Jean-Luc Raymond

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vendredi 1 septembre 2006

Initiatives de solidarité numérique 2005-2006 de IRDC Canada : en Asie, au Pakistan et en Inde

IRDC (ou en français CRDI - Centre de Recherches pour le Développement International) vient de publier son rapport annuel d'activités (86 pages en .pdf. à télécharger à cette adresse). Parmi les initiatives relatives aux Technologies de l'Information et de la Communication, IRDC soutient des projets de développement dont :

- "L'informatisation de langues locales" (initiative décrite à la page 37) dirigé par le National University of Computer and Emerging Sciences du Pakistan qui a permis de créer et de former dans 7 pays des équipes regroupant des chercheurs, praticiens, linguistes... pour mettre au point des outils comme des jeux et polices de caractères, vérificateurs d'orthographe, correcteurs grammaticaux et systèmes de reconnaissance de la parole en 9 langues dont chacune présente des difficultés particulières. Le logiciel Nepalinux 1.0 lancé en décembre 2005, comprend un correcteur orthographique d'environ 22 000 mots népalais d'usage courant,

- "JuriBurkina, accès direct et gratuit à l'information juridique" (initiative décrite à la page 44) : fournir un accès intégral à l'information juridique publique, dont la loi et la jurisprudence, aux juristes et aux citoyens du Burkina Faso via un logiciel d'exploitation libre mis au point par LexUM, le Laboratoire d'informatique juridique de l'Université de Montréal. JuriBukina est en ligne et peut être consulté par tout internaute,

- "L'impact des TIC sur l'allègement de la pauvreté dans la région rurale de Pondichéry en Inde" (initiative décrite page 53) : Donner accès à de l'information fondamentale sur l'économie et l'environnement à 12 000 personnes de 7 villages via des Espaces Publics Numériques appelés "centres de savoirs communautaires". Ce projet est coordonné sur place par la MS Swaminath Research Foundation.


A souligner que IRDC a la particularité de disposer d'un financement conséquent de Microsoft Corporation (lire à ce sujet ce communiqué de Presse, le descriptif du partenariat Unlimited Potential ou encore ce communiqué) pour développer les activités de Telecentre.org, une plateforme d'échanges, de mise en réseau et développement des télécentres prioritairement dans les pays en voie de développement et plus largement à travers le monde.


Source :

Collectif (31 août 2006). Rapport annuel du CRDI 2005-2006 (En ligne), Centre de Recherches pour le Développement International, Ottawa, 86 p. (Page consultée le 31 août 2006)

jeudi 31 août 2006

La révolution Web 2.0, Quand le Net devient une communauté, Dossier de Courrier International

L'hebdomadaire Courrier International, dans son édition du 31 août (n°826), consacre sa couverture et un dossier central de 7 pages à l'actualité de l'Internet marchand : "La révolution Web 2.0 : Quand le Net devient une communauté" montrant les différentes facettes du concept Web 2.0, d'un enthousiasme certain à un scepticisme affirmé. Retour sur ce dossier et ses composantes.


Quand les internautes tissent eux-mêmes leur toile (Newsweek, Etats-Unis) - (à lire en ligne ici)


Le premier article reprend des extraits d'un papier de Newsweek du 3 avril 2006 intitulé "The New Wisdom Of the Web" (par Steven Levy et Brad Stone) traduit en un titre évocateur : "Quand les internautes tissent eux-mêmes leur toile". Les auteurs décrivent le phénomène Web 2.0 comme une nouvelle génération de sites dont le fonctionnement est fondé sur la participation des internautes prenant pour exemple le succès commercial fulgurant des mini-sites MySpace et la stratégie exemplaire de la plateforme FlickR, qui permet la création d'espaces en ligne de partage de photos.


Le contenu apporté par les utilisateurs ("user-generated content") est le nerf de la guerre que se livrent les services Web 2.0 mais cela va plus loin, les internautes (consommateurs) étant invités à organiser ces données (souvent l'un ne va pas sans l'autre). C'est l'exemple de Del.icio.us créé il y a 2 ans par l'américain Joshua Schachter, un site où les internautes du monde entier inscrivent des URL, les caractérisent et catégorisent par des marqueurs ou mots-clés ("tags"), le tout étant réutilisé et partagé par les utilisateurs de Del.icio.us.


L'article des deux journalistes va plus loin en insistant sur la porosité des données échangées et partagées entre des sites et plateformes concurrentes rendue possible via les API, le RSS ou AJAX :

"La plus belle illustration de ce fonctionnement est le système des mash-ups (mixages ou applications composites). C'est au départ une technique de hackers, qui consiste à extraire des éléments (vidéos, musique, images...) de leur site initial et à les combiner avec d'autres, pour informer ou faire rigoler. Certains ont aussi "emprunté" une liste d'appartements libres proposés sur Craigslist [un service de petites annonces classées et localisées] pour l'installer sur une carte de Google Maps".


