Jean-Luc Raymond

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - communication

Fil des billets

mardi 17 octobre 2006

Des émotions humaines en numérique par Image Metrics

Sur son blog Communiquer par l'image, le journaliste Alain Joannès s'intéresse à un article de Sharon Waxman publié dans le New York Times du 15 octobre 2006: Cyberface: New Technology That Captures the Soul.


La société californienne Image Metrics révolutionne l'imagerie numérique créée par des chercheurs britanniques, révolutionne l'image numérique en ayant mise au point une technologie ayant la capaciré de reproduire les formes humaines de l'expression humaine. Jusqu'alors, les logiciels d'animation graphique permettaient de donner des mouvements corporels aux personnages et aussi aux visages, à partir de capteurs sensoriels placés sur des humains, comme par simulation.


Le travail d'Image Metrics révolutionne les mimiques faciales grâce à la construction d'un modèle générique de visage humain à partir d'un algorithme :

"...susceptible d'appliquer sur ce modèle une gamme de variations expressives dérivée des six émotions primaires : surprise, joie, peur, dégoût, tristesse, colère. Concrètement : jusqu'ici, la transcription des émotions était limitée par le fait qu'on ne peut pas placer un capteur sur les yeux ou sur les commissures des lèvres ; or ces emplacements sont cruciaux pour la qualité et l'intensité de la communication non verbale. Image Metrics a contourné l'obstacle du capteur impossible à poser sur la rétine en modélisant la subtilité des expressions humaines et en les transformant en autant de "couches applicatives" dans un logiciel graphique."



Les acteurs humains vont-ils y perdre avec cette découverte ? Leur image va-t-elle être retouchée dans les films et la publicité ? L'art de la retouche numérique va connaître de nouveaux développements avec cette technologie naissante.


Source :

Waxman, Sharon (15 octobre 2006). "Cyberface: New Technology That Captures the Soul" (En ligne), New York Times, New York City, 2 p. (Page consultée le 17 octobre 2006)

samedi 14 octobre 2006

Cyber-réputation et notoriété en ligne

Dans son édition du 12 octobre 2006, L'Express sous la plume de la journaliste Mélodie Proust consacre un article à la cyber-réputation avec cette accroche "Pour la recherche d'information ou les affaires, la Toile peut s'avérer très indiscrète. Des agences spécialisées proposent d'améliorer votre image en ligne".


La notoriété en ligne ou cyber-réputation peut aussi jouer des tours. Lorsqu'un employeur reçoit un CV, il utilise de plus en plus Internet pour en savoir plus, en recherchant le nom du candidat dans un simple moteur de recherche.


Des sociétés se spécialisent dans la gestion de la cyber-réputation et pour la corriger en agissant sur le classement des requêtes dans les moteurs de recherche les plus connus ou en créant une notoriété sur le nom d'une personne.


Ainsi, IC Agency (Interactive Communication Agency), agence basée en Suisse s'est spécialisée dans ce secteur ; citation de David Sadigh, cofondateur d'IC Agency :

"Quelqu'un qui a eu des problèmes avec la justice dans les années 1970 n'a aucune envie de voir ressurgir son passé trente ans plus tard. Nous lui permettons de gommer cet antécédent préjudiciable qui l'empêcherait de se réinsérer socialement."

Source :

Proust, Mélodie (12 octobre 2006). "La Cyber-réputation" (En ligne), L'Express, n)2884, Paris, p.96

Le marché citoyen, l'annuaire pour consommer autrement

Consommer autrement, association loi de 1901, dans laquelle est impliqué le très actif chef de projet internet Sébastien Ravut, a lancé Le Marché Citoyen, un annuaire pour consommer autrement qui recense plus 270 commerçants bios, équitables et solidaires en Ile-de-France respectant un ou plusieurs critères économiques, sociaux ou environnementaux définis dans une charte. Classés en 270 rubriques, ces commerçants et entreprises sont classés en 8 thématiques : restauration et alimentation, habillement, santé et beauté, services, voyages, habitat, loisirs et transports.

Chaque entreprise ou commerçant bénéficie d'une fiche d'information gratuite et des espaces de communication responsable et publicitaires sont proposés. Les internautes peuvent commenter les fiches de l'annuaire en laissant une appréciation sur les produits et services, l'engagement citoyen des commerçants et entreprises référencés.

