Jerome David Salinger, auteur
de l'Attrape-Coeurs est mort loin des écrans et des interviews, le 27 janvier
2010. Ce midi, dans l'émission Le Temps de
le Dire (Europe 1), le journaliste Pierre-Louis Basse a
interrogé le philosophe Bernard Stiegler sur le retrait volontaire de l'univers
médiatique de JD Salinger. Voici la transcription de cet échange :
"Pierre-Louis Basse : Franchement, c'est vous que nous
souhaitions entendre. Peut-on aujourd'hui avoir une relation au monde, une
réflexion des livres tout en échappant à l’image et au spectacle dévastateur
qui ne manqueront pas de nous engloutir ?
Bernard Stiegler : Il ne faut pas se couper du monde
totalement. C'est difficile d’exister, de penser si l'on n'est pas en relation
avec les autres. Maintenant, je pense qu’il est indispensable d'être un peu en
retrait et que l'attitude que Salinger a adopté quand son roman a eu ce succès
absolument extraordinaire, est absolument magnifique parce que je crois qu'il a
compris qu'en fait, normalement, une oeuvre littéraire, un travail
intellectuel, une recherche artistique, ne trouvent pas immédiatement son
public. Ca arrive parfois. De très grands cinéastes comme Charlie Chaplin, de
très grands savants, de très grands artistes ont parfois trouvé leur public
tout de suite, très vite en tout cas mais c'est absolument exceptionnel et
quand cela arrive, il faut faire extrêmement attention parce que c'est
dangereux. Je crois que Salinger l'a compris. Il s'est mis en retrait parce ce
qui l'intéressait n'était pas d'avoir du succès, c'était d'écrire, c'était de
penser.
Alors pourquoi, en ce qu'en règle générale, le travail littéraire, artistique,
intellectuel ne coïncide pas avec son époque ? Précisément parce qu'il explore,
il invente, il recherche et en règle générale, il est en décalage. C'est aussi
la raison pour laquelle, pour pouvoir travailler, il faut être soi-même un peu
en décalage, soi même à l'abri.
Alors, après, la question que vous me posez, se pose au 21e siècle dans un
monde extrêmement médiatisé où l'image compte de manière presqu'affolante, où
tout est média::tisé, où tout est industrie culturalisée si je puis dire. Tout
passe maintenant sur les blogs, sur Internet. Les questions évoluent. Les
réalités se transforment. Je pense qu'aujourd'hui, il faut absolument être
présent dans ce monde-là mais pas sur la modalité que ce monde-là voudrait nous
imposer dans la manière d'être présent."
Tag - art
dimanche 31 janvier 2010
Echapper au monde médiatisé par Bernard Stiegler
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 31 janvier 2010, 22:15 - Revue de Presse
lundi 2 novembre 2009
Twitter Street Art, Paris, 1000 first twits of @ff_ff
Par Jean-Luc Raymond le lundi 2 novembre 2009, 23:58 - Twitter
Young talented French graphic designer Florent
Guerlain has made a poster of his 1000 first
tweets and some stats/figures about his Twitter account
(@ff_ff) now featured on the walls in two streets of Paris: Passage des
Petites Écuries (10th arrondissement) et Impasse Lamier (11th arrondissement).
Go there! You can find more pictures and a video of this new street art
projet here and there. What are
you doing ? 1000 first twits of @ff_ff.
Qu'est-ce qu'utiliser Twitter ? Est-ce laisser une trace dans l'éphémère,
composer et publier des articles qui s'évanouissent dans une ligne du temps
sans cesse éperdue comme une accélération sans fin ? Twitter, espace de
publication qui nie partiellement la mémoire et les archives de dialogue
interrompus ou à parachever. Ecrire, diffuser, échanger, projeter, imaginer,
rediffuser avec des URL raccourcies... Et puis ces chiffres qui défilent :
nombre de tweets, following/followers... Twitter, c'est un peu beaucoup
s'épancher. Chaque tweet est inséré dans une page privée ou publique,
gazouillis général, message direct (glissé à l'oreille) ou réponse sur le
dazibao ante-chronologique. "What are you doing ?" est la question-clé
imperturbable qui invite à la réponse via un rectangle où les 140 caractères se
font expression. L'écriture demeure et les pages s'en emparent...
