Jean-Luc Raymond

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lundi 25 décembre 2006

Howard Rheingold, convergences et mobilité

En avril 2006, à Mill Valley en Californie, Howard Rheingold, penseur américain de la mobilité, prospectiviste des nouvelles technologies, chargé de cours à l'Université de Berkeley et Stanford, a écrit le préambule du premier cahier de tendances de Jean-Claude Decaux "Mobilités : la clé des villes" édité en un nombre restreint d'exemplaires en juin 2006. Howard Rheingold intitule son article "Convergences" dessine le paysage d'une redéfinition par les citadins de leur conception de la mobilité :

""Mobile" veut dire que l'on est connecté à son réseau social, que l'on organise son temps et ses rendez-vous à la volée, que l'on s'associe spontanément à des "flashmobs" (événements spontanés), que l'on improvise des fêtes, que l'on rejoint une manifestation annoncée par SMS, que l'on consulte ses e-mails ou que l'on soit, que l'on publie une image sur le Web, que l'on envoie une vidéo à ses amis, que l'on consulte un service cartographique pour définir un parcours sur mesure... Avis aux technophiles : il est déjà possible de croiser son répertoire téléphonique avec des cartes de ville - cette pratique naissante se fait appeler MoSoSo (Mobile Social Software). Tout comme les communautés virtuelles ont fleuri dans les années 1990 et que le téléphone mobile s'est généralisé en 2000, on peut supposer que la géolocalisation, doublée d'applications MoSoSo, va, à son tour, engendrer des comportements techno-sociaux qu'il nous est impossible d'imaginer à ce jour. Toutes ces technologies de poche ou celles embarquées dans notre environnement quotidien modifient notre rapport à la ville et à sa périphérie. A travers elles, nous étendons le centre au-delà de ses limites, messageries, e-mail vocal, conférences téléphoniques et "podcasts" transforment notre rapport à l'espace, au temps et aux transports. Le "temps mort" des longs trajets ne fait-il pas désormais partie du temps de travail ? La voiture ne devient-elle pas une extension de notre bureau ? Paradoxalement, alors que les outils de la mobilité favorisent un étalement urbain irréfléchi, les enjeux écologiques poussent les villes à encourager des comportements, des énergies et des infrastructures de transports plus durables.

Qu'ils soient en ville, en périphérie ou en mégapole, les individus se servent de leurs téléphones ou de leurs ordinateurs de poche pour synchroniser habilement leurs parcours aux modes de transports disponibles, simulant ainsi des modes de transports publics "à leur disposition", où et quand il faut.

Les travailleurs indépendants et les travailleurs à domicile composent leur propre temps d'activité, d'autres travaillent indifféremment à l'heure de Hong Kong ou de New York, d'autres encore arrivent du monde entier à toute heure... Les rythmes et les horaires de la ville subissent, eux aussi, une mutation profonde. Munis de nouveaux outils, les citadins s'amusent à jouer avec l'éphémère en créant une ville jadis impossible. E-mails et SMS suffisent à coordonner des événements communautaires, à réunir ou à donner naissance à des masses critiques (réunions de cyclistes et de "rollers"), à se donner rendez-vous pour une projection de film en plein air ou en appartement (micro-cinéma)...

Au début du XXe siècle, le chemin de fer, l'ascenseur et le téléphone ont rendu possible une nouvelle vie urbaine : la ville des gratte-ciel, la ville des petites et moyennes entreprises, la ville des flux péri-urbains, la ville des foules anonymes... Au début du XXIe siècle, les outils de l'ubiquité se combinent pour créer de nouvelles villes, de nouveaux comportements sociaux et, ainsi, une nouvelle définition de l'être mobile."

jeudi 21 décembre 2006

René Trégouët, la révolution numérique portable devient planétaire

Dans l'éditorial de sa lettre d'information hebdomadaire ART Flash (du 15 au 21 décembre 2006), le sénateur honoraire René Trégouët parle de "La Révolution numérique planétaire" en portant son regard sur le nouveau rapport de l'Union Internationale des Télécommunications "Internet Report 2006 : Digital.Life" et en particulier sur la croissance exponentielle de l'équipement et des infrastructures de téléphonie mobile et à la mutation numérique mondiale ; extrait :

"Les réseaux à large bande touchent à présent près de 300 millions d’utilisateurs -un terrien sur 20-, dont 61 millions sont reliés à des réseaux mobiles.

