Jean-Luc Raymond

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - accompagnement

Fil des billets

vendredi 17 novembre 2006

Le Monde 2 signe un numéro spécial brillant : Bienvenue dans la technosphère

Numéro spécial passionnant du Monde 2, ce week-end, avec comme thème générique et unique : "Bienvenue dans la Technosphère" que son rédacteur en chef Yann Plougastel présente ainsi :

"Une série d'articles qui décrivent la manière dont les nouvelles technologies ont pris place dans notre vie quotidienne, laquelle ressemble désormais au village global que le visionnaire philosophe canadien Marshall McLuhan avait prophétisé dans les années 1960."


La mort annoncée de la télévision


Le premier article : "La révolution internet sous l'angle de la sociologie : A l'heure de la convergence numérique" est un entretien avec Jean-Louis Missika, sociologue, conseiller politique et aussi coach de managers de grandes entreprises en France, qui a lancé un pavé dans la mare, en mars 2006, avec la parution d'un essai dont le titre est clair : "La Fin de la télévision" (Editions du Seuil). Dans cette interview, Jean-Louis Missika annonce l'annexion de la télévision par le Web et la présence d'écrans (téléphones mobiles, ordinateurs, consoles vidéo...) qui ne cessent de diffuser en tous lieux des infos (textes, images et sons) émises par les citoyens :

"On assiste à une profonde transformation socioculturelle : aujourd'hui, la production, l'édition et la diffusion d'une information ont un coût extrêmement bas sur le Web. C'est à la portée des amateurs... Jusqu'à présent, nous étions habitués à des médias puissants et prescripteurs, où la place occupée par celui qui parle et celui qui écoute était claire et immuable. Désormais, nous sommes dans un univers foisonnant et étrange, où celui qui écoute a aussi envie de parler. L'heure est au média conversationnel.

Etre journaliste n'est plus une profession mais une position que chacun peut occuper, de temps en temps, dans sa vie sociale. Nous sommes en quelque sorte revenus en l'an 1815... 15 ans avant la Penny Press, c'est-à-dire l'invention du modèle économique qui régit encore la presse écrite aujourd'hui!"


Se connecter à Internet, visages de l'accès à Internet dans le monde


Claire Ulrich présente un étonnant article illustré sur la manière dont on peut se connecter sur Internet sur les 5 continents : "Le Net du bout du monde". Au Brésil, le "computador da um real" est un cédérom qui fait office de bureau mobile pour les personnes ne possédant pas d'ordinateurs. A Nyarukamba (Rwanda), sans électricité ni fournisseur d'accès, le village est connecté à Internet grâce à une station solaire Internet inventée par la société américaine Inveneo. En Inde, ce sont les DataMules ou facteurs Internet de DakNet qui desservent les villages via des motos, des camions ou des autobus, pour relever les messages de courrier électronique, les fichiers à envoyer et en assurer aussi la réception.


L'information collective


La même journaliste s'intéresse au phénomène Sud-coréen du site d'information Ohmynews existant depuis 2002 fait par et pour des internautes : "M. Oh et ses 40 000 cyber-reporters" :

"La formule de journalisme qu'à inventée dès 2000 M. Oh en Corée s'appelle aujourd'hui Users Generated Content (contenus produits par les particuliers). Les médias traditionnels y voient une bouée de secours. Mais ce sont d'autres investisseurs qui ont finalement permis à Ohmynews de s'exporter : les opérateurs de téléphonie, futurs distributeurs de contenus sur terminaux mobiles".


George Marion conte l'histoire légendaire des appareils photos Leica, derniers survivants de la photo argentique qui ont décidé, à marche forcée, de passer au numérique, avec 4 nouveaux modèles.


La révolution de l'encre électronique


Diane Wulweck explore le monde des bibliothèques et de la lecture en devenir via son article "Lisez branchés" qui évoque le e-book, le livre électronique et l'e-ink (encre électronique) inventée en 1998 au sein du Massachusetts Institute of Technology :

"Enfermées dans un support plastique de l'épaisseur de quelques microns, des microcapsules font naître ou disparaître un texte ou une image selon l'information électrique qu'on leur envoie. Légère, interactive, pilotable à distance, très peu gourmande en énergie... l'encre électronique promet de révolutionner le marché de l'imprimé - la presse écrite, l'édition, et bien sûr, l'affichage publicitaire."


