Jean-Luc Raymond

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lundi 24 juillet 2006

ANPE, Internet et emploi : le e-recrutement analysé (par Carole Tuchszirer)

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Le numéro de juin 2006 d’Alternatives Economiques propose un dossier très intéressant de 12 pages ”Quand Internet bouscule les marchés” (”Tourisme, musique, médias, marché du travail, de l’occasion…, L’irruption d’Internet remet en cause les positions de nombre d’acteurs économiques traditionnels et change en profondeur les rapports entre offreurs et clients”).


Dans un article de ce dossier titré “Le marché du travail à l’épreuve du e-recrutement”, Carole Tuchszirer, économiste à l’Institut de Recherches Economiques et Sociales, I.R.E.S. et co-auteur de l’excellent blog Sur l’Emploi et le marché du travail, analyse comment le recrutement sur Internet a modifié l’activité des intermédiaires du travail, dont l’A.N.P.E., ce qui n’est pas sans conséquence pour les chômeurs :

“Pour le service public de l’emploi (…), l’utilisation d’Internet n’a pas été sans contradiction. Ce n’est pas que le virage n’a pas été pris : le site le plus utilisé par les entreprises reste anpe.fr (cf. “Les employeurs qui recrutent par Internet”, par Jean-Louis Zanda, Observatoire de l’ANPE, avril 2005). Mais l’ANPE doit assurer une circulation optimale de l’information entre les usagers pour améliorer la fluidité du marché du travail, tout en veillant à favoriser l’accès à l’emploi des personnes qui en sont le plus éloignées. L’ANPE s’est donc acquittée de sa première mission en basculant sur anpe.fr quasiment toutes les offres d’emploi figurant dans ses fichiers internes. Elle en facilite ainsi l’accès à des internautes qui ne se seraient pas forcément déplacés à l’agence.

Ces offres d’emploi, pour la plupart anonymes, imposent l’intervention d’un conseiller ANPE pour mettre effectivement en relation les demandeurs d’emploi avec les entreprises. Anpe.fr ne fait donc pas disparaître le travail d’intermédiaire physique de l’agence. Cependant, 10 % des offres d’emploi sont directement déposées sur anpe.fr de façon nominative par les employeurs. Les internautes peuvent alors entrer en contact avec l’entreprise sans passer par l’ANPE.

Mais jusqu’où faut-il pousser l’information sur anpe.fr sans contrevenir à la mission de placement des publics les plus en difficulté ? L’ANPE a fait en particulier le choix de ne pas laisser aux entreprises la possibilité de déposer directement en ligne des offres de contrats aidés relevant de la politique de l’emploi. Afin de pourvoir ces emplois par une exploitation en interne des fichiers de l’agence. L’idée est de privilégier les plus fragiles et de ne pas recourir au dépôt en ligne que dans un second temps. De la même façon, la CVthèque de l’ANPE, qui est composée à 40 % de salariés en activité, pourrait poser problème si les agents de l’ANPE cherchaient à pourvoir les offres d’emploi confiées par ces candidats supposés moins éloignés de l’emploi que d’autres. Voilà pourquoi l’ANPE cherche à favoriser l’accès à Internet au plus grand nombre de chômeurs, en privilégiant ceux d’entre eux qui n’ont pas forcément intégré cette nouvelle technique de recherche d’emploi. Des dispositifs de formation ont été mis en place pour aider les chômeurs à rechercher des offres d’emploi sur Internet, à s’y abonner et à déposer leur CV en ligne.

Les sites d’emploi, en augmentant la visibilité des annonces et des CV, permettent de réduire la part du chômage, dit frictionnel, liée à une mauvaise circulation des informations sur le marché du travail. (…) Mais la contribution des sites emploi à la lutte contre le chômage ne peut aller au-delà. Le recrutement en ligne ne peut venir à bout ni du chômage structurel, lié à une mauvaise formation des salariés, ni du chômage conjoncturel, lié à un déficit de croissance.

Par ailleurs, Internet peut produire un effet d’appel sur des salariés en poste qui n’hésitent déjà plus à recourir aux sites d’emploi pour jauger leur valeur sur le marché du travail.”


Source :

Tuchszirer, Carole (juin 2006). “Le marché du travail à l’épreuve du e-recrutement”, Alternatives Economiques, Paris, n°248, pp.55-56

samedi 22 juillet 2006

Agence mondiale de solidarité numérique : Forum des acteurs de la solidarité numérique le 13 septembre à Lyon

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Dans le cadre de ses activités, l’Agence Mondiale de Solidarité Numérique organise des ateliers et forums. L’Agence tiendra à Lyon, le 13 septembre 2006, en matinée, le “Forum des acteurs de la solidarité numérique” dont le programme est disponible sur cette page.