Parce que la mémoire des Tweets a besoin d'un objet tangible et que le Twitter
Art sait se fondre au présent, Florent Guerlain, graphiste, a décidé ce week-end
d'afficher sur 2 murs parisiens, Passage des Petites Écuries (10e
arrondissement) et Impasse Lamier (11e arrondissement), une frise papier collée
de 5 mètres de long affichant les 1000 premiers twitts de son compte Twitter
(@ff_ff), comme une sorte de bilan avec quelques chiffres-clés
à l'appui. Expérience intéressante qui n'est pas sans rappeler quelques
caractéristiques de Twitter. What are you doing ? 1000 first twits of
@ff_ff est un projet et un objet éphèmère. Voici quelques clichés de
ces deux posters saisis cet après-midi. Pour les parisiens, il n'est pas trop
tard pour lire les 1000 premiers twits de Florent Guerlain. Du Twitter
Street Art qui en est juste à ses balbutiements. Cf. les photos et
vidéo de cette "installation" sur cette page et cette autre page.
Crédit photos : Jean-Luc Raymond. Novembre 2009.
samedi 14 mars 2009
Clarika, Bien mérité
Par Jean-Luc Raymond le samedi 14 mars 2009, 17:59 - Tendance
Clarika "Bien mérité". Nouvelle chanson de la fée magique de la chanson française, Clarika, que j'ai eu la chance de découvrir, il y a plus de 10 ans. "Bien mérité" est extrait de l'album "Moi en Mieux" à paraître le 16 mars 2009. Voilà un morceau dont les paroles font sens avec un clip vidéo inventif...
Clarika "Bien Mérité" (paroles et musique Clarika, Jean-Jacques Nyssen)
La petite carte en plastique
Que l'Etat m’a donnée
Ah ouais
Je l'ai bien méritée
Naître en République
Dans une clinique chauffée
Ah ouais
Je l'ai bien mérité
Les bancs de mon école
Le pouvoir d'étudier
Ah ouais
Je l'ai bien mérité
Aller voir mon docteur
Quand j'me sens fatiguée
Ah ouais
Je l’ai bien mérité
La douceur de l'enfance
L'amour qu'on m'a donné...
Bah ouais, c'est vrai,
J'y avais pas pensé
Bah oui, pardi
On me l'a toujours dit
Bon sang, c'est sûr
C'est la loi de la nature
C'est l’évidence
T'avais qu'à naître en France
Et tant pis pour ta gueule
Si t'es né sous les bombes
Bah ouais
Tu l'as bien mérité
T’avais qu'à tomber
Du bon côté de la mappemonde
Bah ouais
Tu l'as bien mérité
Si la terre est aride
Y'a qu’à trouver d'la flotte
Bah ouais
Un peu de nerf mon gars
Pour la remplir, ta hotte
Bah ouais
On prend pas un bateau
Si on sait pas nager
Bah non
On n’a que c'qu’on mérite
Alors t'as mérité
Bah ouais
C’est vrai
J’y avais pas pensé
Bah oui
Pardi
On me l’a toujours dit
Bon sang, c’est sûr
C’est la loi de la nature
C’est l’évidence
T’avais qu’à naître en France
C’est l’évidence
T’avais qu’à naître en France
Bah ouais
J'y avais pas pensé
Bah tiens, c'est bien
Donnons-nous les moyens
C'est l'évidence
T'avais qu'à naître en France
C'est l'évidence
T’avais qu'à naître en France
dimanche 1 avril 2007
Jacques Attali : l'Art à l'heure du numérique
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 1 avril 2007, 11:14
Dans son édition du 22 au 28 mars 2007 (n°2228), Le Nouvel Observateur
a proposé un débat entre Jacques Attali (essayiste, biographe, perspectiviste ; plus
récent ouvrage : Une Brève histoire de l'avenir, chez Fayard) et Denis Olivennes (actuel PDG de la FNAC qui vient de publier : La
Gratuité, c'est le vol. Quand le piratage tue la culture) sur le thème : "La
gratuité va-t-elle tuer la culture ?". Intéressants propos de Jacques Attali
sur le devenir de l'Art à l'heure du numérique :