Le design de demain se conçoit aujourd'hui


Olivier Dumons fait le portrait de Stefano Marzano, docteur en architecture et designer, chez Philips, d'objets quotidiens de l'avenir. Stefano Marzano travaille pendant des périodes de projets de 8 ou 9 mois ""sur des concepts qui sont des stimulations, des provocations, destinées à ouvrir un nouveau débat". Le véritable travail de fond sera ensuite de convaincre puis d'adapter ces concepts à des productions, et là, les délais s'allongent. En effet, ses équipes ne sont pas seulement composées de designers, mais également d'analystes de tendances, de sociologues, d'anthropologues culturels et même de psychologues".


Pierre Barthélémy présente les textiles de demain dans son papier "Tissus d'innovations", des vêtements intelligents sécurisants, augmentations du corps par leur effet intégrateur (clavier souple, lecture de musique...), sécurisant ou alertant les personnes aux alentours ("la société belge Verhaert a conçu un pyjama pour bébé censé prévenir la mort subite du nourrisson en suivant des données cardiaques et respiratoires").


Enfin, une saga en images et en textes sur l'histoire du téléphone de sa naissance au portable 3G compile 130 ans d'histoire de la téléphonie en 9 pages.


Source :

Plougastel, Yann (dir.) (18 novembre 2006). Bienvenue dans la technosphère, Le Monde 2, n°144, Paris, Numéro spécial.

jeudi 16 novembre 2006

Café social (tendance 011)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Ayyem Zamen (7 rue de Pali-Kao, 75020 Paris) est un drôle de lieu. Ayyem Zamen est un café social (ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 18 h et de 10 h à 17 h) implanté dans le quartier de Belleville qui accueille des migrants retraités depuis janvier 2003. L'association en donne cette définition :

"Le café social est un lieu de convivialité, de rencontre, d’échange et de solidarité. C'est un espace ouvert sur l’intégration et la citoyenneté. Il est animé par des professionnels de l'accueil, de l'écoute et de l'accès aux droits. Le café social est aussi un lieu laïc et de mixité sociale, destiné à recevoir les vieux migrants et leur tend la main, pour apaiser leur détresse, les faire sortir de la solitude et de l'oubli."


À Marseille, le Centre Social Belsunce précise le but du projet d'un café social (et également ses objectifs généraux) :

"Répondre aux attentes de ces migrants qui aspirent aujourd'hui à vieillir dans la dignité en France. Apporter une solution aux problèmes de solitude, d'isolement, de précarité, d'absence de reconnaissance et d'appui (démarches administratives, droits) des migrants."


Un café social est en projet à Grenoble. Créer un café social, c'est aussi de l'innovation sociale. A préciser que le café social  Ayyem Zamen est "un espace équipé en informatique et Internet".

Jean-Claude Guillebaud, critique des médias, info-marchandise et info-connaissance

Dans sa chronique hebdomadaire pour Le Nouvel Observateur, Jean-Claude Guillebaud s'interroge sur la critique des médias, un sujet qui fait partie des moeurs démocratiques de notre temps en développant son argumentation en plusieurs points ; extraits :

"En réalité, c'est parce que la réflexion sur les médias a progressé qu'on sait maintenant opérer une distinction entre des questions particulières qui furent trop longtemps mêlées dans une vaine confusion. Savoir, c'est d'abord trier. Connaître, c'est d'abord classer, identifier, catégoriser. Or, les fameuses dérives médiatiques mettent en jeu des mécanismes bien distincts qu'il n'est plus possible de confondre. (...)

La prévalence de l'argent, le fait que s'appesantissent les lois du marché, le poids du fric sur le journalisme favorisent-ils de façon mécanique la sous-information du citoyen et la corruption de la démocratie ? En d'autres termes, peut-on ramener l'information au rang de pure marchandise, peut-on privilégier la distraction (le spectacle) sur la connaissance sans conséquences funestes. Au cours des dernières années, en effet, s'est peu à peu trouvé rompu, dans nos pays, ce subtil équilibre établi après la Libération entre l'info-marchandise et l'info-connaissance. Comment y remédier ? Vaste sujet."


Source :

Guillebaud, Jean-Claude (16 novembre 2006). "La preuve par quatre", Chronique Écoutez Voir, TéléObs, Le Nouvel Observateur, n°2193, 1 p.

mardi 14 novembre 2006

MITIC, Médias, Images et Technologies de l'Information et de la Communication (tendance 009)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile...


