Jean-Luc Raymond

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jeudi 7 septembre 2006

Le Web pédagogique, méta-annuaire sur la connaissance

Édité par Plus Editions SAS et lancé en janvier 2005, <a href="http://www.lewebpedagogique.com/" mce_href="http://www.lewebpedagogique.com/">le site internet</a>&nbsp;Le Web pédagogique (dont le slogan est <em>"Partagez la connaissance"</em>) est un méga-annuaire de sites sélectionnés par une équipe permanente et une équipe rédactionnelle de professeurs de différentes matières. C'est donc via un métamoteur de recherche que les enfants et avides de connaissances peuvent parfaire leur curiosité avec des articles (textes, documents, corrigés) sur des milliers de sujets.<br /><br /><br /><strong>Source :</strong></p> <p>Olivier, Vincent (septembre 2006). <a href="http://www.lewebpedagogique.com/" mce_href="http://www.lewebpedagogique.com/">Le Web pédagogique</a> (En ligne), Plus Éditions SAS, Paris, Site (Page consultée le 7 septembre 2006)</p>

mercredi 6 septembre 2006

Fracture numérique, Inégalités d'accès et d'appropriation à Internet pour les enfants américains de 3 à 12 ans

La nouvelle étude américaine du National Center for Education Statistics "Computer and Internet Use by students in 2003" (72 pages, téléchargeable ici en .pdf) offre un panorama statistique de l'utilisation des technologies de l'information et de la communication par les élèves américains (niveau inférieur au grade 12, à partir de 3 ans jusqu'à 12 ans). On y apprend que plus de 66 % des écoliers utilisent un ordinateur et 25 % se connectent à Internet.


La banalisation de l'usage des TIC est soulignée par ce rapport qui indique toutefois des disparités importantes et la persistance d'un fossé numérique très ancré dans le monde scolaire. Ainsi, les écoliers du privé utilisent plus l'ordinateur à la maison que les moyens informatiques disponibles à l'école, ce qui est le contraire pour les enfants défavorisés. L'accès public à l'internet collectif se révèle donc indispensable pour rendre moins inégalitaire l'appropriation à l'internet.


La Presse américaine (via une dépêche de l'agence Associated Press) relève en outre dans cette étude des critères communautaires discriminatoires d'usage de l'Internet aux États-Unis. Si les populations "blanches" d'élèves sont 67 % à utiliser Internet, les hispaniques ne sont que 44 % et les populations noires 47 %. Cela pose un problème évident pour l'employabilité future de personnes issues des minorités.


Le rapport met clairement en évidence qu'un accès limité à Internet en temps réfrène l'autonomie de l'élève à acquérir des compétences numériques et informationnelles et notamment la capacité à rechercher sur Internet. L'étude indique aussi que le revenu du foyer, l'éducation des parents et la présence de 2 parents (couples) influe sur la présence d'un ordinateur au moins au sein de la sphère familiale et favorise une meilleure appropriation de l'utilisation de l'Internet. Aux États-Unis, chez les enfants, on n'observe plus de différences dans des obstacles à l'utilisation de l'ordinateur pour les filles.


De même, les écoles publiques combinent une utilisation hors ligne et en ligne de l'ordinateur ce qui est beaucoup moins fréquent dans les écoles privées favorisant l'utilisation prépondérante de l'internet. Enfin, l'internet à usage scolaire est seulement l'une des composantes de l'utilisation de l'ordinateur pour les enfants, tout comme le courrier électronique, la messagerie instantanée et les jeux vidéo.


Source :

Chapman, Chris & DeBell Matthew (September 2006). Computer and Internet Use by Students in 2003 - Statistical Analysis Report (En ligne), Institute of Education Sciences, National Center for Education Statistics, U.S. Department of Education, Washington D.C., Report, 72 p. (Page consultée le 6 septembre 2006)

Création d'entreprise et solidarité numérique, questionnements sur l'appropriation à l'Internet, une coopérative d'activité TIC en Wallonie

Sébastien Cayrolles, créateur de Ceovia, une entreprise de services sur Internet en Région Dijonnaise ("nouveau média qui va donner enfin l'occasion aux particuliers et aux professionnels de communiquer localement"), compte son aventure sur son blog : Scayaux : un créateur d'entreprise à Dijon.


