L'humanitaire aussi se lance dans le marketing viral et donne ainsi une
image dynamique des actions entreprises en utilisant Internet. Jusqu'au 31
janvier 2007, la Croix-Rouge Française valorise l'opération Tu fais quoi
en 2007 qu'elle invite à relayer avec cette page de bannières au choix à insérer sur son site Web
ou blog.
Depuis le 1er janvier, les internautes peuvent se rendre sur le site www.tufaisquoien2007.com pour prendre
de bonnes résolutions pour la nouvelle année. Sur ce site, les internautes
sont invités à choisir une bonne résolution pour 2007 par
lesquelles "j'arrête de fumer ; je me mets au sport ; je fais un
régime ; j'arrête de dépenser n'importe comment ; j'arrête de ne penser qu'à
moi ; je m'engage pour la Croix-Rouge". Un coach avec constitution
d'équipes aide à la concrétisation de la (des) résolution(s)
prise(s).
Cette campagne vise à faire davantage connaître les
activités de secourisme de la Croix-Rouge française. Un concours sur le
site Tu fais quoi en 2007 permet notamment de gagner des initiations aux
gestes de premiers secours pour, comme le site l'indique : "Agir tout
de suite".
Tag - communication
samedi 13 janvier 2007
Tu fais quoi en 2007 ? Campagne de marketing internet originale de la Croix-Rouge Française pour valoriser ses actions de secourisme
Par Jean-Luc Raymond le samedi 13 janvier 2007, 11:54
vendredi 12 janvier 2007
Eric Klinenberg, Internet et la concentration des contenus par les groupes d'informations traditionnels
Par Jean-Luc Raymond le vendredi 12 janvier 2007, 10:30
Le média
Internet n'est pas le média de la liberté absolue. Internet est un média de
concentration. Professeur de sociologie à la New York University, Eric
Klinenberg publie ce mois-ci un livre qui va à contre-courant du discours
actuel commun sur la libération de la parole sur Internet, la prolifération des
contenus, le fonctionnement des médias sur Internet et la distribution via le
Web de l'audio et de la vidéo : Eric Klinenberg "Fighting for Air: The
Battle to Control America's Media" (chez Metropolitan Books, 352 pages).
Eric Klinenberg centre son discours sur le fossé numérique : "Les personnes
disposant de revenus importants et d'un bon niveau d'instruction sont plus
aptes à se servir d'Internet et donc plus capables d'accéder en ligne aux
dernières nouvelles, à la documentation et aux services disponibles" et
sur la concentration des contenus par de grands groupes de médias.
Vous pouvez consulter une interview vidéo d'Eric Klinenberg par Bill
Moyers (PBS) à propos de son essai "Fighting
for Air: The Battle to Control America's Media" en ligne à cette
adresse.
Le Monde Diplomatique de Janvier 2007 reproduit un extrait de l'ouvrage d'Eric
Klinenberg en 2 pages avec le titre : "Les bénéficiaires inattendus du miracle
internet. Ce rêve envolé d'une information égalitaire" ; extrait :
"Les discours convenus sur l'essor révolutionnaire d'un journalisme de terrain pratiqué par une infinité de "blogueurs", menacent de dissimuler que les multinationales de la communication convergent vers Internet pour y amplifier leur voix et leur pouvoir. L'idée selon laquelle les nouvelles technologies de l'infrmation auraient rendu caducs les risques de concentration constitue le mythe principal et le plus dangereux de l'ère numérique.
Selon le "Rapport sur les médias 2006" du Project for Excellence in Journalism (PEJ) "Internet a longtemps été caractérisé par le nombre illimité de ses nouveaux sites d'un bout à l'autre du spectre des opinions politiques. Toutefois, les sites les plus populaires sont associés aux groupes de médias les plus puissants. Parmi les 20 sites les plus visités en 2005, d'après l'indice Nielsen-Net, 17 étaient liés à des groupes d'information traditionnels, c'est-à-dire produisaient l'essentiel de leur contenu mis en ligne pour des quotidiens, des chaînes de télévision ou des magazines." (...)