Une bonne idée qui invite à mieux connaitre l'économie sociale et solidaire, des activités engagées dans une démarche coopérative et des services avec une approche "quotidien durable" affirmée.

Source :

Ravut, Sébastien (octobre 2006). Le marché citoyen - l'annuaire pour consommer autrement en Ile-de-France (En ligne). Association Consommer Autrement, Paris, Site (Page consultée le 14 octobre 2006)

lundi 9 octobre 2006

Manuel Castells, émergence des médias de masse individuels, mass self communication

Paru en août 2006 dans Le Monde Diplomatique, l'article de Manuel Castells (Professeur de Communication et chercheur spécialiste des réseaux et de la galaxie Internet) intitulé "Émergence des "médias de masse individuels" " figure désormais en intégralité dans les archives du site Internet du mensuel.

Dans ce papier, Manuel Castells évoque comment s'est constitué ces dernières années, via l'utilisation des technologies, "une nouvelle forme sociale de communication, certes massive, mais produite, reçue et ressentie individuellement" qu'il définit comme "la Mass Self Communication (la communication de masse individuelle)" :

"Techniquement, cette communication de masse individuelle participe d'Internet, mais aussi du développement des téléphones portables. Il y aurait à ce jour plus d'un milliard d'utilisateurs de la Toile et près de deux milliards d'abonnés au téléphone mobile. Les deux tiers des habitants de la planète peuvent communiquer grâce à un portable, y compris là où il n'y a ni électricité ni lignes de téléphone fixe. En très peu de temps, les nouvelles formes de communication ont explosé. Les gens ont développé leurs propres systèmes : SMS, blogs, skype... Le peer-to-peer (en français,"poste à poste") ou P2P rend possible le transfert de n'importe quelle donnée numérisée."

(...)

"Ce phénomène constitue ainsi une nouvelle forme sociale de communication certes massive, mais pourtant produite, reçue et ressentie individuellement. Partout dans le monde, elle a été récupérée par les mouvements sociaux. Mais ils ne sont en aucun cas les seuls à utiliser ce nouvel outil de mobilisation et d'organisation. À leur tour, les médias traditionnels tentent de s'arrimer à ce mouvement, et, en utilisant leur puissance commerciale et médiatique, ils sont en train de créer un maximum de blogs possible autour d'eux. Il n'en reste pas moins que, à travers la communication de masse individuelle, les mouvements sociaux comme les individus en rébellion sont en mesure d'agir sur les grands médias, de contrôler les informations, de les démentir le cas échéant, ou même d'en produire."


Dans une conclusion dans le champ des possibles, Manuel Castells voit dans ces phénomènes, une ressemblance avec la reconstruction de nouvelles formes politiques, dont on ne connaît pas le futur :

"L'existence et le développement des réseaux électroniques offrent à la société une plus grande faculté de contrôle, d'intervention. Et une capacité supérieure d'organisation politique à ceux qui se tiennent en dehors du système traditionnel."


L'article du Monde Diplomatique est tiré de l'intervention de Manuel Castells au séminaire "Media Between Citizens and Power" qui s'est tenu les 23 et 24 juin 2006 à San Servolo, Italie.


Source :

Castells, Manuel (août 2006). "Émergence des "médias de masse individuels"" (En ligne), Le Monde Diplomatique, Paris, n°629, pp.16-17

Patient Opinion : Les patients anglais donnent avis et suggestions sur leurs hôpitaux et partagent ces témoignages sur Internet

Le pouvoir de l'internet est aussi celui des citoyens... et donc aussi des assurés sociaux. Lancé en septembre 2005, le service Patient Opinion est un site internet interactif créé au Royaume-Uni par Paul Hodgkin, Médecin à Sheffield et le Department of Health and South Yorkshire Strategic Health Authority, avec un groupe d'associés et bénéficiant d'un développement informatique de la société Headshift qui permet aux patients du système de santé britannique d'exprimer ce qu'ils pensent des services hospitaliers locaux et d'écrire leur vécu sur les satisfecit, opinions ou conseils qu'ils ont à formuler pour améliorer les conditions de soins en Angleterre.


Patient Opinion est une organisation à but non lucratif qui inscrit son action dans la durée en signalant aux autorités publiques les dysfonctionnements notoires et les difficultés rencontrées par les patients dans leur parcours à l'hôpital que ce soit pour une simple consultation ou une intervention chirurgicale.