Habitant de Auxonne, il informe aussi sur l'activité d'une association locale "qui procure des séances d'aide pour maîtriser l'informatique" et se questionne dans un autre article sur Internet comme espace de solidarité avec une piste de solution technique en problématisant son propos sur la culture numérique :

"Outre ces problèmes techniques de raccord au web, il y a bien évidemment le problème de la culture numérique. Il y a de nombreuses personnes avec qui j'aimerais bien échanger des photos, des séances de webcam, des lectures. Mais je crois qu'il est à peu près impensable de les convertir à Internet en l'état actuel des choses."


Aujourd'hui, les enjeux de créations d'entreprises axées sur des activités locales numériques se heurtent à des interrogations liées à l'appropriation d'Internet par les utilisateurs : quelles sont les compétences développées, à développer ? Celles qui bien évidemment conditionnent des activités économiques sur des territoires...


Dans le domaine de la création d'entreprise, la solidarité numérique peut jouer à plein comme cette idée judicieuse qui est devenue réalité, l'association Technocité Asbl (centre de compétence de la Région Wallonne en Belgique, qui a pour mission de diffuser très largement les Technologies de l'Information et de la Communication et d'en favoriser l'usage par l'initiation, la formation et le perfectionnement) créée une coopérative d'activité avec le centre de formation d'Hornu qui a pour but de faciliter l'engagement vers une activité indépendante. Pour Technocité, Pascal Kaiser décrit cette action :

"On a formé énormément de gens, à 50 % des demandeurs d'emploi. Et nos formations sont high-tech. Elles coûtent cher en matériel et en formateurs. D'où l'idée d’avoir une certaine traçabilitéde ces formations. De permettre de transformer l'essai. Il y a un fort déficit d'esprit d'entreprise. Les jeunes qui débutent comme indépendants ne savent pas se vendre, hésitent à se lancer… Or, ça peut fonctionner très fort en free-lance. C'est pour ça qu'on veut proposer une formule relativement souple qui donnera la possibilité de travailler 1 an comme free-lance tout en gardant son droit au chômage si l'activité s'arrête. On va aussi proposer des coachings en comptabilité à la demande, et surtout la possibilité de se retrouver dans des groupes de personnes tous dans la même situation."

mardi 5 septembre 2006

Autoformation en vidéo pour OpenOffice (traitement de texte, présentation, tableur)

Les EPM du Lyonnais ont repéré un cours complet en ligne du logiciel du pack logiciel OpenOffice (traitement de texte, présentation, tableur) en auto-formation, créé par la Commission Scolaire de Montréal, d'une incroyable richesse et permettant d'avancer pas à pas dans la découverte et l'appropriation de OpenOffice : OpenOffice : vidéoformations du SITSAT de Montréal.


Source :

Tousignant, Daniel (25 décembre 2005). OpenOffice : vidéoformations du SITSAT de Montréal (En ligne), Commission Scolaire de Montréal, Canada, Page ressource (Page consultée le 5 septembre 2006)

vendredi 1 septembre 2006

Initiatives de solidarité numérique 2005-2006 de IRDC Canada : en Asie, au Pakistan et en Inde

IRDC (ou en français CRDI - Centre de Recherches pour le Développement International) vient de publier son rapport annuel d'activités (86 pages en .pdf. à télécharger à cette adresse). Parmi les initiatives relatives aux Technologies de l'Information et de la Communication, IRDC soutient des projets de développement dont :

- "L'informatisation de langues locales" (initiative décrite à la page 37) dirigé par le National University of Computer and Emerging Sciences du Pakistan qui a permis de créer et de former dans 7 pays des équipes regroupant des chercheurs, praticiens, linguistes... pour mettre au point des outils comme des jeux et polices de caractères, vérificateurs d'orthographe, correcteurs grammaticaux et systèmes de reconnaissance de la parole en 9 langues dont chacune présente des difficultés particulières. Le logiciel Nepalinux 1.0 lancé en décembre 2005, comprend un correcteur orthographique d'environ 22 000 mots népalais d'usage courant,

- "JuriBurkina, accès direct et gratuit à l'information juridique" (initiative décrite à la page 44) : fournir un accès intégral à l'information juridique publique, dont la loi et la jurisprudence, aux juristes et aux citoyens du Burkina Faso via un logiciel d'exploitation libre mis au point par LexUM, le Laboratoire d'informatique juridique de l'Université de Montréal. JuriBukina est en ligne et peut être consulté par tout internaute,

- "L'impact des TIC sur l'allègement de la pauvreté dans la région rurale de Pondichéry en Inde" (initiative décrite page 53) : Donner accès à de l'information fondamentale sur l'économie et l'environnement à 12 000 personnes de 7 villages via des Espaces Publics Numériques appelés "centres de savoirs communautaires". Ce projet est coordonné sur place par la MS Swaminath Research Foundation.


