Jean-Luc Raymond

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Tag - commerce

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dimanche 15 octobre 2006

Thomas Friedman, la Terre est plate, une brève histoire du XXIe siècle

Thomas Friedman est un journaliste américain au New York Times et détenteur de trois Prix Pulitzer. Dans son dernier ouvrage, The World is Flat traduit en La Terre est plate, paru aux Editions Saint-Simon, ce mois-ci, Thomas Friedman (voir son site) s'exprime sur la globalisation. Son livre s'est déjà vendu à 3 millions d'exemplaires aux États-Unis. Le magazine Challenges de cette semaine en publie un extrait.


Thomas Friedman découpe le phénomène de la mondialisation en 3 étapes : le monde de taille moyenne ou "comment collaborer avec les autres nations à l'échelle mondiale" (de 1492 à 1800), le petit monde ou "l'économie mondiale" (de 1800 à 2000) et aujourd'hui, le petit monde en train de devenir minuscule, en même temps que le terrain s'aplatit : "ce ne sont plus ni les pays ni les entreprises qui guident le processus, mais les individus".


Thomas Friedman caractérise ce "nouveau Monde mondialisé" :

"Ce monde plat résulte de la convergence de l'ordinateur personnel (qui a permis à chacun de produire ses propres documents numérisés), du câble à la fibre optique (qui a permis d'avoir accès à de plus en plus d'informations pour un coût quasiment nul) et de l'essor des logiciels de workflow (qui a permis à des individus de collaborer sur le même contenu numérique quelle que soit la distance géographique qui les sépare). Personne n'avait prévu cette convergence. Elle s'est simplement produite, vers l'an 2000, et les hommes ont alors compris qu'ils pouvaient désormais agir à l'échelle planétaire en tant qu'individus. Ils pouvaient travailler avec d'autres individus, et non plus seulement en concurrence avec eux. Chacun doit donc se demander : Quelle est ma place, en tant qu'individu, au sein de la concurrence mondiale ? Comment puis-je, personnellement, collaborer avec d'autres individus à l'échelle planétaire ? (...)

En matière de création de valeur, le monde passe d'un système vertical à un système plus horizontal, tandis que l'on voit s'effondrer les murs, les plafonds et les planchers : les sociétés vont donc faire face à beaucoup de bouleversements à la fois. Et ces changements n'affecteront pas seulement l'économie, mais aussi la manière dont les individus, les communautés et les entreprises s'organisent.

La définition même de l'entreprise et de communauté en sera transformée, de même que notre identité de consommateurs, d'employés, d'actionnaires ou de citoyens, notre identité politique et le rôle joué par les gouvernements. Après la triple convergence qui a commencé vers l'an 2000, nous allons devoir "résoudre les énigmes". (...)

Où commencent et où s'arrêtent les entreprises ? Les relations entre les différents groupes de travailleurs devront être repensées, de même que les relations entre les entreprises et les communautés."


Source :

Friedman, Thomas (12 octobre 2006). La Terre est plate, une brève histoire du XXIe siècle, Éditions Saint-Simon, Paris, 283 p.

samedi 14 octobre 2006

Le marché citoyen, l'annuaire pour consommer autrement

Consommer autrement, association loi de 1901, dans laquelle est impliqué le très actif chef de projet internet Sébastien Ravut, a lancé Le Marché Citoyen, un annuaire pour consommer autrement qui recense plus 270 commerçants bios, équitables et solidaires en Ile-de-France respectant un ou plusieurs critères économiques, sociaux ou environnementaux définis dans une charte. Classés en 270 rubriques, ces commerçants et entreprises sont classés en 8 thématiques : restauration et alimentation, habillement, santé et beauté, services, voyages, habitat, loisirs et transports.

Chaque entreprise ou commerçant bénéficie d'une fiche d'information gratuite et des espaces de communication responsable et publicitaires sont proposés. Les internautes peuvent commenter les fiches de l'annuaire en laissant une appréciation sur les produits et services, l'engagement citoyen des commerçants et entreprises référencés.

Une bonne idée qui invite à mieux connaitre l'économie sociale et solidaire, des activités engagées dans une démarche coopérative et des services avec une approche "quotidien durable" affirmée.