Le consultant Philippe Martin cherche à redéfinir l'utilisation des Technologies de l'Information et la Communication par les enfants en empruntant l'expression MITIC. Ceci est évoqué dans un billet de son blog N'ayez pas peur!! : "Le MITIC va-t-il transformer la façon d'enseigner ?" :

"Ensuite une analyse suisse de la revue Enjeux Pédagogiques qui se penche sur les TIC et la pédagogie. D'ailleurs, j'y ai découvert le terme de "MITIC" qui veut dire "Médias, Images et Technologies de l'Information et de la Communication" qui selon moi est plus approprié à ce qui se passe sur le web, je parle en terme d'utilisation des blogs, wikis, partage d'images et de vidéos dont les élèves sont très friands, plutôt que le terme TIC qui fait plus référence à l'usage des logiciels de textes, d'images, tableurs ainsi que du fonctionnement des ordinateurs."


L'acronyme MITIC semble rencontrer un écho particulier dans l'enseignement scolaire en Suisse. Il figure notamment dans le vocabulaire de la formation continue des enseignants (Réforme, rénovation du système éducatif genevois et usages des TIC, Nouvelles méthodes de travail dans l'élaboration de projets en commun) avec un cours spécifique : "Médias, image et technologies de l'information et de la communication (MITIC)" et un article de GeLibrEdu revient sur une préoccupation grandissante : "Vers des MITIC libres dans l'éducation à Genève" (30 octobre 2006) :

"L'Etat de Genève souhaite promouvoir des Médias, Images et Technologies de l'Information et de la Communication (MITIC) libres. Les enjeux éducatifs étant particulièrement en phase avec ceux du monde du libre, le Service Ecoles-Médias (SEM) propose ici des ressources pour s'informer et se former, présente les projets réalisés, en cours et à venir."

Semaine de la solidarité internationale, 9e édition

Du 11 au 19 novembre 2006, se tient la 9e édition de la Semaine de la solidarité internationale (avec le soutien du Ministère des Affaires étrangères, du Ministère de l'Éducation Nationale de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, de la Région Ile-de-France, du Conseil Général de l'Essonne, et de la Mairie de Paris).

"En France, tous les jours, des bénévoles, des salariés, s'impliquent dans des projets et des initiatives de solidarité internationale au niveau local, national ou international. Des citoyens, par des gestes concrets (en achetant ou voyageant solidaire, en épargnant éthique, en interpellant les décideurs...) tentent, très simplement, de promouvoir des relations Nord-Sud plus justes et plus équitables. Mais avez-vous entendu parler de ces bénévoles, ces salariés, ces citoyens aux 20 heures ? La solidarité internationale est souvent absente des médias nationaux. Peu de télévisions, de radios ou de journaux nationaux la relaient. C'est pour valoriser ces engagements, dans leur diversité, que la Semaine a été créée. Pour DIRE à voix haute la solidarité internationale et offrir à ses acteurs, une semaine par an, un espace-temps pour faire connaître au grand public les actions menées tout au long de l'année et proposer des pistes d’actions concrètes à la portée de tout un chacun."

Le site Internet de la Semaine de la solidarité internationale répertorie les actions solidaires (recherche multicritères), donne des pistes de gestes solidaires et invite chacun à participer aux animations de ces 8 jours pour un monde plus juste.

lundi 13 novembre 2006

L'Email est mort pour les adolescents, ma définition des sites de réseaux sociaux (Danah Boyd)

La jeune et brillante chercheuse doctorante Danah Boyd qui travaille actuellement pour Yahoo a publié sur son blog deux articles essentiels ces derniers jours :


Le 7 novembre : "What i mean when i say "email is dead" in reference to teens" ("ce que je signifie quand je dis que "l'email est mort" en référence aux adolescents").

En quelques phrases, Danah Boyd développe son argumentation : si les adolescents possèdent des comptes de courrier électronique et qu'ils s'y connectent, en revanche, ils ne s'en servent pas pour converser avec leurs amis. Un article de Steven L. Thorne de 2003 : "Artifacts and Cultures-of-Use in Intercultural Communication" (30 pages, à télécharger ici en .pdf) précise que les enfants entamant par internet une relation de correspondance via l'email la poursuivent sur messagerie instantanée comme média de "socialisation".
En filigrane, la chercheuse explique que ce trait d'utilisation de l'internet est générationnel : les adolescents d'aujourd'hui utilisent prioritairement la messagerie instantanée, MySpaceFacebook et les SMS comme médias principaux de communication avec leurs amis. Même si le courrier électronique est encore usité, ce n'est plus le lieu favori pour les adolescents d'une "communication sociale" ou de "passion émotionnelle profonde" tels nommés par Danah Boyd.