A souligner que IRDC a la particularité de disposer d'un financement conséquent de Microsoft Corporation (lire à ce sujet ce communiqué de Presse, le descriptif du partenariat Unlimited Potential ou encore ce communiqué) pour développer les activités de Telecentre.org, une plateforme d'échanges, de mise en réseau et développement des télécentres prioritairement dans les pays en voie de développement et plus largement à travers le monde.


Source :

Collectif (31 août 2006). Rapport annuel du CRDI 2005-2006 (En ligne), Centre de Recherches pour le Développement International, Ottawa, 86 p. (Page consultée le 31 août 2006)

mercredi 30 août 2006

Rapporter ça rapporte, rapportez vos anciens cédéroms scolaires à la FNAC, ils seront redistribués par Action de Solidarité Internationale à des actions d'accompagnement scolaire

L'association Actions de Solidarité Internationale, ONG créée en 1983, (voir son site Internet) soutient des programmes de développement dans les domaines de la santé et du handicap, de la petite entreprise artisanale, du développement rural, de l'alphabétisation, de l'appui aux structures locales de développement et de l'enfance en difficulté. ASI travaille pour un développement solidaire.


Pour cette rentrée 2006, les magasins FNAC s'associent à ASI avec une action de solidarité numérique intitulée : "Rapporter, ça rapporte!". Du 15 août au 30 septembre, rapportez vos anciens cédéroms scolaires, la FNAC offre 5 Euros en bons de réduction à valoir sur l'achat d'un cédérom scolaire de sa sélection Rentrée 2006. La reprise physique des produits se situe au niveau du rayon logithèque de chaque magasin FNAC.


La FNAC se charge de remettre les cédéroms scolaires collectés à Actions de Solidarité Internationale, qui en disposera, dans le cadre de ses actions caritatives (équipement de maisons de quartiers, d'Espaces Publics Numériques Associatifs, d'hôpitaux).

Facteur céleste, boutique atelier galerie éthique et équitable... aussi sur Internet

Née en 1992, la marque d'accessoires Facteur Céleste a ouvert sa boutique à Paris en avril 2000, un lieu à la fois galerie-café-atelier ouvert aux enfants et aux adultes, une sorte de bric-à-brac géant. Les ateliers enfants (ouverts le mercredi et le samedi dès 3 ans) animées par la gérante-créatrice Delphine Kohler, permettent de travailler des objets récupérés (capsules de bouteilles, cartons, chutes de vieux tissus, papier à bulles, sacs en plastique...) pour des créations artistiques. Le recyclage, le travail équitable et l'éthique sont des préoccupations au coeur des activités de Facteur Céleste :

"Facteur Céleste est touché en général par les objets qui racontent une histoire, qui valorisent un savoir-faire ou une tradition et qui sont fabriqués dans de bonnes conditions de travail."


Le blog de Facteur Céleste est une mine d'informations solidaires sur le commerce équitable, donne de bonnes idées pour réutiliser des objets du quotidien à transformer et met en valeur le travail manuel d'artisans et créateurs de mode équitables.


Facteur Céleste, 38 rue Quincampoix, 75004 Paris. Téléphone : 01 42 77 12 46.


Source :

Rodes, Anne (août 2006). Facteur Céleste (En ligne), Facteur Céleste, Paris, Blog (Page consultée le 30 août 2006)

mercredi 19 juillet 2006

Ordinateur à 1 euro par jour pour les revenus modestes : une mesure contestée

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Dans les annonces du dernier C.I.S.I. (Comité Interministériel pour la Société de l’Information) qui s’est déroulé à l’Hôtel de Matignon, le mardi 11 juillet, a été décidé le lancement d’une offre spécifique d’accès à Internet et d’équipement d’ordinateurs destinée aux revenus modestes, ainsi décrite ainsi par le Journal du Net (le 12 juillet) :

“Cette formule clef en main associera l’achat du matériel, des logiciels et d’un anti virus, un accès Internet haut débit (au minimum 20 méga), l’installation à domicile, quatre heures de formation et trois déplacements pour vérifier que tout fonctionne bien. Cette offre n’est accessible que sous condition de revenu (le seuil d’éligibilité n’est toutefois pas encore connu) et sera assortie d’un micro-crédit de trois ans garanti par l’Etat dont les mensualités de remboursement s’élèveront à un euro par jour.”


