Jean-Luc Raymond

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samedi 27 janvier 2007

Lawrence Lessig, L'avenir des idées, Le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques, téléchargeable gratuitement

L'essai de Lawrence Lessig "L'avenir des idées - Le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques" publié il y a quelques mois en français aux Presses Universitaires de Lyon est désormais téléchargeable gratuitement sur le site des PUL à cette adresse en .pdf (306 pages) ; une traduction de l'anglais par Jean-Baptiste Soufron et Alain Bony.


Ouvrage essentiel que le New York Times a qualifié ainsi : "un livre qui vous secoue et vous fait prendre conscience de ce que l'on perd lorsque les idées sont transformées en propriété intellectuelle", "L'avenir des idées" de Lawrence Lessig montre (avec de nombreux exemples) comment les excès de la réglementation et les dérives monoplistiques (notamment le droit d'auteur) dans l'univers de l'Internet ont pour conséquence directe de diminuer les capacités d'innovation et de créativité. L'analyse est abordée sous 3 angles : juridique, politique et philosophique.


Au coeur de ces questions, notre avenir à tous et des questions essentielles : pouvons-nous définir et préserver des biens communs informationnels ? Saurons-nous sauvegarder l'échange de connaissances en ligne ? Quelle place pour le partage de savoirs sur Internet ?


Ce cyberespace, véritable "cité numérique" est un espace de pouvoir, de créativité, d'échange où est établi un jeu d'acteurs industriels qui ont pour dénominateurs communs d'influer mondialement sur nos cultures et sur des projets politiques. A nous de comprendre et d'agir pour que l'innovation et l'expressivité soient aussi au coeur de nos préoccupations. C'est ce à quoi l'essai de Lawrence Lessig nous fait invariablement réfléchir :

"Les innovations que j'ai décrites découlent de l'environnement constitué par le Net. Cet environnement est une association équilibrée entre réglementation et liberté. Il est sensible aux modifications de cet équilibre. Si les contraintes sur la couche des contenus deviennent plus lourdes, l'innovation qui repose sur des contenus libres sera freinée. Si l'accès garanti par le bien commun de la couche du code est soumis à des conditions ou des limitations, alors l'innovation qui en dépend sera menacée. Cet environnement établit un équilibre entre ce qui est libre et ce qui est sous contrôle. Préserver cet environnement implique aussi de préserver cet équilibre."


Lawrence Lessig est Professeur de Droit à la Stanford Law School. Titre original de l'ouvrage : "L'avenir des idées - Le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques" : "The Future of ideas - The Fate Of The Commons In A Connected World".

Amazon est de moins en moins un cybermarchand et de plus en plus une plateforme technologique

Amazon est-il arrivé à maturité ? Est-il encore un cybermarchand ? Amazon est devenu avec le temps une plateforme technologique protéiforme diversifiée où les fonctionnalités sont organisées dans un écosystème de plus en plus porté vers des applications en ligne ouvertes (via les API) et en même temps très liées à Amazon.


Le cybermarchand teste constamment des nouveaux services en les mettant d'abord en ligne à destination de ses partenaires et des revendeurs. Aussi, la base de données des revendeurs Amazon constitue un point d'entrée unique pour analyser ce qui fonctionne, plaît, est utilisé ou non et permet à la société américaine d'avoir une force de frappe inégalée (à l'exception d'Ebay) sur Internet, d'autant plus impressionnante qu'elle est mondiale.


Le lancement d' "Amapedia, la Wikipedia d'Amazon" signalé notamment par le journaliste Francis Pisani, s'inscrit dans cette dynamique de lier le contenu, l'expertise du lecteur-fan-contributeur-consommateur-distributeur à l'univers Amazon. A suivre : Amapedia :

"Le contenu est pour le moment des plus limités : 800 articles créés en interne et 5 000 qui viennent d'essais antérieurs (ProductWiki). Les sections les plus populaires semblent être livres (science-fiction) et jeux de stratégie. Les geeks mènent l'offensive. Ça changera."


Le Journal du Net analyse historiquement et avec une analyse chiffrée ce que devient Amazon via un dossier actualisé : "Amazon est-il encore un cybermarchand ?" :

"En fait, cela fait des années que Jeff Bezos annonce où il veut en venir. "Les services pourraient devenir notre activité première". Technologie et services : c'est ainsi que sont nés en 2002 les web services d'Amazon, des applications Web pouvant interagir dynamiquement avec d'autres programmes, et sur lesquelles les développeurs peuvent s'appuyer pour bâtir de nouvelles applications adaptées à leur activité. A l'heure actuelle, plus de 180.000 développeurs conçoivent des solutions et des sites à partir des web services d'Amazon.

