Jean-Luc Raymond

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vendredi 17 novembre 2006

Le Monde 2 signe un numéro spécial brillant : Bienvenue dans la technosphère

Numéro spécial passionnant du Monde 2, ce week-end, avec comme thème générique et unique : "Bienvenue dans la Technosphère" que son rédacteur en chef Yann Plougastel présente ainsi :

"Une série d'articles qui décrivent la manière dont les nouvelles technologies ont pris place dans notre vie quotidienne, laquelle ressemble désormais au village global que le visionnaire philosophe canadien Marshall McLuhan avait prophétisé dans les années 1960."


La mort annoncée de la télévision


Le premier article : "La révolution internet sous l'angle de la sociologie : A l'heure de la convergence numérique" est un entretien avec Jean-Louis Missika, sociologue, conseiller politique et aussi coach de managers de grandes entreprises en France, qui a lancé un pavé dans la mare, en mars 2006, avec la parution d'un essai dont le titre est clair : "La Fin de la télévision" (Editions du Seuil). Dans cette interview, Jean-Louis Missika annonce l'annexion de la télévision par le Web et la présence d'écrans (téléphones mobiles, ordinateurs, consoles vidéo...) qui ne cessent de diffuser en tous lieux des infos (textes, images et sons) émises par les citoyens :

"On assiste à une profonde transformation socioculturelle : aujourd'hui, la production, l'édition et la diffusion d'une information ont un coût extrêmement bas sur le Web. C'est à la portée des amateurs... Jusqu'à présent, nous étions habitués à des médias puissants et prescripteurs, où la place occupée par celui qui parle et celui qui écoute était claire et immuable. Désormais, nous sommes dans un univers foisonnant et étrange, où celui qui écoute a aussi envie de parler. L'heure est au média conversationnel.

Etre journaliste n'est plus une profession mais une position que chacun peut occuper, de temps en temps, dans sa vie sociale. Nous sommes en quelque sorte revenus en l'an 1815... 15 ans avant la Penny Press, c'est-à-dire l'invention du modèle économique qui régit encore la presse écrite aujourd'hui!"


Se connecter à Internet, visages de l'accès à Internet dans le monde


Claire Ulrich présente un étonnant article illustré sur la manière dont on peut se connecter sur Internet sur les 5 continents : "Le Net du bout du monde". Au Brésil, le "computador da um real" est un cédérom qui fait office de bureau mobile pour les personnes ne possédant pas d'ordinateurs. A Nyarukamba (Rwanda), sans électricité ni fournisseur d'accès, le village est connecté à Internet grâce à une station solaire Internet inventée par la société américaine Inveneo. En Inde, ce sont les DataMules ou facteurs Internet de DakNet qui desservent les villages via des motos, des camions ou des autobus, pour relever les messages de courrier électronique, les fichiers à envoyer et en assurer aussi la réception.


L'information collective


La même journaliste s'intéresse au phénomène Sud-coréen du site d'information Ohmynews existant depuis 2002 fait par et pour des internautes : "M. Oh et ses 40 000 cyber-reporters" :

"La formule de journalisme qu'à inventée dès 2000 M. Oh en Corée s'appelle aujourd'hui Users Generated Content (contenus produits par les particuliers). Les médias traditionnels y voient une bouée de secours. Mais ce sont d'autres investisseurs qui ont finalement permis à Ohmynews de s'exporter : les opérateurs de téléphonie, futurs distributeurs de contenus sur terminaux mobiles".


George Marion conte l'histoire légendaire des appareils photos Leica, derniers survivants de la photo argentique qui ont décidé, à marche forcée, de passer au numérique, avec 4 nouveaux modèles.


La révolution de l'encre électronique


Diane Wulweck explore le monde des bibliothèques et de la lecture en devenir via son article "Lisez branchés" qui évoque le e-book, le livre électronique et l'e-ink (encre électronique) inventée en 1998 au sein du Massachusetts Institute of Technology :

"Enfermées dans un support plastique de l'épaisseur de quelques microns, des microcapsules font naître ou disparaître un texte ou une image selon l'information électrique qu'on leur envoie. Légère, interactive, pilotable à distance, très peu gourmande en énergie... l'encre électronique promet de révolutionner le marché de l'imprimé - la presse écrite, l'édition, et bien sûr, l'affichage publicitaire."