Après une introduction sur les enjeux de la solidarité numérique par Diane L. Lassonde (secrétaire exécutive de l’Agence Mondiale de Solidarité Numérique) et la présentation du Plan Africain sur la société de la connaissance par Makane Faye (Coordonnateur TIC à Addis Abeba de la Commission des Nations Unies pour l’Afrique), des projets seront présentés avec et en présence d’acteurs de Rhône-Alpes :

Thème 1 : Décentralisation (démocratie, développement institutionnel…)

Projet présenté :

- Dialogues Nord/Sud (par le CIDEM, Comité Initiative Développement Europe Maghreb)

Thème 2 : Éducation, formation continue

Projets présentés :

- Développement de compétences TICE des formateurs de formateurs (par l’IUFM de Lyon, voir site)

- Soutien des TIC à l’enseignement supérieur et à la recherche (par l’Agence Universitaire de la Francophonie, voir site)

- TIC et accès à l’école pour les enfants les plus démunis (par l’association Le Chemin de l’école)

Thème 3 : Santé, épidémies, prévention

Projets présentés :

- Logistique de santé en Afrique (par l’Institut Bioforce Développement, voir site)

- Télémédecine dans les pays en voie de développement (par l’association pour la Télésanté en Rhône-Alpes, voir site)

- Services vidéos interactifs pour l’accompagnement des déficients visuels (par la société IVès - Interactivité Vidéo et Systèmes)

Thème 4 : Gestion des territoires (SIG, risques, développement durable…)

Projets présentés non définis

Thème 5 : Économie, insertion et emploi (nouveaux métiers, production…)

Projets présentés :

- Développement de la solidarité numérique internationale (par le Club de la solidarité numérique, voir site)

- Centre de ressources pour l’appropriation des TIC par les personnes en situation de handicap (par le Centre Icom’, programme France de Handicap International, voir site)

- E-Commerce équitable (par la société Wonderful Monde, Ethic Attitude, voir site)

- PIP, Point d’Information Public (par le Club de développement et d’ingénierie en logiciel libre)

Thème 6 : Culture et loisirs multimédia (patrimoine, musique, jeux vidéo…)

Projet présenté :

- Intranet Bamako-Grenoble Métiers du livre, de la documentation et des archives (par l’IUT UPMF de Grenoble, voir site)

Thème 7 : Média & Communication

Projet présenté :

- Formation des journalistes guinéens (par France Guinée Coopération, voir site).


Il n’est plus possible de s’inscrire pour présenter un projet dans le cadre de ce forum. En revanche, vous pouvez assister au Forum des acteurs de la solidarité numérique en complétant ce formulaire en ligne.


Source :

Collectif (juillet 2006). Agence Mondiale de Solidarité Numérique [En ligne], Agence Solidarité Numérique, Lyon, Site (Page consultée le 23 juillet 2006)

Canicule et chaleurs extrêmes : conseils, plan canicule, prévention et solidarité… Internet joue son rôle d’information

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Depuis quelques semaines, le Ministère de la Santé et des Solidarités a développé sur son site une rubrique “Canicule et chaleurs extrêmes” avec une information synthétique et des numéros de téléphone utiles d’urgence. Le plan “Canicule 2006″ est téléchargeable en .pdf.


Bizarrement, le site du Ministère délégué à la Sécurité sociale, aux Personnes âgées, aux Personnes handicapées et à la Famille reste jusqu’à aujourd’hui muet sur la canicule.


En France, d’autres organismes, associations, instituts et sites Internet jouent un rôle solidaire d’information, de prévention, de solidarité et de conseil en cas de forte chaleur ou de canicule.


L’association France Bénévolat active dans la solidarité associative et des bénévoles dans le cadre du Plan Canicule 2006


L’association France Bénévolat a noué un partenariat avec le Ministère de la Santé et des Solidarités en listant les associations prêtes à intervenir en cas de canicule et en relayant les besoins de bénévoles, localement ; explications via cette page du site France Bénévolat :

“Cette confiance renouvelée correspond à l’assurance d’un dispositif adapté pour répondre aux besoins d’urgence en cas de canicule avec :- Le relais des grands réseaux associatifs, partenaire du Ministère
- Un vivier de 12 000 bénévoles potentiellement mobilisables
- La force d’un réseau national (100 centres locaux et antennes)
- Un moteur de recherche des annonces pour les bénévoles dédié pour le plan canicule 2006
- Un flash d’information localisé visible dès le lancement d’une alerte sur le site.”


Météo France fait de la vigilance canicule son cheval de bataille


Météo France dédie une rubrique de son site Internet à la “vigilance canicule” (voir le site) avec des prévisions météo à 3 jours département par département, et un système d’alerte mis à jour au moins quotidiennement comprenant un bulletin national de suivi, un guide vigilance, une carte détaillée et des bulletins de suivi régionaux.


L’Institut de Veille Sanitaire remplit une mission d’information générale sur la canicule


L’Institut de Veille Sanitaire, via sa une, diffuse de l’info sur l’état de la canicule 2006, au moins tous les 6 jours, et dans un dossier complémentaire intitulé “Chaleur et santé” (présentation du système national d’alerte canicule et santé, rapports et résultats d’études, dossiers de Presse…).