Cela fait longtemps qu'Amazon n'est plus un simple magasin de produits culturels en ligne. Amazon est devenu une plate-forme technologique, et c'est cette compétence que l'entreprise cherche à monétiser, en prenant en charge les opérations en ligne d'autres distributeurs, comme Target, en louant une partie de ses serveurs et de ses capacités informatiques, en ouvrant la porte de ses programmes aux développeurs, etc. La société fait la même chose offline, en proposant aux sites marchands de sous-traiter leur logistique ou en mettant à disposition une partie de ses 20 centres logistiques, qu'elle a patiemment construit pour environ 300 millions de dollars."

samedi 20 janvier 2007

L'ordinateur à 100 Dollars, présentation en vidéo et en français de l'OLPC (One Laptop per Child)

Clément Laberge pointe vers une vidéo extraite du carnet du Renard Roux qui présente en exclusivité, en vidéo et en français ce que sera l'OLPC (One Laptop Per Child) ou XO, l'ordinateur à 100 Dollars US pour les enfants des pays en voie de développement.


Né de l'idée de Nicholas Negroponte, directeur du MIT Media Laboratory, l'OLPC est présenté ici par Nathanaël Lécaudé (Université de Montréal, Faculté de Musique) qui développe une application de composition et de lecture musical : TamTam, à découvrir plus amplement avec des démos vidéo sur le blog dédié TamTam: Music and sound for the OLPC.


On voit dans ce banc d'essai vidéo de l'ordinateur à 100 Dollars US, la compacité de l'appareil et son descriptif technique (microprocesseur, mémoire, résolution de l'écran, ports, entrées, sorties...). La machine est dotée d'un internet sans fil de type meshworking (portée annoncée de 1 km pour l'antenne). Cela permet de connecter plusieurs ordinateurs ensemble sans point d'accès central. Les enfants peuvent collaborer sur des travaux en commun sans connexion filaire.


Quelques applications disponibles en standard sur l'OLPC : un navigateur basé sur Mozilla, Etoys (pour construire du contenu interactif), un logiciel de clavardage, une application de traitement de texte et TamTam précédemment évoqué.

Spam pump and dump (tendance 048)

La rubrique tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Sur son blog, Jean-Pierre Cloutier évoque le phénomène boursier du spam pump and dump qui prend de l'ampleur et n'est malheureusement pas nouveau : "Le pourriel pump and dump" :

"Depuis un peu plus de deux mois, c'est le "pump and dump" qui, du moins dans ma boîte de courriel, représente la majorité des messages non sollicités. L'astuce pour les fraudeurs consiste d'abord à acheter un certain volume d'actions d'un titre boursier dormant ou coté en cents (penny stock), puis par un pourriel prenant la forme d'une recommandation d'achat de susciter de l'intérêt pour le titre dans le but d'en faire artificiellement gonfler le prix (pump) et, par la suite, une fois atteint le seuil souhaité de liquider rapidement le portefeuille (dump) et d'encaisser la marge. Évidemment, la vente en bloc du portefeuille des fraudeurs fait s'effondrer le titre et les investisseurs qui ont mordu à l'arnaque subissent des pertes."


Le blog Legitiname, dans un article de septembre 2006, parle aussi de ce type de spam : "Pump and dump : quand le spam rejoint la bourse" qui représenterait actuellement 15 % des spam :

"La fraude financière se taille une nouvelle entrée sur Internet. Le "pump and dump" (aussi appelé "stock dump") consiste à gonfler artificiellement le prix d'une action dans le but de réaliser une forte plus-value lors de la revente."


Le 2 septembre 2006, le site Informatique Weka précisait que le stock spam influe sur les cours de la Bourse :

"Un récent exemple de pump and dump montre la puissance du processus. À la fin du printemps 2006, le cours de l'action Southern Cosmetics s'est brutalement mis à grimper de manière totalement anormale. En volume, elle s'est échangée six fois plus qu'à l'accoutumée. Rien de la part de Southern Cosmetics ne laissait présager un tel mouvement vers le haut. En fait, le point de départ du mouvement est le 21 juin. Des centaines de milliers d'internautes jouant à la Bourse en ligne ont reçu un stock spam les informant de l'imminence d'un accord commercial entre Southern Cosmetics et Naomi LLC, une autre société spécialisée dans les cosmétiques et produits de beauté."