Cette offre est décrite in extenso dans le Dossier de Presse du CISI (pages 5 et 6) : “Un PC et l’Internet pour les familles aux revenus modestes” (Internet Accompagné) à compléter par ce communiqué.


Les médias anglo-saxons ont repris en masse cette information et les échos des médias français d’abord factuels se révèlent aujourd’hui beaucoup plus critiques.


Mise à jour au 25 juillet : EducNet (Ministère de l’Education Nationale) vient de publier une revue de Presse non exhaustive d’articles publiés suite à cette mesure : “InfoTIC spécial ‘Un pc et l’internet pour les familles aux revenus modestes’“.


Des commentaires qui traduisent une mesure inadéquate


Le 11 juillet, le quotidien Le Monde délivre l’information avec neutralité par un article de Nathalie Brafman : “Matignon lance l’ordinateur à 1 pour les foyers modestes” ; extrait : 

“Après les étudiants et les néophytes, les foyers à revenus modestes. Lors d’un Comité interministériel pour la société de l’information (CISI), le premier ministre, Dominique de Villepin, présentait, mardi 11 juillet, une vingtaine de mesures pour réduire la fracture numérique.

La plus emblématique est l’accès à l’Internet pour les ménages à revenus modestes. Dès le premier trimestre 2007, une formule “tout compris”, incluant un ordinateur, une connexion Internet haut débit à bas prix (15 euros par mois au maximum) renouvelable sur une période de trois ans pour les familles éligibles et un dispositif de formation-accompagnement à domicile sera proposé pour “1 euro par jour, sur trois ans”.

L’offre inclut un prêt bancaire à taux réduit (garanti par l’Etat), proposé par des banques partenaires. Elle devrait concerner de 1 million à 1,5 million de foyers.

Cette mesure présentée à la va-vite, non réfléchie en terme de solvabilité pour les publics précaires est aujourd’hui de plus en plus sujette à caution. Des acteurs de l’internet français viennent ajouter leurs voix à des médias qui s’interrogent sur la nécessité de cette offre et sur sa pertinence.”


Mais les réactions des internautes au papier sont vives et argumentées.


Ce même jour, le journaliste Ludovic Blécher titre son papier comme une simple addition : “L’ordi + le haut-débit + la hot-line + la formation = 1 euro (1)“, un article très factuel sur l’annonce de la mesure :

“”Si on fait une analogie avec la voiture, notre offre, c’est un la 205 neuve avec le permis de conduire et trois ans d’essence inclus”, détaille Benoît Sillard, le directeur de la délégation aux usages de l’Internet. Il ne promet pas des ordinateurs derniers cris mais s’engage sur des machines labellisées meilleur rapport qualité-prix. Une bonne façon, selon lui, de toucher les 20% de Français qui ne sont toujours pas connectés simplement parce que c’est trop cher.”


… Mais les commentaires sont eux, peu complaisants, sur cette initiative ; extraits :

“Ne serait-il pas plus judicieux de permettre à chaque personne dans ce pays d’avoir le pouvoir d’achat suffisant pour accéder au confort de base dans une société prétendument évoluée ? Au lieu de ça, on invente des rustines : une rustine pour permettre aux pauvres d’avoir internet, une rustine pour permettre aux pauvres de se loger, une autre pour leur permettre d’étudier, etc, etc. Qu’on combatte la pauvreté au lieu de rafistoler un système inégalitaire !” (Kem 80)

“Il est vrai qu’on peut avoir un bon ordi pour peu d’argent. Il suffit soit d’être un peu bricoleur en récupérant des épaves laissées par des acheteurs compulsifs qui consomment des ordinateurs plus vite que leur ombre. L’autre point… est qu’on peut également se fournir sur ebay ou d’autres points de déstockages… Mais cela ne sera pas évident pour une faille RMIste de s’équiper et de surfer à moins que des providers du coeurs s’occupent de cela…” (Yannick Comenge)