L’Institut National de Prévention et d’Éducation pour la Santé joue la carte de la prévention solidaire


Sur son site, l’I.N.P.E.S. (Institut National de Prévention et d’Éducation pour la Santé) relaie les différentes ressources de sa campagne d’information “Canicule : n’attendons pas pour être solidaires”. Textes, vidéo, message audio, dépliant, brochure et affichette sont présentés sur cette page, complétée par un document d’information du Ministère de la Santé et des Solidarités : “Canicule : Santé en Danger. Préservez votre santé et aidez les personnes fragiles qui vous entourent”.


L’Agence Française de Sécurité Sanitaie de l’Environnement et du Travail publie des liens-clés


L’A.F.S.S.E.T. (Agence Française de Sécurité Sanitaie de l’Environnement et du Travail) contribue au Plan Canicule en mesurant les “impacts sanitaires et énergétiques des installations de climatisation dans les établissements de santé et les établissements accueillant des personnes âgées” et met en avant sur son site quelques liens-clés.


Conseils pour travailler par forte chaleur et Code du Travail


Enfin, l’Institut National de Recherche et de Sécurité présente un dossier complet “Travailler par de fortes chaleurs en été” (voir le site) avec recommandations et un point sur la réglementation :

“Des conditions climatiques caniculaires exceptionnelles peuvent être à l’origine d’accidents du travail, certains pouvant entraîner la mort. Ce dossier fait le point sur le sujet. Il propose une aide à l’évaluation des risques liés à une chaleur caniculaire en milieu professionnel, ainsi que plusieurs pistes pratiques de prévention.”

À suivre également, des sites Internet avec des conseils pratiques liés à la canicule…


Le laboratoire de Santé Publique de la Faculté de médecine de Marseille a mis en place dès 2004 un site didactique et informatif : Canicule.info : “Chaleur ou canicule : comment passer un bon été!“avec une marche à suivre et des explications sur les risques liés à la chaleur pour différents types de population,


L’Office Fédéral de la Santé Publique Suisse délivre sur Canicule.ch des fiches pratiques de conseils concrets en cas de fortes chaleurs,

La Mairie de Paris, par l’intermédiaire de son portail “Solidarités”, propose une page spéciale (et une brochure à télécharger) sur le thème : “Fortes Chaleurs : comment se préparer ? Comment y faire face ?”, sans oublier une page utile : “Comment rafraîchir son logement en période de fortes chaleurs ?” et la liste des 108 fontaines Wallace à Paris (qui assurent une “distribution d’eau potable [gratuitement et] sont disséminées dans les rues, squares, jardins et bois de Paris”),


Enfin, Yahoo! France Actualités diffuse des dépêches et infos sur sa chaîne Actualités via le dossier “Canicules“.

mercredi 19 juillet 2006

Ordinateur à 1 euro par jour pour les revenus modestes : une mesure contestée

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Dans les annonces du dernier C.I.S.I. (Comité Interministériel pour la Société de l’Information) qui s’est déroulé à l’Hôtel de Matignon, le mardi 11 juillet, a été décidé le lancement d’une offre spécifique d’accès à Internet et d’équipement d’ordinateurs destinée aux revenus modestes, ainsi décrite ainsi par le Journal du Net (le 12 juillet) :

“Cette formule clef en main associera l’achat du matériel, des logiciels et d’un anti virus, un accès Internet haut débit (au minimum 20 méga), l’installation à domicile, quatre heures de formation et trois déplacements pour vérifier que tout fonctionne bien. Cette offre n’est accessible que sous condition de revenu (le seuil d’éligibilité n’est toutefois pas encore connu) et sera assortie d’un micro-crédit de trois ans garanti par l’Etat dont les mensualités de remboursement s’élèveront à un euro par jour.”


Cette offre est décrite in extenso dans le Dossier de Presse du CISI (pages 5 et 6) : “Un PC et l’Internet pour les familles aux revenus modestes” (Internet Accompagné) à compléter par ce communiqué.


Les médias anglo-saxons ont repris en masse cette information et les échos des médias français d’abord factuels se révèlent aujourd’hui beaucoup plus critiques.


Mise à jour au 25 juillet : EducNet (Ministère de l’Education Nationale) vient de publier une revue de Presse non exhaustive d’articles publiés suite à cette mesure : “InfoTIC spécial ‘Un pc et l’internet pour les familles aux revenus modestes’“.


Des commentaires qui traduisent une mesure inadéquate


Le 11 juillet, le quotidien Le Monde délivre l’information avec neutralité par un article de Nathalie Brafman : “Matignon lance l’ordinateur à 1 pour les foyers modestes” ; extrait : 

“Après les étudiants et les néophytes, les foyers à revenus modestes. Lors d’un Comité interministériel pour la société de l’information (CISI), le premier ministre, Dominique de Villepin, présentait, mardi 11 juillet, une vingtaine de mesures pour réduire la fracture numérique.

La plus emblématique est l’accès à l’Internet pour les ménages à revenus modestes. Dès le premier trimestre 2007, une formule “tout compris”, incluant un ordinateur, une connexion Internet haut débit à bas prix (15 euros par mois au maximum) renouvelable sur une période de trois ans pour les familles éligibles et un dispositif de formation-accompagnement à domicile sera proposé pour “1 euro par jour, sur trois ans”.