Industrie musicale, dématérialisation, modèle économique publicitaire renouvelé, culture remix et nouvelles formes de créations musicales snacking

Depuis le début des années 2000, l'Internet, la téléphonie mobile et l'apparition des lecteurs mp3 bouleversent l'univers de la musique avec comme effet visible, des modes de distribution de la musique qui changent : on passe d'un support matériel à immatériel d'où un changement de valeurs et de symbolique importants de ce type de création artistique dans notre esprit associé à la consommation même de l'oeuvre sonore construite.


Les modèles économiques des major companies du disque stabilisés depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale ne sont plus pertinents et rentables. Production, composition, édition, fabrication, distribution, promotion et répartition des Droits sont aujourd'hui remis en cause.


La massification du nombre d'utilisateurs d'Internet, de possesseurs de téléphones portables et de lecteurs mp3 a favorisé cette "perte" de valeurs patrimoniales d'une culture métier de l'industrie du disque en faveur d'une musique instrumentée par d'autres acteurs de l'industrie : les fournisseurs d'accès à Internet (passage obligé), les opérateurs de téléphonie mobile, les constructeurs d'appareillage physique (lecteurs mp3, téléphones portables) et logiciels principalement pour lire des fichiers. La "convergence" téléphonie portable - lecteur mp3 magnifiée actuellement par la campagne de communication de l'iPhone générée et relayée sur Internet est l'une des étapes de ce processus.


Il faut se souvenir que les acteurs du marketing sans une véritable culture métier du disque ont investi les organigrammes de direction de l'industrie du disque au début des années 90 suite à l'apparition du support CD.


Cette nouvelle industrie musicale est dominée aujourd'hui par des acteurs médiatiques informatiques qui ont façonné une restriction des droits d'usage et de partage des créations (Microsoft, Apple, Sony), des médias traditionnels qui ont investi dans des plateformes en ligne comme News Corp. de Rupert Murdoch (qui possède MySpace), des sociétés informatiques médiatiques ayant valorisé la musique via des capacités de recherche et d'indexation multimédia textuelles, imagées, animées et vidéo (Google, Yahoo) et tout un champ qui se façonne mêlant le non marchand au marchand (BitTorrent, réseaux de pair à pair...). Tous ont un point commun : chercher dans la publicité le nirvana d'une nouvelle rentabilité où la musique devient en quelque sorte un "addendum" à une promotion autre.


En parallèle, l'irruption du peer-to-peer (au sens large et générique) et de réseaux d'échanges immatériels induisent un nouveau changement de paradigme chez les consommateurs de musique : la remise en cause de la valeur du coût de la démarche de création musicale et une course à se procurer de manière gratuite ce qui était "traditionnellement" payant. Les acteurs de ce marché, en amont, intermédiaires ou utilisateurs doivent supporter le coût incompressible de la bande passante, donc de l'utilisation des tuyaux.


Au-delà du changement des modes de distribution, ce nouveau "business model" publicitaire renouvelé (la musique a toujours entretenu depuis le début du 20e siècle un rapport très étroit avec l'univers publicitaire et le marketing) est micro-discriminant car il induit une communautarisation des genres musicaux et au sein de plateformes "reliant" des individus profilés ayant les mêmes désirs et affects (gothiques, punk, rap...).


Cet écosystème publicitaire médiatique et économique (adjectif intimement liés) fait renaître d'une part une culture du remix (générer une oeuvre musicale d'autres oeuvres musicales existantes) ; lire à ce propos l'article d'Anne-Marie Boisvert : "Idées sur le remix : du bricolage : une culture assemblée avec les moyens du bord" (avril, mai 2003) :

"(...) La culture remix : une culture qui embrasse le recyclage et le glanage, et dont l'originalité est d'avoir transformé les oeuvres préenregistrées et les moyens de diffusion comme les tables tournantes (outils traditionnels des DJs) en moyens de création. Ici, ce sont les moyens de reproduction qui précèdent et servent à la production6. Ainsi, le concept même d'oeuvre originale s'estompe et perd son sens.