“(…) Sur le territoire, existe un ensemble de structures associatives, communales qui, au quotidien, travaillent sur l’appropriation sociale des technologies de l’information et des communications (TIC), sur l’accessibilité des personnes (quelles soient « les plus modestes » ou « les moins modestes ») à l’Internet et bien d’autres outils multimédias. Pensons aux Espaces publics numériques (EPN), aux Espaces Cultures multimédias (ECM), aux points d’accès publics à Internet (PAPI), aux Points d’accès à la Téléformation (PAT), aux Ateliers Pédagogiques Personnalisés (APP)… pour ne citer que ces structures qui maillent notre hexagone. Malheureusement, ces structures, à l’utilité sociale indéniable (qualité des équipements, accompagnement humain, socialisation des lieux…) connaissent des difficultés financières. Le paradoxe de l’opération du gouvernement est de privilégier une logique individualiste d’acquisition d’équipement à une stratégie de renforcement de ces structures multimédias compétentes, reconnues… (…)” (Franck B.)


Libération se montrera plus incisif dans son article du 17 juillet (cf. dans la suite de cette note).


Les assistantes sociales, relais de partenaires privés ; est-ce la bonne solution ?


01Net donne la parole au promoteur et responsable de l’opération (”Un PC à 1 euro par jour pour les revenus très modestes“, Hélène Puel, le 11 juillet) :

“”Le plan Internet accompagné ciblait un public très large. Il apparaît aujourd’hui que les seniors et les foyers aux revenus modestes n’y ont pas accès. Contre un euro par jour, ils pourront obtenir un PC équipé, couplé à l’Internet à haut débit. Les offres commerciales comprendront également quatre heures de formation, et trois déplacements à domicile de la part de sociétés de services labellisées pour les aider à mieux appréhender ce nouveau matériel”, commente Benoît Sillard, sous-directeur aux NTIC au ministère de l’Education nationale et délégué interministériel aux usages de l’Internet (DUI).”

“Afin de toucher cette population, le gouvernement va faire appel aux réseaux sociaux. «L’accès à ces offres pourra se faire par l’intermédiaire des mutuelles ou des assistantes sociales qui orienteront ces familles vers les bons partenaires», imagine Benoît Sillard. En 2007, la DUI devrait déployer d’autres mesures vers d’autres populations, comme les chômeurs ou les personnes âgées résidant en maison de retraite.”


Est-ce vraiment le rôle de travailleurs sociaux d’orienter vers les personnes vers des commerces et des services non publics, quels qu’ils soient ?


Le débat est vif dans les réactions du papier de 01Net.


Le 12 juillet, c’est TF1 Multimédia à son tour, qui s’interroge dans ses colonnes sur le projet de l’ordinateur à un euro pour les revenus modestes (via l’article “L’ordinateur à un euro, pour qui ?“) à savoir si le défaut d’accès au numérique est seulement une question d’équipement et de revenus, en insistant sur la fracture numérique générationnelle et le besoin de formation. Les avis politiques divergent sur cette mesure comme ce point de vue :

“”Sans vouloir entrer dans une opposition systématique”, le député PS Patrick Bloche se demande pour sa part si, au-delà de l’accès, il ne faudrait pas “privilégier, encourager et expliquer les usages. On n’utilise pas internet comme on regarde la télévision”. Il aurait préféré la “création d’espaces publics numériques”, des lieux où les gens seraient suivis, conseillés dans leur apprentissage du web et de ses usages.”


Une mesure propre à faciliter l’endettement des personnes aux revenus modestes


Si l’on se réfère aux chiffres de l’I.N.S.E.E. les plus récents sur la répartition de la consommation des ménages en pourcentage (”Structure des dépenses selon le revenu du ménage, par unité de consommation“, enquête budget de famille 2000-2001), on constate qu’un crédit de l’ordre de 30 euros serait très difficile à supporter par des ménages avec un revenu de moins 10 000 Euros par an, c’est-à-dire les populations les plus fragilisées.


Les risques d’endettement sont importants comme le souligne le quotidien l’Humanité dans son édition du 12 juillet sous la plume du journaliste Cyrille Poy (”Le crédit à la rescousse de la fracture numérique“) :

“Cette opération a le grand avantage de prétexter de la fracture numérique pour augmenter la facture des ménages en terme de crédits à la consommation.”


Christophe Guillemin de ZDNET France précise à qui sera destinée, a priori, cette mesure (article du 11 juillet 2006 : “Le gouvernement étend son dispositif “Internet accompagné” aux familles modestes“) :

“Le plafond de ressources des familles éligibles devrait être fixé en septembre/octobre, sur la base des critères utilisés pour l’obtention du tarif social d’électricité. Une tarification spéciale réservée aux ménages ayant des ressources annuelles inférieures à 5.520 euros, soit environ 460 euros par mois.”


