Innovant dans
sa démarche de collecte et d'exposition de traces du passé, les habitants de
New York City ont participé de manière active à une exposition temporaire dans
le cadre du projet Best Before ("Meilleur avant"). D'août à octobre
2006, ils ont pu trouver devant leur domicile, une pochette plastique dans
laquelle ils étaient invités à placer un objet de leur passé, un bien dont
l'utilisation a expiré, à donner pour mémoire au lieu de jeter. Les
citoyens New Yorkais pouvaient également indiquer sur un
formulaire, la description de l'utilisation de l'objet, son emplacement
habituel et le pourquoi de son expiration.
Une fois la collecte effectuée, les objets ont été rassemblés au Lower Manhattan Cultural Council pour
être exposés du 13 au 29 octobre sous la forme une installation (sous la forme
de lignes du temps) et avec des clichés retraçant l'historique du projet. On
peut voir quelques photos de l'expo à cette adresse. Ces objets sont marqués par leur usage et la relation
entretenue avec la personne qui s'en s'est servie. Ils sont le reflet d'un
moment inscrit dans une vie, d'un passage de la sphère privée vers la sphère
publique construisant un documentaire exposé sur des réalités d'une
culture urbaine. Ils contextualisent la ville par la vie de ses habitants,
rendent plus proche les habitudes des foyers.
Les objets gardent la mémoire de leur utilisation avec le site
Internet Best Before consacré à ce projet culturel vivifiant qui
présente quelques-uns des objets recueillis.
Tag - art
dimanche 19 novembre 2006
Un projet culturel pour conserver et explorer la mémoire locale à New York, Best Before
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 19 novembre 2006, 17:27
dimanche 12 novembre 2006
Paris en images, le patrimoine photographique de Paris sur un site Internet
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 12 novembre 2006, 11:24
La Ville de Paris en association avec France Télécom vient de
lancer un site Internet expérimental : Paris en Images avec la
célèbre agence photos Roger-Viollet pour favoriser l'accès au patrimoine
photographique de Paris. 15 000 photos sont consultables et également
téléchargeables sur téléphone mobile et assistant personnel (PDA). On y
découvre des oeuvres d'Atget, Brassaï, Gustave Le Gray, Disdéri, Hippolyte
Blancard... La Bibliothèque Historique de la Ville de Paris et le Musée
Carnavalet ont contribué par leurs fonds au site Paris en Images. Le site
Internet patrimonial propose des ballades thématiques en 3D dans un quartier de
la capitale et ainsi de visionner l'évolution de celui-ci.
À cette occasion, la Ville de Paris a confié la numérisation de ses archives
disséminées de daguerréotypes et photos à La Parisienne de
Photographies, une Société d'Économie Mixte (qui intègre désormais
l'agence photographique Roger-Viollet), ayant pour mission de numériser
500 000 supports en 8 ans. Le site Paris en Images permet la consultation des
images en basse résolution et proposera à la vente des reproductions pour les
médias et les éditions permettant de contribuer au financement de la
numérisation et de la préservation des supports.
Sur le site Paris en
Images, un observatoire pédagogique a été mis en place qui présentera
différents travaux. Le premier projet pédagogique a consisté en un travail de
reconduction photographique pour 25 élèves d'une classe de CM1 de l'école
Julien Lacroix dans le 20e arrondissement : reproduction en couleur dans les
mêmes conditions de prise de vue des photos de leur quartier et ses environs
datant du début du siècle. Les élèves ont aussi photographié le même lieu
semaine après semaine afin d'observer les évolutions et changements. Analyser
une photographie, observer son quartier, tels étaient les objectifs de cette
initiative. Les enfants ont utilisé un outil Rich Media développé par France
Télécom : TélénetCité qui a permis de conjuguer différents formats de
contenus (textes, image et vidéo).
Source :
Guillot, Claire (10 novembre 2006). "La Ville de Paris diffuse son patrimoine photographique" (En ligne), Le Monde, Paris, 1 p. (Page consultée le 12 novembre 2006).
samedi 7 octobre 2006
Festival Pocket Films au Centre Pompidou du 6 au 8 octobre 2006 : installations artistiques interactives mobiles
Par Jean-Luc Raymond le samedi 7 octobre 2006, 11:16
En parallèle
de la Nuit Blanche
parisienne, la 2e édition du Festival Pocket Films investit le Centre Pompidou
pour 3 jours jusqu'au 8 octobre 2006 en mettant en compétition des créations de
films réalisés avec des téléphones mobiles ; productions qui
s'orientent davantage cette année vers la 3G, technologie plus souple
lorsqu'il s'agit d'enregistrer, diffuser et envoyer des vidéos.
Pour cette édition, le Festival Pocket Films innove avec un espace d'exposition et
d'expérimentation, "les installations" (à la mezzanine du Centre Pompidou)
accordant une large place à des artistes contemporains qui utilisent la
téléphonie mobile dans le processus de création, comme média
d'interaction ou intermédiaire avec le spectateur-acteur, ou encore comme
support de l'oeuvre.
