C'est l'un des blogs les plus pratiques du moment, lancé par la
consultante belge Muriel Vandermeulen : Ecrire pour le
Web est un carnet Web qui délivre des conseils avisés sur la
thématique précitée qui se décline en lisibilité, en acessibilité, à réfléchir
aussi bien à la forme qu'au fond, au contenu.
Un vademecum sur l'écriture Web pratico-pratique qui ne se perd pas en
circonvolutions avec des articles développant une méthodologie claire basée sur
des exemples et des ressources francophones et anglo-saxonnes sortant
quelque peu des sentiers battus, qui vous aideront pour mener à bien des
projets Web.
Tag - communication
mardi 1 mai 2007
Ecrire pour le web : conseils pratiques
Par Jean-Luc Raymond le mardi 1 mai 2007, 22:14
dimanche 29 avril 2007
Promessothèque, Dites au monde, Je le ferai, mais à condition que vous m'aidiez
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 29 avril 2007, 23:55
Au
Royaume-Uni, il existe depuis quelques mois un service étonnant
sur le Web intitulé The Pledge Bank (autrement dit "La banque d'engagement"). Je
rêvais de voir ce service traduit en Français ; c'est désormais chose faite
(partiellement) avec la Promessothèque.
Cette plateforme développée en logiciel libre (licence Affero GPL) par
l'association britannique MySociety permet à chaque citoyen localement de faire une promesse ou
un engagement et de le mettre en oeuvre si d'autres personnes s'inscrivent
pour participer à cet engagement ou à cette promesse. Cela peut être une
idée d'entraide pour acheter un réfrigérateur à une personne précaire, se
donner la possiblité durant une journée de nettoyer un bois, d'adresser une
pétition à un homme politique, d'acheter des produits issus du commerce
équitable... Les promesses fructueuses et infructueuses, réalisées et non
réalisées demeurent en ligne comme mémoires de l'action et idées pour de futurs
projets.
Tom Steinberg qui coordonne MySociety définit ainsi cette plateforme :
"Dites au monde "Je le ferai, mais à condition que vous
m'aidiez". "Nous savons tous ce qu'est un sentiment d'impuissance et que
nous ne pouvons pas vraiment changer nous-mêmes ce que nous voudrions voir
changer. Promessothèque vise à combattre ce sentiment..."".
La Promessothèque vise à associer le caractère local et microlocal d'un
engagement et Internet en s'inscrivant son engagement sur une plateforme à
but non lucratif. Une belle idée citoyenne et solidaire qui conquiert
le monde anglo-saxon et pas seulement... The Pledge Bank existe aussi
en espagnol, portugais, russe, ukrainien, allemand, esperanto... Un bel exemple
de citoyenneté à la mode Web 2.0.
Wikipédia, le rêve de Diderot? dans Philosophie Magazine et colloque sur Wikipédia en octobre à Paris
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 29 avril 2007, 22:45 - Evénement
Philosophie
Magazine du mois de mai 2007 consacre sous la plume du
journaliste Marc Fernandez un article de 6 pages au modèle
encyclopédique proposé par Wikipédia : "Wikipédia, le rêve de Diderot ?".
ll y conte l'histoire de ce que certains nomment une "base de connaissances",
d'autres une "encyclopédie", d'autres encore un "ensemble de ressources" et
donne la parole à des auteurs et acteurs du projet Wikipédia (passés et
actuels) sur l'épineux sujet de la validité et du statut des articles figurant
sur Wikipédia.