La conclusion sonne comme un hymne au Web 2.0 dans une forme très lyrique et inconditionnelle :

"MySpace, FlickR et les autres ne sont pas des endroits où aller, mais des choses à faire, un moyen de s'exprimer, de rencontrer d'autres personnes et d'étendre ses propres horizons. Le cyberespace était un endroit lointain. La Toile, c'est chez nous".


Web 2.0, un concept à tiroirs (Slate, Etats-Unis)


Deuxième article du Dossier Web 2.0 de Courrier International, "Web 2.0, un concept à tiroirs", paru sur Slate le 29 mars 2006 sous le titre originel : "Web 2.0: The new Internet "boom" doesn't live up to its name" ou un essai de définition du Web 2.0 par Paul Boutin. S'agit-il d'une technologie, d'un état d'esprit ou d'une manière de monétiser Internet ?


A cela, le journaliste et ex-ingénieur au Massachusetts Institute of Technology s'interroge sur la terminologie Web 2.0 recouvrant des réalités différentes et non imbriquées (Paul Boutin parle même de "choses antinomiques") dès lors qu'on se place du côté de Tim O'Reilly, celui a qui a lancé le terme en 2003 ("un méli-mélo d'outils et de sites qui encouragent la collaboration et la participation"), du côté des développeurs ("tous les logiciels et langages utilisés pour créer les fonctionnalités époustouflantes des sites labellisés en tant que tel") ou dans une troisième acception dite "tactique Web 2.0" vue de la Silicon Valley ("une volonté de faire de l'argent en finançant un site alimenté en contenu par ses utilisateurs").


Au delà de l'image cool du "2.0" utilisé à toutes les sauces du marketing aujourd'hui, Paul Boutin fait preuve d'ironie au regard du marché de l'Internet :

"La récupération commerciale du Web 2.0 est la clé pour comprendre ce que le terme désigne réellement. C'est parce qu'ils ont raté le boom du Web 1.0 que la nouvelle génération de créateurs d'entreprises colle l'étiquette Web 2.0 sur tout ce qui se fait. (...)

Il existe un moyen tout simple de décrire la nouvelle culture de la participation en ligne sans avoir à invoquer le Web 2.0. Dites simplement Internet. Vous verrez alors que tout le monde comprend enfin ce que vous voulez dire".


Transférer son bureau en Sicile (Aera, Japon)


Tiré de l'hebdomadaire nippon AERA, l'article de Hiroki et Hideo Sato "Transférer son bureau en Sicile" montre qu'Internet modifie les habitudes de travail au Japon dans le secteur des nouvelles technologies, que l'internationalisation des services est nécessaire et permet le développement de certaines contrées dans le monde.


Il est montré en exemple un groupe de 5 personnes (collègues de travail et confrères) en "voyage de création" de 24 heures dans une ville thermale proche du Mont Fuji, qui ont pour objectif de créer un produit durant ce laps de temps, une pratique qui tend à se répandre au pays du soleil levant, le concept du "bureau à l'étranger" pour transférer temporairement son lieu de travail en dehors du Japon (dans le cas évoqué à Florence, en Italie) ou le "one day free" pendant lequel l'employé ingénieur de la société Mixi (blogs, partage de photos en ligne...) est bien à son bureau, mais ne participe durant cette journée au choix dans la semaine à aucune réunion et est dispensé des tâches courantes.


Autre fait japonais, une expression inédite prononcée par Yosuke Akatmatsu, créateur de l'entreprise Sidefeed, une société "au coeur de la tendance Web 2.0" avec système de notation de blogs : privilégier les blogueurs influents qu'il appelle les "intellectuels commerciaux" et propose la plupart des services de son entreprise en anglais... La moitié de ses utilisateurs habitent un pays anglophone!


Enfin, il est cité dans cet article les propos de Sayaka Murata, de l'ONG japonaise Kamonohashi Project qui donne accès à l'informatique et à l'Internet à des enfants cambodgiens défavorisés et leur enseigne l'outils informatique :

"Des adolescents qui fouillaient les montagnes d'immondices pour trouver de quoi survivre chaque jour sont capables aujourd'hui de créer un site Internet"...


... Et de citer le service Google Adsense qui permet à des internautes de ce pays de gagner avec ce programme de publicités plus de 10 000 yens par mois (soit 68 euros)... Ce n'est pas de l'argent de poche dans cette contrée! Et de conclure en franchissant un pas, avec un optimisme forcené:

"La véritable valeur du Web 2.0 sera peut-être de réduire la fracture entre les pays industrialisés et ceux en voie de développement."


Le nouveau royaume des idiots (Der Spiegel, Allemagne)
  - (à lire en ligne ici)


Dernier article du Dossier Web 2.0 de Courrier International, une interview pour Der Spiegel du philosophe allemand et spécialiste de la Communication et des médias Norbert Bolz qui est très critique sur les utilisations des nouvelles formes de communication : "[Elles] conduisent au règne de l'opinion, de l'exhibitionnisme, de la précipitation et à la fin de la raison". Norbert Bolz n'est pas tendre en effet dans ces propos :

"En quoi la navigation sur le Net change-t-elle nos habitudes de pensée ? La raison occidentale avec sa structure thèse-antithèse-synthèse peut-elle encore fonctionner dans notre culture versatile du clic ?

