Jean-Luc Raymond

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dimanche 6 août 2006

Firevox : synthèse vocale pour navigateur Firefox, Blog Fairytells sur l’accessibilité Internet

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L’accessibilité numérique et des sites Internet est un enjeu de taille sur le Web aussi qu’une nécessité pour qu’au handicap physique ne se surajoute pas un handicap numérique pour consulter Internet et en être un acteur.


Aurélien Lévy (webdesigner, intégrateur et expert accessibilité dans une agence Web, membre du groupe de Travail Accessiweb et Chargé de cours au Diplôme d’Université Accessibilité du Web pour les personnes handicapées : enjeux, normes et application de l’Université Paris 6) tient un blog très intéressant sur l’accessibilité numérique, les CSS et standards du Web : Fairytells.


On y apprend notamment l’existence de Firevox (voir le site), une extension pour le navigateur Firefox de synthèse vocale multiplateforme, gratuite, performante et en licence GNU GP, avec ces fonctionnalités :

“C’est vraiment impressionnant certaines ne sont même pas implémentées dans les synthèses vocales payantes du marché avec par exemple :

  • Support des CSS médias oraux qui permettent entre autres de jouer sur le volume ou la rapidité d’énonciation,
  • Support de la mise à jour de contenu via le DOM ce qui ravira les utilisateurs d’AJAX.
  • Support de MathML qui permet de lire des formules mathématiques complexes.”

Source :

Lévy, Aurélien (août 2006). Fairytells [En ligne], Viroflay, Blog (Page consultée le 6 août 2006)

mardi 1 août 2006

Manuel Castells : Emergence des médias de masse individuels (Mass Self Communication)

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Le Monde Diplomatique publie dans son édition d’août 2006, un article passionnant du professeur et chercheur Manuel Castells sur l’Émergence des “médias de masse individuels” (ou “Mass Self Communication”) qu’il définit tout au long du papier comme une nouvelle forme sociale de communication, certes massive, mais produite, reçue et ressentie individuellement. Extraits de cet article qui compte dans sa description et mise en perspective de l’Internet d’aujourd’hui et de demain :

“Alors que le monde dit ne plus faire confiance aux gouvernements, aux responsables politiques et aux partis, une majorité de la population persiste néanmoins à croire qu’elle peut influencer ceux qui parlent en son nom. Elle estime aussi pouvoir agir sur le monde, à travers sa volonté et ses moyens propres. Elle est peut-être en train d’introduire, dans la sphère de la communication, les développements extraordinaires de ce que j’appelle la “Mass Self Communication” (la communication de masse individuelle).

Techniquement, cette communication de masse individuelle participe d’Internet, mais aussi du développement des téléphones portables. (….)

Ce phénomène constitue ainsi une nouvelle forme sociale de communication certes massive, mais pourtant produite, reçue et ressentie individuellement. Partout dans le monde, elle a été récupérée par les mouvements sociaux. Mais ils ne sont en aucun cas les seuls à utiliser ce nouvel outil de mobilisation et d’organisation. A leur tour, les médias traditionnels tentent de s’arrimer à ce mouvement, et, en utilisant leur puissance commerciale et médiatique, ils sont en train de créer un maximum de blogs possible autour d’eux. Il n’en reste pas moins que, à travers la communication de masse individuelle, les mouvements sociaux comme les individus en rébellion sont en mesure d’agir sur les grands médias, de contrôler les informations, de les démentir le cas échéant, ou même d’en produire.

 (…)

Cela ne signifie pas qu’il y ait, d’un côté les médias assimilés au pouvoir et, de l’autre, les médias de masse individuels, associés aux mouvements sociaux. Chacun opère sur la double plateforme technologique. Mais l’existence et le développement des réseaux électroniques offrent à la société une plus grande faculté de contrôle, d’intervention. Et une capacité supérieure d’organisation politique à ceux qui se tiennent en dehors du système traditionnel.