On apprend au cours de ce papier l'organisation prochaine à Paris
d'un colloque
sur Wikipédia : les 19 et 20 octobre 2007 à la Cité des Sciences et de
l'Industrie ; extrait :
"Déjà, en décembre 2004, au sujet de ce que devrait être un article "encyclopédique", un des contributeurs, surnommé Caton, a affirmé, sans craindre l'ironie, qu' "au fond, Wikipédia renseigne sur les oeuvres que Descartes a écrites comme on peut se renseigner sur des horaires de train" : (...) On peut très bien avoir beaucoup d'informations, et être néanmoins au degré zéro de la connaissance (...). C'est pourquoi le danger de toute encyclopédie est de sombrer dans l'insignifiance et le vide culturel. L'information pour l'information est l'opposé de l'instruction, du savoir et de l'amour de la connaissance."
Le débat fait rage, y compris au sein de la communauté. Pour tenter d'y répondre, Wikimédia organise, en octobre prochain, à la Cité des Sciences et de l'Industrie à Paris, un colloque "Wikipédia et les experts".
"C'est un problème inextriquable, admet Barbara Cassin. Si l'on instaure un comité scientifique, on dénature l'instantanéité du projet. Malgré ses inconvénients, l'information qu'offre Wikipédia a cet avantage de ne pas être orpheline : elle cite des sources, renvoie à des liens, etc. Si l'on s'en sert comme d'un point de départ qui nous permette de tirer un fil pour entamer une recherche, alors c'est parfait. Maintenant, est-ce qu'à partir de là, vous avez assez de matériau pour en faire un usage intelligent ? C'est une question qu'il leur faudra affronter pour poursuivre cette magnifique aventure."
lundi 12 février 2007
Sommes-nous des passeurs de mémoires ? Intervention à Brest pour la 2e édition d'Ecrits Ecrans Publics
Par Jean-Luc Raymond le lundi 12 février 2007, 11:42 - Mes missions
J'interviendrai
durant la 2e édition d'Ecrits Ecrans Publics qui se déroule les 23 et
24 mars 2007 à Brest. Cette année, les deux jours de rencontres porteront sur
le thème : Collectes de mémoires multimédias et lien social.
Seront réunis des acteurs brestois et de Bretagne de l'expression multimédia
(institutions, associations, habitants) en les reliant aux multiples
initiatives autour de l'histoire et des collectes de mémoires. Le pré-programme
de cette rencontre ouverte est en ligne sur un wiki
dédié.
Je présenterai à cette occasion un panorama d'initiatives collectives
(France, Belgique et monde) reliant des mémoires d'habitants les unes aux
autres via les nouvelles technologies pour recréer du sens : "Sommes-nous des
passeurs de mémoires ?" dont voici l'explicitation :
"Internet est le creuset de nouvelles solidarités qui s'expriment, de personnes qui coopérent, donnent à voir, partagent leur culture et leur patrimoine local par des textes, des images, des animations et de la vidéo. Ces traces recomposées du passé qui trouvent des liens dans le présent générent des projets culturels participatifs passionnants où l'appropriation des technologies est ressentie comme une aide pour faciliter la prise de parole et l'expressivité des citoyens, nouer des relations intergénérationnelles et construire des ponts entre les cultures.
Prenons le temps d'un voyage sur Internet pour partir à la découverte d'initiatives collectives en France, Belgique et à travers le monde, où des habitants deviennent des passeurs de mémoires en utilisant les technologies (ordinateurs, téléphones mobiles, internet...), donnant du sens à leur participation citoyenne et façonnant une Histoire faite de petits bouts de vies reliés les uns aux autres pour recréer des savoirs."
dimanche 28 janvier 2007
Lutte contre la Fracture Numérique : le Libre marque des points !, conférence à Solutions Linux 2007, le 31 janvier
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 28 janvier 2007, 09:50 - Evénement
Le Salon Solutions Linux 2007 (CNIT - Paris La Défense, Hall Marie Curie, du 30
janvier au 1er février 2007) propose une conférence gratuite sur le thème : "Lutte contre la fracture
numérique : Le Libre marque des points !", le mercredi 31 janvier de 9h30 à
12h, axée sur le développement numérique en Afrique.