Chez Kant, la raison n'est assurément pas limitée par le temps. Avec Habermas, on peut encore discuter pendant un temps infini. Cela est toutefois de plus en plus irréaliste. Aujourd'hui, il s’agit de passer au crible le plus de matériel possible en un temps le plus court possible. En un mot : la raison classique était indépendante du temps ; aujourd'hui, nous n'avons pas la tranquillité nécessaire pour traiter les informations les unes à la suite des autres. Il vaut mieux repérer l'important en quelques secondes que maîtriser la déduction."


Une conclusion en forme d'interrogation et de doute sur le Web 2.0, sur les valeurs défendues par ses plus ardents partisans et sur la perte de recul temporel pour porter un regard critique et citoyen sur les outils Web 2.0, leur impact, les données diffusées, disponibles et échangées dans une "culture de l'instantanéité" qui prône l'immédiat comme constante essentielle de la valeur de l'information.

dimanche 20 août 2006

Guide pratique sur les Espaces Publics Numériques en Hongrie : “Telecottage Handbook: How to establish and run a successful telecentre”

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Le Programme des Nations Unies pour le Développement (U.N.D.P. - United Nations Development Program) vient de publier un guide - vademecum en anglais sur l’expérience hongroise des telecottages hongrois (équivalents de nos Espaces Publics Numériques français, voir le site Telehaz.hu) : “Telecottage Handbook: How to establish and run a successful telecentre” (en .pdf, 90 pages, à télécharger à cette adresse) dans une dynamique de faciliter le développement de télécentres et d’EPN en se posant des questions sur le montage du projet : gestion du projet en amont,  idées d’activités à développer, questions financières à prendre en compte, indicateurs des effets de leviers créés par la fréquentation des telecottages.


Le point fort de ce guide pratique est d’insister sur les bénéfices locaux de l’implantation d’un telecottage en terme de dynamiques citoyennes participatives, d’administration électronique, de développement économique. Des bonnes pratiques sont présentées tout au long de ce guide, agrémenté de tableaux récapitulatifs et points explicatifs.


Ce guide est à compléter par un document pratique (livre d’exercices de 30 pages, à télécharger en document Word) co-écrit par Matyas Gaspar (fondateur du 1er telecottage en Hongrie en 1996, et actuel président de l’Europen Union of Telecottage Association, E.U.T.A. à Budapest), Eva Bernat et Peter Palvolgyi : “How community telecentres serve local development - guide for local practitionners” (Comment les Espaces Publics Numériques peuvent contribuer au développement local - guide pour les acteurs de terrain) qui aide à l’analyse des pratiques et de l’environnement d’un Espace Public Numérique dans le cadre d’une création d’E.P.N. ou d’une redéfinition de projet.


Source :

Misnikov, Yuri (June 2006). Telecottage Handbook: How to establish and run a successful telecentre. A practical guide for community development practitioners on strategies for ICT-enabled community empowerment (based on the Hungarian telecottage movement experience) [En ligne], Collection How to Build Open Information Societies, UNDP Regional Bureau for Europe and the Commonwealth of Independent States, Bratislava, 1 p. (Page consultée le 20 août 2006)

mardi 8 août 2006

Podcasting de services publics locaux : quelques exemples type d’utilisation et un portail local citoyen de podcasts

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Est-ce un nouveau canal de communication intégré pour les sites Internet locaux de services publics ? On connait l’utilisation du podcasting ou balladodiffusion (”moyen habituellement gratuit de diffusion de fichiers audio ou vidéo sur Internet”) à partir de sites publics locaux pour :

- la rediffusion de conseils municipaux (à Fontenay-sous-Bois, France),

- un mini-journal local audio à diffusion régulière, hebdomadaire (informations municipales, sports et interviews, à Warren, Michigan, États-Unis… avec même un videopodcast sur le même thème),

- des infos mensuelles (agenda avec un axe très loisirs et culture, à Issy-les-Moulineaux, France),

- des nouvelles plus ou moins régulières avec une thématique différente traitée à chaque fois (à Boston, États-Unis),

- des podcasts audio et vidéos couvrant une actualité saisonnière (l’été, à Montélimar, France),

- des podcasts culturels facilitant la découverte et la visite d’un lieu (comme ceux du Musée Historique de la Ville de Haguenau, France).

Phénomène intéressant, certains citoyens et associations locales se regroupent pour créer des portails locaux de podcasts thématiques sous la forme d’un réseau structuré comme celui de Charlottesville (Virginie, États-Unis) : Charlottesville Podcasting Network. Il est question de sports, arts, politique, discours locaux, documentaires audio, critiques de films… Ce portail fourre-tout existe depuis avril 2005 et des bénévoles assurent une initiation et une formation audio pour que des citoyens découvrent comment manier le son sur Internet dans le but de les faire devenir des podcasteurs en herbe.