Le rapport appelle à la prudence en ce qui concerne l’entrée dans les "modes de vie numériques". Pour Lara Srivastava, les individus sont de plus en plus pris dans le flux de connaissances et d’informations généré par les réseaux électroniques mondiaux et il existe un risque réel de perte de contrôle par les citoyens de cet océan d’informations. Lara Srivastava souligne aussi à quel point la montée en puissance des nouveaux modes d’expression et de communication numériques, "chats", blogs, forums, est en train de brouiller les frontières entre la vie publique et privée, temps de travail et temps personnel, monde réel et monde virtuel, comme le montre l’incroyable succès du "Monde 2", un univers virtuel si attractif que certains y passent plus de 80 heures par semaine !

Il ne fait aucun doute que cette mutation numérique mondiale va continuer à s’accélérer et va conduire, d’ici 10 ans, à l’émergence d’un monde radicalement nouveau, multidimensionnel, polycentrique et profondément déstabilisant, sur le plan psychologique, culturel et social, pour tous ceux qui n’auront pas pu ou pas voulu s’y préparer. Le grand défi de cette prochaine décennie va donc être de donner un sens social, culturel, cognitif et éthique à cette prodigieuse révolution technologique afin de l’humaniser et de la mettre au service du plus grand nombre. Si nous ne parvenons pas à relever ce défi de civilisation, nous risquons d’avoir à faire face à des fragmentations et des replis communautaires et culturels de plus en plus dangereux et un accroissement des inégalités sociales et cognitives qui ne pourront qu’alimenter la violence et l’instabilité du monde."

mercredi 20 décembre 2006

Ego-navigation (tendance 027)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Un phénomène se développe avec les connexions permanentes à Internet (ADSL, Wifi, cable...). Il s'agit de l'ego-navigation ou "egosurfing" en anglais), l'un des phénomènes de désordre psychologique lié à l'Internet décrit par Christian Leduc dans un article du 19 décembre 2006 pour Branchez-Vous : "Etes-vous dépendant à Internet ?" :

"Parmi les dépendances recensées dans le texte à saveur humoristique du magazine britannique se retrouve en premier lieu l'«ego-navigation» : lorsque vous effectuez constamment des recherches dans Google sur votre personne pour s'assurer de votre réputation sur le Web. Si vous extrapolez ensuite vos recherches sur vos amis, vos collègues ou votre ancienne flamme, vous faites alors du «voyeurisme grâce à Google», constate le New Scientist."


Branchez-Vous fait référence à un papier de Richard Fischer pour New Scientist de décembre 2006 qui décrit des phénomènes de dépendance à l'Internet et donne la parole à des chercheurs sur ce thème : "Just Can't Get Enough".
Ces "maladies modernes" sont liées à l'utilisation de moteurs de recherches, de lecteurs mp3, de logiciels et de plateformes de réseaux sociaux ou dites "Web 2.0" :

"Blog streaking, Cheesepodding, Crackberry, Cyberchondria, Egosurfing, Infornography, You Tube narcissism, Google-stalking, MySpace impersonation, Powerpointlessness, Wikipediholism Excessive."

Lorne Lanning et Citizen Siege, une vision citoyenne du couple jeu vidéo et film

Lorne Lanning est un artiste américain atypique. En 1995, il quitte l'univers des effets spéciaux du cinéma hollywoodien et de l'image de synthèse pour créer un studio de jeux vidéo : Oddworld Inhabitants pour créer un jeu vidéo en 5 épisodes (Oddworld), développant des histoires étranges et une nouvelle mythologie.


Aujourd'hui, il mixe les deux univers en développant un projet innovant "Citizen Siege", thriller de politique fiction en images de synthèse produit par John H. Williams (connu pour "Shrek") qui sera donc un film et un jeu en parallèle basé sur la condition humaine contemporaine dans un esprit citoyen.

Le numéro 31 du magazine Chronic'Art (décembre 2006) donne la parole à Lorne Lanning sur son projet Citizen Siege et sa vision du film vs. jeu vidéo.

"Pensez-vous possible de faire passer des messages politiques ou humanistes dans un jeu vidéo, comme vous avez tenté de le faire ?

Jusque-là, l'histoire a toujours été une considération secondaire dans le jeu vidéo, après la gameboy et la technologie. Mais cela va changer au fur et à mesure que les machines vont devenir plus puissantes et les outils se standardiser. Cela ne fait aucun doute que le médium interactif peut devenir plus sérieux et capable de refléter la société avec des histoires significatives. Il faut juste que des gens créatifs s'y intéressent.