Le 10 novembre : "Social network sites: my definition" ("sites de réseaux sociaux : ma définition").

Pour Danah Boyd, un site de réseau social est :
"A "social network site" is a category of websites with profiles, semi-persistent public commentary on the profile, and a traversable publicly articulated social network displayed in relation to the profile".
("Un site de réseau social" est une catégorie de sites Web avec des profils, un commentaire public du profil semi-persistent et un réseau social publiquement articulé et visitable, montré en rapport au profil").
Danah Boyd explicite ensuite les notions de "profile", "traversable", "publicly articulated social network" et "semi-persistent public comments".
La chercheuse applique cette définition à MySpace, Facebook, Friendster, Cyworld, Mixi, Orkut, etc. et elle explique que cette définition évoluera avec l'avancée de ses travaux.

Informatique durable (tendance 008)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile...


Le CNRS propose, via son groupe de travail EcoInfo, des documents et travaux s'inscrivant dans la démarche d'une informatique durable. Toute une page de ressources en ligne réactualisée est disponible sur le sujet : Groupe de travail EcoInfo (dont des documents d'information à destination du public : plaquette et posters de sensibilisation).


Le groupe de travail EcoInfo du CNRS a produit un document phare de 22 pages (en .pdf) : "Les faces cachées de l'informatique : Déchets et énergie, sous-titré : Livre Vert : comment se diriger vers une informatique durable ?" destiné aux gestionnaires de parcs informatiques et aux acheteurs de matériel informatique qui s'avère un guide essentiel pour les personnes s'intéressant aux problématiques écologiques des outils technologiques (consommation énergétique, recyclage, dangerosité des matières premières...). Le concept d'informatique durable sous-tend l'ensemble de ce document de référence présentant un état de la législation, un point sur le choix de son matériel et sur la limitation de l'achat de machines, la maîtrise de la consommation énergétique d'un parc informatique, la gestion responsable des consommables, la sensibilisation des utilisateurs et l'élimination du vieux matériel.


L'informatique durable, c'est donc la prise en compte de l'ensemble de ces préoccupations.

"La croissance du secteur informatique est l'une des facettes de la croissance mondiale, laquelle se heurte de façon de plus en plus visible aux limites de l’environnement. Les responsabilités étant partagées, cette situation résulte en dernière analyse de la somme des comportements individuels, démultipliés à l'échelle de la planète tout entière. (...) L'impact écologique du matériel informatique n'est pas anodin et il est nécessaire de prendre en compte ce facteur dans toutes les phases de sa gestion et de son utilisation. Beaucoup d'entre nous ont déjà réfléchi à ces questions et mis en oeuvre de bons réflexes qu'il faut avoir pour rendre responsable la gestion d’un parc informatique."

Via 01 Informatique - Le blog.

dimanche 12 novembre 2006

Accès public à l'Internet en Afrique : 4 mémoires d'étudiants, travaux de recherche au Mali, Sénégal et au Burkina-Faso

L'association des EPNologues publie 4 travaux d'étudiants du Master 2 CGNPT (Université Paris 10 Nanterre) très intéressants sur l'accès public en Afrique ; une perception de la réalité de l'appropriation des technologies via des expériences différentes et enrichissantes du point de vue humain et pédagogique :


Au Mali, un état des lieux des TIC et des usages diversifiés des technologies

Loïc Baron (Septembre 2006), "Etude des TIC au Mali, lors du Forum Social Mondial 2006. Projet : De l'Ilot Bamako en collaboration avec l'association GNTM de Saint-Denis" (à télécharger ici en .pdf, 72 pages). Au coeur de ce projet, un travail avec un Espace Public Numérique de Saint-Denis (93) permettant à des jeunes du quartier de se rendre au Forum Social Mondial à Bamako (Mali). Un voyage d'études illustré fait un état des lieux de l'accès public à l'Internet au Mali, des utilisations de l'Internet par les Maliens. Extrait :