Le design de demain se conçoit aujourd'hui


Olivier Dumons fait le portrait de Stefano Marzano, docteur en architecture et designer, chez Philips, d'objets quotidiens de l'avenir. Stefano Marzano travaille pendant des périodes de projets de 8 ou 9 mois ""sur des concepts qui sont des stimulations, des provocations, destinées à ouvrir un nouveau débat". Le véritable travail de fond sera ensuite de convaincre puis d'adapter ces concepts à des productions, et là, les délais s'allongent. En effet, ses équipes ne sont pas seulement composées de designers, mais également d'analystes de tendances, de sociologues, d'anthropologues culturels et même de psychologues".


Pierre Barthélémy présente les textiles de demain dans son papier "Tissus d'innovations", des vêtements intelligents sécurisants, augmentations du corps par leur effet intégrateur (clavier souple, lecture de musique...), sécurisant ou alertant les personnes aux alentours ("la société belge Verhaert a conçu un pyjama pour bébé censé prévenir la mort subite du nourrisson en suivant des données cardiaques et respiratoires").


Enfin, une saga en images et en textes sur l'histoire du téléphone de sa naissance au portable 3G compile 130 ans d'histoire de la téléphonie en 9 pages.


Source :

Plougastel, Yann (dir.) (18 novembre 2006). Bienvenue dans la technosphère, Le Monde 2, n°144, Paris, Numéro spécial.

vendredi 20 octobre 2006

TICE et Développement, revue scientifique publiée par l'Université de Yaoundé sur les problématiques numériques et d'enseignements

TICE et Développement est le nom d'une jeune revue scientifique publiée en ligne par l'Université de Yaoundé 1 (Cameroun) en partenariat avec l'Agence Universitaire de la Francophonie sur le thème : "Recherche sur les TICE dans les pays francophones du Sud". Les chercheurs africains peuvent ainsi vulgariser leurs travaux scientifiques plus facilement. La publication fonctionne sur la base d'un partenariat entre les universités du Nord (Mons, Montréal, Strasbourg) et celles du Sud (Dakar, Alger, Maurice, Yaoundé, Tunisie). Tous les 6 mois, avec un nouveau numéro, TICE et développement met en avant les travaux des enseignants et chercheurs en charge de la formation des enseignants :

"La revue se propose aussi de constituer et d'étendre des réseaux de chercheurs en vue de mettre en commun les protocoles de recherche, les outils épistémologiques relatifs aux TICE. On pense par exemple aux données et aux outils d'interprétation, puis au mode de validation des résultats. La revue se propose enfin d'analyser la place des TICE dans la société traditionnelle et dans les systèmes éducatifs de nos pays respectifs. Les thématiques qui constitueront le contenu de TICE ET DÉVELOPEMENT vont donc concerner les usages des TICE dans les sociétés francophones, leur impact dans les systèmes éducatifs et les modes d'apprentissage et d'appropriation. Trois axes thématiques sont retenus :
- L'analyse des pratiques de terrain incluant non seulement l'enseignement, mais aussi l'évaluation ;
- La recherche pour l'innovation de l'enseignement/apprentissage ;
- Les travaux de recherche sur l'intégration des TICE dans la société et sur la contribution des TIC à la culture citoyenne."


Les n°1 et n°2 sont consultables en ligne. Thèmes des prochains numéros :
TICE et Développement n° 3 : Quelles plates-formes d'enseignement à distance pour l'Afrique ?
TICE et Développement n° 4 : Dispositifs et pédagogie pour un enseignement en ligne ?
TICE et Développement n° 5 : Quelles normes pour l'enseignement en ligne en Afrique ?
Info via le Café pédagogique.


Source :

Essono, Louis Martin Onguene (octobre 2006). TICE et Développement (En ligne), Université de Yaoundé 1, Cameroun, Site (Page consultée le 20 octobre 2006).

jeudi 19 octobre 2006

Christophe Barbier, La vie en Web

Christophe Barbier, directeur de la Rédaction de L'Express, signe un éditorial enthousiaste sur les apports de l'Internet dans notre monde occidental contemporain, dans l'édition du 19 octobre du magazine. Il y évoque notamment une "réconciliation" avec l'écrit ; extrait :

"Internet, après des années de doute, s'affiche comme le meilleur ami de l'écrit, quand les pessimistes dénoncent encore un tueur de mots stipendié par l'image et les sceptiques un gadget voué à "l'information de service" - programmes de télévision ou petites annonces. Aux États-Unis, 55,5 millions de lecteurs ont consulté chaque mois les sites des journaux lors du premier semestre de 2006, contre 42,4 millions l'an passé : + 31 %! Avec, à la clef, une forte augmentation des jeunes lecteurs, puisque le Net, c'est aussi de l'écrit...