L’offre inclut un prêt bancaire à taux réduit (garanti par l’Etat), proposé par des banques partenaires. Elle devrait concerner de 1 million à 1,5 million de foyers.

Cette mesure présentée à la va-vite, non réfléchie en terme de solvabilité pour les publics précaires est aujourd’hui de plus en plus sujette à caution. Des acteurs de l’internet français viennent ajouter leurs voix à des médias qui s’interrogent sur la nécessité de cette offre et sur sa pertinence.”


Mais les réactions des internautes au papier sont vives et argumentées.


Ce même jour, le journaliste Ludovic Blécher titre son papier comme une simple addition : “L’ordi + le haut-débit + la hot-line + la formation = 1 euro (1)“, un article très factuel sur l’annonce de la mesure :

“”Si on fait une analogie avec la voiture, notre offre, c’est un la 205 neuve avec le permis de conduire et trois ans d’essence inclus”, détaille Benoît Sillard, le directeur de la délégation aux usages de l’Internet. Il ne promet pas des ordinateurs derniers cris mais s’engage sur des machines labellisées meilleur rapport qualité-prix. Une bonne façon, selon lui, de toucher les 20% de Français qui ne sont toujours pas connectés simplement parce que c’est trop cher.”


… Mais les commentaires sont eux, peu complaisants, sur cette initiative ; extraits :

“Ne serait-il pas plus judicieux de permettre à chaque personne dans ce pays d’avoir le pouvoir d’achat suffisant pour accéder au confort de base dans une société prétendument évoluée ? Au lieu de ça, on invente des rustines : une rustine pour permettre aux pauvres d’avoir internet, une rustine pour permettre aux pauvres de se loger, une autre pour leur permettre d’étudier, etc, etc. Qu’on combatte la pauvreté au lieu de rafistoler un système inégalitaire !” (Kem 80)

“Il est vrai qu’on peut avoir un bon ordi pour peu d’argent. Il suffit soit d’être un peu bricoleur en récupérant des épaves laissées par des acheteurs compulsifs qui consomment des ordinateurs plus vite que leur ombre. L’autre point… est qu’on peut également se fournir sur ebay ou d’autres points de déstockages… Mais cela ne sera pas évident pour une faille RMIste de s’équiper et de surfer à moins que des providers du coeurs s’occupent de cela…” (Yannick Comenge)

“(…) Sur le territoire, existe un ensemble de structures associatives, communales qui, au quotidien, travaillent sur l’appropriation sociale des technologies de l’information et des communications (TIC), sur l’accessibilité des personnes (quelles soient « les plus modestes » ou « les moins modestes ») à l’Internet et bien d’autres outils multimédias. Pensons aux Espaces publics numériques (EPN), aux Espaces Cultures multimédias (ECM), aux points d’accès publics à Internet (PAPI), aux Points d’accès à la Téléformation (PAT), aux Ateliers Pédagogiques Personnalisés (APP)… pour ne citer que ces structures qui maillent notre hexagone. Malheureusement, ces structures, à l’utilité sociale indéniable (qualité des équipements, accompagnement humain, socialisation des lieux…) connaissent des difficultés financières. Le paradoxe de l’opération du gouvernement est de privilégier une logique individualiste d’acquisition d’équipement à une stratégie de renforcement de ces structures multimédias compétentes, reconnues… (…)” (Franck B.)


Libération se montrera plus incisif dans son article du 17 juillet (cf. dans la suite de cette note).


Les assistantes sociales, relais de partenaires privés ; est-ce la bonne solution ?


01Net donne la parole au promoteur et responsable de l’opération (”Un PC à 1 euro par jour pour les revenus très modestes“, Hélène Puel, le 11 juillet) :

“”Le plan Internet accompagné ciblait un public très large. Il apparaît aujourd’hui que les seniors et les foyers aux revenus modestes n’y ont pas accès. Contre un euro par jour, ils pourront obtenir un PC équipé, couplé à l’Internet à haut débit. Les offres commerciales comprendront également quatre heures de formation, et trois déplacements à domicile de la part de sociétés de services labellisées pour les aider à mieux appréhender ce nouveau matériel”, commente Benoît Sillard, sous-directeur aux NTIC au ministère de l’Education nationale et délégué interministériel aux usages de l’Internet (DUI).”

“Afin de toucher cette population, le gouvernement va faire appel aux réseaux sociaux. «L’accès à ces offres pourra se faire par l’intermédiaire des mutuelles ou des assistantes sociales qui orienteront ces familles vers les bons partenaires», imagine Benoît Sillard. En 2007, la DUI devrait déployer d’autres mesures vers d’autres populations, comme les chômeurs ou les personnes âgées résidant en maison de retraite.”


Est-ce vraiment le rôle de travailleurs sociaux d’orienter vers les personnes vers des commerces et des services non publics, quels qu’ils soient ?