"Utilisation du GSM dans le désert. Mohamed possède quelques chameaux et un troupeau de chèvres. C'est un Touareg nomade. Mais le seul élevage ne permet pas de vivre convenablement. Sa femme et lui réalisent des objets d’artisanat. Ils invitent des touristes en ballade à dos de chameau qui passent quelques nuits dans leur campement. Ces activités touristiques leur permettent d'acheter en ville des produits de première nécessité. Mais l'arrivée du GSM a considérablement modifié leur mode de vie. En effet, depuis
que Mohamed a acheté un téléphone portable, ils peuvent recevoir des coups de téléphones venant de Tombouctou ville. Ces appels sont ceux de partenaires de Tombouctou qui leur indique l'arrivée de touristes qui souhaitent partir en expédition
dans le désert. Mais la couverture GSM est limitée autour de la ville de Tombouctou. Les touaregs impliqués dans l'activité touristique établissent donc leur campement en fonction de ce nouveau paramètre : être à portée du réseau de téléphonie mobile."

A Dakar, citoyenneté numérique et administration en ligne

Abdoul Aziz Wane (Septembre 2005). "Autre Mairie de Dakar : Audit des Espaces Publics d'Accès Internet : Utilisation des TICs pour une qualité de service public et de bonne gouvernance locale" (à télécharger ici en .pdf, 114 pages). Ce mémoire s'intéresse à la réalité de l'accès public à Internet à Dakar avant de dégager les enjeux des TIC de l'administration locale et d'entrevoir un programme d'actions global par la mairie de Dakar d'appropriation de l'internet, auprès des citoyens de la capitale du Sénégal. Abdoul Aziz Wane dresse une typologie des publics menacés d'exclusion numérique :

"D'après les témoignages recueillis auprès des populations aux alentours des CyberCentres et chez les particuliers (pères et mères de familles), il a été constaté que quelques sous-groupes de la population Dakaroise sont significativement en
marge d'Internet :
- la tranche d'âge des 50 ans et plus (90% de non-utilisateurs),
- ceux qui n'ont pas de diplôme du secondaire (79% de non-utilisateurs),
- ceux qui n'ont pas d'activité professionnelle et ne sont pas demandeurs d'emploi (62% de non-utilisateurs),
Dans une moindre mesure :
- les chômeurs (49% de non-utilisateurs),
- les ouvriers (49% de non-utilisateurs)."


Espaces Numériques Scolaires au Sénégal : pluralité d'expériences

Maty Diallo / Dia (Septembre 2005) "Accès au grand public des Espaces Numériques Scolaires au Sénégal : Situation actuelle et perspectives" (à télécharger ici en .pdf, 97 pages). Ce mémoire de fin d'études dresse un panorama des ENS (Espaces Numériques Scolaires) au Sénégal, des lieux qui sont soit le fait d'une initiative interne (projet d'école ou d'établissement ou encore dans le cadre de partenariat Nord-Sud), soit nés sous l'impulsion des Autorités du Ministère de l'Education ou des Collectivités locales dans le cadre de la décentralisation. Par une méthodologie d'enquête quantitative et qualitative, Maty Diallo / Dia présente la pluralité des approches et des usages en ENS. Dans sa conclusion, il propose des axes de développement pragmatiques :

"Dans le même sens, les Pouvoirs locaux pourraient, toujours en relation avec les ONG, les mouvements associatifs, les artisans, pêcheurs, automobilistes, agriculteurs, les commerçants, etc., initier et promouvoir le développement de cyber-écoles. L'idée serait d'utiliser la puissance des TIC dans les ENS au service de la communauté, afin de mettre en commun les expériences et les activités des groupes socioprofessionnels, dans le but d'une mutualisation des moyens. Ces cyber-écoles, relativement bien implantées, pourraient permettre de faire face aux frais financiers qu'occasionnent aujourd'hui la construction tout azimut de cybercafés et dont les coûts sont souvent de portée des possibilités des habitants. Compte tenu de ce facteur limitant, la mutualisation envisagée pourrait se faire dans le cadre de salles multimédias qui regrouperaient
l'essentiel des moyens informatiques et de communication. Afin d'assurer la pérennisation du projet, il peut être prévu un couplage avec des activités de services telles que l'animation d'un cybercafé, la formation, la vente de produits locaux (artisanat, tourisme) en ligne, la réalisation de sites Web pour les PME locales, etc."