Le rapprochement du jeu vidéo et du cinéma peut-il aboutir à un résultat créatif ?

Une synergie créative est définitivement possible, mais ne comptez pas sur les grosses entreprises pour vous l'apporter. Cela viendra des créateurs et des indépendants qui trouveront le moyen de prouver aux décideurs en place que cela peut faire du bon business."

lundi 18 décembre 2006

Interestingness (tendance 025)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


L'interestingness ou en français "la notion d'intérêt" caractérise le fonctionnement de plusieurs plateformes du Web 2.0 (ou nouveau Web) autour de la popularité d'objets mis en ligne (textes, images et vidéos) comme par exemple la plateforme FlickR qui place l'interestingness au coeur de son écosystème :

"There are lots of things that make a photo 'interesting' (or not) in the Flickr. Where the clickthroughs are coming from; who comments on it and when; who marks it as a favorite; its tags and many more things which are constantly changing. Interestingness changes over time, as more and more fantastic photos and stories are added to Flickr. We've added some pages (and changed some existing ones) to help you explore Flickr's most interesting photos."

Traduction :

"Il y a beaucoup de choses qui font qu'une photo est 'intéressante' (ou pas) sur Flickr. D'où viennent les visiteurs (clickthroughs) ; qui la commente et quand, qui la marque comme favorite ; ses mots-clés et bien d'autres choses qui changent constamment. L'intérêt change avec le temps, et de plus en plus de photos et d'histoires sont ajoutées sur Flickr."


Le blog Mains blanches explique l'importance de cette notion d'intérêt dans l'article : "Flickr : autour des photos, le jeu de société" et comment l'interestingness est agissant pour et par certains utilisateurs :

"Bref, qu'est-ce au juste qu'une image "intéressante" sur Flickr, qui nous impose au passage sa version par la technique sans pour autant nous la présenter vraiment ? C'est un peu comme l'algorithme mis au point par Google pour afficher ses résultats : on n'en a pas une vue très claire. Ce qui n'empêche pas de nombreux internautes d'avoir recours, y compris moi-même, acceptant tacitement de prêter le flanc aux manipulations. Voilà un jeu bien étrange dont on ne connaît pas clairement les règles.

Ce qui est clair, au moins, c'est qu'une image n'est pas qualifiée d' "intéressante" directement, sur la base de critères artistiques ou techniques, mais en fonction de l'activité des utilisateurs autour de ladite image. C'est le temps passé sur Flickr, votre sociabilité, votre présentation de vous-même et de vos photos, ainsi que votre capacité à générer un certain trafic autour de vos images qui comptent, et cela change tout."


Un utilisateur de FlickR déclare que "Les voies de l'interestingness de FlickR sont impénétrables". L'interestingness est un enjeu économique de poids. TechDirt affirme le 31 octobre 2006 que Yahoo essaie de breveter l'interestingness comme processus technique : "How Interesting: Yahoo Tries To Patent Interestingness". On attache à la notion d'intérêt la valeur de classement qui compte dans les enjeux du marché publicitaire du Web 2.0.


Pour explorer plus avant le concept d'interestingness, on peut consulter un billet de Seo by the sea (27 octobre 2006) qui propose des liens et une explication sur la notion d'intérêt : "Flickr Interestingness Rankings Patents Released".

Patrick Dieuaide, Avec les technologies de l'information et de la communication, le travail se complexifie et change de nature sous l'effet de déterminations nouvelles

Le nouveau numéro de la revue scientifique Terminal (Technologie de l'information, culture & société) (n°97-98, Editions L'Harmattan, novembre 2006) consacre un dossier complet sur le thème "Communautés et nouveaux modes de (télé)communication" découpé en 3 parties : les communautés faibles, les communautés fortes et les communautés sous contrainte. Dans ce dernier volet, Patrick Dieuaide (économiste, chercheur à l'Université de Paris I qui travaille notamment sur le capitalisme cognitif) consacre un article qui décrit combien les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication dissolvent les cadres du travail. L'émergence de nouvelles modalités d'organisation du travail adossées aux réseaux rendent propice la mise sous tension de l'agir. Titre du papier de Patrick Dieuaide : "Entre précarité et révolution de l'agir" ; extrait :

"Déterritorialisation" ou virtualisation du travail d'un côté ; affaiblissement ou perte de cohérence interne de l'autre... Tout se passe donc comme si les TIC participaient d'une recomposition des modes d'organisation des entreprises au sein desquelles le travail, revenu tout ou partie sous l'autorité et la direction des travailleurs, se présentait comme un moment productif contingent, structuré à partir de relations et de comportements non hiérarchiques. D'autre part, le travail se complexifie et change de nature sous l'effet de déterminations nouvelles, linguistiques, relationnelles voire affectives requises par des situations de travail incertaines et non programmables. Ainsi, de plus en plus, s'apparente-t-il à une activité cognitive (jugement, conversation, évaluation), consommant de l'information, mobilisant des moyens discursifs et langagiers.