La culture remix est une culture de la citation et du remake, certes, mais aussi une culture de l'intervention et de la réinvention, avec pour but le divertissement, mais aussi la communion et la libération. L'artiste aux commandes fait sciemment place au hasard (entre autres, sous la forme de glitches) et aux moyens du bord dans son processus créatif. Car le résultat importe, mais moins que le processus, la performance et l'événement. La culture remix emprunte ainsi à la société postindustrielle sa sursaturation sensorielle, en la reproduisant dans un contexte esthétique qui la canalise. Ses oeuvres demeurent ouvertes, introduisant, au moins pour un moment, un sens dans la cacophonie du monde, au moyen d'assemblages bricolés et éphémères, toujours sujets à transformation et toujours susceptibles d'une réorganisation."


D'autre part, l'écosystème publicitaire médiatique et économique génère des nouvelles formes courtes d'oeuvres (sonneries musicales, mini-extraits vidéo, cartes postales virtuelles musicales) que le quotidien Le Monde qualifie du côté des consommateurs, d'effet snacking dans un article du 19 janvier 2007 : "L'image en renfort de la musique", venant peu à peu se placer à côté des traditionnels morceaux et albums mais ne qui manqueront pas, avec le temps, à se substituer à ces derniers, dans la forme même créative :

""Carl Watts, directeur des programmes chez Sony-BMG, est chargé de développer des formats vidéo courts (1 min 30 maximum), adaptés aux usages des nouveaux médias, aux sites d'artistes et aux baladeurs vidéo, téléphones portables, consoles de jeu numériques. Ces "divertissements informatifs" ont gagné des noms génériques : le blogsong (un artiste explique, avec son morceau en fond sonore, son état d'esprit lors de la création du titre) ; le live and rare (extrait de concert inédit) ; le in the mix (travail en studio)... Chez Sony-BMG, on travaille à la réalisation de "documentaires" sur les artistes, des 52-minutes faciles à tronçonner sous forme de feuilleton quotidien, et destinés à forger l'image marketing d'un artiste.

Après le clip, le "snacking"

Tout cela devient du "contenu embarqué", c'est-à-dire proposé à la vente sur les consoles, téléphones, cartes mémoires, clés USB. On peut aussi les visionner sur le Net - nous voici dans la sphère du "marketing viral", où l'internaute sert de relais immédiat. "Les années 1980 ont connu le clip, poursuit Carl Watts. En 2006, les formats courts correspondent aux habitudes du "snacking" (picorage) des consommateurs.""

vendredi 12 janvier 2007

Eric Klinenberg, Internet et la concentration des contenus par les groupes d'informations traditionnels

Le média Internet n'est pas le média de la liberté absolue. Internet est un média de concentration. Professeur de sociologie à la New York University, Eric Klinenberg publie ce mois-ci un livre qui va à contre-courant du discours actuel commun sur la libération de la parole sur Internet, la prolifération des contenus, le fonctionnement des médias sur Internet et la distribution via le Web de l'audio et de la vidéo : Eric Klinenberg "Fighting for Air: The Battle to Control America's Media" (chez Metropolitan Books, 352 pages).


Eric Klinenberg centre son discours sur le fossé numérique : "Les personnes disposant de revenus importants et d'un bon niveau d'instruction sont plus aptes à se servir d'Internet et donc plus capables d'accéder en ligne aux dernières nouvelles, à la documentation et aux services disponibles" et sur la concentration des contenus par de grands groupes de médias.


Vous pouvez consulter une interview vidéo d'Eric Klinenberg par Bill Moyers (PBS) à propos de son essai "Fighting for Air: The Battle to Control America's Media" en ligne à cette adresse.


Le Monde Diplomatique de Janvier 2007 reproduit un extrait de l'ouvrage d'Eric Klinenberg en 2 pages avec le titre : "Les bénéficiaires inattendus du miracle internet. Ce rêve envolé d'une information égalitaire" ; extrait :

"Les discours convenus sur l'essor révolutionnaire d'un journalisme de terrain pratiqué par une infinité de "blogueurs", menacent de dissimuler que les multinationales de la communication convergent vers Internet pour y amplifier leur voix et leur pouvoir. L'idée selon laquelle les nouvelles technologies de l'infrmation auraient rendu caducs les risques de concentration constitue le mythe principal et le plus dangereux de l'ère numérique.