E-formation et formation au Burkina-Faso via des Espaces Publics Numériques en réseau

Emmanuel Tassr Sawadogo (Septembre 2005). "Offre de e-formation en milieu rural au Burkina Faso : Etude de faisabilité d'un projet pilote" (à télécharger ici en .pdf, 79 pages). L'objectif principal de ce projet est la construction d'une offre de e-formation et d'information pour le développement aux communautés rurales du territoire du Sanmatenga, une des 45 provinces du Burkina Faso, en partenariat avec InFoDev (structure de formation et d'information au Burkina). Le mémoire est présenté sous la forme d'une gestion de projet technique. A propos des publics concernés :

"Le choix d'InFoDev de s'intéresser au monde rural prédéfinit les publics cible du projet qui prend désormais le nom de Projet Sanem. En effet, les zones rurales sont constituées presque exclusivement de petits agriculteurs et d'éleveurs. Ces deux secteurs d'activités occupent 85% de la population du Burkina Faso et, paradoxalement, il n'y a pas d’offre de formation
structurée pour ces publics ; ce qui donne déjà à ce projet son caractère innovant. Ce caractère innovant du projet justifie d'ailleurs l'enquête menée pour dresser le relevé des besoins en formation et en information spécifiques à ce milieu. La politique d'InFoDev, le porteur du présent projet, est d'utiliser la médiation de l'ordinateur dans une série d'offres de formation en direction de ces publics localisés dans la province du Sanmatenga dans la perspective d'un développement humain durable et d'éviter les supports non interactifs à quotient phatique médiocre (...) En terme de disponibilité, les deux saisons qui s'alternent dans le pays rythment la vie : la saison des pluies ou hivernage, qui s'étend de mi-mai à mi-octobre est la période et pendant laquelle la totalité des populations rurales sont sollicitées à temps plein dans les travaux champêtres. En revanche, la saison sèche, qui va de la mi-octobre à la première moitié du mois de mai est une période sans activités majeures et offre donc une plage temporelle de disponibilité des publics pour s’impliquer dans d'éventuelles formations."

Paris en images, le patrimoine photographique de Paris sur un site Internet

La Ville de Paris en association avec France Télécom vient de lancer un site Internet expérimental : Paris en Images avec la célèbre agence photos Roger-Viollet pour favoriser l'accès au patrimoine photographique de Paris. 15 000 photos sont consultables et également téléchargeables sur téléphone mobile et assistant personnel (PDA). On y découvre des oeuvres d'Atget, Brassaï, Gustave Le Gray, Disdéri, Hippolyte Blancard... La Bibliothèque Historique de la Ville de Paris et le Musée Carnavalet ont contribué par leurs fonds au site Paris en Images. Le site Internet patrimonial propose des ballades thématiques en 3D dans un quartier de la capitale et ainsi de visionner l'évolution de celui-ci.


À cette occasion, la Ville de Paris a confié la numérisation de ses archives disséminées de daguerréotypes et photos à La Parisienne de Photographies, une Société d'Économie Mixte (qui intègre désormais l'agence photographique Roger-Viollet), ayant pour mission de numériser 500 000 supports en 8 ans. Le site Paris en Images permet la consultation des images en basse résolution et proposera à la vente des reproductions pour les médias et les éditions permettant de contribuer au financement de la numérisation et de la préservation des supports.


Sur le site Paris en Images, un observatoire pédagogique a été mis en place qui présentera différents travaux. Le premier projet pédagogique a consisté en un travail de reconduction photographique pour 25 élèves d'une classe de CM1 de l'école Julien Lacroix dans le 20e arrondissement : reproduction en couleur dans les mêmes conditions de prise de vue des photos de leur quartier et ses environs datant du début du siècle. Les élèves ont aussi photographié le même lieu semaine après semaine afin d'observer les évolutions et changements. Analyser une photographie, observer son quartier, tels étaient les objectifs de cette initiative. Les enfants ont utilisé un outil Rich Media développé par France Télécom : TélénetCité qui a permis de conjuguer différents formats de contenus (textes, image et vidéo).