En Grande-Bretagne, le site Internet public du Lincolnshire County Council va plus loin avec des podcasts proposant les dernières nouvelles du Comté, un agenda et les offres d’emplois administratifs du Comté.


Va-t-on assister dans les prochains mois à une généralisation de podcasts offrant de nouveaux services à la population ? C’est une question majeure. Le podcasting peut aussi faciliter la vie de citoyens faiblement alphabétisés ; les services publics devraient s’atteler à cet aspect d’une administration en ligne plus respectueuse de la diversité des profils des publics.

vendredi 4 août 2006

Derrick De Kerckhove : mémoires connectives et physiques communautaires

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Derrick de Kerckhove est directeur du Mc Luhan Institute à l’Université de Toronto, Canada (voir le site). Il s’intéresse notamment aux changements qui s’opèrent dans les relations entre médias et sociétés.


Dans l’ouvrage “Mémoire quotidienne, Communautés et Communications à l’Ere des réseaux”, par Federico Casalegno, enseignant-chercheur au MIT (Laboratoire de Communautique Appliquée, Presses de l’Université de Laval, 2005) - voir son site -, son auteur dialogue avec Derrick de Kerckhove sur le thème “La naissance d’une nouvelle physique communautaire et les mémoires connectives”.


L’un des caractères singuliers de nos sociétés est peut-être celui qui pousse les hommes à vouloir construire eux-mêmes leur mémoire, en plus de celle qui émerge par des cérémonies et des traditions. Derrick de Kerckhove (voir sa page) montre comment ce processus est rendu possible par les nouvelles technologies de communication.


Il porte aussi une attention sur la nouvelle “physique communautaire” selon laquelle les liens humains, la qualité de ces liens et leur intensité évoluent selon le type de média utilisé. Cette dynamique a une influence importante dans la création et dans la cohésion communautaire ; extrait de cet article :

“Federico Casalegno : Vous parlez des formes communautaires se fondant sur la dimension physique et sur l’électronique. Comment s’articule, ou s’interpose, cette part de virtuel par rapport à la communauté réelle ?

Derrick de Kerckhove : C’est un domaine qui m’intéresse énormément car je suis en train de porter mes recherches sur la connectivité, l’intelligence connective, l’émotion et les relations connnectives, et sur bien d’autres aspects communautaires.

On s’aperçoit donc que la connectivité c’est le principe qui crée la communauté. Il y a les personnes qui sont nées et habitent dans les mêmes lieux, et qui composent des communautés de présence. Il s’agit de l’ancienne communauté de proximité.

La communauté par connectivité est certainement un nouveau critère d’analyse nous permettant de prendre en considération, à la fois, des communautés en présence et des communautés électroniques.

La connexion devient le principe soutenant la communauté.

La différence, ici, c’est qu’en ligne nous avons des communautés beaucoup plus “just in time”, c’est-à-dire qu’il s’agit des communautés rassemblées autour d’intérêts spécifiques. (…) Par communauté “just in time” vous pouvez voir, à titre d’exemple, ce qui se passe concernant les groupes de discussion de “info-war”, lancés par la “Ars Electronica” de Linz (ils ont lancé cette discussion afin de parler de leur prix, de la guerre d’informations, ou d’autres sujets tels que les zapatistes du Chiapas…). Ces conversations forment des groupes, des communautés avec une structure (chaque groupe a un héros, un modérateur, un leader charismatique, il y a les gens qui calment les esprits échauffés…), mais elles ne durent que le temps d’une conversation, d’un échange, même s’il paraît prolongé.

Je suis certain que le terme “physique de la communauté” nous porte à explorer une hypothèse de travail valide. Je commence à m’apercevoir qu’il y a de nouvelles lois presque physiques des comportements et d’organisation sociale (car elles se fondent sur de nouvelles formes de télécommunication) mais qui se dégagent à partir des communautés existantes. (…)

Chacune de ces communautés mérite d’avoir ses propres analyses sans oublier qu’une communauté est toujours ancrée dans une réalité physique précise. Il ne faut pas oublier qu’il faut bien des corps pour soutenir ces paroles.

J’ai eu le plaisir d’entendre Francisco Varelas lors d’une conférence, et il a éveillé toute mon attention en posant les quatre règles de l’information et de la cognition :

. La première c’est qu’elle est toujours incorporée ; toute cognition est incorporée et plus on va dans le virtuel plus on se rappelle cette dimension corporelle et matérielle.

. Deuxièmement, l’information est toujours le produit d’une émergence, et cette émergence va au-delà de l’esprit individuel.

. Troisièmement, la cognition est faite d’inter-subjectivité, c’est-à-dire qu’elle respecte l’identité de chacun mais en même temps elle se situe entre les individus. Nous faisons maintenant, dans notre entretien, un effort de connaissance qui est intersubjective.