Le cyclone Net n'a pas fini de chambouler la planète, de soulever des tourbillons d'incertitude et de vents d'aventure. Ce n'est pas une nouvelle technologie, mais une nouvelle façon de vivre l'économie, la culture, les médias, les rencontres... Ceux qui ignorent encore cette révolution, certes, parviendront à survivre. Comme, après l'invention de l'électricité, les fabricants de bougies surent ne pas disparaître. Pas tous. Pas tout de suite."


Source :

Barbier, Christophe (19 octobre 2006). "La vie en Web. Éditorial ", L'Express n°2885, Paris, p. 7.

mercredi 18 octobre 2006

Feirouz Boudokhane, Comprendre le non-usage technique, réflexions théoriques, usages et non-usages des Technologies de l'Information et de la Communication

Feirouz Boudokhane est doctorante en Sciences de l'information et de la communication au sein du GREM (Groupe de Recherche et d'Étude sur les Médias) à l'Université Michel de Montaigne, Bordeaux 3 et prépare actuellement une thèse intitulée "L'Internet refusé : étude sur le non-usage du réseau" sous la direction d'André Vitalis.


Dans un article scientifique (working paper) paru le 16 octobre 2006 : "Comprendre le non-usage technique : réflexions théoriques", Feirouz Boudokhane essaye d'identifier certains éléments explicatifs du non-usage technique des Technologies de l'Information et de la Communication pour sortir du cadre habituel usages/usagers. L'acte de non-usage peut-il être expliqué ? Feirouz Boudokhane présente un état de l'art théorique des recherches sur cette thématique. L'approche est donc multiple : elle va des facteurs explicatifs du non-usage liés aux caractéristiques de la technique (l'inconvénient perçu ; l'incompatibilité perçue ; les risques perçus ; les "faibles" possibilités d'essai et de transfert) aux caractéristiques de l'individu permettant de déterminer le non-usage (l'impact du sentiment d'auto-efficacité sur le non-usage ; autres caractéristiques).


En conclusion, Feirouz Boudokhane fait allusion à Michel de Certeau (le "braconnage", lire à ce propos "Michel de Certeau et la mystique du quotidien" par Pierre Macherey) :

"Dans l'univers des TIC, il n'y a pas que des "braconnages" et des détournements des modes d'emploi, mais il y a aussi des formes de non-usage voir des résistances à ces technologies. Il semble donc nécessaire de comprendre les raisons de ces phénomènes."


Source :

Boudokhane, Feirouz (16 octobre 2006). "Comprendre le non-usage technique : réflexions théoriques" (En ligne), Les Enjeux de l'information et de la communication, Université Stendhal Grenoble 3, 1 p. (Page consultée le 18 octobre 2006). Info via Olivier Trédan.

mardi 17 octobre 2006

Pauvreté en France

Aujourd'hui, 17 octobre, la 19e Journée Mondiale du Refus de la Misère, un événement récurrent chaque année organisé chaque année par un groupement d'associations parmi lesquelles ATD Quart Monde et le Secours Catholique. Parmi les manifestations de ce rendez-vous 2006, un appel afin que "l'accès aux droits fondamentaux devienne la priorité des politiques publiques, et que l'État n'abandonne pas sa responsabilité de garant du droit".


Dans son hors-série "Les Chiffres de l'économie 2007" qui vient de paraître, Alternatives économique dresse un panorama statistique éloquent de la pauvreté, complexe, car aux populations marginalisées, s'ajoutent les travailleurs pauvres : "6 % de personnes pauvres en 2003, contre 12 % en 1970. La tendance est nette : la pauvreté a été sérieusement réduite dans notre pays, mais elle ne diminue quasiment plus depuis 1990, alimentée par un niveau de chômage qui se maintient à un niveau élevé." De nos jours, la pauvreté a plusieurs visages : plus d'un million de salariés perçoivent des revenus inférieurs au seuil de pauvreté. Fin 2005, on comptait 1,3 million de bénéficiaires du Revenu Minimun d'Insertion (R.M.I.); soit deux fois plus qu'en décembre 1992. En France, 6 millions de personnes vivent des allocations de minima sociaux plus de 10 % de la population.