Parmi les intervenants de la matinée :
- Frantz Fongang, Chef de projet formations présentielles, Programme "Soutien des TICs à l'enseignement supérieur et à la recherche", "Rectorat-Services Centraux de l'Agence Universitaire de la Francophonie" : "Centre Linux et Logiciels libres pour le Développement (C3LD)et certification internationale (LPI)",
- William Turner, Coordinateur du projet Diaspora Knowledge Network, UNESCO,
- Pierre Bonis, Chef du bureau pour les NTIC, Ministère des Affaires Etrangères : "Lutte contre la fracture numérique : enjeux et perspectives",
- Papa Amadou Konté, Chargé des Nouvelles technologies à la Mairie de Dakar : "Logiciel libre et système d'information de de la Mairie de Dakar. Opportunités et craintes",
- Olakanmi Adewara, formateur ADEN - "Obafemi Awolowo University" Ile-Ife – Nigéria et Nicolas Pejout, projet ADEN (dispositif complet pour la création de points d’accès publics à l’Internet dans des zones numériquement enclavées) du Ministère des Affaires Etrangères : "Le libre au service du développement : l'exemple du projet ADEN",
- et Gonzague Ladmiral, président d'EAH - François Jaffrennou, vice-président et chef du convoi Burkina Faso 2007 - Aurélien Lemoine, chef du Projet Wedus.org avec l'école d'Ingénieurs EFREI. Il s'agit d'un portail éducatif à destination des collégiens et lycéens des pays en voie de développement.
samedi 27 janvier 2007
Journée européenne de la protection des données, Alerte aux traces
Par Jean-Luc Raymond le samedi 27 janvier 2007, 21:18

Ce dimanche, se déroule la journée européenne de protection des données personnelles et de la vie privée. Une page complète du site du Conseil de l'Europe recense les initiatives sur notre continent dédiées à cette journée. En France, la Commission Nationale de l'Infomatique et des Libertés (CNIL) se mobilise avec une campagne d'information : "Alerte aux traces" :
"De nombreux actes de la vie quotidienne (téléphoner, utiliser sa carte bancaire ou surfer sur internet...) génèrent des "traces" porteuses d'informations sur notre identité. L'utilisation anodine de technologies performantes nous conduit naturellement à dévoiler toujours plus d'informations sur nous, sans pour autant savoir qui y aura accès, pour quoi faire et pour combien de temps. Ces données peuvent être exploitées de plus en plus vite, en plus grand nombre et sont potentiellement accessibles en tout point du globe. Notre vie privée se réduit ainsi petit à petit avec le risque que ce mouvement soit irréversible."
A cette occasion, le journaliste Thomas Bronnec s'entretient avec Yann Padova,
secrétaire général de la CNIL, dans un article pour l'Express publié le
vendredi 26 janvier 2006 : "Les
technologies rognent les libertés". Extrait de cette interview sur le côté
intrusif de l'exploitation des technologies où l'on met en avant une
sensibilisation indispensable des citoyens sur ces questions :
"Comment s'exprime ce côté intrusif ?
"C'est très simple. Voici quelques exemples, illustrés à travers ces animations. Utiliser un GPS pour se guider sur les routes, c'est très pratique, mais à tout instant on peut savoir où vous êtes, combien de kilomètres vous avez parcouru, etc. C'est la même chose pour ce qu'on appelle la "télébilletique", c'est à dire l'émission des cartes de transport équipées d'une puce. Cela facilite la vie quotidienne, c'est vrai, mais c'est aussi une atteinte à la liberté d'aller et venir anonymement . Or c'est un droit fondamental en démocratie, tout comme la liberté de réunion ou la liberté d'expression. Les technologies, si on n'y prend garde, rognent ces libertés. Si vous avez publié une tribune politique sur le web et que votre employeur, en tapant votre nom sur Google comme cela se fait fréquemment, tombe dessus, vous pouvez avoir des ennuis.""