Ce qui aggrave encore plus la solvabilité de cette offre pour les publics visés, sans compter qu’il faut compter ajouter à cette offre le prix de l’électricité et pour beaucoup l’installation d’une ligne téléphonique. Dans de telles circonstances financières, on peut se demander comment cet accès individuel peut être utile, si l’on considère que seules 4 heures seront offertes en formation à domicile ?


01Net a fait des calculs et conclut laconiquement sur la mesure :

“Auront le droit à cette aide financière les foyers touchant moins de 5 520 euros de revenus par an. S’il n’évolue pas, ce plafond constitue de facto une sérieuse restriction à ce plan d’équipement. En effet, pour ces familles, une facture de 30 euros mensuels représentera près de 7 % de leurs revenus. Elles pourraient avoir d’autres priorités…”


Ce chiffrage est repris par ActuChomage.org dans un papier en ligne : “Le PC à 1 euro par jour pour les pauvres“.


Quid de la pérennité de la mesure après 3 ans ?


L’Express pose une question qui fâche (dans un article du 11 juillet : “Un PC+Internet à 1 euro par jour contre la fracture numérique“, Thomas Bronnec) ; que se passera-t-il après 3 ans pour les foyers qui se sont équipés ; réponse de l’instigateur de la mesure :

“Se pose aussi la question du prix de la connexion Internet et du renouvellement de l’ordinateur à l’issue de la période de 3 ans. Or, « c’est encore flou », admet Benoît Sillard, délégué aux usages de l’Internet auprès du gouvernement. « Les évolutions technologiques dans le secteur sont trop rapides pour que l’on puisse se projeter si loin. Mais nous ferons en sorte que le coût d’accès à Internet ne dépasse pas les 1 euro par jour ».”


Des actions concrètes pour lutter contre l’exclusion numérique


Cette annonce non finalisée a au moins le mérite de mettre en relief des initiatives plus consistantes liées à l’accès à internet, à l’équipement et à l’appropriation de l’ordinateur et de l’internet :


Philippe Guerrier, journaliste de VNUnet, se souvient d’une expérience intéresse en matière de lutte contre l’exclusion numérique pour les publics modestes (”Comment connecter la France “d’en bas”“, 11 juillet) :

“Des prestataires avaient déjà tenté de développer des formes d’accès Internet en collaboration avec des bailleurs de logements sociaux. Par exemple, en 2003, le programme-cadre Facil (acronyme de Favoriser l’Accès à la Communication Internet aux Locataires de l’habitat social) avait été mis en place. Ce dispositif, qui alliait un ordinateur avec un accès Internet, avait été déployé dans le Cottage Social des Flandres, un organisme d’habitat social du Nord-Pas-de-Calais. Mais, depuis, le programme Facil est tombé dans les limbes.”


Dans le forum de Clubic ; 86 commentaires à ce jour suite à l’article publié sur l’opération “1 euro pour les revenus modestes” ; parmi lesquels cette action concrète :

“Je monte des vieux PC ( P2-2X P2-P3 ) gratuitement pour des gens qui n’ont pas les moyens de se payer des machines plus recentes car ils préfèrent mettre leur argent dans autre chose que ça. Les gens qui n’ont jamais touché un PC, la puissance et tout le bordel ils s’en foutent complètement.”


Doutes évidents sur l’opération “PC à un euro” pour les personnes à faibles revenus
 


Le papier le plus critique sur cette mesure est celui de Damien Dubuc pour Libération (le 17 juillet 2006) titré : “Doutes sur le déclic à 1 euro ” avec une réflexion en 3 parties et une parole donnée à Benoit Sillard (Délégation aux Usages de l’Internet) et à Michel Briand (Maire-adjoint de Brest, impliqué depuis bien des années dans l’accès public à l’Internet par des actions concrètes) :

“- Cette offre vaut-elle le coût ?

- Cette offre va-t-elle permettre de toucher les familles aux revenus les plus modestes ? 

- L’accès individuel au Net est-il le meilleur moyen de réduire la fracture numérique ?”