Selon le "Rapport sur les médias 2006" du Project for Excellence in Journalism (PEJ) "Internet a longtemps été caractérisé par le nombre illimité de ses nouveaux sites d'un bout à l'autre du spectre des opinions politiques. Toutefois, les sites les plus populaires sont associés aux groupes de médias les plus puissants. Parmi les 20 sites les plus visités en 2005, d'après l'indice Nielsen-Net, 17 étaient liés à des groupes d'information traditionnels, c'est-à-dire produisaient l'essentiel de leur contenu mis en ligne pour des quotidiens, des chaînes de télévision ou des magazines." (...)

Les grandes entreprises de médias ont ainsi transformé les vastes espaces d'Internet en une énorme caisse de résonance où des textes identiques se font écho d'un site à l'autre sans que le journalisme original y gagne. Ne disposant pas d'un modèle économique pour Internet, les gestionnaires des principaux sites ont même eu tendance à réduire le nombre de professionnels qui y travaillaient à des tâches d'édition, de réécriture et de recherche de contenus entre 2003 et 2004.
Résultat : près de 60 % des dépêches d'agence étaient mises en ligne telles quelles. Analysant près de 2000 publiés par les 9 principaux sites, le PEJ a conclu que "le contenu qu'ils offrent sur la Toile, s'il a augmenté en volume, en actualité, et en sophistication technique, demeure largement une morgue à dépêches, sujets de seconde main et articles recyclés à partir des quotidiens du matin"."

mercredi 10 janvier 2007

Papier équitable (tendance 044)

La rubrique tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Le papier équitable est l'objet d'un article dans Le Journal de Montréal dans un article du 6 janvier 2007 : "Place au papier équitable" par la journaliste Jessica Nadeau. Le papier équitable n'est pas 100 % recyclé. Il s'agit d'un papier écologique certifié Forest Council Stewardship (FSC). Il est précisé avec des arguments commerciaux, économiques et écologiques :

"La papetière québécoise Domtar s'est lancée dans la production de papier écologique certifié dit papier équitable. "Domtar serait la première société nord-américaine de produits de la forêt à s'engager à ce que toutes les étapes de sa chaîne d'approvisionnement entrent dans le cadre d'une certification Forest Stewardship Council (...) L'idée, c'est de réduire au maximum les impacts sur l'écosystème à toutes les étapes de la production. Sa nouvelle gamme de papier (équitable), EarthChoice, est faite à 35 % de fibres recyclées et la certification assure aux consommateurs que le papier provient de forêts gérées de façon écologique (...) Pour être certifié FSC, il faut respecter une dizaine de critères qui permettent d'assurer le renouvellement des forêts et la protection durable des plantes et des animaux (...) En plus d'encourager la réflexion sur la consommation responsable, cette initiative permet de réduire les fameux gaz à effets de serre".

La convergence numérique, où en est-on ?

Dans le quotidien Libération daté du mercredi 10 janvier 2007, le journaliste Christophe Alix signe l'article : "Convergence numérique: l'ère de la grande pagaille : Informatique, téléphonie et télévision multiplient standards et appareils de lecture" qui donne la parole à Olivier Bomsel et Gilles Le Blanc, chercheurs au CERNA, laboratoire d'économie industrielle de l'Ecole des mines de Paris et spécialistes de l'économie du numérique.


Olivier Bomsel et Gilles Le Blanc sont deux des coauteurs d'un essai paru en 2006 sur la monétisation des contenus culturels comme objets économiques différents des autres flux d'information : "Modem le Maudit : Economie de la distribution numérique des contenus" (aux Presses de l'École des Mines).


Au coeur de cet entretien, le concept de convergence numérique, souvent présenté comme inévitable mais qui est un serpent de mer dans les nouvelles technologies depuis plus de 10 ans. Les aficionados de l'informatique et de l'internet en rêvent. Encore faut-il être d'accord sur ce qu'on désigne par convergence numérique :

"Olivier Bomsel : C'est un terme passe-partout pour dire que, à l'ère du numérique, toutes les machines (téléphone, ordinateur, téléviseur, baladeur...) sont conçues pour capturer, traiter, lire, stocker des suites de 0 et de 1, autrement dit le code binaire permettant de formater n'importe quel son, image ou texte. Comme le montre cette grande foire qu'est le rendez-vous annuel de Las Vegas (CES - Consumer Electronic Show), cet ensemble de techniques n'est pas appréhendé de la même manière par les différents acteurs du numérique. D'où ce mélange permanent de concurrence et de complémentarité. C'est plutôt la confusion qui règne !