Le débat est vif dans les réactions du papier de 01Net.


Le 12 juillet, c’est TF1 Multimédia à son tour, qui s’interroge dans ses colonnes sur le projet de l’ordinateur à un euro pour les revenus modestes (via l’article “L’ordinateur à un euro, pour qui ?“) à savoir si le défaut d’accès au numérique est seulement une question d’équipement et de revenus, en insistant sur la fracture numérique générationnelle et le besoin de formation. Les avis politiques divergent sur cette mesure comme ce point de vue :

“”Sans vouloir entrer dans une opposition systématique”, le député PS Patrick Bloche se demande pour sa part si, au-delà de l’accès, il ne faudrait pas “privilégier, encourager et expliquer les usages. On n’utilise pas internet comme on regarde la télévision”. Il aurait préféré la “création d’espaces publics numériques”, des lieux où les gens seraient suivis, conseillés dans leur apprentissage du web et de ses usages.”


Une mesure propre à faciliter l’endettement des personnes aux revenus modestes


Si l’on se réfère aux chiffres de l’I.N.S.E.E. les plus récents sur la répartition de la consommation des ménages en pourcentage (”Structure des dépenses selon le revenu du ménage, par unité de consommation“, enquête budget de famille 2000-2001), on constate qu’un crédit de l’ordre de 30 euros serait très difficile à supporter par des ménages avec un revenu de moins 10 000 Euros par an, c’est-à-dire les populations les plus fragilisées.


Les risques d’endettement sont importants comme le souligne le quotidien l’Humanité dans son édition du 12 juillet sous la plume du journaliste Cyrille Poy (”Le crédit à la rescousse de la fracture numérique“) :

“Cette opération a le grand avantage de prétexter de la fracture numérique pour augmenter la facture des ménages en terme de crédits à la consommation.”


Christophe Guillemin de ZDNET France précise à qui sera destinée, a priori, cette mesure (article du 11 juillet 2006 : “Le gouvernement étend son dispositif “Internet accompagné” aux familles modestes“) :

“Le plafond de ressources des familles éligibles devrait être fixé en septembre/octobre, sur la base des critères utilisés pour l’obtention du tarif social d’électricité. Une tarification spéciale réservée aux ménages ayant des ressources annuelles inférieures à 5.520 euros, soit environ 460 euros par mois.”


Ce qui aggrave encore plus la solvabilité de cette offre pour les publics visés, sans compter qu’il faut compter ajouter à cette offre le prix de l’électricité et pour beaucoup l’installation d’une ligne téléphonique. Dans de telles circonstances financières, on peut se demander comment cet accès individuel peut être utile, si l’on considère que seules 4 heures seront offertes en formation à domicile ?


01Net a fait des calculs et conclut laconiquement sur la mesure :

“Auront le droit à cette aide financière les foyers touchant moins de 5 520 euros de revenus par an. S’il n’évolue pas, ce plafond constitue de facto une sérieuse restriction à ce plan d’équipement. En effet, pour ces familles, une facture de 30 euros mensuels représentera près de 7 % de leurs revenus. Elles pourraient avoir d’autres priorités…”


Ce chiffrage est repris par ActuChomage.org dans un papier en ligne : “Le PC à 1 euro par jour pour les pauvres“.


Quid de la pérennité de la mesure après 3 ans ?


L’Express pose une question qui fâche (dans un article du 11 juillet : “Un PC+Internet à 1 euro par jour contre la fracture numérique“, Thomas Bronnec) ; que se passera-t-il après 3 ans pour les foyers qui se sont équipés ; réponse de l’instigateur de la mesure :

“Se pose aussi la question du prix de la connexion Internet et du renouvellement de l’ordinateur à l’issue de la période de 3 ans. Or, « c’est encore flou », admet Benoît Sillard, délégué aux usages de l’Internet auprès du gouvernement. « Les évolutions technologiques dans le secteur sont trop rapides pour que l’on puisse se projeter si loin. Mais nous ferons en sorte que le coût d’accès à Internet ne dépasse pas les 1 euro par jour ».”


Des actions concrètes pour lutter contre l’exclusion numérique


Cette annonce non finalisée a au moins le mérite de mettre en relief des initiatives plus consistantes liées à l’accès à internet, à l’équipement et à l’appropriation de l’ordinateur et de l’internet :


Philippe Guerrier, journaliste de VNUnet, se souvient d’une expérience intéresse en matière de lutte contre l’exclusion numérique pour les publics modestes (”Comment connecter la France “d’en bas”“, 11 juillet) :

“Des prestataires avaient déjà tenté de développer des formes d’accès Internet en collaboration avec des bailleurs de logements sociaux. Par exemple, en 2003, le programme-cadre Facil (acronyme de Favoriser l’Accès à la Communication Internet aux Locataires de l’habitat social) avait été mis en place. Ce dispositif, qui alliait un ordinateur avec un accès Internet, avait été déployé dans le Cottage Social des Flandres, un organisme d’habitat social du Nord-Pas-de-Calais. Mais, depuis, le programme Facil est tombé dans les limbes.”