Source :

Ravut, Sébastien (octobre 2006). Le marché citoyen - l'annuaire pour consommer autrement en Ile-de-France (En ligne). Association Consommer Autrement, Paris, Site (Page consultée le 14 octobre 2006)

vendredi 13 octobre 2006

Yahoo Questions réponses : test grandeur nature et interrogations sur la validité du vécu comme réponses pour un service Web

Christian Bensi, directeur du Centre Information Jeunesse de l'Essonne, a testé Yahoo Questions Réponses, un service de Yahoo, lancé fin juin en France, s'inscrivant dans la dynamique Web 2.0 : ce sont les internautes qui posent des questions et qui y répondent. Chaque participant y est producteur de contenu, lecteur et consommateur de publicités. L'analyse a mobilisé quelques connaissances du blogueur dans le but "d'évaluer la capacité d'un tel système à générer des réponses utiles pour le public." L'expérience est décrite in extenso dans ce billet du blog Informer Autrement : "On a testé Yahoo Questions réponses".


Christian Bensi et les testeurs ont un avis mitigé sur les réponses obtenues qui ne sont pas toujours complètes (bribes de réponses). En conclusion, le directeur du C.I.J.E. s'interroge sur l'attente du public et la qualification du vécu comme réponses faisant autorité avec un tel service :

"Qu'attendent les internautes qui posent des questions à ce service : des retours d'expérience, des échos de la vraie vie, l'opinion de leurs pairs ? Tout cela peut-il être négligé ! Dans ce type de site, il y a peu, voire pas d'expertise. Dans nos sites d'information, il y a de l'expertise, mais pas de "vécu". Ne devrions-nous pas compléter nos pages avec des éléments de vécu du public ?"

mardi 3 octobre 2006

Quividi : système d'intelligence de réseaux d'écrans

Repéré sur le blog d'Olivier Ezratty, les solutions de mesure d'audience, de personnalisation de contenus dans les lieux publics développées par la société Quividi qui utilise un système d'intelligence de réseaux d'écrans.

"Quividi propose une solution matérielle et logicielle permettant d'optimiser les points de vente dans la distribution en mesurant dynamiquement l’affluence devant des rayonnages, boutiques ou écrans.

Concrètement, l'ensemble repose sur un logiciel de détection temps réel de visages capturés avec une simple webcam. Il tourne sur un PC embarqué miniature connecté à la webcam sous TCP/IP. Ce genre de logiciel existe déjà dans différents domaines comme la biométrie, mais ici, il s'agit d'une application véritablement innovante. Et en plus, elle ne présente aucun risque sur la vie privée."

Par un système d'analyse de l'activité, on peut de communiquer à des services des informations anonymes sur la clientèle qui visite ces lieux et ainsi optimiser leur communication avec ces publics.

Les gens regardent-ils les écrans ? S'intéressent-ils aux contenus diffusés ? Manifestent-ils l'envie d'en savoir plus ? Les messages peuvent-ils être adaptés aux spectateurs ? Le système compte et qualifie les regards des personnes qui passent dans le champ de vision de ses capteurs. Il peut ainsi dire combien de personnes ont réellement regardé un objet particulier, par exemple un écran, une affiche, une vitrine… Pour chaque personne détectée, le système précise s'il s’agit d'un homme ou d'une femme, d'un adolescent, d'un adulte ou d'un senior, s'il porte des lunettes, etc.

La solution détecte les regards réels, calcule le temps d'attention de la personne, estime le sexe et l'âge de la personne et interprète les mouvements du corps. Le système n'enregistre aucune image et ne stocke pas d'information nominative, mais délivre des statistiques sur les comportements des visiteurs devant la webcam.

La gamme Vidi de Quividi est lauréate du concours Création d'Entreprise 2006, catégorie "création-développement". La société est actuellement hébergée dans le centre de Paris par l'incubateur Paris Innovation.

Contact :

Quividi - Paris Innovation, 5 rue d'Uzès, 75002 Paris
Téléphone : 01 40 13 53 53
Fax : 01 40 13 53 01
Courriel : info@quividi.com

lundi 2 octobre 2006

Référencement 2.0 par Olivier Andrieu : nouveau livre sur l'optimisation du référencement de sites internet

Olivier Andrieu s'est imposé depuis plus de 10 ans comme l'un des meilleurs spécialistes français de la recherche sur Internet et du référencement Web. Depuis, la parution de son ouvrage "Créer du trafic sur son site Web" en 2000 (aux Editions Eyrolles), Olivier Andrieu a poursuivi son aventure sur Internet sur son site Abondance.com ("Toute l'info et l'actu sur les annuaires et moteurs de recherche : recherche d'information et référencement").