Ce jour, les articles sur la pauvreté pleuvent dans les médias qui donnent écho à cette journée et à des conditions de vie précaires (logement, travail, santé, moyens de subsistance, de se cultiver...). Petite revue de Presse sur le sujet :


"La misère, au bas de notre porte" (France 3 Ouest) :

"L'eau courante est arrivée il y a huit jours, alors qu'ils sont installés là depuis plus de trois mois. Pas d'électricité, des bougies éclairent la nuit. Pas de gaz, si ce n'est une poignée de bouteilles pour la cuisine. Pas de chauffage sinon des braseros quand arrivent les premiers froids."

"Exclus, l'inaccessible santé" (Libération) :

""En 2005, 22 % des personnes rencontrées dans nos centres de soins ne pouvaient bénéficier d'aucune couverture maladie." Ce taux a doublé depuis quatre ans. "Quant à ceux qui pourraient relever d'une couverture maladie, 82 % n'avaient pas encore pu obtenir son ouverture lorsqu'ils sont venus à Médecins du monde [MDM]." En d'autres termes, les précaires en situation régulière ou non ­sont de plus en plus exclus des soins. Et, au final, de plus en plus malades, souffrant de pathologies lourdes et chroniques."

"Dire non à la misère" (France 3 Alsace) :

"On estime qu'en France, 4 à 7 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, c'est à dire avec moins de 650 € par mois. Selon le Président d'Emmaüs France, Martin Hirsch, il y a de plus en plus de travailleurs pauvres, et de jeunes laissés-pour-compte."

"La Fondation Abbé Pierre s'inquiète" (Le Nouvel Observateur) :

"La Fondation Abbé Pierre dénonce la difficulté croissante pour les plus modestes de payer leur logement. Qu'on soit un étudiant logé dans le privé, ou un ménage à revenu modeste vivant en habitation à loyer modéré (HLM), il est de plus en plus difficile de faire face aux dépenses du logement chaque mois."

"34 % des généralistes refusent des patients relevant de l'aide médicale d'État, selon Médecins du monde" (Le Monde) :

"Près de quatre médecins sur dix refusent les soins aux bénéficiaires de l'aide médicale d'Etat (AME) ou tentent de les dissuader de venir les consulter, et près d'un médecin sur dix refuse ces soins aux patients relevant de la couverture maladie universelle (CMU), affirme Médecins du monde après un "testing" auprès de médecins généralistes. Il s'agit de la quatrième enquête depuis 2002 sur ce sujet "tabou" du refus de soins, rappelle Médecins du monde, et de la plus large par le nombre de médecins testés (725) et de régions concernées (10 villes)."

"Interview de Jacques Cotta, auteur du livre : 7 millions de travailleurs pauvres" (ActuChomage) :

"La pauvreté concentrée créé en général des tensions importantes que j'ai pu vérifier au cours de mon enquête, notamment dans les foyers la nuit, mais aussi sur les marchés lorsque les "glaneurs" convoitent parfois les mêmes prises : ici un cageot de salades défraîchies, là quelques fruits abandonnés par leur vendeur... Cette tension est bien compréhensible et d'autant plus exacerbée que s'opposent des travailleurs pauvres encore impliqués dans des relations sociales et liées à la notion de travail à des pauvres en perdition totale, plus clochardisés et souvent alcoolisés. Mais lorsque des travailleurs pauvres sont confrontés les uns aux autres de façon durable, par exemple dans quelques logements de fortune ou encore dans les tentes fournies par MDM, c'est la solidarité qui joue à plein. Ils ne font ni la différence d'origine, ni de langue, ni de nationalité. Ils sont dans la même galère et ensemble veulent en sortir."

À noter qu'en ce 17 octobre, l'Observatoire des Inégalités produit un dossier statistique sur la Pauvreté en France. Le même observatoire publie l'ouvrage "L'état des inégalités en France 2007" coordonné par Louis Maurin, aux Éditions Belin :

"Pourquoi les fils et les filles d’ouvriers ne sont-ils que 6 % des élèves de grandes écoles alors qu'ils représentent un tiers des enfants ? Comment expliquer que les hommes perçoivent - tous temps de travail confondus - des revenus supérieurs de 40 % à ceux des femmes ? Pourquoi le taux de chômage dépasse-t-il les 30 % pour certaines minorités d'origine étrangère, du Maghreb notamment ? Sait-on qu'il y a aujourd’hui en France 7 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté, dont un million d’enfants pauvres ?"

samedi 14 octobre 2006

Cyber-réputation et notoriété en ligne

Dans son édition du 12 octobre 2006, L'Express sous la plume de la journaliste Mélodie Proust consacre un article à la cyber-réputation avec cette accroche "Pour la recherche d'information ou les affaires, la Toile peut s'avérer très indiscrète. Des agences spécialisées proposent d'améliorer votre image en ligne".