Gilles Le Blanc : Pour moi, la convergence représente à la fois la compatibilité potentielle d'un très grand nombre de services et la multiplication du nombre d'équipements, les deux étant intimement liés. C'est parce qu'un mobile peut être compatible avec un PC qu'il y a convergence des télécoms et de l'informatique. La différence par rapport à la convergence version an 2000 telle qu'elle était présentée par un Jean-Marie Messier, c'est que tout ne passe plus par le tuyau unique d'un seul fournisseur à destination d'une multitude de supports."

vendredi 5 janvier 2007

Le Web 2.0, évolution ou révolution ? Point de vue de Hervé Cuviliez

Dans l'édition du quotidien Les Echos du 4 janvier, le journaliste Grégoire Poussièlgue interroge Hervé Cuviliez (coprésident de l'agence Rapp Collins en France, entreprise spécialisée dan la relation client) sur les conséquences de l'émergence du concept Web 2.0 aussi bien pour les entreprises que pour les marques et leur stratégie de communication.


"Le Web 2 est-il la véritable révolution de l'Internet ?

C'est plus le signe d'une évolution naturelle que d'une révolution. Je dirais qu'Internet tient enfin les promesses qu'on attendait depuis plusieurs années. Aujourd'hui, ce n'est plus seulement de la technologie : Internet est devenu plus accessible, ce que prouve son audience vers un public de plus en plus large. En revanche, dire qu'avec le Web 2.0 tous les gens ont du talent me paraît faux. On vit aujourd'hui dans une sorte d'euphorie globale. Il n'y a plus aucun recul et nous sommes dans une logique de surenchère. Internet donne simplement la possibilité de se faire connaître et met ainsi tout le monde sur un pied d'égalité. Et le plus vu n'est pas le meilleur. Je remarque aussi que les gens les plus admiratifs du Web 2.0 sont les convertis les plus récents à Internet."

jeudi 4 janvier 2007

Génération participation (tendance 039)

La rubrique tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Consultant en marketing, Thierry Maillet, signe chez M2 Editions (236 pages), un ouvrage avec le titre : Génération Participation : de la société de consommation à la société de participation. Qu'est-ce que la Génération Participation (ou Génération P) ? Une expression employée dans le champ des affaires.

"Cette génération, qui est d'abord une classe de valeurs, plus qu'une classe d'âge, même si les moins de 25 ans qui ont grandi avec Internet et le téléphone mobile y sont prédominants (...) Un individu hypermoderne devenu un hyperconsommateur sollicité par l'hyperchoix".


Thierry Maillet définit l'émergence de cette génération participation entre 1995 et 2000, connectée et "friande d'échanges horizontaux sur le Web et le mobile", habituée à l'abondance de l'information et qui se satisfait de la valeur d'usage des outils ou produire sur leur "capacité à produire du rêve ou de l'émotion". La Génération P prend-t-elle le pouvoir de manière informelle sur le marché ? A priori oui, selon Thierry Maillet qui tient un blog thématique sur son ouvrage Génération Participation.


Thierry Maillet a proposé en juin 2006, une définition large de la Génération Participation : "Une nouvelle génération est en marche" :

"Enfants de la modernité (internet) cette nouvelle génération voit la vie en réseau car elle est consciente de l'amenuisement des ressources naturelles, qui ont permis, "l'individualisme possessif" de la société de consommation (essentiellement le pétrole, mère nourricière de la voiture et du plastique).
Obligés de penser la vie autrement, les membres de cette génération sont représentatifs des valeurs montantes, qui sont de plus en plus féminines, au sein des sociétés développées. Jeunes dans leurs têtes, ces individus qui peuvent avoir de 14 à 84 ans ont trouvé dans les nouvelles technologies le vecteur nécessaire. La Génération P n’est pas une classe d'âge mais une classe de valeurs.

La société de la participation est le fruit de la rencontre entre le monde ancien (saturation de la société de consommation et diminution des ressources naturelles constitutives de cette société) et les ferments de la société en devenir (le facteur technique de la puce numérique et son capital humain, la diffusion des valeurs féminines).

La réappropriation par chacun de la puce numérique, dans ses modes de vie comme de pensée, est la marque d'appartenance à la Génération P. La rapidité du mouvement engagé souligne en creux la réalité de la fracture numérique et l’importance cruciale à la combler."

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