Grâce à ce système, le Dr. Hodgkin espère une meilleure orientation des citoyens britanniques vers des médecins spécialistes correspondant à leurs pathologies et aussi délivrer des informations crédibles en terme d'accessibilité sur les lieux de soins (modalités de transports, accès aux personnes à mobilité réduite...). Patient Opinion permet aussi de noter des défaillances et difficultés redondantes pour les notifier aux pouvoirs locaux et à l'administration de Santé au Royaume-Uni.


Concrètement, le système s'appuie sur des écrits postés sur le site par des patients à partir d'un formulaire très simple à compléter (rappelant une page d'un logiciel de traitement de texte) où l'on doit indiquer le lieu de soin (code postal) et sa remarque classée par catégorie (histoire, suggestion, critique, remerciement, aide, remarque négative). Chaque texte est ensuite modéré avant d'être disponible sur la plateforme par tout internaute qui souhaite consulter ces témoignages (avec une recherche par nom du centre hospitalier ou code postal).


Le contenu de chaque remarque est anonyme et les informations personnelles n'y figurent pas. 2000 contributions ont été postées depuis septembre 2005. Expérimenté dans le South Yorkshire depuis septembre 2005, le service a été étendu en janvier 2006 à tous les établissements hospitaliers de l'Angleterre. Ce sont les hôpitaux et le Primary Care Trusts qui financent ce site. En échange, ils peuvent répondre aux patients et comparer leurs rapports d'activités avec les remarques des patients placés sur Patient Opinion. Le site est sous une licence Creative Commons et répond aux normes d'accessibilité du W3C. Un site interactif, utile et solidaire!


Source :


Hodgkin, Paul (octobre 2006). Patient Opinion (En ligne), Patient Opinion, Sheffield, Site (Page consultée le 9 octobre 2006).

samedi 7 octobre 2006

Festival Pocket Films au Centre Pompidou du 6 au 8 octobre 2006 : installations artistiques interactives mobiles

En parallèle de la Nuit Blanche parisienne, la 2e édition du Festival Pocket Films investit le Centre Pompidou pour 3 jours jusqu'au 8 octobre 2006 en mettant en compétition des créations de films réalisés avec des téléphones mobiles ; productions qui s'orientent davantage cette année vers la 3G, technologie plus souple lorsqu'il s'agit d'enregistrer, diffuser et envoyer des vidéos.


Pour cette édition, le Festival Pocket Films innove avec un espace d'exposition et d'expérimentation, "les installations" (à la mezzanine du Centre Pompidou) accordant une large place à des artistes contemporains qui utilisent la téléphonie mobile dans le processus de création, comme média d'interaction ou intermédiaire avec le spectateur-acteur, ou encore comme support de l'oeuvre.


Parmi les oeuvres exposées, "Time code erroné" de Bernard Lallemand (un film 3D qui permet au visiteur de pénétrer dans un espace mental, l'ensemble étant constitué de différentes strates de la mémoire captée avec un téléphone mobile via de la vidéo), "Le visage" de Yaël Perlman, Chen-Huei Sun et Didier Besnoit (une sculpture en mouvement composée de téléphones portables forme un visage hybride), "Je m'échappe tous les jours" d'Ivar Wu (dans un espace délimité, les spectateurs reçoivent sur leur téléphone via Bluetooth, des fragments d'une fiction composée de textes, photos, séquences vidéos filmées ; une histoire à emporter dans son téléphone mobile), "Edison Mobile Remake" de Catherine Ramus (en scannant des codes-barres affichés en 2D sur un mur, le visiteur reçoit sur son téléphone mobile 5 films de l'inventeur américain Thomas A. Edison et leur remake tourné avec téléphone portable par Catherine Ramus), "Fais-moi signe" de Julien Lassort (lauréat du grand prix du Web Flash Festival 2006 pour Breaking Phone ; avec cette nouveau projet, deux visiteurs peuvent communiquer en visiophone, mais sans le son ; des vidéos aident les spectateurs à communiquer en langue des signes).