Olivier Andrieu vient de publier un nouvel ouvrage "Référencement 2.0" uniquement disponible en .pdf (en vente sur la boutique Abondance), 256 pages, entièrement dédié au référencement, fournissant des clés pour mieux optimiser votre site afin de lui donner une meilleure visibilité sur les moteurs de recherche en 11 chapitres :

Généralités - Définitions ; Préparation d'un référencement ; Optimisation des pages du site ; Les contraintes, obstacles ou frein au référencement ; Référencement ou comment entrer dans les bases de données des outils de recherche ; Comment ne pas être référencé ? ; Les liens sponsorisés ; Le suivi du référencement ; Référencement internalisé ou externalisé ; Conclusion et Webographie.

Voici quelques exemples de positionnement obtenus en suivant les conseils du livre "Référencement 2.0", une foire aux questions sur l'ouvrage.

Sur son blog, Olivier Andrieu dresse un panorama synthétique de l'évolution du référencement Internet depuis 1994 :

"Au début des années 2000, (on a assisté à) la création de pages satellites et (à) une "industrialisation" de certains acteurs, créant quelques "usines à pages satellites" générant des dizaines, parfois des centaines voire plus, de ces documents, le plus souvent pour de gros clients et, donc, de gros budgets.
L'année 2006 marque de façon certaine une nouvelle ère dans ce domaine, avec la fin de ces pages satellites, comme le début des années 2000 a marqué la fin des balises meta.

Aussi, pour mieux marquer cette rupture, depuis l'époque de la "rustine" vers une optimisation des "vraies" pages d'un site web (tout en rappelant que certaines sociétés de référencement suivent cette ligne de conduite depuis presque 10 ans...), j'ai choisi le titre "Référencement 2.0". Un peu, aussi, pour indiquer que l'être humain, quelque part, reprend la main dans le référencement par rapport aux "usines à pages satellites" parfois mises en place dans le passé..."

Source :

Andrieu, Olivier (27 septembre 2006). Livre-referencement.com (En ligne). Olivier Andrieu, Heiligenstein, Site (Page consultée le 2 octobre 2006)

samedi 30 septembre 2006

Savoirs et connaissances dans un monde global et local : enjeux sociaux, culturels et économiques de notre temps et sans doute de notre futur

Lors du dernier entretien du XXIe siècle en date, organisé par l'U.N.E.S.C.O. qui s'est tenu lundi 25 septembre à Paris sur le thème "Le partage du savoir : Toujours pour demain ?", Jacques Attali a resitué la notion de savoir dans un contexte globalisant et localisant, en s'interrogeant sur la question de la transmission du savoir. Demain, avec les technologies, on constatera de plus grands niveaux d'inégalités dans la transmission du savoir. Le pouvoir appartient de plus en plus à ceux qui savent et la fonction de pouvoir sera de savoir sur les autres (une société d'hypersurveillance, en quelque sorte). Or, les technologies sont décentralisatrices et le coût de la distribution du savoir a énormément diminué dans un monde où le savoir n'est pas rare, mais où le temps l'est : je peux échanger du savoir, mais je ne peux pas échanger du temps, mon temps.

Des nouvelles valeurs sont en train d'émerger parmi lesquelles apprendre comme une activité socialement utile. Je suis utile aux autres dans une interdépendance des savoirs. Jacque Attali propose de rémunérer le savoir pour le favoriser car se former (tout au long de la vie) est socialement utile.

En écho, l'économiste Daniel Cohen qui a fait paraître il y a quelques jours l'ouvrage "Trois leçons sur la société post-industrielle" (La Républiques des idées, Seuil) recentre le discours sur les connaissances sur le plan économique. Dans un entretien avec Sabine Delanglade pour L'Express du 28 septembre 2006, il montre combien les enjeux du monde globalisé sont orientés par les connaissances ; extrait :

"L'élite s'est protégée de la démocratisation de l'accès à l'enseignement supérieur en menant une guerre scolaire de plus en plus précoce pour que ses enfants gardent leur place dans les meilleures écoles. La France souffre d'autant plus de cette situation que la société postindustrielle est une société de connaissances. Pour produire cette connaissance qui débouche sur la création de logiciels ou de molécules, il faut des institutions capables de le faire. L'université joue dans la société postindustrielle le rôle qui était celui de l'usine dans la société industrielle. Elle doit être à la fois un lieu de production de savoirs et un lieu d'intégration. C'est pour cela que la France souffre particulièrement, enfermée dans un système qui ne permet ni le brassage social ni la production efficace de savoirs.