Alors que la démocratie formelle et guindée est fondamentalement en crise, que les citoyens ne croient plus dans leurs institutions démocratiques, ce qui se déroule sous nos yeux avec cette exploration des communications de masse individuelles ressemble à la reconstruction de nouvelles formes politiques. Il est encore malaisé de dire où elles aboutiront.

Mais on peut être certain d’une chose : le sort de la bataille se jouera dans le champ  de la communication et tiendra compte de la diversité nouvelle des moyens technologiques. En définitive, cette bataille est la plus ancienne de l’histoire humaine. Depuis toujours, elle a pour enjeu la libération de nos esprits.”


Manuel Castells est Professeur de communication, titulaire de la chaire Wallis Annenberg de communication, technologie et société à l’Annenberg School for Communication (voir ces pages), université de Californie du Sud, Los Angeles, États-Unis, et directeur du Projecte Internet Catalunya à l’Université Oberta de Catalogne, Barcelone, Espagne. Il est auteur, entre autres de l’Ere de l’Information (3 volumes) paru en France chez Fayard en 1999. Manuel Castells est l’un des meilleurs spécialistes de l’analyse du phénomène internet sous l’angle communicationnel.


L’article du Monde Diplomatique est tiré de l’intervention de Manuel Castells au séminaire “Media Between Citizens and Power” qui s’est tenu les 23 et 24 juin 2006 à San Servolo, Italie (voir la page).


Source :

Castells, Manuel (août 2006). “Émergence des “médias de masse individuels”, Le Monde Diplomatique, Paris, n°629, pp.16-17

dimanche 30 juillet 2006

Cergy-Pontoise solidaire : un blog sur la solidarité locale… et internationale

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A l’occasion de la semaine de la solidarité internationale qui se déroule en France du 11 au 19 novembre 2006 (voir le site de cette initiative multipartenaires), le Centre Information Jeunesse du Val d’Oise qui possède déjà un impressionnant catalogue de liens sur la solidarité internationale (voir la page) lance avec le Point Cyb (espace multimédia) de Cergy-Pontoise (et sur l’initiative de son responsable Olivier Lacombe), le blog Cergy-Pontoise Solidaire fédérant les associations de la ville investies dans la Semaine de la Solidarité Internationale.


Faisant le lien entre le local et l’international, ce blog se veut permettre…

“De prolonger et faciliter des débats en touchant davantage de publics qui depuis leur domicile, leur école, ou les points d’accès multimédia, peuvent accéder au blog sur Internet, lire des articles, en poster ou ajouter des commentaires. C’est l’occasion de rapprocher les acteurs et le public intéressés par la SSI, sous la forme de questions-réponses qui font la spécificité et la convivialité du blog.”


Plus largement, Cergy-Pontoise Solidaire est un beau projet de solidarité uniquement qui peut être le catalyseur d’initiatives et d’acteurs locaux impliqués ; objectifs :

  • “Élargir le public de la Semaine de la solidarité internationale notamment auprès du public jeune,
  • Valoriser les associations de solidarité de l’agglomération,
  • Favoriser l’interactivité, le dialogue et l’expression citoyenne,
  • Assurer un suivi multimédia et une mutualisation des actions (image, sons, vidéos) de la Semaine et prolonger le débat tout au long de l’année.
  • À moyen terme, élaborer un portail ressource pour l’ensemble des associations de l’agglomération.”


Source :

Lacombe, Olivier (juillet 2006). Cergy-Pontoise solidaire [En ligne], Centre Information Jeunesse du Val d’Oise, Cergy-Pontoise, Blog (Page consultée le 30 juillet 2006)

jeudi 27 juillet 2006

Sortir du fossé numérique : nouveau blog de Communautique qui relie les pratiques dans les CAC (Espaces Publics Numériques au Canada)

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Monique Chartrand, directrice générale de Communautique au Québec (“organisme [très actif] à but non lucratif visant l’appropriation collective des Technologies de l’Information et la Communication œuvrant pour les organismes communautaires et les populations à risque d’exclusion des technologies”, voir le tout nouveau site) a annoncé le 24 juillet que son organisme Communautique, avec l’équipe d’animation du Programme d’accès communautaire d’Industrie Canada, Initiative-Jeunesse (PAC-IJ), met en place en collaboration avec Parole Citoyenne un carnet web/blog pour l’été intitulé Sortir du fossé numérique.