Amazon est de moins en moins un cybermarchand et de plus en plus une plateforme technologique
Par Jean-Luc Raymond le samedi 27 janvier 2007, 17:45
Amazon est-il
arrivé à maturité ? Est-il encore un cybermarchand ? Amazon est devenu
avec le temps une plateforme technologique protéiforme diversifiée où les
fonctionnalités sont organisées dans un écosystème de plus en plus porté vers
des applications en ligne ouvertes (via les API) et en même temps très liées à
Amazon.
Le cybermarchand teste constamment des nouveaux services en les mettant
d'abord en ligne à destination de ses partenaires et des revendeurs. Aussi, la
base de données des revendeurs Amazon constitue un point
d'entrée unique pour analyser ce qui fonctionne, plaît, est utilisé ou non
et permet à la société américaine d'avoir une force de frappe inégalée (à
l'exception d'Ebay) sur
Internet, d'autant plus impressionnante qu'elle est mondiale.
Le lancement d' "Amapedia, la Wikipedia d'Amazon" signalé notamment par le
journaliste Francis Pisani, s'inscrit dans cette dynamique de lier le contenu,
l'expertise du lecteur-fan-contributeur-consommateur-distributeur à l'univers
Amazon. A suivre : Amapedia :
"Le contenu est pour le moment des plus limités : 800 articles créés en interne et 5 000 qui viennent d'essais antérieurs (ProductWiki). Les sections les plus populaires semblent être livres (science-fiction) et jeux de stratégie. Les geeks mènent l'offensive. Ça changera."
Le Journal du Net analyse historiquement et avec une analyse chiffrée ce que
devient Amazon via un dossier actualisé : "Amazon est-il encore un cybermarchand ?" :
"En fait, cela fait des années que Jeff Bezos annonce où il veut en venir. "Les services pourraient devenir notre activité première". Technologie et services : c'est ainsi que sont nés en 2002 les web services d'Amazon, des applications Web pouvant interagir dynamiquement avec d'autres programmes, et sur lesquelles les développeurs peuvent s'appuyer pour bâtir de nouvelles applications adaptées à leur activité. A l'heure actuelle, plus de 180.000 développeurs conçoivent des solutions et des sites à partir des web services d'Amazon.
Cela fait longtemps qu'Amazon n'est plus un simple magasin de produits culturels en ligne. Amazon est devenu une plate-forme technologique, et c'est cette compétence que l'entreprise cherche à monétiser, en prenant en charge les opérations en ligne d'autres distributeurs, comme Target, en louant une partie de ses serveurs et de ses capacités informatiques, en ouvrant la porte de ses programmes aux développeurs, etc. La société fait la même chose offline, en proposant aux sites marchands de sous-traiter leur logistique ou en mettant à disposition une partie de ses 20 centres logistiques, qu'elle a patiemment construit pour environ 300 millions de dollars."
dimanche 21 janvier 2007
Fracture numérique, développement durable, innovation, utilisation des téléphones mobiles chez les enfants... (brèves citoyennes de clavier)
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 21 janvier 2007, 17:38 - Brèves citoyennes de clavier
Pour
réfléchir, deux articles à lire dans le magazine Sciences Humaines de
février : "Le Développement durable" par Sylvie Brunel, Géographe
(apparition, principes, contradictions et applications) et "Les jeunes
"guerriers des cités"" par Thomas Sauvadet, Sociologue (enquête au cœur des
bandes de jeunes, révélatrice d'un microcosme avec ses liens de solidarités,
ses codes mais aussi ses lois implacables).
Fracture numérique : Le Môle de Recherche Breton MARSOUIN révise son
positionnement de recherche sur la fracture numérique à
l'occasion d'un appel à
communications : "Espaces publics & TIC : les TIC sont-elles un
outil servant le débat public, et en même temps font-elles l'objet d'un débat
sur leur usage qui dépasse la question un peu vaine de la "fracture
numérique"?". Dans le bilan du bulletin E-Veille 2005-2006 du Ministère
des Services Gouvernementaux du Québec, tout un chapitre sur "l'Inclusion
numérique : un défi de taille auquel s'attaquent les gouvernements" (en .pdf).