L'Europe n'a-t-elle pas permis d'apporter des solutions ?
Non, parce que, à la différence des États-Unis, elle n'a pas su organiser cette production de la connaissance. Retrouver aujourd'hui une Europe des universités comme on l'a connue au Moyen Age est de première importance. Aux États-Unis, la production du savoir est très concentrée géographiquement autour de Boston et de San Francisco et structurée d'une manière qui est à la fois concurrentielle et coopérative. C'est la beauté du système américain d'être à la fois compétitif et coopératif : dès qu'une découverte est réalisée, tout le monde est au courant, et peut en profiter. Le fait que l'Europe ne se soit pas préoccupée du multilinguisme des enfants est d'ailleurs très significatif."

Daniel Cohen n'érige pas la société américaine en exemple, mais s'intéresse plutôt à la France, en expliquant pourquoi la France est mal armée pour la société de connaissances. (Photo : Martin Bobié).

Source :

Delanglade, Sabine (28 septembre 2006). "Le monde sans l'usine. Entretien avec Daniel Cohen" (En ligne), L'Express n°2882, Paris, pp.108-109 (Page consultée le 29 septembre 2006)

vendredi 29 septembre 2006

Internet média cannibale par Lucas Denjean : études de cas de stratégies internet commerciales

Nouvel ouvrage paru le 28 septembre aux Editions Elenbi, Internet média cannibale de Lucas Denjean analyse 72 cas concrets de grandes marques dans leur stratégie internet commerciale avec un point méthodologique pour chaque étude de cas. L'utilisation du courrier électronique, le marketing viral, le recrutement de prospects, établir une relation directe avec ses clients constituent quelques-uns des sujets analysés avec soin dans ce livre pratique de 544 pages, présenté par l'Electronic Business Group.

Source :

Denjean, Lucas (28 septembre 2006). Internet média cannibale (En ligne), Elenbi, Paris, 544 p. (Page consultée le 29 septembre 2006)

jeudi 28 septembre 2006

Ctaconso.fr : nouveau site d'information sur la consommation destinée aux jeunes de 12 à 17 ans

L'Institut National de la Consommation (I.N.C.) a lancé, le 14 septembre, un site d'information sur la consommation destiné aux jeunes de 12 à 17 ans : Ctaconso.fr. Le but : les informer et les accompagner dans leurs choix de consommateurs avisés, responsables et vigilants. Ce site Internet a été construit avec les conseils d'organisations de consommateurs et de parents d'élèves (ALLDC, CNAFAL, CNAFC, Familles de France, FCPE, Indécosa-CGT et Orgéco).


Conçu sur un mode interactif et ludique, Ctaconso.fr propose des articles, des vidéos et 6 rubriques : "acheter malin", "mon argent", "ma santé",  "atout sport", "bien se nourrir" et "bien vu" avec des liens, des réponses à des questions et la réglementation applicable. Les jeunes sont invités à déposer leurs bons plans et témoignages. L'Institut National de la Consommation enverra des SMS "Consommer malin" aux internautes qui se seront inscrits sur le site Ctaconso.fr.


Source :

Collectif (14 septembre 2006). Ctaconso.fr (En ligne), Institut National de la Consommation, Paris, Site (Page consultée le 28 septembre 2006).

jeudi 31 août 2006

La révolution Web 2.0, Quand le Net devient une communauté, Dossier de Courrier International

L'hebdomadaire Courrier International, dans son édition du 31 août (n°826), consacre sa couverture et un dossier central de 7 pages à l'actualité de l'Internet marchand : "La révolution Web 2.0 : Quand le Net devient une communauté" montrant les différentes facettes du concept Web 2.0, d'un enthousiasme certain à un scepticisme affirmé. Retour sur ce dossier et ses composantes.


Quand les internautes tissent eux-mêmes leur toile (Newsweek, Etats-Unis) - (à lire en ligne ici)


Le premier article reprend des extraits d'un papier de Newsweek du 3 avril 2006 intitulé "The New Wisdom Of the Web" (par Steven Levy et Brad Stone) traduit en un titre évocateur : "Quand les internautes tissent eux-mêmes leur toile". Les auteurs décrivent le phénomène Web 2.0 comme une nouvelle génération de sites dont le fonctionnement est fondé sur la participation des internautes prenant pour exemple le succès commercial fulgurant des mini-sites MySpace et la stratégie exemplaire de la plateforme FlickR, qui permet la création d'espaces en ligne de partage de photos.