13 articles ont déjà été publiés par les animatrices et animateurs de différents groupes communautaires à travers le Québec, des jeunes qui encouragent la population à s’initier à Internet et à la micro-informatique par le biais de formation et d’animation dans les Centres d’Accès Communautaire Internet (CACI). Des billets qui montrent des initiatives de lieux d’appropriation des nouvelles technologies comme :

- Le Chic Resto Pop du quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal (restaurant communautaire offrant des repas à prix modique et entreprise d’insertion portant un souci particulier à la conciliation de ses objectifs de rentabilité économique et de lien social),

- Le Collectif des femmes immigrantes du Québec à Montréal qui offre “des formations sur Internet, Word Excel, Windows XP, Microsoft Outlook, mais aussi des ateliers pour la préparation de CV, pour la recherche de travail et la préparation pour une entrevue d’embauche”


Au cours de l’été 2006, plus d’une centaine d’animatrices et d’animateurs offrent plus de 35 000 heures d’animation gratuite à la population.Le Programme d’accès communautaire d’Industrie Canada, Initiative-Jeunesse (PAC-IJ), favorise l’appropriation des nouvelles technologies par les populations potentiellement exclues dans une perspective d’inclusion numérique. En outre, il permet à des jeunes d’acquérir une expérience unique dans le domaine des technologies de l’information et des communications (TIC).


Source :

Collectif (juillet 2006). Sortir du fossé numérique [En ligne], Parole Citoyenne, Organisme National du Film du Canada, Montréal, Blog (Page consultée le 27 juillet 2006)

mardi 25 juillet 2006

Lutter contre la canicule : infos sur Internet

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Pour lutter contre la canicule, l’information se démultiplie sur Internet et ailleurs. A Paris, dans le métro et le RER, les messages de prudence et conseils se multiplient : se mettre à l’ombre et boire de l’eau fraîche. En banlieue, des voitures banalisées circulent diffusant des messages demandant à prendre soin de l’état de santé de ces voisins et invitant à des conseils visant à se préserver de la chaleur.


Sur Internet, la solidarité des internautes s’exprime comme ces judicieux conseils de lecteurs du site Internet de Libération regroupés dans un article au titre polémique ou un conseil de lecture : “Fraîcheur sans clim’ : le guide des alternatives écologiques” par Thierry Salomon aux Editions Terre Vivante :

“Les climatologues nous promettent des canicules à répétition. Alors, vive la clim’, unique solution pour survivre ? Mais la clim’ est un mode de rafraîchissement polluant, gaspilleur d’énergie et peu accessible aux foyers modestes, qui sont aussi les plus exposés à la canicule. Productrice de gaz à effet de serre, elle contribue même au réchauffement du climat ! Rafraîchir sans clim’, c’est possible, comme nous le prouvent des réalisations de plus en plus nombreuses, inspirées de techniques traditionnelles ou faisant appel aux technologies les plus modernes. Depuis les trucs et astuces simples jusqu’à la conception du logement - pour ceux qui envisagent de construire - en passant par des équipements faciles à installer et à utiliser, ce livre fourmille d’informations pratiques. Que nous soyons locataires ou propriétaires, citadins et ruraux, en appartement ou en maison individuelle, chacun de nous y trouvera matière à éviter la clim’, ou au moins à en limiter l’usage. Même les automobilistes y trouveront leur compte. Un livre pratique pour mieux vivre sans polluer et sans se ruiner.”