La notoriété en ligne ou cyber-réputation peut aussi jouer des tours. Lorsqu'un employeur reçoit un CV, il utilise de plus en plus Internet pour en savoir plus, en recherchant le nom du candidat dans un simple moteur de recherche.


Des sociétés se spécialisent dans la gestion de la cyber-réputation et pour la corriger en agissant sur le classement des requêtes dans les moteurs de recherche les plus connus ou en créant une notoriété sur le nom d'une personne.


Ainsi, IC Agency (Interactive Communication Agency), agence basée en Suisse s'est spécialisée dans ce secteur ; citation de David Sadigh, cofondateur d'IC Agency :

"Quelqu'un qui a eu des problèmes avec la justice dans les années 1970 n'a aucune envie de voir ressurgir son passé trente ans plus tard. Nous lui permettons de gommer cet antécédent préjudiciable qui l'empêcherait de se réinsérer socialement."

Source :

Proust, Mélodie (12 octobre 2006). "La Cyber-réputation" (En ligne), L'Express, n)2884, Paris, p.96

mardi 10 octobre 2006

Rechercher sur Internet, une méthodologie

L'Entreprise.com a mis en ligne un dossier méthodologique de recherche sur Internet en 4 étapes avec des astuces et une approche point par point : "Recherches sur Internet, il n'y a pas que Google dans la vie".

"On peut tout trouver sur internet, à condition de formuler correctement sa requête. Voici les règles, et des outils plus performants que les moteurs de recherche de base. Ils vous donneront accès aux pages invisibles du web."

Les 4 points :

Première étape : apprendre à chercher avec les moteurs généralistes (Google.com, MSN.com, Yahoo.com et Ask.com),

Deuxième étape : élargir son champ d'investigation avec les métamoteurs (Dogpile, Mamma et le payant Copernic Agent Pro),

Troisième étape : fonctionner à l'instinct avec les portails (Enfin.fr, Beaucoup.com, Dmoz.com, Goshme.com, About.com, Indexa.fr, Objectifgrandesecoles.com),

- Quatrième étape : approfondir sa recherche avec les bases de données payantes.


Une lecture à enrichir par ces deux papiers :

- Cinq astuces pour mieux utiliser un moteur de recherche,

Une astuce de pro : "Utilisez des portails sectoriels pour repérer des sources spécialisées" (Véronique Mesguich, directrice adjointe de l'infothèque du pôle universitaire Léonard-de-Vinci).


Source :

Mestre de Laroque, Amaury (10 octobre 2006). " Recherches sur Internet : il n'y a pas que Google dans la vie " (En ligne), L'Entreprise.com, Groupe Express-Expansion, Paris, Dossier (Page consultée le 10 octobre 2006)

lundi 4 septembre 2006

Sébastien Blondeel, Wikipédia, comprendre et participer

Sébastien Blondeel, ancien élève de l'École Normale Supérieure de Lyon, vient de consacrer un ouvrage à la base de connaissances Wikipédia dans la nouvelle collection à petit prix de Eyrolles : "Connectez-moi!" (ouvrages pratiques très bien conçus) : "Wikipédia : comprendre et participer" :

"Ce livre explique comment l'explorer et y participer, dans quelles limites réutiliser son contenu et quels sont ses secrets de fonctionnement (financement, contexte politique)."


Plusieurs chapitres de ce guide sont téléchargeables gratuitement à partir de cette page du site Internet de l'éditeur :

"Table des matières - Fichier .pdf (169 Ko)
Avant-propos -
Fichier .pdf (278.2 Ko)
Chapitre 1 : Présentation et contexte -
Fichier .pdf (1.1 Mo)
Chapitre 3 : Exploration et recherche -
Fichier .pdf (1.1 Mo)
Chapitre 4 : Réutiliser le contenu de Wikipédia -
Fichier .pdf (384.2 Ko)
Annexe : Projets proches -
Fichier .pdf (233.9 Ko)
Index (pages supplémentaires qui complètent l'édition papier) -
Fichier .pdf (176.3 Ko)"


Source :

Blondeel, Sébastien (28 avril 2006). Wikipédia : comprendre et participer (En ligne), Eyrolles, Collection Connectez-moi!, Paris, 152 p. (Page consultée le 4 septembre 2006)

jeudi 31 août 2006

La révolution Web 2.0, Quand le Net devient une communauté, Dossier de Courrier International

L'hebdomadaire Courrier International, dans son édition du 31 août (n°826), consacre sa couverture et un dossier central de 7 pages à l'actualité de l'Internet marchand : "La révolution Web 2.0 : Quand le Net devient une communauté" montrant les différentes facettes du concept Web 2.0, d'un enthousiasme certain à un scepticisme affirmé. Retour sur ce dossier et ses composantes.