Le contenu apporté par les utilisateurs ("user-generated content") est le nerf de la guerre que se livrent les services Web 2.0 mais cela va plus loin, les internautes (consommateurs) étant invités à organiser ces données (souvent l'un ne va pas sans l'autre). C'est l'exemple de Del.icio.us créé il y a 2 ans par l'américain Joshua Schachter, un site où les internautes du monde entier inscrivent des URL, les caractérisent et catégorisent par des marqueurs ou mots-clés ("tags"), le tout étant réutilisé et partagé par les utilisateurs de Del.icio.us.


L'article des deux journalistes va plus loin en insistant sur la porosité des données échangées et partagées entre des sites et plateformes concurrentes rendue possible via les API, le RSS ou AJAX :

"La plus belle illustration de ce fonctionnement est le système des mash-ups (mixages ou applications composites). C'est au départ une technique de hackers, qui consiste à extraire des éléments (vidéos, musique, images...) de leur site initial et à les combiner avec d'autres, pour informer ou faire rigoler. Certains ont aussi "emprunté" une liste d'appartements libres proposés sur Craigslist [un service de petites annonces classées et localisées] pour l'installer sur une carte de Google Maps".


La conclusion sonne comme un hymne au Web 2.0 dans une forme très lyrique et inconditionnelle :

"MySpace, FlickR et les autres ne sont pas des endroits où aller, mais des choses à faire, un moyen de s'exprimer, de rencontrer d'autres personnes et d'étendre ses propres horizons. Le cyberespace était un endroit lointain. La Toile, c'est chez nous".


Web 2.0, un concept à tiroirs (Slate, Etats-Unis)


Deuxième article du Dossier Web 2.0 de Courrier International, "Web 2.0, un concept à tiroirs", paru sur Slate le 29 mars 2006 sous le titre originel : "Web 2.0: The new Internet "boom" doesn't live up to its name" ou un essai de définition du Web 2.0 par Paul Boutin. S'agit-il d'une technologie, d'un état d'esprit ou d'une manière de monétiser Internet ?


A cela, le journaliste et ex-ingénieur au Massachusetts Institute of Technology s'interroge sur la terminologie Web 2.0 recouvrant des réalités différentes et non imbriquées (Paul Boutin parle même de "choses antinomiques") dès lors qu'on se place du côté de Tim O'Reilly, celui a qui a lancé le terme en 2003 ("un méli-mélo d'outils et de sites qui encouragent la collaboration et la participation"), du côté des développeurs ("tous les logiciels et langages utilisés pour créer les fonctionnalités époustouflantes des sites labellisés en tant que tel") ou dans une troisième acception dite "tactique Web 2.0" vue de la Silicon Valley ("une volonté de faire de l'argent en finançant un site alimenté en contenu par ses utilisateurs").


Au delà de l'image cool du "2.0" utilisé à toutes les sauces du marketing aujourd'hui, Paul Boutin fait preuve d'ironie au regard du marché de l'Internet :

"La récupération commerciale du Web 2.0 est la clé pour comprendre ce que le terme désigne réellement. C'est parce qu'ils ont raté le boom du Web 1.0 que la nouvelle génération de créateurs d'entreprises colle l'étiquette Web 2.0 sur tout ce qui se fait. (...)

Il existe un moyen tout simple de décrire la nouvelle culture de la participation en ligne sans avoir à invoquer le Web 2.0. Dites simplement Internet. Vous verrez alors que tout le monde comprend enfin ce que vous voulez dire".


Transférer son bureau en Sicile (Aera, Japon)


Tiré de l'hebdomadaire nippon AERA, l'article de Hiroki et Hideo Sato "Transférer son bureau en Sicile" montre qu'Internet modifie les habitudes de travail au Japon dans le secteur des nouvelles technologies, que l'internationalisation des services est nécessaire et permet le développement de certaines contrées dans le monde.


Il est montré en exemple un groupe de 5 personnes (collègues de travail et confrères) en "voyage de création" de 24 heures dans une ville thermale proche du Mont Fuji, qui ont pour objectif de créer un produit durant ce laps de temps, une pratique qui tend à se répandre au pays du soleil levant, le concept du "bureau à l'étranger" pour transférer temporairement son lieu de travail en dehors du Japon (dans le cas évoqué à Florence, en Italie) ou le "one day free" pendant lequel l'employé ingénieur de la société Mixi (blogs, partage de photos en ligne...) est bien à son bureau, mais ne participe durant cette journée au choix dans la semaine à aucune réunion et est dispensé des tâches courantes.