Dans le forum de Clubic ; 86 commentaires à ce jour suite à l’article publié sur l’opération “1 euro pour les revenus modestes” ; parmi lesquels cette action concrète :

“Je monte des vieux PC ( P2-2X P2-P3 ) gratuitement pour des gens qui n’ont pas les moyens de se payer des machines plus recentes car ils préfèrent mettre leur argent dans autre chose que ça. Les gens qui n’ont jamais touché un PC, la puissance et tout le bordel ils s’en foutent complètement.”


Doutes évidents sur l’opération “PC à un euro” pour les personnes à faibles revenus
 


Le papier le plus critique sur cette mesure est celui de Damien Dubuc pour Libération (le 17 juillet 2006) titré : “Doutes sur le déclic à 1 euro ” avec une réflexion en 3 parties et une parole donnée à Benoit Sillard (Délégation aux Usages de l’Internet) et à Michel Briand (Maire-adjoint de Brest, impliqué depuis bien des années dans l’accès public à l’Internet par des actions concrètes) :

“- Cette offre vaut-elle le coût ?

- Cette offre va-t-elle permettre de toucher les familles aux revenus les plus modestes ? 

- L’accès individuel au Net est-il le meilleur moyen de réduire la fracture numérique ?”


Sur ce dernier point, les deux avis des intéressés s’opposent :

“”Il faut aller au-delà de la réduction des coûts et développer des solutions collectives, affirme Michel Briand. Comme ces locataires d’HLM de Moulins (Allier), connectés depuis 2003 via leur poste de télévision grâce aux travaux de l’office HLM. “Il y a besoin d’un travail de proximité pour accompagner les personnes les plus éloignées de l’informatique, c’est-à-dire de l’écrit. L’accompagnement par une hot line est nécessaire, mais pas suffisant.” Exact, reconnaît la DUI, qui insiste sur la formation et l’accompagnement dont bénéficieront les usagers. Sans toutefois en préciser les modalités.

En revanche, elle s’inscrit en faux par rapport à l’idée de solutions collectives. “Regardez les espaces publics numériques : il en existe près de 3000, où Internet est en accès libre, mais ils ne touchent que 3 à 5 % de la population. Les solutions collectives, nous les défendons aussi, mais elles ne sont pas les plus adaptées pour permettre un accès massif aux nouvelles technologies.” Benoît Sillard, qui défend ses projets bec et ongles, sait qu’il ne convainc pas toujours : “Nos propositions vont faire bouger tout le monde, y compris ceux qui sont contre. Ça va les titiller et les pousser à faire des propositions alternatives.”"


Michel Briand insiste sur l’implantation de solutions d’accès et d’apprentissage au plus près des populations ciblées c’est-à-dire au sein des groupes de logements sociaux. Il explique le rôle essentiel de l’accompagnement humain pour des personnes en difficulté (niveau d’alphabétisation, problèmes psychologiques, proximité et confiance aux acteurs sociaux locaux).


À l’opposé, Benoit Sillard réfléchit en termes de chiffres et d’une massification de l’accès par des solutions d’accès individuels, venant même jusqu’à sous-estimer le rôle essentiel et non négligeable des EPN (Espaces Publics Numériques, dont il est pourtant le coordinateur État depuis 2002) dans l’appropriation et l’apprentissage de l’ordinateur clairement quantifié par les études annuelles GFK et Ipsos depuis 2002, EPN qui jouent un vrai rôle via les animateurs multimédias et structures de proximité à but non lucratif ; des démarches d’espaces multimédias associatifs ou soutenus par des collectivités territoriales.


Une mesure caduque et des amorces de solutions en réflexion


Depuis l’annonce de cette mesure qui présente des failles aussi bien dans sa modélisation économique, dans son aspect équitable que dans les objectifs poursuivis, des élus, animateurs multimédias, internautes et acteurs de l’Internet citoyen s’interrogent vivement sur l’opportunité de maintenir cette initiative en l’état et dans ses axes déclarés.


Reviennent alors des idées fortes citoyennes de l’internet : une réflexion à mener autour d’un service universel de l’Internet (comme il a existé un service universel du téléphone), un accompagnement de proximité pour les personnes souhaitant s’initier à l’ordinateur et à internet, un accès mutualisé à bas coût de l’internet dans les logements sociaux, une éducation critique aux nouveaux médias et aux nouvelles technologies…

vendredi 14 juillet 2006

L’Etat Fédéral Belge lance un programme d’aide à 300 Espaces Publics Numériques dans le cadre du programme “EPN-Internet Pour Tous”

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Le territoire belge est l’un des plus dynamiques en Europe en matière de politique d’aide aux Espaces Publics Numériques. Si la Région Wallonie demeure pionnière avec plusieurs appels à projets pour l’aide à des EPN communaux et associatifs, en particulier visant les publics éloignés de l’Internet, et des actions de mise en réseau des EPN de la région par de la formation des personnes exerçant dans des centres, une expertise locale dimensionnée où le centre de compétences TechnofuturTIC joue un rôle prépondérant, l’Etat fédéral belge se distingue depuis quelques mois avec des initiatives couvrant le pays visant à lutter contre l’exclusion numérique notamment via des actions lancées par le ministre Christian Dupont.