"Le virtuel va provoquer la naissance d'une économie de l'art radicalement nouvelle. Bientôt, les gens disposeront de logiciels de composition musicale permettant de créer facilement, ensemble, en mêlant la mélodie de l'un, le rythme de l'autre, l'orchestration d'un troisième, venus de partout dans le monde. Quand des millions de gens composeront ainsi, ils n'imagineront rien d'autre que le plaisir de créer ensemble, d'échanger, d'écouter, de s'inspirer. L'argent se gagnera sur des logiciels et des instruments de musique et presque plus du tout sur le CD, qui disparaîtra. Le livre résistera un peu plus longtemps : jamais l'industrie de la musique n'a réussi à inventer un objet aussi magique que le livre. (...)
Il va y avoir l'émergence d'oeuvres d'art, comme à chaque période, adaptées au nouveau modèle, qui passeront pour l'essentiel par le mélange des arts les plus éloignés en l'apparence. On le voit déjà avec l'art de la danse, qui est en train de se confondre avec la sculpture, les spectateurs façonnant des formes et les animant comme des marionnettes, mêlées à des danseurs vivants. Ce qui est aussi en train d'apparaître aujourd'hui, c'est par exemple la nécessité d'oeuvres courtes. Un exemple particulièrement rentable et artistiquement douteux : les musiques de sonnerie de téléphone. Le premier producteur de musique en Corée est le France Télécom coréen!
Ces objets nomades à la fois téléphone, vidéo, ordinateur, etc., mais aussi lecteurs de textes vont devenir universels. On verra par exemple l'émergence d'une littérature du feuilleton court, du clip, de nouvelles formes d'écriture, d'images, de cinéma. On écrira des feuilletons de 15 lignes avec des épisodes, qui correspondent tout à fait à l'air du temps. Le SMS en est un premier signe : on va vers ce qu'on pourra appeler un "e-haïku"."
lundi 12 février 2007
Sommes-nous des passeurs de mémoires ? Intervention à Brest pour la 2e édition d'Ecrits Ecrans Publics
Par Jean-Luc Raymond le lundi 12 février 2007, 11:42 - Mes missions
J'interviendrai
durant la 2e édition d'Ecrits Ecrans Publics qui se déroule les 23 et
24 mars 2007 à Brest. Cette année, les deux jours de rencontres porteront sur
le thème : Collectes de mémoires multimédias et lien social.
Seront réunis des acteurs brestois et de Bretagne de l'expression multimédia
(institutions, associations, habitants) en les reliant aux multiples
initiatives autour de l'histoire et des collectes de mémoires. Le pré-programme
de cette rencontre ouverte est en ligne sur un wiki
dédié.
Je présenterai à cette occasion un panorama d'initiatives collectives
(France, Belgique et monde) reliant des mémoires d'habitants les unes aux
autres via les nouvelles technologies pour recréer du sens : "Sommes-nous des
passeurs de mémoires ?" dont voici l'explicitation :
"Internet est le creuset de nouvelles solidarités qui s'expriment, de personnes qui coopérent, donnent à voir, partagent leur culture et leur patrimoine local par des textes, des images, des animations et de la vidéo. Ces traces recomposées du passé qui trouvent des liens dans le présent générent des projets culturels participatifs passionnants où l'appropriation des technologies est ressentie comme une aide pour faciliter la prise de parole et l'expressivité des citoyens, nouer des relations intergénérationnelles et construire des ponts entre les cultures.