Source :

Collectif (octobre 2006). Festival Pocket Films (En ligne), Forum des images, Paris, Site (Page consultée le 7 octobre 2006).

mercredi 4 octobre 2006

Manuel Castells, Peter Monge et Noshir S. Contractor : atelier sur la théorie des réseaux

Le journaliste Francis Pisani rapporte en 3 billets l'essentiel d'un atelier qu'il a suivi, il y a quelques jours, au Annenberg Center de l'Université de Californie du Sud, sur le sujet de la théorie des réseaux, rendez-vous organisé par Manuel Castells (professeur de sociologie à Barcelone et à Berkeley, spécialiste de l'Internet), Peter Monge (professeur de communication et de management des organisations à l'USC Annenberg School for Communication, spécialiste des réseaux de communication) et Noshir S. Contractor (professeur au département de Communication de l'Énonciation et au département de Psychologie de l'Université de l'Illinois à Urbana-Champaign, spécialiste des réseaux communautaires).

 

La théorie des réseaux est au centre des préoccupations des discours contemporains sur l'économie mondialisée, les échanges interpersonnels, le travail collaboratif et les communautés en ligne via l'utilisation des Technologies de l'Information et de la Communication. Aussi, mieux comprendre la théorie des réseaux, c'est pouvoir mieux analyser les mécanismes en jeu dans ce monde global et local du Web et de ses affluents.

 

Dans le premier article : Théorie des réseaux : la diversité, il est question de "moteur de diversité" de la théorie des réseaux par des observations lors d'études dans un contexte managérial du secteur financier :

"Les meilleures places dans une organisation hiérarchique se trouvent généralement près du sommet. Dans un réseau pourtant, être à la périphérie peut représenter plus d'avantages que d'être près du centre, à condition de pouvoir se placer sur un "trou structurel" (structural hole).

Ainsi baptisée par Ron Burt, professeur à l'Université de Chicago, l'expression, d'abord obscure est en fait parlante et suffisamment imagée pour frapper. Les acteurs qui enjambent les trous structurels permettent à deux réseaux de communiquer par leur intermédiaire."

Dans un 2e papier, Francis Pisani s'intéresse au facteur temps de la Théorie des réseaux, abordé comme sujet complexe dans son évolutivité qui n'est pas une fin en soi :

"Il faut aller plus loin que la simple introduction du temps comme un élément," a proposé David Stark en se fondant sur son étude des investissements étrangers en Hongrie et leur relations avec les réseaux locaux. "Nous voulons introduire l'analyse historique des réseaux. (...) De la même façon que la signification d'un évènement ne peut pas être lue dans l'évènement lui-même,"a-t-il expliqué, "la signification d'un lien ne peut pas se lire dans le lien lui-même.""

Dans une troisième partie, le thème de la complexité dans la théorie des réseaux est abordé notamment par Manuel Castells :

""Manuel Castells, l'un des organisateurs, m'a expliqué par mail que, pour lui, l'originalité de celle-ci tient à "la tentative d'établir des ponts et des relations entre la théorie des réseaux sociaux et la théorie des réseaux neuronaux dans le cerveau, les ordinateurs ainsi que dans la structure territoriale des organisations multinationales ou dans les réseaux des transports aériens. Le projet sous-jacent est de poser les base d'un langage théorique et méthodologique commun qui permette des découvertes cumulatives dans différentes disciplines."

L'enjeu est en fait de reprendre la théorie de la complexité à la mode il y a quelques années. Castells est convaincu que "traduite scientifiquement, elle se convertit en théorie des réseaux et des processus synergiques et auto générés à partir de l'interaction dans les réseaux.""

Le quatrième et dernier volet thématique évoqué par Francis Pisani dans la théorie des réseaux est celui de l'espace et de la politique où Castells fait un point sur ses recherches :

""La globalisation peut être expliquée ou mieux comprise comme un réseau de réseaux" (...) Chaque dimension (sociétale, culture, politique, économique, technologique, etc.) est ainsi "en ensemble de réseaux qui se connectent et se déconnectent au même moment" a expliqué Castells dans une discrète référence aux philosophes Gilles Deleuze et Félix Guattari.

Il pense aussi que "chaque élément ne peut pas être compris isolément, mais dans ses relations avec l'environnement". Cela se matérialise géographiquement "dans des nœuds qui sont des connecteurs de réseaux. Dans chaque pays il y a ainsi deux ou trois centres urbains qui ont cette fonction"."

mardi 3 octobre 2006

Quividi : système d'intelligence de réseaux d'écrans

Repéré sur le blog d'Olivier Ezratty, les solutions de mesure d'audience, de personnalisation de contenus dans les lieux publics développées par la société Quividi qui utilise un système d'intelligence de réseaux d'écrans.