Philippe Allard via son site Internet Veille-Citoyenne.be nous apprend que l’Etat Belge via le Ministre de l’Intégration sociale Christian Dupont et son collègue Peter Vanvelthoven (Ministre en charge de l’Informatisation de l’Etat) lancent ce 14 juillet un appel à projets visant à encourager la création ou l’extension de 300 Espaces Publics Numériques (EPN) en Belgique :

“Tout organisme public, de même que les ASBL et les entreprises à finalité sociale, peuvent répondre à l’appel à projets. L’objectif est de s’adresser avant tout à des organismes en contact direct avec les personnes n’ayant pas accès à Internet chez elles. On devrait ainsi retrouver des EPN dans des bibliothèques, des maisons communales, des maisons de l’emploi, des associations…

Le public y bénéficiera non seulement d’un accès gratuit à Internet, mais aussi à un accompagnement dans ses démarches, qu’il s’agisse de s’initier aux programmes informatiques de base, de chercher un logement ou un emploi ou encore d’accéder à des services en ligne.

Une prime de maximum 400 euros par ordinateur sera accordée aux projets sélectionnés, le nombre d’ordinateurs pouvant aller de minimum 3 à maximum 10 par projet.”

Les organismes intéressés ont jusqu’au 10 octobre 2006 pour répondre à l’appel à projets. Le formulaire et les informations complémentaires sont disponibles sur le site Internet du SPF Intégration sociale : “Demande de participation au projet “EPN-Internet Pour Tous”” ou par téléphone au 02.509.84.86.

Source :
Allard, Philippe (13 juillet 2006). “Un soutien à la création ou l’extension d’EPN” [En ligne], Veille-Citoyenne.be, Bruxelles, 1 p. (Page consultée le 14 juillet 2006)

lundi 26 juin 2006

Les Français exigent des progrès de l’administration électronique (baromètre Accenture)

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Devant l'engouement de facade d'une administration électronique pour tous et de Français satisfaits par les services électroniques, la 7e édition du baromètre Accenture sur la e-administration vient tempérer des arguments souvent présentés comme des faits accompli : les français ont adopté massivement et avec satisfaction l'administration électronique.


Cette étude mêle deux enquêtes dans 21 pays dans le monde : l'une auprès de citoyens, l'autre auprès de hauts fonctionnaires de pays "leaders" en matière d'administration. La France bénéficie d'une situation contrastée aux yeux des citoyens :

"L'efficacité de la coopération entre les administrations (- 30 %) et les efforts de développement des services en ligne (- 12 %) entre 2005 et 2006 sont sensiblement en baisse)."

"Les Français sont pessimistes lorsqu'ils s'expriment sur leur perception des progrès réalisés dans le domaine de l'administration électronique : l'efficacité de la coopération entre administrations aurait baissé de 30% selon le baromètre d'Accenture."


Pour les internautes, l'exigence d'intégration de services électroniques administratifs s'est accrue. Quant aux non-internautes, cette plus forte "technicité" risque de les laisser de côté une nouvelle fois. La notion de marketing est de plus en plus développée pour faire de l'adoption de la e-administration un effet de masse concourant à des résultats plus rapides.


Accenture délivre des conseils pour améliorer la situation française :

"Pour éviter les risques de frustration, l'Administration française doit développer l'intégration des services en favorisant une approche transversale interorganismes et se montrer exigent concernant la qualité de service rendue sur les différents canaux de relation avec le citoyen."


Sources :

Rédaction (21 juin 2006). "Les Français ne perçoivent pas de progrès réalisés dans l'e-administration" [En ligne], VNUnet.fr, Paris, 1 p. (Page consultée le 26 juin 2006)

Reynard, Lucile, "Internet, le canal d'accès préféré des Français aux services administratifs" [En ligne], Le Journal du Net, Benchmark Broup, Suresnes, 1 p. (Page consultée le 26 juin 2006)

dimanche 18 juin 2006

Information dans les C.P.A.S. en Belgique, rôle de l’informatique et de l’internet auprès de publics cibles prioritaires, précaires et demandeurs d’emploi

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Rapport de recherche belge de Cédric Burton, Véronique Laurent, Françoise Navarre, Claire Lobet-Maris et Yves Poullet (Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix de Namur, voir site), les "Résultats de l'enquête quantitative préparatoire au colloque des secrétaires de C.P.A.S. d'avril 2006 sur l'informatisation du secteur" (en .pdf) présentés à Herbeumont, les 27 et 28 avril 2006, dans le cadre du projet de recherche "Usages d'Internet dans les C.P.A.S., un cadre pluridisciplinaire" sous 3 axes de recherche (impacts organisationnels de l'informatique, usages sociaux des TIC, construction sociale des TIC) sont instructifs.