Source :

Guillot, Claire (10 novembre 2006). "La Ville de Paris diffuse son patrimoine photographique" (En ligne), Le Monde, Paris, 1 p. (Page consultée le 12 novembre 2006).

samedi 11 novembre 2006

Jean-Jacques Servan-Schreiber, prospectiviste des usages des technologies et précurseur des Espaces Publics Numériques

Comme L'Express et Les Echos ("JJSS et la modernité", 8 novembre 2006) le rappellent cette semaine dans un dossier consacré à sa vie, Jean-Jaques Servan-Schreiber, décédé la semaine dernière à l'âge de 82 ans, fut un visionnaire des technologies. En 1967, il publie "Le Défi Américain", un essai avec un énorme succès qui se vendra à 600 000 exemplaires, où il souligne que l'Europe est dépassée tant au niveau des méthodes de management que de l'équipement technologique et dans sa capacité de mobilisation de la recherche. C'est un livre visionnaire, traduit en 15 langues qui marqua cette époque.


Son second livre à succès, "Le Défi Mondial" sorti en 1980 s'intéressera à la puissance économique du Japon grâce au levier technologique à l'informatisation. En 1981, Jean-Jacques Servan-Schreiber convainc François Mitterrand de créer le Centre pour l'Informatisation de la France (dit "Centre Mondial Informatique et Ressource Humaine") dirigé par Nicolas Negroponte et Seymour Papert. (Photo : Jean-Jacques Servan-Schreiber et des enfants au Centre Mondial de l'Informatique en 1984). Ce centre est en avance sur son temps, il se veut...

"Instiller aux sphères politiciennes le virus micro-processorien et a pour objectifs de mettre au point un nouvel ordinateur individuel ainsi que de servir de base aux programmes pilotes dans les pays en voie de développement, une expérience sociale au profit des jeunes, des chômeurs et des personnes âgées."


Jean-Jacques Servan-Schreiber eut l'idée des Espaces Publics Numériques et d'un réseau des animateurs multimédias plus de 10 ans avant leur existence : "Un réseau national de 50 000 ateliers équipés de micro-ordinateurs professionnels" (document du Centre mondial pour l'informatique et les ressources humaines, novembre 1984), "Coordination entre les responsables de centres et les animateurs" (Note technique, 27 novembre 1984), "L'ordinateur au village : le projet français fait des vagues" (par Daniel Garric, Le Point n° 640, 24 décembre 1984), "Les chantiers populaires de la micro" (Le Matin, 23 janvier 1985).


Le Centre Mondial Informatique ferme en 1985 et on dénonce dans les médias français le gouffre financier (frais de réception et de voyage).


Il demeure de Jean-Jacques Servan-Schreiber une vision de prospectiviste indiscutable dont voici quelques citations qui font sens et qui sont toujours d'actualité plus que jamais :

"Rien n'est donc plus urgent que de tout mettre en œuvre pour brancher la puissance informatique sur le développement, avant tout, des facultés de chaque homme et de chaque femme, dans sa région, dans sa culture , dans sa langue, selon sa vocation, pour faire surgir sa propre ressource, sa propre capacité à créer. C'est vrai au nord comme au sud. Car devant la nouvelle ère qui commence nous sommes tous sous-dévelopés. ". (Le Défi Mondial, 1980)

"En 1980, et probablement avant, l'ensemble des écoles et universités américaines seront reliées avec des consoles aux ordinateurs géants dans les différentes branches des connaissances. Et les programmes d'éducation par classe, peut-être même par élève, seront adaptés et coordonnés directement par les ordinateurs." (Le Défi Mondial, 1980)

"C'est au cours de mes séjours de travail, de plus en plus fréquents, en Amérique et au Japon, que j'ai découvert cet univers tout neuf, pour nous, Français, de l'informatisation. J'ai alors perçu qu'il va tout pénétrer, tout changer - industries, agriculture, services, éducation. Convaincu qu'il était nécessaire d'en savoir rapidement plus long, j'ai participé, pendant trois mois, à des séminaires en Californie, pour mieux m'imprégner de cette nouvelle "révolution" dans les modes de liaisons entre les individus et communautés, cherchant à définir la meilleure ouverture pour une "voie française". Je me suis même fixé, pour un temps, dans la plus avancée des universités américaines en informatique, celle de Carnegie-Mellon, à Pittsburgh. Chaque bureau, chaque chambre, chaque poste de travail, y est doté d'un ordinateur personnel, directement branché sur l'ensemble des banques de données de l'Université et aussi du pays. (Un seul exemple : un étudiant, en fin de cursus, peut, de son ordinateur même, solliciter un poste dans l'ensemble du pays !) Immense progrès, encore inconcevable chez nous." (Le Fossoyeur, 1993).

- page 9 de 13 -