Sur ce dernier point, les deux avis des intéressés s’opposent :

“”Il faut aller au-delà de la réduction des coûts et développer des solutions collectives, affirme Michel Briand. Comme ces locataires d’HLM de Moulins (Allier), connectés depuis 2003 via leur poste de télévision grâce aux travaux de l’office HLM. “Il y a besoin d’un travail de proximité pour accompagner les personnes les plus éloignées de l’informatique, c’est-à-dire de l’écrit. L’accompagnement par une hot line est nécessaire, mais pas suffisant.” Exact, reconnaît la DUI, qui insiste sur la formation et l’accompagnement dont bénéficieront les usagers. Sans toutefois en préciser les modalités.

En revanche, elle s’inscrit en faux par rapport à l’idée de solutions collectives. “Regardez les espaces publics numériques : il en existe près de 3000, où Internet est en accès libre, mais ils ne touchent que 3 à 5 % de la population. Les solutions collectives, nous les défendons aussi, mais elles ne sont pas les plus adaptées pour permettre un accès massif aux nouvelles technologies.” Benoît Sillard, qui défend ses projets bec et ongles, sait qu’il ne convainc pas toujours : “Nos propositions vont faire bouger tout le monde, y compris ceux qui sont contre. Ça va les titiller et les pousser à faire des propositions alternatives.”"


Michel Briand insiste sur l’implantation de solutions d’accès et d’apprentissage au plus près des populations ciblées c’est-à-dire au sein des groupes de logements sociaux. Il explique le rôle essentiel de l’accompagnement humain pour des personnes en difficulté (niveau d’alphabétisation, problèmes psychologiques, proximité et confiance aux acteurs sociaux locaux).


À l’opposé, Benoit Sillard réfléchit en termes de chiffres et d’une massification de l’accès par des solutions d’accès individuels, venant même jusqu’à sous-estimer le rôle essentiel et non négligeable des EPN (Espaces Publics Numériques, dont il est pourtant le coordinateur État depuis 2002) dans l’appropriation et l’apprentissage de l’ordinateur clairement quantifié par les études annuelles GFK et Ipsos depuis 2002, EPN qui jouent un vrai rôle via les animateurs multimédias et structures de proximité à but non lucratif ; des démarches d’espaces multimédias associatifs ou soutenus par des collectivités territoriales.


Une mesure caduque et des amorces de solutions en réflexion


Depuis l’annonce de cette mesure qui présente des failles aussi bien dans sa modélisation économique, dans son aspect équitable que dans les objectifs poursuivis, des élus, animateurs multimédias, internautes et acteurs de l’Internet citoyen s’interrogent vivement sur l’opportunité de maintenir cette initiative en l’état et dans ses axes déclarés.


Reviennent alors des idées fortes citoyennes de l’internet : une réflexion à mener autour d’un service universel de l’Internet (comme il a existé un service universel du téléphone), un accompagnement de proximité pour les personnes souhaitant s’initier à l’ordinateur et à internet, un accès mutualisé à bas coût de l’internet dans les logements sociaux, une éducation critique aux nouveaux médias et aux nouvelles technologies…

mardi 18 juillet 2006

S’unir pour agir : prix de la Fondation de France : des projets pour l’avenir dont 2 initiatives Internet solidaires lauréats 2006

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La Fondation de France a annoncé les résultats du Prix 2006 “S’unir pour agir : 100 projets pour l’avenir” qui récompense des projets solidaires associatifs concrets sur la thématique de la lutte contre l’exclusion et la précarité que ce soient des difficultés d’accès à l’emploi, d’intégration sociale, d’incertitude du lendemain…


Les critères de sélection des Prix 2006, S’unir pour agir :

  • “Les actions sélectionnées sont novatrices et exemplaires ;
  • Elles associent plusieurs types d’acteurs;
  • Elles visent à restaurer et/ou améliorer la qualité de la relation sociale ;
  • Elles s’inscrivent dans une démarche durable ;
  • Elles sont ancrées dans leur environnement local.”


Parmi les 12 prix nationaux (5 000 Euros chacun), récompensés dans les domaines de l’insertion, l’emploi, l’habitat, des personnes âgées ou handicapées, de l’environnement et de la santé, 2 projets liés à un internet solidaire ont été primés :


C’est leur tasse de thé

Présenté par le Centre Social du Grand Parc, Place de l’Europe, 33000 Bordeaux (voir la fiche de projet en .pdf)


Implanté dans un quartier HLM, avec plus d’un tiers d’habitants de plus de 60 ans, le Centre Social du Grand Parc propose depuis 1983 un lieu d’accueil et d’écoute pour les personnes de tous âges dans une optique de développement culturel et d’insertion sociale.