D'autre part, le travail s'élabore de plus en plus sur un mode réflexif, c'est-à-dire par une série d'allers et retours entre les connaissances et autres ressources dont les individus sont dépositaires et les nouvelles connaissances à construire pour identifier et résoudre les problèmes qui se posent. Les fonctionnalités des TIC peuvent accompagner voire soutenir le développement de ces différentes facettes du travail. Mais cet accompagnement ou ce soutien est ambigu. En effet, si d'un côté l'usage des TIC peut contribuer au développement d'un travail coopératif et réticulaire, de l'autre celles-ci peuvent être porteuses d'un principe de désocialisation du travailleur lui-même. Trois phénomènes sont particulièrement en cause à ce niveau.


En premier lieu, le recours aux TIC dans les domaines de la codification et de la capitalisation des connaissances peut être un facteur de précarisation du travailleur intellectuel. (...) En second lieu, en soutenant les apprentissages, individuel et collectif, les TIC tendent à favoriser une dynamique cumulative de production de capacités et de savoirs faire totalement ouverte sur l'extérieur ; dynamique qui, au plan juridique, peut soulever des problèmes de propriété (protection des brevets) et aussi de paternité (droits d'auteur). (...) Enfin, les TIC contribuent à un remodelage en profondeur de la base de compétence des organisations, soit en poussant au recrutement de travailleurs qualifiés (hypothèse du biais skills), soit en redessinant le tracé des frontières entre métiers."

dimanche 17 décembre 2006

Pascale Weil, la fracture générationnelle entre les baby-boomers et les 25-35 ans

Dans Le Monde du 2 décembre 2006, Pascale Weil, sociologue et associée à Publicis Consultants (auteur de "Tels pères... Quels fils ? aux Editions Eyrolles, avril 2006) définit la campagne présidentielle de 2007 comme un "match générationnel" ou "une fracture générationnelle" entre les baby-boomers et leurs enfants. Plus largement, elle montre le regard au monde et l'attitude de rapport aux médias bien différentes de ces deux générations qui trouvent également un écho dans l'utilisation des technologies :

"Les uns ont connu une éducation dure mais une vie douce. Les autres, une éducation douce mais une vie plus dure. Les premiers, le plein-emploi et la libération sexuelle, les seconds, la précarité et le sida. Ces deux générations ne regardent pas le monde du même prisme : les baby-boomers, élevés dans une société de croissance, hiérarchique, respectueuse des autorités, ont connu le modèle vertical et androcentrique qu'ils ont destitué, mais qui les a structurés.

Leurs enfants, dans un modèle inverse, horizontal, de parité et d'autonomisaton au foyer, se méfient de toute élite, mais manquent de repères. Leur modèle est, à l'image du Net, celui de l'instant et de la vitesse ADSL, de la décentralisation et de l'accès direct : sans corps intermédiaires. (...)

Aussi, comment donner confiance aux baby-boomers, pour qui la vérité suppose la médiation des experts, des journalistes et aux 25-35 ans, pour qui elle naît de la confrontation directe des points de vue, sans "filtre" ? Par le JT, la presse ou les blogs ? Par la culture écrite et son articulation linéaire ou la culture multimédia et ses incrustations synchroniques ?"

mercredi 13 décembre 2006

Michel Maffesoli et les communautés

Le quotidien gratuit Metro France de ce jour offre un espace de tribune au sociologue Michel Maffesoli (Professeur à l'Université Paris 5, fondateur et directeur du CEAQ - Centre d'Etudes sur l'Actuel et le Quotidien) titrée "Singulières communautés" dans lequel il cherche à définir la notion de communauté dans une historicité. Depuis de nombreuses années, Michel Maffesoli étudie la postmodernité au regard du nomadisme et de la tribalité.

"La communauté, c’est ne pas être ensemble uniquement par rapport à un idéal lointain rationnel démocratique, sur lequel s’était élaborée la société moderne, mais c’est le retour de l’affect. C’est le sentiment d’appartenance qui prédomine. Cela peut prendre des formes différentes, mais le dénominateur commun, c’est le partage du sentiment.