Parmi les oeuvres exposées, "Time code erroné" de Bernard
Lallemand (un film 3D qui permet au visiteur de pénétrer dans un espace
mental, l'ensemble étant constitué de différentes strates de la mémoire captée
avec un téléphone mobile via de la vidéo), "Le visage" de Yaël
Perlman, Chen-Huei Sun et Didier Besnoit (une sculpture en mouvement composée
de téléphones portables forme un visage hybride), "Je m'échappe tous les
jours" d'Ivar
Wu (dans un espace délimité, les spectateurs reçoivent sur leur
téléphone via Bluetooth, des fragments d'une fiction composée de textes,
photos, séquences vidéos filmées ; une histoire à emporter dans son
téléphone mobile), "Edison Mobile Remake" de Catherine Ramus (en scannant des
codes-barres affichés en 2D sur un mur, le visiteur reçoit sur son téléphone
mobile 5 films de l'inventeur américain Thomas A.
Edison et leur remake tourné avec téléphone portable par Catherine Ramus),
"Fais-moi signe" de Julien Lassort (lauréat du grand prix du Web Flash Festival
2006 pour Breaking
Phone ; avec cette nouveau projet, deux visiteurs peuvent communiquer
en visiophone, mais sans le son ; des vidéos aident les spectateurs à
communiquer en langue des signes).
Source :
Collectif (octobre 2006). Festival Pocket Films (En ligne), Forum des images, Paris,
Site (Page consultée le 7 octobre 2006).
mardi 25 juillet 2006
Révolutions numériques et industries culturelles par Philippe Chantepie et Alain Le Diberder
Par Jean-Luc Raymond le mardi 25 juillet 2006, 21:15

En avril 2005, Philippe Chantepie (chef du Département des Études, de la prospective et des statistiques au Ministère de la Culture et de la Communication) et Alain Le Diberder (PDG de CLVE, société de développement de logiciels pour les nouveaux médias, initiateur de la commmunauté virtuelle Le Deuxième Monde et ancien directeur des nouveaux programmes de Canal Plus) ont publié un ouvrage sur la mise en cause par le numérique des anciens équilibres des industries de la culture et de la communication : ”Révolutions numériques et industries culturelles” :
Ce livre présente le nouveau paysage numérique, les filières de contenus face à la numérisation, le changement dans l’exploitation numérique, les régulations de la communication numérique. Enfin, Philippe Chantepie et Alain Le Diberder montrent des stratégies et tendances actuelles des industries culturelles ; extrait :
“Les mutations numériques ébranlent (…) le fondement des industries de contenu et de leur économie par l’aval. Le contrôle de la reproductibilité pour les industries de supports (musique enregistrée et cinéma), le brouillage des frontières entre le flux et le stock pour les autres, modifient les conditions de commercialisation des programmes. Le rôle des médias de masse est renforcé, même si émerge un champ hybride de médias de masse interactifs et communautaires amalgamant l’information sur les contenus, leur commercialisation et la réaction du public à ces contenus. Le contrôle d’accès généralisé est la réponse marchande à un phénomène qui n’est pas que marchand et qui oblige à repenser l’équilibre entre économie d’accès et économie d’audience, et plus largement entre économie marchande et économie non marchande.
L’offre des industries culturelles est animée par deux mouvements opposés, celui de la concentration autour d’une poignée de firmes géantes et mondiales d’une part, et celui de la montée de la production de programmes par des particuliers ou de petits groupes dans un cadre non marchand d’autre part.
Les conditions techniques et sociologiques d’une croissance sans précédent de la consommation et de la production d’oeuvres de toute nature sont réunies. Mais cette croissance bute pour l’instant sur la mise en place de nouvelles régulations, car elle se manifeste de manière parfois pathologique (piratage), reste en partie souterraine (le non-marchand) et fait l’objet de discours dévalorisants tant de la part des organisations professionnelles que d’une partie des pouvoirs publics. Les firmes de contenus traversent cette période de transition en renforçant des tendances anciennes (superproduction, star-system, croissance des dépenses marketing, etc.). Les industries techniques se livrent à des guerres de standards de fait (sanctionnées par des effets réseaux conduisant à des monopoles) qui prennent souvent le pas sur la coopération. Les États voient leurs prérogatives traditionnelles dans ce domaine s’éroder et s’en remettent aux tribunaux, dans l’espoir que le droit de la concurrence sera le régulateur suprême qui permettra de franchir cette période de transition, alors même qu’il est soumis à de réels dilemmes pour respecter aussi les droits de propriété intellectuelle et doit respecter des règles d’intérêt général qui le dépassent (pluralisme, diversité, services publics). Mais le mouvement le plus profond, celui qui aura sans doute le dernier mot, est celui des consommateurs de programmes des industries culturelles, de plus en plus nombreux, de plus en plus équipés d’instruments de reproduction et aussi de production, et de moins en moins disposés à n’être qu’un simple “public”.”
Source :
Chantepie, Philippe et Le Diberder, Alain (avril 2005). “Révolution numérique et industries culturelles”, Editions La Découverte, Collection Repères, n°408, Paris, pp. 108-109
page 2 de 2 - billets suivants »