. Quatrièmement, il y a des lois (qu’il ne connaît pas et qu’il est en train d’étudier), et il s’agit de lois spécifiques de circulation de la cognition dans l’intersubjectivité, dans l’émergence et dans cette incorporation. Tout ce qui est “on line”, se réfère finalement à la présence de corps. Mais cette corrélation entre la communauté virtuelle et la communauté réelle a, elle aussi, sa vie et sa dynamique propre, et c’est intéressant de voir si la dispersion des corps affecte différemment la corrélation virtuelle par rapport à la concentration des corps.

Certains disent, par exemple, et peut-être avec raison, qu’Internet n’était pas seulement l’intermédiaire permettant aux gens très éloignés de se relier, mais que cela pourrait constituer une médiation au sein d’une même communauté qui en serait confortée.”


Source :

Casalegno, Federico (janvier 2005). “La naissance d’une nouvelle physique communautaire et les mémoires connectives. Dialogue avec Derrick de Kerckhove”, in Mémoire quotidienne, Communautés et Communications à l’Ere des réseaux, Laboratoire de Communautique Appliquée, Presses de l’Université de Laval, pp. 224-226

samedi 22 juillet 2006

Agence mondiale de solidarité numérique : Forum des acteurs de la solidarité numérique le 13 septembre à Lyon

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Dans le cadre de ses activités, l’Agence Mondiale de Solidarité Numérique organise des ateliers et forums. L’Agence tiendra à Lyon, le 13 septembre 2006, en matinée, le “Forum des acteurs de la solidarité numérique” dont le programme est disponible sur cette page.


Après une introduction sur les enjeux de la solidarité numérique par Diane L. Lassonde (secrétaire exécutive de l’Agence Mondiale de Solidarité Numérique) et la présentation du Plan Africain sur la société de la connaissance par Makane Faye (Coordonnateur TIC à Addis Abeba de la Commission des Nations Unies pour l’Afrique), des projets seront présentés avec et en présence d’acteurs de Rhône-Alpes :

Thème 1 : Décentralisation (démocratie, développement institutionnel…)

Projet présenté :

- Dialogues Nord/Sud (par le CIDEM, Comité Initiative Développement Europe Maghreb)

Thème 2 : Éducation, formation continue

Projets présentés :

- Développement de compétences TICE des formateurs de formateurs (par l’IUFM de Lyon, voir site)

- Soutien des TIC à l’enseignement supérieur et à la recherche (par l’Agence Universitaire de la Francophonie, voir site)

- TIC et accès à l’école pour les enfants les plus démunis (par l’association Le Chemin de l’école)

Thème 3 : Santé, épidémies, prévention

Projets présentés :

- Logistique de santé en Afrique (par l’Institut Bioforce Développement, voir site)

- Télémédecine dans les pays en voie de développement (par l’association pour la Télésanté en Rhône-Alpes, voir site)

- Services vidéos interactifs pour l’accompagnement des déficients visuels (par la société IVès - Interactivité Vidéo et Systèmes)

Thème 4 : Gestion des territoires (SIG, risques, développement durable…)

Projets présentés non définis

Thème 5 : Économie, insertion et emploi (nouveaux métiers, production…)

Projets présentés :

- Développement de la solidarité numérique internationale (par le Club de la solidarité numérique, voir site)

- Centre de ressources pour l’appropriation des TIC par les personnes en situation de handicap (par le Centre Icom’, programme France de Handicap International, voir site)

- E-Commerce équitable (par la société Wonderful Monde, Ethic Attitude, voir site)

- PIP, Point d’Information Public (par le Club de développement et d’ingénierie en logiciel libre)

Thème 6 : Culture et loisirs multimédia (patrimoine, musique, jeux vidéo…)

Projet présenté :

- Intranet Bamako-Grenoble Métiers du livre, de la documentation et des archives (par l’IUT UPMF de Grenoble, voir site)

Thème 7 : Média & Communication

Projet présenté :

- Formation des journalistes guinéens (par France Guinée Coopération, voir site).


Il n’est plus possible de s’inscrire pour présenter un projet dans le cadre de ce forum. En revanche, vous pouvez assister au Forum des acteurs de la solidarité numérique en complétant ce formulaire en ligne.


Source :

Collectif (juillet 2006). Agence Mondiale de Solidarité Numérique [En ligne], Agence Solidarité Numérique, Lyon, Site (Page consultée le 23 juillet 2006)

mardi 18 juillet 2006

Daniel Bougnoux : “Alerte aux virus de l’info”

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Daniel Bougnoux est Professeur des Sciences de la Communication à l’Université Stendhal de Grenoble. Il est membre du G.R.E.S.E.C. (Groupe de Recherche sur les Enjeux de la Communication, voir le site). Dans le numéro estival de Philosophie Magazine, il s’interroge sur la reproduction virale de l’information sur Internet vs. la Presse traditionnel et les grands médias ; extrait de cet éclairage intitulé “Alerte aux virus de l’info” :