Et chez Yahoo Questions/Réponses, on trouve plus de 70 questions et débuts de réponses sur la canicule.


A compléter par la lecture de ces ressources en ligne pour lutter contre la canicule d’un précédent article du blog SociétiQ : “Canicule et chaleurs extrêmes : conseils, plan canicule, prévention et solidarité… Internet joue son rôle d’information“.

lundi 24 juillet 2006

ANPE, Internet et emploi : le e-recrutement analysé (par Carole Tuchszirer)

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Le numéro de juin 2006 d’Alternatives Economiques propose un dossier très intéressant de 12 pages ”Quand Internet bouscule les marchés” (”Tourisme, musique, médias, marché du travail, de l’occasion…, L’irruption d’Internet remet en cause les positions de nombre d’acteurs économiques traditionnels et change en profondeur les rapports entre offreurs et clients”).


Dans un article de ce dossier titré “Le marché du travail à l’épreuve du e-recrutement”, Carole Tuchszirer, économiste à l’Institut de Recherches Economiques et Sociales, I.R.E.S. et co-auteur de l’excellent blog Sur l’Emploi et le marché du travail, analyse comment le recrutement sur Internet a modifié l’activité des intermédiaires du travail, dont l’A.N.P.E., ce qui n’est pas sans conséquence pour les chômeurs :

“Pour le service public de l’emploi (…), l’utilisation d’Internet n’a pas été sans contradiction. Ce n’est pas que le virage n’a pas été pris : le site le plus utilisé par les entreprises reste anpe.fr (cf. “Les employeurs qui recrutent par Internet”, par Jean-Louis Zanda, Observatoire de l’ANPE, avril 2005). Mais l’ANPE doit assurer une circulation optimale de l’information entre les usagers pour améliorer la fluidité du marché du travail, tout en veillant à favoriser l’accès à l’emploi des personnes qui en sont le plus éloignées. L’ANPE s’est donc acquittée de sa première mission en basculant sur anpe.fr quasiment toutes les offres d’emploi figurant dans ses fichiers internes. Elle en facilite ainsi l’accès à des internautes qui ne se seraient pas forcément déplacés à l’agence.

Ces offres d’emploi, pour la plupart anonymes, imposent l’intervention d’un conseiller ANPE pour mettre effectivement en relation les demandeurs d’emploi avec les entreprises. Anpe.fr ne fait donc pas disparaître le travail d’intermédiaire physique de l’agence. Cependant, 10 % des offres d’emploi sont directement déposées sur anpe.fr de façon nominative par les employeurs. Les internautes peuvent alors entrer en contact avec l’entreprise sans passer par l’ANPE.

Mais jusqu’où faut-il pousser l’information sur anpe.fr sans contrevenir à la mission de placement des publics les plus en difficulté ? L’ANPE a fait en particulier le choix de ne pas laisser aux entreprises la possibilité de déposer directement en ligne des offres de contrats aidés relevant de la politique de l’emploi. Afin de pourvoir ces emplois par une exploitation en interne des fichiers de l’agence. L’idée est de privilégier les plus fragiles et de ne pas recourir au dépôt en ligne que dans un second temps. De la même façon, la CVthèque de l’ANPE, qui est composée à 40 % de salariés en activité, pourrait poser problème si les agents de l’ANPE cherchaient à pourvoir les offres d’emploi confiées par ces candidats supposés moins éloignés de l’emploi que d’autres. Voilà pourquoi l’ANPE cherche à favoriser l’accès à Internet au plus grand nombre de chômeurs, en privilégiant ceux d’entre eux qui n’ont pas forcément intégré cette nouvelle technique de recherche d’emploi. Des dispositifs de formation ont été mis en place pour aider les chômeurs à rechercher des offres d’emploi sur Internet, à s’y abonner et à déposer leur CV en ligne.