Tutoriels : "Concevoir un sudoku en Flash" (par Le Journal du Net
développeur) ; pour la recherche d'emploi : "Faire aboutir ses candidatures spontanées" (par le Journal du
Management) ; dans le milieu professionnel, avec les outils technologiques
: "S'organiser pour gagner en efficacité" (toujours par le
Journal du Management).
Mobilité : "Comment les enfants britanniques de 6 à 13 ans utilisent le téléphone
portable ?", résultat d'une étude de Intuitive Media Research : "69 %
des 6-13 ans déclarent, en effet, envoyer des SMS à leurs connaissances.
Viennent ensuite la prise de photos, qui représente 58 % des réponses, puis la
réalisation de vidéos (43 %). Envoyer des MMS est moins répandu mais touche
tout de même 42 % de cette classe d'âges. Enfin, les jeux sur téléphone avec
des amis ne rallient que 39 % de l'échantillon."
Innovation : "Knowledge and the diversity of innovation systems: a comparative analysis
of European regions", article scientifique de Christophe Carricazeaux et
Frédéric Gaschet, Université Bordeaux 4, en .pdf de 44 pages qui
analyse la diversité des configurations régionales européennes en termes
d'accumulation de connaissance et de performances socio-économiques.
L'hypothèse est que les liens dynamiques entre connaissance, innovation et
performances sont spécifiques au contexte institutionnel au sein duquel
interagissent des agents hétérogènes.
Lieux : Edicom nous
informe que le Japon a inauguré ce dimanche le plus vaste musée d'art du
monde consacré exclusivement à des expositions temporaires (le Centre national
d'art de Tokyo), un espace qui veut incarner l'esprit du "21e siècle", ouvert
aux collections du monde entier, aux jeunes talents et aux nouvelles
technologies. A Paris, jusqu'à fin mars 2007, la Maison A et le Studio B se
visitent au 38 bis rue Hallé, 14e arrondissement ; des maisons
intelligentes avec innovations technologiques et écologiques.
Sites internet locaux : nouveau, le blog de
Bretteville l'Orgueilleuse (plus de 2000 habitants, dans le
Calvados) par le Maire Loïc Cavellec qui témoigne de la vie de la commune
et des différents projets. A Faulquemont (5500 habitants, Moselle), ce sont les
agents qui alimentent le site Internet de la commune selon leur domaine de compétences et
ils apprécient l'interactivité du système (article de la Gazette des Communes
du 22 janvier 2007).
samedi 20 janvier 2007
Industrie musicale, dématérialisation, modèle économique publicitaire renouvelé, culture remix et nouvelles formes de créations musicales snacking
Par Jean-Luc Raymond le samedi 20 janvier 2007, 16:20 - Mes réflexions
Depuis le début des années 2000, l'Internet, la téléphonie mobile et
l'apparition des lecteurs mp3 bouleversent l'univers de la musique avec comme
effet visible, des modes de distribution de la musique qui changent
: on passe d'un support matériel à immatériel d'où un changement de
valeurs et de symbolique importants de ce type de création artistique dans
notre esprit associé à la consommation même de l'oeuvre sonore
construite.
Les modèles économiques des major companies du disque stabilisés depuis la fin
de la Seconde Guerre Mondiale ne sont plus pertinents et rentables. Production,
composition, édition, fabrication, distribution, promotion et
répartition des Droits sont aujourd'hui remis en cause.