“On a trop déploré, concernant l’ancienne presse, les difficultés du droit de regard et de réponse des récepteurs pour condamner cette mise à niveau démocratique : au grand jeu de l’information, les niveaux se bousculent désormais et le “pluralisme” des sources et des supports augmente de façon vertigineuse. Notre idéal démocratique, intimement lié au principe de publicité et de liberté de l’information, révèle ici sa complexité et ses pièges. Si chacun a le droit d’exprimer et de valoriser son monde, la démocratie exige aussi l’institution d’un monde commun, autour d’un espace public d’affrontement des opinions contradictoires. Au lieu de les refouler, la démocratie rend visible les chocs inhérents à ces mondes antagonistes et les journaux acheminent jusqu’à nous cette perception ou cet appel des mondes des autres. Le journaliste a justement pour tâche d’assembler et de présenter aussi objectivement que possible les messages de ces autres mondes : il tient compte du collectif et propose une information “traitée” ou recoupée.

Ce souci du bien commun ou d’une information un tant soit peu publique ou générale risque de décliner avec les nouveaux parcours à la carte et la privatisation des informations, favorisée par les nouveaux médias. Sur Internet, chacun peut ne fréquenter que ses semblables ou n’avoir que des trajets d’évitement vis-à-vis des sites ou des messages qui contredisent outre mesure ses opinions. La culture du débat et de l’argumentation, l’espace public conçu comme un ring où s’affrontent des raisons contradictoires, en bref les anciennes dramaturgies (théâtrale, parlementaire, judiciaire…) d’une représentation plus ou moins équitable des conflits, peuvent s’effacer de nos portables qui privatisent, donc réduisent, le champ de vision de chacun. Les SMS, les listes de diffusion, les blogs et les “chats” sont excellents pour s’exprimer, mobiliser, “sensibiliser”, voire dénoncer, mais ils favorisent aussi le repli égotiste, le mimétisme, l’emballement sentimental, la contagion virale ou la chasse en meute… Il serait dommage de réduire la fonction d’édition à l’expression de son opinion ou de son monde par blog et le métier de journaliste au rôle de témoin. L’information, fondée sur l’enquête et le recoupement des faits, curieuse des raisons et des mondes des autres, ne s’improvise pas et nous attend un peu au-delà.”


Source :

Bougnoux, Daniel (août-septembre 2006). “Alerte aux virus de l’info”, Philosophie Magazine, n°3, Philo Édition, p. 16

samedi 15 juillet 2006

Wiki comme mémoire collective de territoires : à Brest, à Tournefeuille et à Paris

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Le Wiki est-il un outil en ligne adapté de sauvegarde de la mémoire, de traces de cultures, de souvenirs individuels ou collectifs ou du patrimoine d’un lieu ou d’un territoire ? Plusieurs initiatives liées à des territoires montrent qu’une solidarité numérique au service de la mémoire s’agrègent en des wikis. Le wiki est un outil pour constituer une base de connaissances annoncée comme collective mais agrégée autour de textes d’individus.

Wiki-Brest : mémoire d’un territoire, de ses habitants et des associations

Mis en place fin janvier par la ville de Brest, Wiki-Brest est un projet de base de connaissances, d’atlas, de carnets sur Brest et le pays de Brest où chacun(e) peut donner à voir des textes, des images, du son qui évoquent ce territoire. Histoires de lieux, de personnes, de travail, géographie, tranches de vie, cartes postales, chansons… y ont leur place. C’est l’envie d’écriture ensemble (habitants, enseignants, artistes, bibliothécaires, acteurs associatifs, rédacteurs de journaux de quartiers…) qui en croisant les médias relie leur mémoire les unes aux autres pour un projet collectif.

Les articles de Wiki-Brest sont publiés sous la licence GFDL (GNU Free Documentation License) dont l’objet est de rendre tout manuel, livre ou autre document écrit “libre” au sens de la liberté d’utilisation, à savoir : assurer à chacun la liberté effective de le copier ou de le redistribuer, avec ou sans modifications, commercialement ou non.

Wiki-Brest compte déjà plusieurs dizaines d’articles et de contributeurs. C’est plus qu’un espace expérimental d’expression, il s’agit de donner vie avec ce projet à une mémoire locale et de montrer la diversité de la vie à Brest.

Tournewiki : un site Internet local : Tournefeuille par les tournefeuillais

Tournewiki est un projet qui est né en partenariat avec la médiathèque de Tournefeuille (et son Espace Culture Multimédia). Ce projet consiste à créer un véritable site Internet basé sur la technologie Wiki sur la ville de Tournefeuille, une commune de plus de 22 000 habitants du département de la Haute-Garonne au Sud-Ouest de Toulouse.

Tournewiki se veut “à la fois reflet internet de l’identité de la ville et espace d’échanges, d’expression, d’information [et offrant] aux habitants de Tournefeuille devenus “cyber-citoyens’” une application concrète, quotidienne et humaine de l’outil internet.”

Tournewiki est largement ouvert aux particuliers, associations, entreprises, établissements scolaires pour mettre en ligne et échanger des informations. L’internaute n’est pas un consommateur passif de l’Internet mais se situe comme acteur de son territoire.