Prenons le temps d'un voyage sur Internet pour partir à la découverte d'initiatives collectives en France, Belgique et à travers le monde, où des habitants deviennent des passeurs de mémoires en utilisant les technologies (ordinateurs, téléphones mobiles, internet...), donnant du sens à leur participation citoyenne et façonnant une Histoire faite de petits bouts de vies reliés les uns aux autres pour recréer des savoirs."
jeudi 8 février 2007
Gérard Blanchard, Typographie à l'ère de l'informatique et de l'Internet
Par Jean-Luc Raymond le jeudi 8 février 2007, 10:34
Typographe, responsable pendant de nombreuses années des Rencontres internationales de
Lure, Gérard Blanchard fut un brillant sémiologue et chercheur. J'ai eu la
chance de l'avoir comme professeur à l'Université de Paris 3 - Sorbonne
Nouvelle lors de mes études initiales. C'était une personne passionnée et
passionnante qui savait transmettre son goût immodéré pour la
typographie et l'analyse de l'image, et m'a beaucoup appris sur l'art
de la mise en page alors que la Publication Assistée par Ordinateur se faisait
naissante.
Gérard Blanchard était un proche de Roland Barthes qui a dirigé sa
thèse en 1980. Je viens de redécouvrir un ouvrage de référence de Gérard
Blanchard (décédé en 1998) qui fut sa dernière publication : "Aide au choix de
la typo-graphie, Cours supérieur, A l'usage des personnes qui pratiquent la PAO
(Mac et PC)" (Alexandre Perrousseaux éditeur). Pour les personnes s'intéressant
à la typographie, la consultation de ce livre apporte des bases sur la
connotation des caractères et typos à travers l'Histoire et jusqu'aux Années
90. Gérard Blanchard évoque le rôle de l'informatique et de l'Internet sur la
transformation de la typographie dans un dialogue :
"Le metteur en page. - Typographie ? Pourquoi utilises-tu cette vieille expression ?
L'auteur. - Il n'y en a pas d'autres. On y est confronté tout de suite en ouvrant son ordinateur. Une des premières questions c'est : Quelle typographie ? C'est-à-dire le choix d'un caractère.
Le metteur en page. - Alors, pourquoi l'utilises-tu en séparant les deux mots : typo et graphie ?
L'auteur - Pour montrer que quelque chose d'irréversible s'est produit avec la micro-informatique ; la typo est devenue graphie et la graphie image. La typo-graphie n'est pas seulement une légende d'image, mais une image à part entière qui émerge de plus en plus à la connaissance de notre regard, à cause de son affichage généralisé sur les murs et de son affichage-écran qui commence à poser des problèmes nouveaux de lecture."
En fin d'ouvrage, Gérard Blanchard évoque les typo-graphies "nomades" sur le
Web :
"Avec le XXIe siècle le temps n'est plus ce qu'il était (...) Aujourd'hui, nous sommes dans les marges de la typo-graphie, que Mallarmé aborda il y a un siècle (...) L'image numérique, l'informatique et les télécommunications (Internet) nous invite à une navigation dans un nouvel espace. C'est une nouvelle guerre de course, entre des textes que balisent des mots clefs, des icônes animés, des signaux sonores et des couleurs qu'il est loisible d'arranger selon les lois encore incertaines d'un blason reconsidéré ou selon une palette de peintre. La création des passages (les liens) est la première obligation exigée par les nouveaux médias. (...)
Outre la répartition des paquets de textes dans des "lieux de mémoires", le son, l'animation, la couleur jouent un rôle capital, mais déroutant pour les amateurs de beaux livres et pour les typographes qui n'en finissent pas d'épuiser l'héritage de Gutenberg à travers ses avatars électroniques."
mercredi 20 décembre 2006
Visuarios, le partage de savoirs en vidéo
Par Jean-Luc Raymond le mercredi 20 décembre 2006, 23:01
Via l'excellent
blog de veille de Florence Meichel, la découverte
de Visuarios
("broadcast your skills"), une plateforme d'hébergement très
originale de vidéos thématiques oeuvrant pour la diffusion et
le partage de savoirs-faire dans tous les domaines (apprendre à dessiner
un visage, faire une recette de cuisine, apprendre à retoucher une photo avec
un logiciel...). Les internautes déposent leurs savoir-faire en vidéo sur le
site et peuvent le mettre à disposition d'autres visiteurs pour rediffusion sur
des sites ou blogs. Le partage de savoir prend alors tout son sens.