Les sites d’emploi, en augmentant la visibilité des annonces et des CV, permettent de réduire la part du chômage, dit frictionnel, liée à une mauvaise circulation des informations sur le marché du travail. (…) Mais la contribution des sites emploi à la lutte contre le chômage ne peut aller au-delà. Le recrutement en ligne ne peut venir à bout ni du chômage structurel, lié à une mauvaise formation des salariés, ni du chômage conjoncturel, lié à un déficit de croissance.

Par ailleurs, Internet peut produire un effet d’appel sur des salariés en poste qui n’hésitent déjà plus à recourir aux sites d’emploi pour jauger leur valeur sur le marché du travail.”


Source :

Tuchszirer, Carole (juin 2006). “Le marché du travail à l’épreuve du e-recrutement”, Alternatives Economiques, Paris, n°248, pp.55-56

dimanche 23 juillet 2006

Val de Loire Insertion : un blog de chantier d’insertion

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Initiative originale et porteuse de sens. L’association Val de Loir Insertion à La Chartre-sur-le-Loir (dans la Sarthe, voir le site) a mis en place depuis début mars avec les communes du canton, un chantier d’insertion où 12 bénéficiaires restaurent des chemins de randonnée et des berges de rivières situées sur le canton ainsi que quelques travaux de restauration immobilière et mobilière (travaux de peinture et de maçonnerie).


Cette initiative est doublée d’un blog Val de Loire Insertion qui présente en textes et en photos les avancées du chantier d’insertion, les techniques découvertes par les salariés et les difficultés du travail au quotidien. Le blog sert d’outil de médiation, de mémoire pour le groupe, de repère pour situer la qualité et la quantité du travail fourni et s’inscrit dans une démarche de réinsertion professionnelle.


Pour ces personnes, le dispositif chantier d’insertion a les objectifs suivants :

“- Apporter un soutien social,
- Mettre en situation de travail et de formation,
- Reprendre confiance,
- Travailler à des heures fixes et régulières,
- Travailler en équipe,
- Définir ou préciser un projet professionnel,
- Réaliser des travaux d’utilité collective et visible par tous,
- Retrouver un rythme et une discipline de travail,
- Redécouvrir des gestes techniques simples,
- Se resocialiser par une activité,
- Favoriser une démarche éducative permettant de développer les capacités d’autonomie et d’initiation…”


Source :

Collectif (juillet 2006). Val de Loir Insertion [En ligne], Association Val de Loir Insertion, La Chartre-sur-le-Loir, Blog (Page consultée le 23 juillet 2006)

mardi 18 juillet 2006

Les jeunes intermittents de la précarité (par Yves Bucas-Français)

Parmi les nouveaux candidats au cyberespace, les jeunes de moins de trente ans constituent, parmi ceux qui fréquentent le cyberespace et pour une partie d’entre eux une catégorie minoritaire, mais à la fois éphémère et pérenne. Ils sont lorsqu’ils frappent à la porte sans domicile. Ils viennent à l’Agora et pensent trouver rapidement, grâce à la magie de la « toile », un hébergement, un emploi. À l’issue d’une période plus ou moins longue (environ huit mois), ils arrivent à être employés et ne sont plus utilisateurs des services du cyberespace. Les bénévoles et les travailleurs sociaux sont soulagés et ravis pour eux. Mais il est à remarquer qu’ils se trouvent remplacés par d’autres qui finalement se trouvent dans la même situation sociale et se situent dans les mêmes âges. Le puits est sans fond la logique de flux s’applique. Décrire avec précision cette catégorie éphémère, de passage, qui est en même temps permanente relève d’une difficulté majeure. Les situations individuelles sont différentes. Nous pourrions décrire ces situations en creux.