La massification du nombre d'utilisateurs d'Internet, de possesseurs de
téléphones portables et de lecteurs mp3 a favorisé cette "perte" de valeurs
patrimoniales d'une culture métier de l'industrie du disque en faveur d'une
musique instrumentée par d'autres acteurs de l'industrie : les fournisseurs
d'accès à Internet (passage obligé), les opérateurs de téléphonie mobile, les
constructeurs d'appareillage physique (lecteurs mp3, téléphones portables)
et logiciels principalement pour lire des fichiers. La "convergence" téléphonie
portable - lecteur mp3 magnifiée actuellement par la campagne de communication
de l'iPhone
générée et relayée sur Internet est l'une des étapes de ce processus.
Il faut se souvenir que les acteurs du marketing sans une véritable culture
métier du disque ont investi les organigrammes de direction de l'industrie
du disque au début des années 90 suite à l'apparition du support CD.
Cette nouvelle industrie musicale est dominée aujourd'hui par des acteurs
médiatiques informatiques qui ont façonné une restriction des droits
d'usage et de partage des créations (Microsoft, Apple, Sony),
des médias traditionnels qui ont investi dans des plateformes en ligne
comme News Corp. de
Rupert Murdoch (qui possède MySpace), des sociétés informatiques médiatiques ayant valorisé la
musique via des capacités de recherche et d'indexation multimédia
textuelles, imagées, animées et vidéo (Google, Yahoo) et tout un
champ qui se façonne mêlant le non marchand au marchand (BitTorrent,
réseaux de pair à pair...). Tous ont un point commun : chercher
dans la publicité le nirvana d'une nouvelle rentabilité où la musique devient
en quelque sorte un "addendum" à une promotion autre.
En parallèle, l'irruption du peer-to-peer (au sens large et
générique) et de réseaux d'échanges immatériels induisent un nouveau
changement de paradigme chez les consommateurs de musique : la remise en cause
de la valeur du coût de la démarche de création musicale et une course à se
procurer de manière gratuite ce qui était "traditionnellement" payant. Les
acteurs de ce marché, en amont, intermédiaires ou utilisateurs
doivent supporter le coût incompressible de la bande passante, donc de
l'utilisation des tuyaux.
Au-delà du changement des modes de distribution, ce nouveau "business model"
publicitaire renouvelé (la musique a toujours entretenu depuis le début du 20e
siècle un rapport très étroit avec l'univers publicitaire et le marketing)
est micro-discriminant car il induit une communautarisation des genres musicaux
et au sein de plateformes "reliant" des individus profilés ayant les
mêmes désirs et affects (gothiques, punk, rap...).
Cet écosystème publicitaire médiatique et économique (adjectif intimement liés)
fait renaître d'une part une culture du remix (générer une oeuvre musicale
d'autres oeuvres musicales existantes) ; lire à ce propos l'article
d'Anne-Marie Boisvert : "Idées sur le remix : du bricolage : une culture assemblée avec
les moyens du bord" (avril, mai 2003) :
"(...) La culture remix : une culture qui embrasse le recyclage et le glanage, et dont l'originalité est d'avoir transformé les oeuvres préenregistrées et les moyens de diffusion comme les tables tournantes (outils traditionnels des DJs) en moyens de création. Ici, ce sont les moyens de reproduction qui précèdent et servent à la production6. Ainsi, le concept même d'oeuvre originale s'estompe et perd son sens.
La culture remix est une culture de la citation et du remake, certes, mais aussi une culture de l'intervention et de la réinvention, avec pour but le divertissement, mais aussi la communion et la libération. L'artiste aux commandes fait sciemment place au hasard (entre autres, sous la forme de glitches) et aux moyens du bord dans son processus créatif. Car le résultat importe, mais moins que le processus, la performance et l'événement. La culture remix emprunte ainsi à la société postindustrielle sa sursaturation sensorielle, en la reproduisant dans un contexte esthétique qui la canalise. Ses oeuvres demeurent ouvertes, introduisant, au moins pour un moment, un sens dans la cacophonie du monde, au moyen d'assemblages bricolés et éphémères, toujours sujets à transformation et toujours susceptibles d'une réorganisation."