Pour apprendre comment faire, chaque vidéo est démonstratrice, didactique et
demande à l'internaute spectateur de devenir acteur en reproduisant les gestes.
On appelle cela l'apprentissage par mimétisme ; c'est l'un des fondamentaux de
l'espèce humaine et est très répandu chez
les enfants : regarder, observer et reproduire une façon de faire, une
construction, une élaboration... Visuarios est un outil créé par une société espagnole de
Barcelone qui dépasse les frontières car là, c'est l'image qui est plus
importante que le texte ou le son. Un véritable mode d'échange
pluriculturel.
mercredi 29 novembre 2006
Bien d'expérience (tendance 019)
Par Jean-Luc Raymond le mercredi 29 novembre 2006, 11:25 - Tendance
Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un
lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou
inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel
on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à
suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...
Expression qui revient en force au-devant la scène médiatique, la notion de
bien informationnel pour caractériser les contenus culturels à l'heure de
l'Internet et des échanges dématérialisés. Olivier Bomsel, Anne-Gaëlle Geffroy
et Gilles Le Blanc abordent cette caractéristique du monde économique actuel et
en devenir dans leur récent ouvrage : "Modem le maudit. Economie de la
distribution numérique des contenus" paru aux Editions de l'Ecole des Mines de
Paris en juillet 2006.
"Les contenus (culturels) sont des flux d'informations particuliers qui se distinguent par leur statut de "bien d'expérience". Les acheteurs ne peuvent connaître la valeur réelle d'un contenu (sa qualité) avant de l'avoir consommé. Ainsi, la spécificité essentielle des industries de la création par rapport aux industries "banales" est l'absence de caractéristiques objectives du produit. On connaît le niveau de bruit, la puissance, la consommation électrique, le détail des accessoires d'un aspirateur. On connaît également les caractéristiques de certains biens informationnels comme les logiciels par exemple. Mais pour un livre, un disque ou un film, la consommation obéit à des modalités différentes. Les contenus sont en fait des biens d'expérience comme le vin, les parfums ou les voitures d'occasion. Il y a une asymétrie d'information sur la qualité de ces biens entre le vendeur et l'acheteur, entre l'amont et l'aval. C'est typique de l'industrie du cinéma : les producteurs achètent à l'aveugle, sélectionnent sans connaître, sur la base d'un "pitch", c'est-à-dire d'un court résumé de l'histoire. (...) La nouveauté de l'économie numérique est la concurrence entre les multiples systèmes de distribution se disputant la croissance des marchés de contenus. Internet n'est avantagé dans la distribution de contenus audiovisuels que pour le peer-to-peer ou la vidéo à la demande... (...) Internet est en position de force dans les secteurs où n'existe pas de distribution numérique alternative. C'est le cas de la Presse écrite et de la musique. Dans le domaine de la musique, on n'a pas le choix, car il n'existe pas de forme alternative à Internet pour distribuer du contenu sous forme dématérialisée, le mode hertzien ne s'y prête pas. Dans d'autres secteurs, tels que la vidéo, Internet affronte la concurrence de la télédiffusion."