Les C.P.A.S. sont quasi-équivalents à nos C.C.A.S. (Centre Communal d'Actions Sociales). Cette enquête a porté sur l'ensemble des C.P.A.S. de Wallonie (soit 262 Centres) à partir de questions fermées et ouvertes posées au personnel des C.P.A.S. relevant des opinions, des perceptions et des réalités.

Un volet entier est consacré aux "usagers des C.P.A.S. au regard des T.I.C." avec ces interrogations ?

"La fracture numérique fait-elle partie des problématiques à gérer dans le cadre des missions de base d'un C.P.A.S. ? Quelles sont les initiatives proposées dans cette matière par les C.P.A.S. ? Pour qui ? Avec qui ? Quels sont les avantages et les risques liés à l'intégration des nouvelles technologies de l'information et de la communication dans des populations socialement défavorisées ? Les travailleurs sociaux sont-ils preneurs de ce type d'expérience ?"

48 % des C.P.A.S. participent à un ou plusieurs projet(s) technologiques intégrant les usagers prenant le plus souvent la forme d'Espaces Publics Numériques, et notamment dans les quartiers défavorisés et des communes importantes (plus de 25 000 habitants). Parmi les freins identifiés de la mise en place d'initiatives TIC pour les usagers, est avancé le manque de coordination des initiatives par les C.P.A.S.

Le libre accès, les activités en ligne et les usages hors ligne sont mentionnés dans les catégories d'usages des services proposés par les centres avec une prédominance pour des activités de découverte et d'initiation dans le cadre d'un encadrement ponctuel et des formations bureautique hors ligne.

En outre :

"Certains projets, minoritaires, proposent des actions d'insertion sociale pour et par l'usage des technologies ; ces dernières pouvant alors être présentées comme porteuses de perspectives nouvelles pour l'intégration des personnes défavorisées (Ecrivain public numérique ; E-Agora démocratie participative ; Emancipation sociale)."

Dans les "projets technologiques" des C.P.A.S., l'accès apparaît comme une nécessité autant sociale qu'économique en s'adressant d'abord aux bénéficiaires des minimas sociaux et aux demandeurs d'emploi.

L'attitude par rapport aux publics cibles dans les C.P.A.S. est la suivante :

"Les usagers ayant recours au service de médiation de la dette sont autant concernés par des usages hors ligne (impression de documents, formation aux logiciels bureautiques) qu'en ligne (recherche sur le Web, qu'elle soit ou non accompagnée d'un encadrement pédagogique) ;

L'ouverture à l'ensemble des citoyens est généralement liée à des EPN qui proposent un libre accès aux infrastructures technologiques ;

La formation aux principaux services Internet s'adresse quant à elle principalement aux demandeurs d'emplois."

Toutefois, l'évaluation des projets technologiques manque de clarté tout comme la vision positive ou non des initiatives auprès des usagers mais "tous les C.P.A.S. participant à plusieurs projets technologiques possèdent une perception positive ou très positive de ce type d'expérience."

Dans les difficultés évoquées par les C.P.A.S. menant un projet technologique : il y a tout d'abord des problèmes d'effectif, des problèmes de qualification et ensuite des difficultés financières. Le rôle pivot des travailleurs sociaux dans la compréhension des opportunités liées aux nouvelles technologies et le travail à partir de programmes locaux et régionaux est souligné. 

Les usagers peuvent tirer 4 types d'avantages de projets TIC dans les C.P.A.S. :

"Un axe visant l'accès à l'information et au savoir ;

Un axe relatif à l'intégration sociale ;

Un axe reprenant des avantages touchant l'efficience professionnelle".

Le personnel des C.P.A.S. est convaincu de l'utilité de l'utilisation des TIC dans le contexte du travail au quotidien et dans le rôle de mise à disposition accompagnée de l'informatique et de l'Internet auprès des publics des centres. Les résultats de cette étude confortent les conclusions observées de plusieurs recherches françaises en sociologie des usages de ces dernières années dans des contextes d'utilisation collective des TIC pour une primo-appropriation.

Source :

Burton, Cédric, Laurent, Véronique, Navarre, François, Lobet-Maris, Claire et Poullet, Yves (27 avril 2006). "Usages d'Internet dans les C.P.A.S., un cadre pluridisciplinaire. Résultats de l'enquête quantitative préparatoire au colloque des secrétaires de C.P.A.S. d'avril 2006 sur l'informatisation du secteur", Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix de Namur, Enquête, 98 p. (Page consultée le 19 juin 2006)

jeudi 4 mai 2006

Cleveland City is starting a program of computer training for poor people

“Officials in Cleveland are starting a program Tuesday aimed at closing the digital divide in the nation’s poorest big city. Two computer-training centers are opening Tuesday as the first step in a $22 million program to make thousands of low-income residents computer proficient. Only half of Clevelanders have home Internet access, compared with 85 percent of people nationwide. Officials said the goal of the Computer Learning in My Backyard program is to certify 30,000 students in five years with computer skills that would be used in entry-level jobs.”


Cleveland Offers Computer Training To Poor, May 3, 2005 (NewsNet 5, Cleveland, Ohio).

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