Les grandes entreprises de médias ont ainsi transformé les vastes espaces d'Internet en une énorme caisse de résonance où des textes identiques se font écho d'un site à l'autre sans que le journalisme original y gagne. Ne disposant pas d'un modèle économique pour Internet, les gestionnaires des principaux sites ont même eu tendance à réduire le nombre de professionnels qui y travaillaient à des tâches d'édition, de réécriture et de recherche de contenus entre 2003 et 2004.
Résultat : près de 60 % des dépêches d'agence étaient mises en ligne telles quelles. Analysant près de 2000 publiés par les 9 principaux sites, le PEJ a conclu que "le contenu qu'ils offrent sur la Toile, s'il a augmenté en volume, en actualité, et en sophistication technique, demeure largement une morgue à dépêches, sujets de seconde main et articles recyclés à partir des quotidiens du matin"."
jeudi 11 janvier 2007
Wikiversité, une communauté d'apprentissage libre francophone naissante
Par Jean-Luc Raymond le jeudi 11 janvier 2007, 00:01
La Wikiversité ("Wikiversity" en anglais) est le nouveau projet
de la Wikimedia Foundation (qui soutient le projet Wikipédia).
Communauté d'échange basée sur l'apprentissage, la Wikiversité, néologisme créé
à partir de la contraction des mots "Wiki" et "Université" vise au
développement d'une communauté autour de textes pédagogiques libres.
Cet espace de partage de cours de tous niveaux déposés par des contributeurs
volontaires est proposé à partir d'une adresse
générique avec un classement par facultés (Arts ; Sciences humaines et
sociales ; Sciences exactes et naturelles ; Technologie et sciences appliquées)
à partir desquelles on retrouve les différentes disciplines des
savoirs.
La Wikiversité francophone en est tout juste à ses débuts. Elle fait donc appel
à des contenus créés et composés par des internautes de différentes contrées
apportant leurs savoirs et compétences. Pour en savoir plus sur le projet et en
discuter, la salle de café est un lieu de discussion virtuel et travailler aux
premiers pas de la Wikiversité.
"La Wikiversité est un centre de création et d'utilisation de ressources et d'activités destinées à l'apprentissage. Ses priorités premières et ses objectifs sont :
- la création et l'hébergement de ressources libres pour l'apprentissage, en toutes langues et pour tous âges,
- l'hébergement de projets et de communautés pour la gestion de ces ressources,
- et le développement de projets Wikimedia déjà existant afin de les compléter (par exemple un projet de trouver de bonnes sources pour les articles de Wikipédia)."
mercredi 10 janvier 2007
L'Internet et les réseaux de solidarités, une étude sur les solidarités numériques en réseau
Par Jean-Luc Raymond le mercredi 10 janvier 2007, 17:16
En février
2005, l'Eurotechnopolis Institut a publié un document remarquable sur
l'Internet et des initiatives liées aux solidarités et à l'Economie Solidaire :
"L'Internet et les Réseaux de Solidarités" (31 pages en .pdf, à télécharger ici). Intéressant car cette étude rapporte des dizaines
de projets, montre leur implantation dans une dynamique territoriale locale ou
plus sectorielle et les classe de manière pertinente dans des champs
participatifs divers et variés.
Ce document met en lumière la solidarité numérique comme un fait ancien
sur Internet souvent lié à un activisme politique et à des préoccupations d'une
vision différente de la société en matière d'environnement,
d'économie sociale et solidaire et de réseaux non monétaires.
Souvent, les réseaux de solidarités sur le Web sont l'écho ou
précurseurs de mobilisations citoyennes, ont un aspect extrêmement pratiques et
cherchent à recréer du "lien social" ; Internet n'étant qu'un outil pour des
objectifs concrets.
L'étude "L'Internet et les Réseaux de Solidarités" souligne l'importance des
animateurs des réseaux ("les médiateurs du lien social") et livre
quelques enseignements pour l'avenir. Il est notamment proposé de favoriser la
création de services d'épargnes solidarité (par système de points, de temps
troqué), de soutenir les écoles qui veulent lancer des projets de solidarités
entre jeunes et d'aider plus avant les actions de solidarités
numériques des collectivités territoriales.
lundi 8 janvier 2007
Démocratie participative locale sur Internet, recommandations pour les collectivités locales
Par Jean-Luc Raymond le lundi 8 janvier 2007, 10:34
En
Espagne, sur leurs blogs, des acteurs de terrain des collectivités
territoriales discutent autour d'idées, de suggestions et de conseils
formalisés pour une démarche participative citoyenne en ligne des internautes.