La plupart des jeunes qui viennent vers nous n’en sont pas à leur premier emploi. Ils ont très souvent un diplôme, un bon niveau professionnel. Le caractère épisodique de leur passage correspond à leur niveau d’insertion dans l’économie. Leur niveau scolaire est assez élevé. Les CV en témoignent, ils connaissent de la même manière la litanie des stages, des « petits boulots ». Eu égard à leur âge, la période de travail est courte. La rupture du contrat de travail n’est pas le plus souvent de leur fait. Elle apparaît comme une période de panne. Une faillite, une fermeture de site, un accident sont suffisants pour mettre un jour ces jeunes dans des situations difficiles au regard du logement. Ils intègrent un CHRS, un CHU ou se débrouillent. Pour eux, les conséquences d’une période de chômage c’est ne plus avoir de rentrée d’argent suffisante et de perdre rapidement son logement d’autant plus que le « matelas de secours » que peut représenter l’aide des parents, de la famille ou des amis n’est guère possible. Ils savent que la situation est provisoire ou tout du moins ils l’espèrent.

Les histoires singulières et passagères sont légion. L’Agora de l’Association Emmaüs accueille les individus tels qu’ils sont. Leurs histoires débordent au cyberespace. Les bénévoles qui interviennent au cyberespace vivent au rythme de ces histoires souvent courtes (heureusement), prégnantes, mais parfois inquiétantes. Heureux des dénouements, les bénévoles accompagnent et suivent pas à pas l’évolution des situations. Une période comprise entre six et huit mois peut apparaître, sur la durée d’une vie professionnelle, courte. Malgré tout pour tout le monde, elle est longue. Les signes sont contradictoires pour ces jeunes qui doivent affronter les affres au quotidien d’une période d’errance et d’incertitude avec ses espoirs et ses déceptions. Sans qu’il y ait de véritable lieu stable de vie. La pente peut être rapide.

À travers son existence, le cyberespace assure, pour eux, malgré tout un rôle particulier. Ces jeunes sont très souvent confirmés en matière de pratiques informatiques. Certains viennent simplement avec comme objectif de maintenir, d’aménager et d’enrichir des sites Internet ou des blogs qu’ils ont déjà conçus avant leur rupture sociale. Malgré tout sur la « toile », ils lancent leurs bouteilles à la mer. Ils rassurent leur famille leurs amis et maintiennent les liens et entretiennent leurs différents réseaux. Pendant la période de précarité, la vie continue. Les centres d’intérêt existent toujours, ils sont même à enrichir. Le passé ne s’oublie pas nécessairement et les fils se nouent avec le futur. D’autres viennent, car ils sont seulement les passagers de la toile. Ils sont en transit et se servent du cyberespace pour mettre à jour cv et élaborer ses lettres de motivation et consulter sa boîte email. En matière de connaissances informatiques, quelques-uns en remontent aux bénévoles ou se joignent à eux pour tenter de résoudre les problèmes que certains participants au cyberespace n’arrivent pas à régler.

Ils, elles sont des usagers courants, ils, elles maintiennent à la fois leurs connaissances et se servent du net pour rechercher, un emploi, un hébergement et rentrer en contact avec des amis. Ils mettent au point avec l’aide des travailleurs sociaux des stratégies pour bénéficier des aides d’urgence auxquelles ils peuvent prétendre. L’e-administration n’a pas de secret pour eux. Le cyberespace est devenu à leurs yeux un lieu de référence. Cette existence fait du cyberespace un agitateur où le lien social peut être construit et maintenu. C’est un relais qu’ils jugent indispensable. Leurs heures de présences dans la salle sont des moments forts elles leur permettent de reconstruire leurs histoires. S’ils le voulaient, ils feraient projet d’inventer un cyberespace. Trop tard, il existe. Le blog du cyberespace en rend compte à travers leurs témoignages. Ces jeunes rejoignent ceux qqui utilisateurs des services de l’Agora et du cyberespace, sont titulaires de contrats de travail, mais n’ont pas de logement, ceux que l’on désigne les travailleurs pauvres. En matière d’accès à l’outil informatique, ils ont des besoins voisins.