L'expression bien d'expérience n'est pas nouvelle. En 2001, lors d'un séminaire
sur la propriété intellectuelle et l'économie des biens informationnels, le
chercheur en économie Michel Gensollen évoque l'information comme bien
d'expérience comme l'un des mécanismes de formation de la valeur de
l'information :
"L''information comme bien d'expérience : l'analyse précédente (l'information comme bien public) néglige le fait que l'information est un bien d'expérience, c’est-à-dire que le consommateur ne peut savoir ex ante si une information dont il connaît l'adresse lui convient ou non ; plus généralement, il est coûteux de rechercher une information, et plus encore lorsqu'on ne sait pas précisément ce qu'on cherche ; la valeur de l'information réside donc également dans les processus d'indexation, de recherche et, éventuellement, de certification de la qualité des données ; cette fonction proprement éditoriale, qui justifiait en fin de compte la rémunération des éditeurs, est remplie aujourd'hui sur Internet plus efficacement par d'autres acteurs : moteurs de recherche, forums de discussion, critiques des consommateurs, etc."
lundi 27 novembre 2006
Centre for Social Innovation à Toronto, l'innovation sociale collaborative en action
Par Jean-Luc Raymond le lundi 27 novembre 2006, 01:16
Ovni de l'innovation, lieu qui n'a pas encore
d'autre équivalent dans le monde occidental, superbe idée mise en mouvement, le
Centre for Social
Innovation (Centre pour l'innovation sociale) réunit à Toronto (Canada),
dans un même bâtiment, des structures d'innovations qui développent des
approches créatives, entrepreneuriales et à des stratégies collaboratives
s'intéressant à des thématiques sociales, culturelles, environnementales et
économiques.
Sous la forme d'une entreprise sociale, le Centre for Social Innovation aide
des porteurs de projets de l'innovation sociale (acteurs associatifs,
entrepreneurs sociaux, artistes, animateurs de réseaux et artistes) qui croient
à de nouvelles idées pouvant changer le monde. Cette organisation, unique en
son genre, catalyse, informe, inspire et fournit son expertise à des
initiatives sociales.
Le Centre for Social
Innovation est un centre "communautaire" qui accueille des innovateurs
sociaux au sens large du terme en leur proposant des espaces de travail,
services partagés et une aide à l'incubation de projets en montrant ce qu'est
l'innovation sociale (documentation, repérage des meilleures pratiques), en
explorant de nouvelles idées, en expérimentant de nouvelles formes de
collaboration, en apportant des solutions pratiques, de l'information et de
l'aide organisationnelle aux innovateurs.
Le Centre for Social
Innovation accueille actuellement plus d'une dizaine d'associations,
fondations et entreprises sociales dans ses locaux et 6 structures en mode
"virtuel" (hébergement de sites, bureaux virtuels...). Il comprend une
bibliothèque et un répertoire de sites Internet sur la thématique du
secteur associatif et caritatif.
Tout au long de l'année, le Centre propose un programme de séminaires et de
formations à prix très réduit qui mettent en avant l'expertise des structures
accueillies et permettent de formaliser des projets avec des acteurs
locaux.
Ce "hub" de l'action sociale va s'agrandir dès février 2007 avec la mise à
disposition aux innovateurs de 10 000 m2 d'espace pour créer, collaborer,
échanger, se réunir et entreprendre. Un projet passionnant en plein
développement.
lundi 20 novembre 2006
E-Artcasting (tendance 015)
Par Jean-Luc Raymond le lundi 20 novembre 2006, 23:45 - Tendance
Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une
chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans
l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le
prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre,
objet utile ou inutile, lieu en devenir...
L'E-Artcasting est un mot juste né d'un blog en espagnol et en
anglais du même
nom qui cherche à repérer des technologies "sociales" utilisées dans les
musées d'Art à travers le monde, des nouvelles façons de communiquer et
d'interagir avec le public (podcasting, partage de photos, systèmes
d'e-learning...).
L'E-Artcasting serait donc une approche qui permet d'explorer l'Art à travers
l'utilisation de nouveaux outils, de leur impact et de leurs possibilités.
Selon les initiateurs du blog, l'E-Artcasting s'inscrit dans la lignée du
nouveau Web (Web 2.0). Le concept d'E-Artcasting est à suivre...
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