"Quividi propose une solution matérielle et logicielle permettant d'optimiser les points de vente dans la distribution en mesurant dynamiquement l’affluence devant des rayonnages, boutiques ou écrans.

Concrètement, l'ensemble repose sur un logiciel de détection temps réel de visages capturés avec une simple webcam. Il tourne sur un PC embarqué miniature connecté à la webcam sous TCP/IP. Ce genre de logiciel existe déjà dans différents domaines comme la biométrie, mais ici, il s'agit d'une application véritablement innovante. Et en plus, elle ne présente aucun risque sur la vie privée."

Par un système d'analyse de l'activité, on peut de communiquer à des services des informations anonymes sur la clientèle qui visite ces lieux et ainsi optimiser leur communication avec ces publics.

Les gens regardent-ils les écrans ? S'intéressent-ils aux contenus diffusés ? Manifestent-ils l'envie d'en savoir plus ? Les messages peuvent-ils être adaptés aux spectateurs ? Le système compte et qualifie les regards des personnes qui passent dans le champ de vision de ses capteurs. Il peut ainsi dire combien de personnes ont réellement regardé un objet particulier, par exemple un écran, une affiche, une vitrine… Pour chaque personne détectée, le système précise s'il s’agit d'un homme ou d'une femme, d'un adolescent, d'un adulte ou d'un senior, s'il porte des lunettes, etc.

La solution détecte les regards réels, calcule le temps d'attention de la personne, estime le sexe et l'âge de la personne et interprète les mouvements du corps. Le système n'enregistre aucune image et ne stocke pas d'information nominative, mais délivre des statistiques sur les comportements des visiteurs devant la webcam.

La gamme Vidi de Quividi est lauréate du concours Création d'Entreprise 2006, catégorie "création-développement". La société est actuellement hébergée dans le centre de Paris par l'incubateur Paris Innovation.

Contact :

Quividi - Paris Innovation, 5 rue d'Uzès, 75002 Paris
Téléphone : 01 40 13 53 53
Fax : 01 40 13 53 01
Courriel : info@quividi.com

mardi 5 septembre 2006

William J. Mitchell, la ville du XXIe siècle

William J. Mitchell est professeur au MIT (Massachusetts Institute of Technology, voir son site) et à la tête du MIT's Program in Media Arts and Sciences qui comprend le MIT media Lab.


Dans le numéro 91 de la revue scientifique en sciences humaines et sociales Sociétés, il s'interroge via l'article "L'espace entre les mots : Symboles, espace et ville" sur l'organisation de l'espace urbain comme constitutive de la relation de la communication dans une dimension narrative ; l'espace comme comme environnement qui se dote technologiquement d'éléments, de symboles et d'informations importés et valorisés in situ ; extrait :

"Ces déplacements, dislocations, insertions et combinaisons d'information numérique en rapport avec les environnements architecturaux et urbains ont toujours été lourds de conséquences, et le seront encore davantage à l'avenir. Un acheteur jadis était cantonné au monde clos d'un magasin ; on peut maintenant passer un coup de fil de son portable pour savoir quoi acheter pour le dîner, ou surfer sur Internet pour comparer les prix. Au moment de payer, un appareil sans fil lira les codes barres sur les produits achetés, les encaissera tout en mettant à jour le système d'inventaire des stocks. Un responsable politique peut désormais rester en contact au moyen de son Blackberry et donner des instructions, le tout sans quitter la salle de réunion, ni interrompre le débat qui s'y tient. L'étudiant dans son amphithéâtre n'interagissait auparavant qu'avec les éléments fournis par le professeur ; il peut désormais taper sur Google le sujet de l'intervention depuis son ordinateur portable, et rassembler des ressources accumulées autour du sujet du cours. (...) 

Contrairement à ce qu'on imaginait couramment il y a quelque temps pourtant, l'ubiquité qui caractérise les réseaux numériques n'a pas tout simplement gommé les différences entre les lieux, permettant à n'importe quoi de se produire n'importe où, à n'importe quel moment. Au contraire, cela s'est mué en mécanisme d'injection permanente d'informations au sein de contextes autrefois inaccessibles, ajoutant une nouvelle couche de sens. 