Quand les internautes tissent eux-mêmes leur toile (Newsweek, Etats-Unis) - (à lire en ligne ici)


Le premier article reprend des extraits d'un papier de Newsweek du 3 avril 2006 intitulé "The New Wisdom Of the Web" (par Steven Levy et Brad Stone) traduit en un titre évocateur : "Quand les internautes tissent eux-mêmes leur toile". Les auteurs décrivent le phénomène Web 2.0 comme une nouvelle génération de sites dont le fonctionnement est fondé sur la participation des internautes prenant pour exemple le succès commercial fulgurant des mini-sites MySpace et la stratégie exemplaire de la plateforme FlickR, qui permet la création d'espaces en ligne de partage de photos.


Le contenu apporté par les utilisateurs ("user-generated content") est le nerf de la guerre que se livrent les services Web 2.0 mais cela va plus loin, les internautes (consommateurs) étant invités à organiser ces données (souvent l'un ne va pas sans l'autre). C'est l'exemple de Del.icio.us créé il y a 2 ans par l'américain Joshua Schachter, un site où les internautes du monde entier inscrivent des URL, les caractérisent et catégorisent par des marqueurs ou mots-clés ("tags"), le tout étant réutilisé et partagé par les utilisateurs de Del.icio.us.


L'article des deux journalistes va plus loin en insistant sur la porosité des données échangées et partagées entre des sites et plateformes concurrentes rendue possible via les API, le RSS ou AJAX :

"La plus belle illustration de ce fonctionnement est le système des mash-ups (mixages ou applications composites). C'est au départ une technique de hackers, qui consiste à extraire des éléments (vidéos, musique, images...) de leur site initial et à les combiner avec d'autres, pour informer ou faire rigoler. Certains ont aussi "emprunté" une liste d'appartements libres proposés sur Craigslist [un service de petites annonces classées et localisées] pour l'installer sur une carte de Google Maps".


La conclusion sonne comme un hymne au Web 2.0 dans une forme très lyrique et inconditionnelle :

"MySpace, FlickR et les autres ne sont pas des endroits où aller, mais des choses à faire, un moyen de s'exprimer, de rencontrer d'autres personnes et d'étendre ses propres horizons. Le cyberespace était un endroit lointain. La Toile, c'est chez nous".


Web 2.0, un concept à tiroirs (Slate, Etats-Unis)


Deuxième article du Dossier Web 2.0 de Courrier International, "Web 2.0, un concept à tiroirs", paru sur Slate le 29 mars 2006 sous le titre originel : "Web 2.0: The new Internet "boom" doesn't live up to its name" ou un essai de définition du Web 2.0 par Paul Boutin. S'agit-il d'une technologie, d'un état d'esprit ou d'une manière de monétiser Internet ?


A cela, le journaliste et ex-ingénieur au Massachusetts Institute of Technology s'interroge sur la terminologie Web 2.0 recouvrant des réalités différentes et non imbriquées (Paul Boutin parle même de "choses antinomiques") dès lors qu'on se place du côté de Tim O'Reilly, celui a qui a lancé le terme en 2003 ("un méli-mélo d'outils et de sites qui encouragent la collaboration et la participation"), du côté des développeurs ("tous les logiciels et langages utilisés pour créer les fonctionnalités époustouflantes des sites labellisés en tant que tel") ou dans une troisième acception dite "tactique Web 2.0" vue de la Silicon Valley ("une volonté de faire de l'argent en finançant un site alimenté en contenu par ses utilisateurs").


Au delà de l'image cool du "2.0" utilisé à toutes les sauces du marketing aujourd'hui, Paul Boutin fait preuve d'ironie au regard du marché de l'Internet :

"La récupération commerciale du Web 2.0 est la clé pour comprendre ce que le terme désigne réellement. C'est parce qu'ils ont raté le boom du Web 1.0 que la nouvelle génération de créateurs d'entreprises colle l'étiquette Web 2.0 sur tout ce qui se fait. (...)

