi transformer le territoire par les techniques c'est-à-dire les technologies. Les villes changent car la société et l'économie cognitive imprègnent notamment via les technologies ("les nouvelles technologies urbaines"), leurs modes de conception, de production et de gestion :

"Les conceptions et représentations de la métapole seront inévitablement en phase avec la société hypertexte et avec ses représentations multidimensionnelles du monde. Il ne pourra y avoir de séparation radicale entre les manières dont la société se pense et fonctionne, ses paradigmes, et les manières de concevoir les espaces des villes. Le monde du virtuel pénétrera inévitablement les théories et les pratiques de l'urbanisme et de l'architecture urbaine et donnera naissance à des combinaisons nouvelles. Le virtuel augmentera de différentes manières l'actuel. Demain, l'espace des villes n'intégrera pas les TIC seulement comme des métaphores, mais ressemblera davantage, lui aussi, à un hypertexte dans lequel les citadins se fabriqueront des urbanités variées et changeantes. D'ores et déjà, comme le souligne Antoine Picon, les citadins se déplacent souvent dans les villes tels des joueurs de jeux informatiques, sans consulter des modes d'emploi qui n'existent pas ou sont inutilisables, et se dirigeant par "essais, erreurs et reconnaissance".


Plus les technologies se font sensibles dans la reconstruction d'un territoire virtuel pouvant paraître pratique, volontairement organisé, sécurisant, voire utopique, plus elles semblent buter sur la réalité physique tangible du territoire local réel.


Illustration chiffrée, le blog Neighbourhoods, sur le modèle des parcours de vie, rappelle aujourd'hui la sphère territoriale de vie des enfants britanniques, une échelle extrêmement réduite : la notion de pas de porte (à 60 m du domicile en ligne droite, à 100 m en marchant), le voisinage (à 260 m de la maison en ligne droite, à 400 m à pied) et le local (à 600 m de l'habitation en ligne droite et à 1 km en marchant). Soudainement, le territoire se fait plus humain.

Semaine de la solidarité internationale, 9e édition

Du 11 au 19 novembre 2006, se tient la 9e édition de la Semaine de la solidarité internationale (avec le soutien du Ministère des Affaires étrangères, du Ministère de l'Éducation Nationale de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, de la Région Ile-de-France, du Conseil Général de l'Essonne, et de la Mairie de Paris).

"En France, tous les jours, des bénévoles, des salariés, s'impliquent dans des projets et des initiatives de solidarité internationale au niveau local, national ou international. Des citoyens, par des gestes concrets (en achetant ou voyageant solidaire, en épargnant éthique, en interpellant les décideurs...) tentent, très simplement, de promouvoir des relations Nord-Sud plus justes et plus équitables. Mais avez-vous entendu parler de ces bénévoles, ces salariés, ces citoyens aux 20 heures ? La solidarité internationale est souvent absente des médias nationaux. Peu de télévisions, de radios ou de journaux nationaux la relaient. C'est pour valoriser ces engagements, dans leur diversité, que la Semaine a été créée. Pour DIRE à voix haute la solidarité internationale et offrir à ses acteurs, une semaine par an, un espace-temps pour faire connaître au grand public les actions menées tout au long de l'année et proposer des pistes d’actions concrètes à la portée de tout un chacun."

Le site Internet de la Semaine de la solidarité internationale répertorie les actions solidaires (recherche multicritères), donne des pistes de gestes solidaires et invite chacun à participer aux animations de ces 8 jours pour un monde plus juste.

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