À mesure que ces différents modes et moyens de communication ont fait leur apparition les uns après les autres, ils se sont partiellement substitués à leurs prédécesseurs ; on peut, par exemple, choisir de décrocher le téléphone ou d'envoyer un e-mail au lieu de donner rendez-vous quelque part à un ami pour une conversation en tête à tête. La plupart du temps cependant, les nouvelles formes d'information se surajoutent et viennent compléter ce qui existait auparavant. Le mot écrit n'a pas mis un terme aux échanges parlés, et le mot électronique n'a pas tué l'imprimerie.

Toutes les pratiques de communication que j'ai décrites ici - de la discussion entre personnes rassemblées à portée de voix à propos de choses à portée de main à l'inscription et la lecture d'étiquettes, la construction et le téléchargement de pages web accessibles à l'échelle planétaire, l'envoi et à la réception d'e-mails jusqu'aux réunions en ligne depuis son ordinateur - travaillent ensemble à la fois dans le but de donner sens aux édifices et aux villes et d'en tirer du sens. Les fonctions sociales et culturelles des espaces construits sont devenues indissociables de l'opération simultanée de multiples systèmes de communication à l'oeuvre autour et à l'intérieur d'eux. On ne peut plus (n’a-t-on jamais pu ?) comprendre l'architecture en tant que médium autonome fait de masses, d'espaces et de lumière ; elle sert de nos jours de base construite à la rencontre et à l'extraction de sens à partir de flots d'information auditive, textuelle, graphique et numérique se recoupant au travers de réseaux planétaires."


Source :

Mitchell, William J. (2006). Trad. Bosqué, Clément. "L'espace entre les mots : Symboles, espace et ville" in Sociétés n°91, De Boeck, Bruxelles, pp.20-21

vendredi 1 septembre 2006

Initiatives de solidarité numérique 2005-2006 de IRDC Canada : en Asie, au Pakistan et en Inde

IRDC (ou en français CRDI - Centre de Recherches pour le Développement International) vient de publier son rapport annuel d'activités (86 pages en .pdf. à télécharger à cette adresse). Parmi les initiatives relatives aux Technologies de l'Information et de la Communication, IRDC soutient des projets de développement dont :

- "L'informatisation de langues locales" (initiative décrite à la page 37) dirigé par le National University of Computer and Emerging Sciences du Pakistan qui a permis de créer et de former dans 7 pays des équipes regroupant des chercheurs, praticiens, linguistes... pour mettre au point des outils comme des jeux et polices de caractères, vérificateurs d'orthographe, correcteurs grammaticaux et systèmes de reconnaissance de la parole en 9 langues dont chacune présente des difficultés particulières. Le logiciel Nepalinux 1.0 lancé en décembre 2005, comprend un correcteur orthographique d'environ 22 000 mots népalais d'usage courant,

- "JuriBurkina, accès direct et gratuit à l'information juridique" (initiative décrite à la page 44) : fournir un accès intégral à l'information juridique publique, dont la loi et la jurisprudence, aux juristes et aux citoyens du Burkina Faso via un logiciel d'exploitation libre mis au point par LexUM, le Laboratoire d'informatique juridique de l'Université de Montréal. JuriBukina est en ligne et peut être consulté par tout internaute,

- "L'impact des TIC sur l'allègement de la pauvreté dans la région rurale de Pondichéry en Inde" (initiative décrite page 53) : Donner accès à de l'information fondamentale sur l'économie et l'environnement à 12 000 personnes de 7 villages via des Espaces Publics Numériques appelés "centres de savoirs communautaires". Ce projet est coordonné sur place par la MS Swaminath Research Foundation.


A souligner que IRDC a la particularité de disposer d'un financement conséquent de Microsoft Corporation (lire à ce sujet ce communiqué de Presse, le descriptif du partenariat Unlimited Potential ou encore ce communiqué) pour développer les activités de Telecentre.org, une plateforme d'échanges, de mise en réseau et développement des télécentres prioritairement dans les pays en voie de développement et plus largement à travers le monde.


Source :

Collectif (31 août 2006). Rapport annuel du CRDI 2005-2006 (En ligne), Centre de Recherches pour le Développement International, Ottawa, 86 p. (Page consultée le 31 août 2006)

- page 10 de 11 -