Lancé le 23 mars 2005 à l’occasion de la fête de l’internet, e projet continue à se développer et est régulièrement présenté à la population dans le cadre de manifestions culturelles (forum des associations…). Les Internautes sont invités à ajouter ou modifier des articles depuis leurs ordinateurs personnels ou ceux de l’ECM de la Médiathèque où les animateurs multimédias sont à leur disposition pour les informer et les aider. Tout comme Wiki-Brest, Tournewiki compte plusieurs dizaines d’articles thématisés à partir de la page d’accueil du Wiki.

A Paris, les initiatives sont multiples : ParisWiki, contributeurs de Wikipédia et WikiTravel

Il existe tout d’abord ParisWiki qui se veut avant tout un site collaboratif pratique : “Informations utiles quand on vit à Paris…”. Des Parisiens ou non l’alimentent. Il se présente comme un annuaire pointant vers d’autres ressources Internet ou d’autres sites que comme un Wiki textuel, base de connaissances extensive dans le même site.

La base de connaissances Wikipédia est régulièrement alimentée par des Parisiens bénévoles qui mettent en ligne leurs connaissances sur la capitale. Début mai, à la Cité des Sciences et de l’Industrie, la Wikipédia Party avait comme l’un des objectifs de recruter de nouveaux contributeurs parisiens.

Ainsi, Pierre, étudiant, consacre trois heures par jour à écrire sur Wikipédia. Il a cosigné un article sur le boulevard des Maréchaux. Thierry est contributeur sur l’ “Histoire de l’Urbanisme” dans la capitale et sur le “13e arrondissement”. Les pages sur Paris sont très consultées par les touristes, les amateurs d’Histoire, les étudiants en mal de références. Certaines pages de Wikipédia consacrées à Paris tiennent d’une mémoire vivante comme les Chansons sur Paris (plus de 400 titres).

Enfin, pour les amoureux des voyages, WikiTravel vous aide à découvrir Paris sous l’angle du guide de voyage.

Sources :
Collectif (juillet 2006). ParisWiki [En ligne], Inconnu, Site (Page consultée le 15 juillet 2006)
Collectif (juillet 2006). TourneWiki [En ligne], Médiathèque de Tournefeuille, Site (Page consultée le 15 juillet 2006)
Collectif (juillet 2006). Wiki-Brest [En ligne], Ville de Brest, Site (Page consultée le 15 juillet 2006)
Collectif (juillet 2006). Wikipédia Fr [En ligne], Wikimedia Foundation, Saint-Petersburg, Floride, Site (Page consultée le 15 juillet 2006)
Collectif (juillet 2006). WikiTravel Fr [En ligne], Nova Scotia Company, Québec, Canada, Site (Page consultée le 15 juillet 2006)

dimanche 2 juillet 2006

Credibility Commons : David Lankes : “L’une des idées centrales du Web 2.0 est la sagesse des foules”

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David Lankes est enseignant à l’Université de Syracuse aux Etats-Unis. Il revient dans les colonnes du supplément Ecrans Libération du 1er juillet sur le projet Credibility Commons qu’il codirige ; extrait de cet entretien-tribune :

“Quels sont les objectifs de Credibility Commons ?

Nous considérons l’Internet comme un patrimoine commun (”Commons”) de la culture et de l’information. Constatant que la crédibilité de l’information sur l’Internet était un problème grandissant, nous avons, dans un premier temps, décidé de tester des outils qui permettent d’en rendre plus facile l’identification. Mais nous n’imaginons pas qu’un groupe de recherche unique puisse résoudre ces problèmes. Nous espérons développer une base commune à laquelle les industries, les écoles, les gouvernements et le grand public puissent participer et qui puisse devenir un terrain de jeu ouvert à tous ceux qui souhaitent fournir une meilleure information sur le Web. Dans ce sens, nous nous retrouvons très largement dans les concepts du Web 2.0. Nous voulons devenir un réseau social.

Travaillez-vous sur la crédibilité des bases de données Web 2.0 ?

L’une des idées centrales du Web 2.0 est la “sagesse des foules” : plus vous avez de personnes impliquées dans un problème ou une décision, meilleure est l’éventuelle solution. Cela constitue un des nouveaux moyens pour déterminer la crédibilité sur l’Internet. Nous avons par exemple créé un prototype d’application pour blog, StoryStarters, qui permet de questionner tous les utilisateurs de la même application sur n’importe quel sujet. La personne qui a posé la question peut ensuite consulter la totalité des réponses. Plutôt que de chercher un commentaire unique sur un forum anonyme, vous pouvez vérifier la source en consultant le blog de la personne et déterminer si ses réponses sont crédibles. Mais la vraie question est : comment construire des outils qui permettent aux individus d’obtenir l’information appropriée à leur cheminement ? Ce n’est pas aussi simple que “Credibility Commons dit que ce site est crédible”. Crédible pour qui ? A quelles conditions ?”