Yves Bucas-Français
(sociologue et bénévole à l’Espace Public Numérique CyberAgora de l’Association Emmaüs, 32 rue des Bourdonnais, 75001 Paris)

Espace Public Numérique Cyberagora Emmaüs : articles sur les pratiques et les publics précaires de cet EPN au coeur de Paris

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Yves Bucas-Français, sociologue et bénévole à l’Espace Public Numérique CyberAgora (Association Emmaüs, 32 rue des Bourdonnais, Paris 1er ; voir le blog du Cyber), qui accueille des personnes précaires tout au long de l’année (l’Agora est le plus important centre d’accueil de jour de personnes à la rue à Paris), s’est récemment exprimé lors du Forum des Usages Coopératifs de l’Internet à Brest (du 5 au 7 juillet 2006) sur l’action des bénévoles, les publics accueillis et les activités de cet EPN qui touche des personnes en difficulté.

Le site Internet P.S.A.U.M.E. (Populations Socialement défavorisées et TIC : Analyse des (non-)Usages, des Médiations et des Expériences) publie aujourd’hui 4 articles de Yves Bucas-Français sur son observation participante à l’EPN CyberAgora depuis plus de 2 ans. Yves participe également aux ateliers d’alphabétisation de l’Association Emmaüs. Ce praticien de terrain offre une analyse de terrain passionnante et argumentée appuyée par une pratique concrète d’une aide à l’appropriation de l’ordinateur et de l’internet auprès d’usagers du “Cyber” :

- Le Cyberespace de l’Agora de l’association Emmaüs (lire l’article),

- Note de travail. Le point après deux années de fonctionnement du cyber (lire l’article),

- Les jeunes intermittents de la précarité (lire l’article),

- Écrits publics, écrits privés (lire l’article).

Source :
Jullien, Nicolas (18 juillet 2006). P.S.A.U.M.E. [En ligne], PSAUME, MARSOUIN, Brest, Site (Page consultée le 18 juillet 2006)

lundi 17 juillet 2006

CouchSurfing : échanger de l’hospitalité gratuitement avec 90 000 habitants dans 202 pays

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“Bienvenue sur CouchSurfing.com, une organisation à but non lucratif. Nous ne sommes pas uniquement des membres, nous sommes des participants”.


C’est le message de bienvenue sur la page d’accueil de CouchSurfing, un site Internet qui permet de trouver un lit pour une nuit voire plus dans le monde entier. En Français, on peut parler de tourisme sur canapé ou touristes sur canapé.


Plus de 90 000 internautes baroudeurs (femmes et hommes avec une grande majorité de jeunes) échangent de l’hospitalité pour un budget hôtelier zéro avec le plaisir de vivre chez l’habitant. Chaque membre de CouchSurfing possède une fiche descriptive de présentation et les routards qui se sont déjà arrêtés chez ce membre bienveillant donnent leur avis sur l’accueil délivré.


L’idée revient à un jeune américain à court d’argent qui a monté ce portail, il y a 2 ans. Chez les CouchSurfers, pas de transaction financière, mais le simple plaisir de découvrir une vie, une culture et de partager des moments d’amitié.


Le site portail de CouchSurfing propose de s’inscrire gratuitement à ce réseau mondial, aussi de créer des groupes par affinité et même de monter des projets en commun. Le portail est le ferment et le catalyseur du réseau mondial des CouchSurfers.


38 000 rencontres entre des CouchSurfers ont déjà eu lieu. 44 000 relations amicales se sont créées dans le réseau… Avec des baroudeurs dans 202 pays. Qui dit mieux ?


Mise à jour : à noter qu’il existe un article de Wikipédia francophone sur le CouchSurfing et un blog collectif du “centre d’information des membres francophones du CouchSurfing” : Touristes sur canapé, né au Québec.


Source :

Fenton, Casey (juillet 2006). CouchSurfing.com : The CouchSurfing Project, version 2.0 [En ligne], Casey Fenton Consulting, Conway, New Hampshire, Site (Page consultée le 17 juillet 2006)

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