La mise en place d’activités socioculturelles au Centre Social par une vingtaine de personnes âgées autour d’une buvette a permis de rompre l’isolement social et d’améliorer leur quotidien. Parmi les 4 types d’activités dans le cadre de cette buvette, un atelier d’initiation à l’informatique facilite la communication entre les personnes âgées et leur famille dispersée ; avec un souci d’intégration intergénérationnelle. Les personnes sont aidées par un animateur adulte et des bénévoles.


La Fondation de France a financé le renouvellement du parc informatique (5 ordinateurs).


Vite Lu

Présenté par l’Association Lilavie - Vite Lu, 15/17 quai Gambetta, 53000 Laval (voir la fiche de projet en .pdf)


L’association Lilavie est née en 1938 pour permettre aux anciens élèves de l’Institut des Sourds St Louis, à Laval, de partager des relations sociales, notamment via l’accès à l’information au travers de l’écrit.


En 2000, l’association crée le Info-Fax Sourds, un journal bihebdomadaire simplifié traitant de l’actualité nationale et internationale ainsi que des infos pour les sourds, envoyé par télécopie ou pas courrier électronique.En 2003, Lilavie lance un journal simplifié pour les adultes ayant des difficultés avec l’écrit : “Vite Lu” (composé d’une page sur l’actualité avec des mots simples et des phrases courtes) diffusé dans toute la France.


La Fondation de France a permis de développer l’action de “Vite Lu” et de cofinancer la création d’un “Vite Lu Personnes âgées” s’adressant en priorité aux résidents de maisons de retraite et aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.


L’outil informatique est utilisé dans la conception du journal et pour la communication sur Internet afin de faire connaître “Vite Lu Personnes âgées”.


Aujourd’hui, 160 organismes sont abonnés à ce 2 pages : maisons de retraite, foyers logements hôpitaux dans 80 départements.


Source :

Anonyme (juillet 2006). “Fondation de France - Les prix S’unir pour agir - En 2006, 100 projets pour l’avenir” [En ligne], Fondation de France, Paris, Site (Page consultée le 18 juillet 2006)

dimanche 2 juillet 2006

Credibility Commons : David Lankes : “L’une des idées centrales du Web 2.0 est la sagesse des foules”

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David Lankes est enseignant à l’Université de Syracuse aux Etats-Unis. Il revient dans les colonnes du supplément Ecrans Libération du 1er juillet sur le projet Credibility Commons qu’il codirige ; extrait de cet entretien-tribune :

“Quels sont les objectifs de Credibility Commons ?

Nous considérons l’Internet comme un patrimoine commun (”Commons”) de la culture et de l’information. Constatant que la crédibilité de l’information sur l’Internet était un problème grandissant, nous avons, dans un premier temps, décidé de tester des outils qui permettent d’en rendre plus facile l’identification. Mais nous n’imaginons pas qu’un groupe de recherche unique puisse résoudre ces problèmes. Nous espérons développer une base commune à laquelle les industries, les écoles, les gouvernements et le grand public puissent participer et qui puisse devenir un terrain de jeu ouvert à tous ceux qui souhaitent fournir une meilleure information sur le Web. Dans ce sens, nous nous retrouvons très largement dans les concepts du Web 2.0. Nous voulons devenir un réseau social.

Travaillez-vous sur la crédibilité des bases de données Web 2.0 ?

L’une des idées centrales du Web 2.0 est la “sagesse des foules” : plus vous avez de personnes impliquées dans un problème ou une décision, meilleure est l’éventuelle solution. Cela constitue un des nouveaux moyens pour déterminer la crédibilité sur l’Internet. Nous avons par exemple créé un prototype d’application pour blog, StoryStarters, qui permet de questionner tous les utilisateurs de la même application sur n’importe quel sujet. La personne qui a posé la question peut ensuite consulter la totalité des réponses. Plutôt que de chercher un commentaire unique sur un forum anonyme, vous pouvez vérifier la source en consultant le blog de la personne et déterminer si ses réponses sont crédibles. Mais la vraie question est : comment construire des outils qui permettent aux individus d’obtenir l’information appropriée à leur cheminement ? Ce n’est pas aussi simple que “Credibility Commons dit que ce site est crédible”. Crédible pour qui ? A quelles conditions ?”


Source :

Chardronnet Erwan (1er juillet 2006). ”Tribune : David Lankes : "De nouvelles approches pour signaler les informations crédibles sur le Web", Libération, Supplément Ecrans, Paris, p. 46

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