Une communauté se forme et se déforme à cause de cette espèce de pulsion qui fait que l’on a envie d’être avec des gens semblables. L’idée d’homo-socialité signifie un lien social qui va reposer sur le partage du même, même goût, même désir, même passion. C’est ce désir de rencontrer du même, pour quelque chose de particulier. Comme tout un chacun est pluriel, je vais virevolter d’une tribu à l’autre en fonction de mon intérêt du moment. Je peux avoir telle attitude dans une réunion mondaine et ce soir traîner dans un bar louche.

Le besoin d’appartenance à une communauté est un changement de peau. Comme le corps peut changer de peau, la société est en train de changer de peau. Au XVIIIe siècle, il y avait un enfermement de l’individu dans lui-même. "Je pense, donc je suis dans la forteresse de mon esprit. Très enfermé dans mon esprit."

mardi 12 décembre 2006

Achats en ligne, MIRAVI, intérêt du buzz 2.0... (brèves citoyennes de clavier)

Pour les fêtes, le Forum des Droits sur l'Internet a édité une nouvelle version de son guide pratique gratuit qui vous conseille pour bien acheter en ligne sachant qu'un cyber-acheteur averti en vaut deux : "Achats en ligne. Suivez le guide".


Pédagogique et bluffant, le nouveau site de l'Agence Spatiale Européenne : MIRAVI (Meris Image Rapid Visualization) qui permet d'observer la Terre (notamment les phénomènes climatiques) via des images satellites fréquemment mises à jour.


Sur le Web 2 ou nouveau Web, 2 articles de réflexion : "L'internaute, acteur majeur du Web" par Christian Bensi (sur le sujet crucial de la relation formelle et informelle entre Web collaboratif et information) et "L'intérêt du Buzz 2.0 en questions" par Sébastien Sauteur (sur le thème Web 2.0 et collectivités territoriales avec une mise en perspective à partir de sa pratique de terrain dans un organisme médico-social).


Recherche : Notes de David Weinberger sur la brillante présentation de la doctorante américaine Danah Boyd sur les usages par les jeunes américains des réseaux sociaux sur Internet lors de la conférence LeWeb3 à Paris ce jour.


Entrepreneuriat : le MEDEF de Paris publie un guide pratique de l'Intelligence économique pour les PME à télécharger ici (en .pdf, 52 pages), le nouveau portail Guide & Support de CORDIS est en ligne (service d'information qui vous tient au courant des activités et initiatives de la Communauté européenne dans le domaine de la recherche et du développement (R&D) et de l'innovation).

Michel Serres, avec les nouvelles technologies, nous sommes passés à un autre temps

Le grand entretien du nouveau numéro de la revue Médias (hiver 2006, n°11) donne la parole au philosophe et historien des sciences Michel Serres : "Avec Internet, on nous arrange la vie", qui livre une vision optimiste de l'utilisation des technologies, selon lui, dans une rupture aussi grande que celle de l'invention de l'écriture. Ces nouvelles technologies changent profondément notre rapport au monde :

"Nous avons besoin aujourd'hui de prendre des notes. Nous avons perdu la mémoire parce qu'elle est passée ailleurs : de la tête à l'objet. J'appelle ça l'externalisation de la mémoire. Avec les nouvelles technologies, votre ordinateur devient votre tête. Du coup, c'est une coupure aussi importante que l'écriture, qui a permis d'inventer l'histoire. C'est donc gigantesque! Nous sommes passés à un autre temps, qui n'a probablement rien, ou très peu, à voir avec celui qui le précède."

"On peut commencer par dire des banalités : avec Internet, le monde se rétrécit et, dans le même temps, il devient plus rapide... Mais, prenons un exemple : autrefois, en guise d'adresse, on donnait les coordonnées de son domicile. Le mot adresse était donc un repère dans l'espace bien déterminé au sein duquel nous bougeons. Aujourd'hui, on donne son numéro de téléphone portable ou son adresse e-mail. On ne s'est pas aperçu que désormais l'adresse n'est plus référée à l'espace. Avant, on vivait où l'on pouvait se déplacer, où l'adresse physique permettait le repérage galiléen ou cartésien de l'espace euclidien. Tandis qu'aujourd'hui, si je vous appelle sur votre portable, vous pouvez très bien être en Estonie et moi en Californie. Si je vous envoie un e-mail, je ne sais pas où vous êtes. L'espace dans lequel nous vivons et pensons n'a plus rien à voir avec l'espace d'autrefois."

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