Il existe un moyen tout simple de décrire la nouvelle culture de la participation en ligne sans avoir à invoquer le Web 2.0. Dites simplement Internet. Vous verrez alors que tout le monde comprend enfin ce que vous voulez dire".


Transférer son bureau en Sicile (Aera, Japon)


Tiré de l'hebdomadaire nippon AERA, l'article de Hiroki et Hideo Sato "Transférer son bureau en Sicile" montre qu'Internet modifie les habitudes de travail au Japon dans le secteur des nouvelles technologies, que l'internationalisation des services est nécessaire et permet le développement de certaines contrées dans le monde.


Il est montré en exemple un groupe de 5 personnes (collègues de travail et confrères) en "voyage de création" de 24 heures dans une ville thermale proche du Mont Fuji, qui ont pour objectif de créer un produit durant ce laps de temps, une pratique qui tend à se répandre au pays du soleil levant, le concept du "bureau à l'étranger" pour transférer temporairement son lieu de travail en dehors du Japon (dans le cas évoqué à Florence, en Italie) ou le "one day free" pendant lequel l'employé ingénieur de la société Mixi (blogs, partage de photos en ligne...) est bien à son bureau, mais ne participe durant cette journée au choix dans la semaine à aucune réunion et est dispensé des tâches courantes.


Autre fait japonais, une expression inédite prononcée par Yosuke Akatmatsu, créateur de l'entreprise Sidefeed, une société "au coeur de la tendance Web 2.0" avec système de notation de blogs : privilégier les blogueurs influents qu'il appelle les "intellectuels commerciaux" et propose la plupart des services de son entreprise en anglais... La moitié de ses utilisateurs habitent un pays anglophone!


Enfin, il est cité dans cet article les propos de Sayaka Murata, de l'ONG japonaise Kamonohashi Project qui donne accès à l'informatique et à l'Internet à des enfants cambodgiens défavorisés et leur enseigne l'outils informatique :

"Des adolescents qui fouillaient les montagnes d'immondices pour trouver de quoi survivre chaque jour sont capables aujourd'hui de créer un site Internet"...


... Et de citer le service Google Adsense qui permet à des internautes de ce pays de gagner avec ce programme de publicités plus de 10 000 yens par mois (soit 68 euros)... Ce n'est pas de l'argent de poche dans cette contrée! Et de conclure en franchissant un pas, avec un optimisme forcené:

"La véritable valeur du Web 2.0 sera peut-être de réduire la fracture entre les pays industrialisés et ceux en voie de développement."


Le nouveau royaume des idiots (Der Spiegel, Allemagne)
  - (à lire en ligne ici)


Dernier article du Dossier Web 2.0 de Courrier International, une interview pour Der Spiegel du philosophe allemand et spécialiste de la Communication et des médias Norbert Bolz qui est très critique sur les utilisations des nouvelles formes de communication : "[Elles] conduisent au règne de l'opinion, de l'exhibitionnisme, de la précipitation et à la fin de la raison". Norbert Bolz n'est pas tendre en effet dans ces propos :

"En quoi la navigation sur le Net change-t-elle nos habitudes de pensée ? La raison occidentale avec sa structure thèse-antithèse-synthèse peut-elle encore fonctionner dans notre culture versatile du clic ?

Chez Kant, la raison n'est assurément pas limitée par le temps. Avec Habermas, on peut encore discuter pendant un temps infini. Cela est toutefois de plus en plus irréaliste. Aujourd'hui, il s’agit de passer au crible le plus de matériel possible en un temps le plus court possible. En un mot : la raison classique était indépendante du temps ; aujourd'hui, nous n'avons pas la tranquillité nécessaire pour traiter les informations les unes à la suite des autres. Il vaut mieux repérer l'important en quelques secondes que maîtriser la déduction."


Une conclusion en forme d'interrogation et de doute sur le Web 2.0, sur les valeurs défendues par ses plus ardents partisans et sur la perte de recul temporel pour porter un regard critique et citoyen sur les outils Web 2.0, leur impact, les données diffusées, disponibles et échangées dans une "culture de l'instantanéité" qui prône l'immédiat comme constante essentielle de la valeur de l'information.