Ces articles qui se répondent les uns les autres, se complètent montrent des
champs des possibles et traduisent avec des mots des recommandations pour une
expression des citoyens sur Internet sur leurs préoccupations locales et dans
un mode d'interaction avec les collectivités locales.
Dans cette perspective, le blog collectif Administraciones en Redes vient de
publier un article dont la lecture est passionnante : "Conductas politicas para para la participación ciudadana"
("Conduites politiques pour la participation des citoyens"). En voici une
traduction personnelle condensée. Ces points de travail sont également précieux
dans la conduite/gestions de projets collaboratifs en ligne ; un manifeste de
la participation collaborative sur Internet :
"(version Wiki pour politiciens 2.0)
A toi, professionnel de la politique, représentant de la volonté populaire ou
gestionnaire de services publics, qui croit que la démocratie est plus que de
voter année après année, qui rêve d'un système dans lequel la politique est un
peu plus qu'une dispute habituelle entre des partis, qui souhaite être
utile à ta société et qui désire que cette société accorde une légitimité
au travail des politiciens, aspirant-politicien 2.0, j'offre ce catalogue
de conduites pour la participation des citoyens.Et, à toi, lecteur -mon
semblable, mon frère !- je t'invite à corriger, à compléter cette lettre très
particulière aux Rois Mages :
1. Participation signifie partager le pouvoir. Donner une information
n'est pas la même chose que d'offrir la possibilité de participer.
Rassembler des informations n'est pas permettre une participation. La
participation signifie aussi la prise de décisions. Il s'établira une société
civile forte quand on ouvrira les processus de décisions à la participation des
citoyens.
2. Écoute, écoute, écoute. Il est probable qu'il existe déjà une
conversation sur le sujet qui te préoccupe. Si la conversation existe déjà, on
peut consulter ce qui est dit et repérer qui sont les protagonistes dans ce
réseau de dialogue. Internet est un locuteur très important doté d'outils
pour l'écoute : Technorati,
BlogSearch,
Del.ici.ous...
3. Si la conversation existe déjà quelque part, il est plus adéquat de
ne pas l'initier (elle existe déjà, tu te rappelles ?), de la
monopoliser (pour que réduire sa diversité ?), ni de se l'accaparer (tu ne
pourras pas). Il suffit d'y participer. Avec le temps, peut-être deviendras-tu
un noeud significatif du réseau conversationnel.
4. Quand la conversation n'existe pas, il faut se poser
la question si cela vaut la peine de l'entamer. Si le
sujet n'a pas été présent jusqu'à maintenant dans les conversations,
peut-être que cela n'intéresse pas les citoyens. Comment les intéresser
? Les gens prennent part à des conversations qui s'avèrent proches d'eux,
habituelles, faciles, naturelles et qui offrent quelque chose de tangible à
améliorer dans leur vie.
5. Lie, relie, relie. Participe aux conversations
des autres mais ne sois pas le leader de toutes les
conversations. Il faut s'adapter aux conversations en se faisant petit, en
escaladant pas à pas la connaissancedu sujet et il faut aussi avoir de la
mémoire. Il n'y a pas de meilleure façon d'obtenir que quelqu'un
s'intéresse à une thématique que de le proposer en
démontrant que tu t'intéresses aussi à ce que proposent les autres.
6. Ouvre-toi au monde. Pense que dans une conversation, une
institution n'est pas un interlocuteur. La conversation est une affaire de
personnes. Tu devras prendre des risques. Il faudra prononcer des affirmations
comme provisoires et les rectifier. Sois transparent. Il faut
aussi réfléchir.
7. L'attitude fait tout dans une relation entre des personnes.
Il ne faut pas tout gaspiller avec une attitude qui n'est pas compréhensible.