D'autre part, l'écosystème publicitaire médiatique et économique génère
des nouvelles formes courtes d'oeuvres (sonneries musicales, mini-extraits
vidéo, cartes postales virtuelles musicales) que le quotidien Le Monde qualifie
du côté des consommateurs, d'effet snacking dans un article du 19 janvier
2007 : "L'image en renfort de la musique", venant peu à peu se placer à côté
des traditionnels morceaux et albums mais ne qui manqueront pas, avec le temps,
à se substituer à ces derniers, dans la forme même créative :
""Carl Watts, directeur des programmes chez Sony-BMG, est chargé de développer des formats vidéo courts (1 min 30 maximum), adaptés aux usages des nouveaux médias, aux sites d'artistes et aux baladeurs vidéo, téléphones portables, consoles de jeu numériques. Ces "divertissements informatifs" ont gagné des noms génériques : le blogsong (un artiste explique, avec son morceau en fond sonore, son état d'esprit lors de la création du titre) ; le live and rare (extrait de concert inédit) ; le in the mix (travail en studio)... Chez Sony-BMG, on travaille à la réalisation de "documentaires" sur les artistes, des 52-minutes faciles à tronçonner sous forme de feuilleton quotidien, et destinés à forger l'image marketing d'un artiste.
Après le clip, le "snacking"
Tout cela devient du "contenu embarqué", c'est-à-dire proposé à la vente sur les consoles, téléphones, cartes mémoires, clés USB. On peut aussi les visionner sur le Net - nous voici dans la sphère du "marketing viral", où l'internaute sert de relais immédiat. "Les années 1980 ont connu le clip, poursuit Carl Watts. En 2006, les formats courts correspondent aux habitudes du "snacking" (picorage) des consommateurs.""
lundi 15 janvier 2007
100 façons de visualiser l'information, A periodic table of visualization methods
Par Jean-Luc Raymond le lundi 15 janvier 2007, 23:40
Comment
cartographier l'information ? Comment l'explorer ? Les typologies sont diffuses
et avec Internet, on a parfois l'impression que le concept d'information se
cherche à nouveau.
A ce challenge impossible, Ralph Lengler et Martin J. Eppler (chercheurs à
l'Université de Lugano, Suisse qui travaillent sur la Visual literacy) viennent
de répondre de façon magistrale sous la forme de la simili-table périodique des
éléments de Mendeleïev en présentant une table périodique des méthodes de
visualisation ("A periodic table of visualization methods") qui s'affiche sur une page
de format A4 en mode portrait.
La présentation de cette table est extrêmement claire : chacun des 100
éléments représente une méthode de visualisation de l'information classée en
colonnes de 6 couleurs différentes. On distingue 6 familles de visualisation
: données, information, concept, stratégie, métaphore et
composé ("data, information, concept, strategy, metaphor et
compound").
Une légende dans chaque carré d'élément permet de distinguer : le type de
visualisation (procédural ou structurel : process or structure) ;
s'il s'agit d'une pensée divergente/divergent (ajout de la complexité)
ou convergente/convergent (diminution de la complexité) ou le mode de
visualisation (détail ou synthèse ; detail or overview, ou les 2 à la
fois).
En survolant chaque élément avec la souris, la méthode de visualisation
apparaît afin de se la remémorer plus facilement avec un exemple.
Cette table périodique de 100 méthodes ou façons de
visualiser l'information est d'une grande utilité dans la gestion de
projets, le domaine de la fomation, le management et les ressources
humaines.
En complément, Ralph Lengler et Martin J. Eppler ont écrit un article
scientifique pour expliciter cette table périodique de 100 façons de visualiser
l'information : "Towards A Periodic Table of Visualization Methods for
Management" (6 pages à télécharger ici en .pdf). Via le Center for Teaching and
Learning at The University of Georgia.
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