Source :

Chardronnet Erwan (1er juillet 2006). ”Tribune : David Lankes : "De nouvelles approches pour signaler les informations crédibles sur le Web", Libération, Supplément Ecrans, Paris, p. 46

dimanche 4 juin 2006

“Les TIC et la société du savoir” par Jérôme Binde, UNESCO

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Jérôme Binde, sous-directeur général adjoint pour les sciences sociales et humaines à l'UNESCO s'est exprimé sur la notion de "TIC et la société du savoir" lors de TIC 21, Forum économique international sur les Technologies de l'Information et le développement durable qui s'est déroulé à Valenciennes les 28 et 29 mars 2006 et dont les actes sont disponibles en ligne. Extrait de cette intervention de Jérôme Binde, directeur de la publication du Rapport de l'UNESCO 2005 : "Vers les sociétés du savoir" (322 pages, téléchargeable sur Internet) :

"Qu'est-ce la société du savoir ? Rien, car il faut parler des sociétés du savoir, au pluriel. Les sociétés du savoir on toujours existé, comme l'Egypte ancienne ou la civilisation aztèque, mais il s'agissait de sociétés réservées à des cercles initiés, desquels la plus grande partie de la population était exclue.

Aujourd'hui, on observe une nouvelle articulation entre l'information et le savoir lui-même. Malheureusement, ces deux aspects différents sont souvent confondus.

La nouveauté est l'émergence d'une société de l'information mondiale (terme relatif, car seul 11% de la population mondiale a accès à Internet). Cette émergence n'est pas suffisante, il faut aller vers la création de sociétés du partage des savoirs, fondées sur la diversité. Les savoirs locaux, autochtones sont donc importants pour éviter qu'un unique savoir écrase les autres.

(…) Les sociétés du savoir rencontrent de nombreux obstacles. La fracture de la connaissance est encore plus importante que la fracture numérique, car plus ancienne et plus profonde, elle est plus difficile à combler. La 3e révolution industrielle a creusé ce fossé d'exclusion car il est devenu indispensable de savoir lire et écrire, ce qui exclut 30 à 40 % de la population.

Ces sociétés du savoir ne sont pas réservées aux plus privilégiés des pays du Nord. Au contraire, ce style de développement peut être une chance pour les pays du Sud. A l'ancienne conception du développement fondé sur le sacrifice ("la sueur, le sang et les larmes", formule de Churchill), a succédé un développement fondé sur l'intelligence, sur le savoir et sa valeur ajoutée. Cependant, les sociétés du savoir ne se résument pas à l'économie du savoir, elles concernent aussi les dimensions politiques, sociales, économiques et éthiques de la société.

Par exemple, Villa El Salvador, au Pérou, s'est construite dans le désert aux portes de Lima. Avec l'aide de Miguel Azcueta, ce nouveau bidonville auto-organisé a vu le jour, basé sur le développement communautaire et participatif, dans lequel les femmes ont joué un grand rôle. Partant de rien, Villa El Salvador est ainsi devenue une nouvelle société du savoir. Aujourd'hui, c'est une ville de 400 000 habitants ayant le taux d'analphabétisation d'adultes le plus bas du Pérou (45 %), qui a créé sa propre université (15 000 étudiants) où les citoyens sont reliés par Internet à la municipalité et où ils peuvent s'exprimer sur les décisions. Cette expérience s'est créée dans les conditions les plus défavorables possibles et constitue un exemple magnifique.

Les pays du Nord ont beaucoup à apprendre de cette étude sur les sociétés du savoir. A l'heure actuelle, les collectivités qui ne consacrent pas assez de ressources à la recherche et au développement, s'excluent d'elles-mêmes. Des différences sont en train de se créer et ces nations sont en passe de devenir des "nations tombeaux" qui feront fuir la jeunesse.

La notion de développement durable ne peut, par définition, pas fonctionner sans sociétés du savoir. Les nouvelles sociétés en réseau sont un grand moyen profitable au développement durable. Il y a aujourd'hui des moyens concrets comme le "collaboratoire", un laboratoire de chercheurs dispersés à travers le monde qui travaillent sur les réseaux électroniques. Ce "collaboratoire" a permis notamment le décryptage du génome humain et travaille sur des projets portant sur l'immunité dans le domaine du SIDA ou les changements climatiques. Par exemple, nous mettons actuellement au point un réseau mondial de prévention contre les tsunamis, que nous réclamions malheureusement depuis des années mais qui ne constituait pas une priorité budgétaire.

Nous sommes dans un espace prospectif et c'est dans cette idée de démocratie prospective qu'il faut avancer."

Sources :
Berhault, Gilles (dir.) (28 et 29 mars 2006). TIC 21 : Technologies de l'information & développement durable. Forum économique international. Les actes [En ligne], Acidd, Valenciennes, pp.177-178 (Page consultée le 4 juin 2006)
Binde, Jérôme (dir.) (2005). Vers les sociétés du savoir [En ligne], UNESCO, Paris, 232 p. (Page consultée le 4 juin 2006)

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