Autre fait japonais, une expression inédite prononcée par Yosuke Akatmatsu, créateur de l'entreprise Sidefeed, une société "au coeur de la tendance Web 2.0" avec système de notation de blogs : privilégier les blogueurs influents qu'il appelle les "intellectuels commerciaux" et propose la plupart des services de son entreprise en anglais... La moitié de ses utilisateurs habitent un pays anglophone!


Enfin, il est cité dans cet article les propos de Sayaka Murata, de l'ONG japonaise Kamonohashi Project qui donne accès à l'informatique et à l'Internet à des enfants cambodgiens défavorisés et leur enseigne l'outils informatique :

"Des adolescents qui fouillaient les montagnes d'immondices pour trouver de quoi survivre chaque jour sont capables aujourd'hui de créer un site Internet"...


... Et de citer le service Google Adsense qui permet à des internautes de ce pays de gagner avec ce programme de publicités plus de 10 000 yens par mois (soit 68 euros)... Ce n'est pas de l'argent de poche dans cette contrée! Et de conclure en franchissant un pas, avec un optimisme forcené:

"La véritable valeur du Web 2.0 sera peut-être de réduire la fracture entre les pays industrialisés et ceux en voie de développement."


Le nouveau royaume des idiots (Der Spiegel, Allemagne)
  - (à lire en ligne ici)


Dernier article du Dossier Web 2.0 de Courrier International, une interview pour Der Spiegel du philosophe allemand et spécialiste de la Communication et des médias Norbert Bolz qui est très critique sur les utilisations des nouvelles formes de communication : "[Elles] conduisent au règne de l'opinion, de l'exhibitionnisme, de la précipitation et à la fin de la raison". Norbert Bolz n'est pas tendre en effet dans ces propos :

"En quoi la navigation sur le Net change-t-elle nos habitudes de pensée ? La raison occidentale avec sa structure thèse-antithèse-synthèse peut-elle encore fonctionner dans notre culture versatile du clic ?

Chez Kant, la raison n'est assurément pas limitée par le temps. Avec Habermas, on peut encore discuter pendant un temps infini. Cela est toutefois de plus en plus irréaliste. Aujourd'hui, il s’agit de passer au crible le plus de matériel possible en un temps le plus court possible. En un mot : la raison classique était indépendante du temps ; aujourd'hui, nous n'avons pas la tranquillité nécessaire pour traiter les informations les unes à la suite des autres. Il vaut mieux repérer l'important en quelques secondes que maîtriser la déduction."


Une conclusion en forme d'interrogation et de doute sur le Web 2.0, sur les valeurs défendues par ses plus ardents partisans et sur la perte de recul temporel pour porter un regard critique et citoyen sur les outils Web 2.0, leur impact, les données diffusées, disponibles et échangées dans une "culture de l'instantanéité" qui prône l'immédiat comme constante essentielle de la valeur de l'information.

mercredi 30 août 2006

Facteur céleste, boutique atelier galerie éthique et équitable... aussi sur Internet

Née en 1992, la marque d'accessoires Facteur Céleste a ouvert sa boutique à Paris en avril 2000, un lieu à la fois galerie-café-atelier ouvert aux enfants et aux adultes, une sorte de bric-à-brac géant. Les ateliers enfants (ouverts le mercredi et le samedi dès 3 ans) animées par la gérante-créatrice Delphine Kohler, permettent de travailler des objets récupérés (capsules de bouteilles, cartons, chutes de vieux tissus, papier à bulles, sacs en plastique...) pour des créations artistiques. Le recyclage, le travail équitable et l'éthique sont des préoccupations au coeur des activités de Facteur Céleste :

"Facteur Céleste est touché en général par les objets qui racontent une histoire, qui valorisent un savoir-faire ou une tradition et qui sont fabriqués dans de bonnes conditions de travail."


Le blog de Facteur Céleste est une mine d'informations solidaires sur le commerce équitable, donne de bonnes idées pour réutiliser des objets du quotidien à transformer et met en valeur le travail manuel d'artisans et créateurs de mode équitables.


Facteur Céleste, 38 rue Quincampoix, 75004 Paris. Téléphone : 01 42 77 12 46.


Source :

Rodes, Anne (août 2006). Facteur Céleste (En ligne), Facteur Céleste, Paris, Blog (Page consultée le 30 août 2006)

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