Il faut avoir de l'humour, être persévérant, élégant, tolérant, agir avec
constance. Sois un simple citoyen qui participe à une conversation, mon
ami.
8. Ne te préoccupe pas trop du nombre de personnes qui prennent part à
la conversation mais surtout à la quantité de bonnes conversations qui
s'établissent. Prendre part à une conversation est un acte volontaire. Ne pas
s'intéresser à comment empêcher qu'une personne fasse un mauvais
usage du pouvoir ; prendre plutôt le soin de comment pouvoir faire
pour que beaucoup de personnes fassent un bon usage du pouvoir. Les
menaces sont toujours plus évidentes que les avantages parce que le changement
fait peur.
9. Tu dois savoir qu'il n'y a pas d'obéissance aveugle, ni même
borgne. Les participants aiment se différencier les uns des autres. Si
le projet collectif n'implique pas que mon avis soit considéré, je ne peux pas
croire au projet.
10. Les citoyens adultes méritent d'être traités comme tels.
Ne sois pas paternel, ni maternel avec eux. Laisse-leur la liberté et la
responsabilité. Ils prendront en charge ce qui les concernent. Ils peuvent se
tromper. La participation implique le respect des participants.
11. Les destinataires des politiques publiques peuvent améliorer leur
conception et leur implantation locale et,
évidemment, trouver que les décisions suite aux
discussions soient plus conformes à leurs désirs. Toutefois, n'espère
pas à court terme que les résultats soient extraordinaires. Le principal est
l'ampleur prise par la participation. Évaluer la participation peut la tuer
avant que celle-ci grandisse réellement. Le premier objectif est
de construire une Communauté active, avancer pas à pas vers une
citoyenneté véritablement civique.
12. Enfin, il faut avoir en tête ces trois principes
: (1) La mauvaise participation est contre-indiquée, parce qu'elle
sème la méfiance et le découragement. (2) L'absence de participation est
encore pire que la mauvaise participation. (3) Il est dangereux de faire passer
comme participation la simple manipulation."
dimanche 7 janvier 2007
Jacques Attali, les sociétés occidentales à l'épreuve de penser l'avenir
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 7 janvier 2007, 23:01
Dans le quotidien Le Monde du 6 janvier 2007, Jacques Attali, souligne
la vision à court terme des sociétés occidentales et cette incapacité à se
projeter dans l'avenir : "La démocratie à l'épreuve du futur" ; un entretien qui fait
écho à son dernier essai best seller de prospective à l'horizon
2030 : Jacques Attali
Une brève histoire de l'avenir (chez Fayard).
Il y évoque le pouvoir des technologies comme moyen de surveillance accru ;
extrait :
"Quelles peuvent être les solutions pour les démocraties des grands pays ?
Une des réponses actuelles est le rajeunissement de la classe politique, alors que le monde vieillit. Le pouvoir est ainsi donné à des personnes qui vont en rendre compte pendant vingt ans, d'où leur intérêt à s'occuper du long terme. C'est déjà fait partout dans le monde, sauf en France. L'opinion publique va dans ce sens. Les jeunes sont mûrs plus tôt. Même s'ils ne votent pas, ils s'inquiètent du monde qu'on va leur laisser. D'autant plus qu'ils ont à leur disposition des moyens d'expressions de plus en plus efficaces : Internet, les blogs, le Web 2.0.
Les démocraties arriveront-elles assez vite à se projeter dans l'avenir ? Rien n'est moins sûr. Le retour de la dictature est possible. Ainsi, dès aujourd'hui, l'émergence des nouvelles technologies et des techniques de surveillance menace les libertés individuelles. Il faut donc les intégrer dans une nouvelle conception du droit. Si cela n'a pas lieu, le XXIe siècle sera peut-être aussi terrible que le XXe siècle, avec la même parenthèse totalitaire (1917-1989), mais avec encore plus de dommages."