lundi 7 août 2006

Serge Proulx et Johanne Saint-Charles : “L’appropriation personnelle d’une innovation : le cas d’Internet” et l’appropriation de la culture technique chez les usagers débutants

sergeproulx.jpg

Dans un article passionnant et synthétique de 2004 pour un numéro de la revue scientifique Informations Sociales sur le Destin des innovations, intitulé “L’appropriation personnelle d’une innovation : le cas d’Internet” (6 pages téléchargeables en .pdf), les chercheurs québécois Serge Proulx et Johanne Saint-Charles décrivent à partir d’un échantillon qualitatif stratifié de 48 usagers adultes de l’Internet (exposés ou non à la culture informatique) des trajectoires d’appropriation de l’innovation Internet de manière à bien l’intégrer dans leurs pratiques quotidiennes. Ils s’attachent “au rôle des réseaux personnels (constituant l’entourage des usagers) dans l’appropriation d’Internet : amis, famille, collègues à l’école ou au travail, appuis fournis par la fréquentation des réseaux en ligne”.


Dans une dernière partie, Serge Proulx et Johanne Saint-Charles s’intéressent à l’appropriation de la culture technique, en particulier chez les usagers débutants ; extrait :

“Nous avions décidé de distinguer a priori entre le groupe des “usagers débutants”, des “usagers intermédiaires” et le groupe des “usagers avancés” : au fil de l’enquête, nous avons éprouvé une certaine difficulté avec cette catégorisation. En effet, la plupart des répondants avaient tendance à se situer eux-mêmes dans la catégorie des “usagers intermédiaires”. Cette catégorisation ne permettait peut-être pas suffisamment de discriminer entre les pratiques consistant à simplement faire usage de logiciels (c’est le cas le plus souvent en bureautique, par exemple) et les pratiques liées à la programmation (l’informatique proprement dite). Il s’agit en fait de deux types distincts d’expertise : par exemple, un usager peut être un expert dans l’usage d’un logiciel spécialisé tout en étant en même temps ignare en programmation informatique. Et la proposition symétrique est tout aussi vraie.

D’autres usagers – à plusieurs reprises, il s’agissait de personnes moins scolarisées quoique ce genre de récits s’est retrouvé aussi dans toutes les catégories de répondants – marquaient unfort intérêt pour la quincaillerie informatique (exemples : comparaison des possibilités de performance technique de tel ordinateur vis-à-vis de tel autre ; plaisir éprouvé à monter et démonter un ordinateur personnel) sans pour autant s’intéresser vraiment à des logiciels particuliers et à l’usage effectif de ces logiciels dans leurs pratiques quotidiennes. Comme si, pour plusieurs personnes, l’ordinateur exerçait un intérêt mais, en même temps, ils ne savaient pas trop comment ils pouvaient l’utiliser (dans leur pratique quotidienne, ils n’écrivent pas; ils ne ressentent pas le besoin de faire des recherches avec Internet, etc.). Le plaisir que ce type d’usagers éprouvent serait lié au monde de l’informatique et des logiciels comme un monde à découvrir en soi, indépendamment des usages effectifs que l’on pourrait développer. Parmi ces usagers, nous retrouvons ceux et celles qui développent une attitude exploratoire et ludique face au monde de l’informatique (par opposition à un usage de l’ordinateur comme outil) : ainsi, certains désirent avoir accès à tel nouveau logiciel de manière à pouvoir l’explorer de toutes les manières. Suite à cette exploration relativement rapide, ils chercheront de nouveaux logiciels à découvrir, simplement pour le plaisir de la découverte. Dans une recherche précédente, nous avions désigné cette catégorie d’utilisateurs comme les usagers ludiques en opposition à la catégorie des usagers utilitaires qui se servent de l’ordinateur comme un outil à l’intérieur d’une pratique (…). Ces derniers auront tendance à utiliser le même logiciel pendant plusieurs années sans éprouver le désir d’en changer. Nous avons retrouvé plus fréquemment des usagers ludiques parmi les hommes et parmi les répondants les moins scolarisés. Il serait intéressant d’approfondir cette hypothèse dans une perspective diachronique : alors que les usagers plus jeunes ont vécu l’informatique comme un “donné” rapidement banalisé – un peu comme le téléphone pour la génération précédente – les usagers de plus de 30 ans ont appréhendé progressivement l’univers de l’informatique comme un nouveau monde à découvrir et à explorer, parfois par le jeu, parfois sur les lieux du travail.”


Source :

Proulx, Serge et Saint-Charles, Johanne (2004). “L’appropriation personnelle d’une innovation : le cas d’Internet” [En ligne], in Informations Sociales, n°116, Le Destin des innovations, Caisse Nationale des Allocations Familiales, Paris, 6 p. (Page consultée le 8 août 2006)

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