Léon Saussine, devineur d'Internet au début du 20e siècle, le cinéma-phono-télégraphique
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 7 janvier 2007, 10:11

Frédéric Lambert (professeur et sémiologue à l'Institut Français de Presse) s'intéresse dans le numéro de novembre 2006 du mensuel gratuit Citato, dans un article intitulé "L'avenir du passé, le futur du présent" à un français qui a prédit, il y a plus d'un siècle, l'Internet. Incroyable précurseur que Léon Saussine :
"Au début du XXe siècle, monsieur Léon Saussine, dessinateur et lithographe, s'est amusé à imaginer comment vivraient les habitants de la planète Terre au moment du passage à l'an 2000 en proposant une série d'images intitulées : "En l'An 2000".
Parmi toutes ces propositions qui nous font sourire (...), notre artiste-devin avait prédit la correspondance "cinéma-phono-télégraphique"! Un homme en costume, confortablement installé dans un fauteuil, tient dans sa main un "micro". Une jeune femme, grandeur nature, dans une toilette très recherchée, lui fait face. Mais il ne s'agit que de son image, projetée sur un grand écran. Elle semble cependant lui parler.
(...) Ce qui prime, c'est le dispositif qui autorise cet échange en direct. Un technicien s'affaire et le réseau de fils électriques, d'écouteurs, de sonnettes et de pavillons d'électrophones laisse deviner un appareillage complexe.
Notre peintre en avenir, inspiré par le génie du fantastique, n'avait-il pas inventé tout simplement l'Internet ? Certes, nos ordinateurs et nos web-cams ne ressemblent pas à cette machineri lourde. Mais on peut rendre justice à notre dessinateur d'avioir conçu au début du XXe siècle ce que serait le XXIe siècle et sa révolution numérique : la simultanéité audiovisuelle de nos modes d'échanges."
Cette image peut être vue à l'Historial de la Grande Guerre, Château de Péronne, 80
201 Péronne, France.
samedi 6 janvier 2007
La démocratie participative numérique et les collectivités territoriales
Par Jean-Luc Raymond le samedi 6 janvier 2007, 22:02
La Gazette des Communes consacre sa une du 8 janvier 2007 à :
"Internet : Les nouveaux usages de la démocratie participative" avec un dossier
de 8 pages sur le sujet, coordonné par Maud Parnaudeau. C'est à ma connaissance
une première pour l'hebdomadaire de référence des collectivités territoriales
en France.
Selon la Gazette, l'essor des réseaux numériques dans la démocratie locale est
une "extension" de l'utilisation des Technologies de l'Information et de la
Communication. Pourtant, les expériences de démocratie locale sur Internet ont
été moteurs dans le processus historique d'Internet. On redécouvre aujourd'hui
cette espoir de démocratie locale via le réseau avec la massification du nombre
d'internautes.
Le numérique participatif est dans l'air du temps et les Technologies de
l'Information et de la Communication sont d'abord considérées par
l'immense majorité des collectivités locales comme un média.
Le souci de la transparence via Internet contribue-t-il à un effort
démocratique ? Rien ne le prouve. Si le pouvoir des internautes semble plus
grand, les actions individuelles ou collectives peuvent faire pression sur les
élus mas c'est d'abord l'information et la consultation qui prime pour la
collectivité territoriale.
Quid de la liberté d'expression ? Elle est présente sur Internet remettant en
cause le fonctionnement même de la démocratie représentative. Si la
communication et la publication d'internautes est possible dans les faits et
techniquement par le citoyen lambda sous forme de blogs, forums, podcasts
audio, vidéos, ce fait en ligne qui agrège les opinions n'est pas forcément
représentatif des opinions des citoyens.
Soulignons que le nombre d'internautes en France n'est pas encore écrasant
et que les outils techniques évolués sont exploités par les personnes qui
savent s'en servir ; une partie très importante de la population n'y a pas
recours faute d'accès, de compétences, du niveau d'instruction et d'une culture
numérique inexistante.
Dernier point, l'essor des réseaux numériques joue le rôle certain d'aiguillon
auprès des pouvoirs politiqurs locaux même si cette forme est largement
surévaluée dans le paysage médiatique ambiant.
L'expression citoyenne n'est pas l'expression politique traditionnelle même si
elle est foncièrement une expression politique d'engagement dans une réflexion
et/ou une critique de la vie de la cité.
Cette distanciation entre ces deux modes d'expression n'est pas seulement
culturelle ; elle mêle des intérêts de pouvoir, de représentation, de marchés
économiques et de questions sociales redondantes.
Vincent Feltesse, maire de Blanquefort en Gironde, résume ainsi cette nouvelle forme de
contestation dans le dossier de la Gazette des Communes :
"Il est vrai qu'internet est davantage un outil de contestation que de construction. Les personnes peinent à s'emparer des espaces de discussion ouverts par les institutions ; il y a un phénomène de défiance. Aussi, pour provoquer des échanges, il peut être plus efficace de poster des messages sur des blogs citoyens que de créer des blogs institutionnels".
Quelques expériences des collectivités locales évoquées dans ce
dossier sur la démocratie locale à l'heure du numérique :
- Wiki-Brest (encyclopédie brestoise dans lequel chaque internaute peut
publier des textes, images ou des sons ayant trait au territoire) ;
- Ma ville en poche à
Laxou (portail local consultable sur téléphone mobile) ;
- La WebTV du
département de la Seine-Maritime ;
- les blogs Au
Fil de Dream+ (mis en place dans le cadre d'un projet de la Région
Nord-Pas-de-Calais sur la démocratie locale numérique) et Démocratie
participative (initié par le Conseil Régional Rhône-Alpes).
Autocybergraphie (tendance 041)
Par Jean-Luc Raymond le samedi 6 janvier 2007, 21:15 - Tendance
La rubrique
tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme
reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir,
porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans
son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou
inutile, lieu en devenir...
Le terme autocybergraphie a fait son apparition vendredi sur le blog du
chroniqueur Bertrand Lemaire pour Le Monde Informatique : "Autocybergraphie" qui désigne un type de nouveau récit
littéraire, selon l'auteur de l'article :
"Pomme Q (de Emilie Stone) est, à ma connaissance, la première autocybergraphie. (...) Expliquons donc de quoi il s'agit : c'est le récit de la vie d'un ordinateur rédigé à la première personne. Bref, l'ordinateur (un portable Apple en l'occurrence) raconte sa propre vie et celle de son entourage. L'exercice n'était pas simple et il a été plutôt bien réussi : l'anthropomorphisme se limite à la conscience des ordinateurs (base nécessaire pour qu'il y ait récit à la première personne)."
Le roman
Pomme Q de Emilie Stone est paru le 4 janvier 2007 aux Editions Michalon.
Emilie Stone est journaliste et a notamment travaillé pour Radio Nova et
l'Autre Journal.
On ne sait pas vraiment s'il s'agit là d'une première autocybergraphie que
cette fiction. Il existe déjà des oeuvres fictionnelles faisant parler des
objets ou bien sûr des animaux et végétaux. Et puis, dans un ton humoristique,
l'ordi-narrateur existe déjà, il apparaît dans ce billet de blog!
vendredi 5 janvier 2007
Braille postal de Handicap Zéro, une carte de voeux transcrite en braille et envoyée gracieusement par courrier
Par Jean-Luc Raymond le vendredi 5 janvier 2007, 23:50
Hier, des
instants merveilleux vécus dans le dédale des transports en commun : un enfant
de 4 ans et demi tout au plus (voyant) guidait son père aveugle en
lui indiquant tous les obstacles de la ville avec des phrases construites et
imagées, des mots précis ; témoignage filial d'une solidarité qui relie et lie
plus que tout. Moment rare de vérité et d'entraide.
Aujourd'hui, découverte via le blog de Laurence Hamonic, d'une très belle initiative de
l'association Handicap Zéro qui oeuvre depuis 1987 sur la thématique du droit
à l'information pour les personnes aveugles, malvoyantes ou avec des
difficultés visuelles.
En cette période de voeux, Handicap Zéro propose un service gratuit
solidaire baptisé Braille postal qui consiste pour toute personne à
pouvoir rédiger des voeux sur Internet par un texte en minuscules dans un
formulaire disponible à cette adresse. L'association se
charge ensuite d'imprimer ces voeux en braille et de les envoyer gratuitement
par voie postale au destinataire de votre choix malvoyant, aveugle ou avec des
difficultés visuelles que vous connaissez dans votre entourage.
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