Jean-Luc Raymond

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Tag - accompagnement

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vendredi 20 octobre 2006

Philippe Quéau, l'enjeu de l'éducation dans les sociétés du savoir

Philippe Quéau (UNESCO) publie un brillant article sur son blog Metaxu à propos de la marchandisation des savoirs à l'époque actuelle mondialisée et de l'enjeu majeur que constitue l'éducation : De la réforme de l'éducation dans les sociétés du savoir. Il propose une augmentation des compétences en sus de l'acquisition de savoirs faire et la nécessité du travail coopératif ; extrait :

"Au moment où certains fossés s'élargissent et s'approfondissent, il faut y insister, la capacité à travailler en groupe, en réseaux, en partenariat devient primordiale. D'où l'importance de créer un environnement d'apprentissage global, ouvert, au service de tous, en tous lieux, à tous moments et dans tous les domaines du savoir. Les réseaux d'écoles, de bibliothèques, de musées, les laboratoires virtuels, constitueront de plus en plus une nécessaire infrastructure coopérative à large échelle. Car le savoir augmente en se partageant. À ce titre il est l'exemple archétypal du bien public.

Si l'éducation comme l'accès à l'information et au savoir sont, par excellence, des "biens publics mondiaux", il faut noter que les tendances à la marchandisation du savoir et de l'éducation risquent d'aggraver les fossés économiques, culturels, sociaux entre ceux qui sont déjà largement bénéficiaires de la révolution de l'information et ceux qui en subissent les effets pervers."


Source :

Quéau, Philippe (19 octobre 2006). "De la réforme de l'éducation dans les sociétés du savoir" (En ligne), Metaxu, Rabat (Page consultée le 20 octobre 2006).

mercredi 18 octobre 2006

Recherche d'emploi sur Internet : Jobetic, un blog avec des ressources indispensables et un guide de la recherche d'emploi sur Internet

Jobetic est l'un des blogs les plus intéressants consacré à la recherche d'emploi sur Internet. Il a été créé par l'équipe d'Alias Presse, une agence de Presse spécialisée sur le thème de l'emploi, du monde de l'entreprise, des technologies et de l'innovation dont la journaliste Corinne Zerbib est fer de lance. Corinne Zerbib est d'ailleurs l'auteur d'un ouvrage de référence à petit prix : "Rechercher un emploi sur Internet" (collection Vie Active, aux Éditions J'ai lu, 2005).


Jobetic fait une veille conséquente sur l'emploi et internet, et outre l'actualité du secteur, met à disposition des ressources essentielles comme l'annuaire des job boards (sites Internet généralistes d'offres d'emploi), une lettre d'informations gratuite envoyée par courrier électronique, une rubrique Secteurs qui traite du recrutement en régions.


Plus pertinent encore, le blog Jobetic a regroupé différents articles dans un guide de la recherche d'emploi sur Internet s'enrichissant au fur et à mesure avec ces différents chapitres :

Adaptez votre candidature aux 'nouveaux' médias,
Planifiez votre recherche d'emploi,
Préparez vos e-CV et lettre de motivation,
Anticipez le CV universel,
Chassez les offres d'emploi en ligne,
Lancez vos candidatures spontanées,
Suivez vos candidatures,
Créez votre blog emploi,
Entrez dans les réseaux,
Cooptez-vous les uns les autres.


Source :

Collectif (octobre 2006). Jobetic (En ligne). Alias Presse, Hermanville-sur-Mer, Blog (Page consultée le 18 octobre 2006)

Feirouz Boudokhane, Comprendre le non-usage technique, réflexions théoriques, usages et non-usages des Technologies de l'Information et de la Communication

Feirouz Boudokhane est doctorante en Sciences de l'information et de la communication au sein du GREM (Groupe de Recherche et d'Étude sur les Médias) à l'Université Michel de Montaigne, Bordeaux 3 et prépare actuellement une thèse intitulée "L'Internet refusé : étude sur le non-usage du réseau" sous la direction d'André Vitalis.


Dans un article scientifique (working paper) paru le 16 octobre 2006 : "Comprendre le non-usage technique : réflexions théoriques", Feirouz Boudokhane essaye d'identifier certains éléments explicatifs du non-usage technique des Technologies de l'Information et de la Communication pour sortir du cadre habituel usages/usagers. L'acte de non-usage peut-il être expliqué ? Feirouz Boudokhane présente un état de l'art théorique des recherches sur cette thématique. L'approche est donc multiple : elle va des facteurs explicatifs du non-usage liés aux caractéristiques de la technique (l'inconvénient perçu ; l'incompatibilité perçue ; les risques perçus ; les "faibles" possibilités d'essai et de transfert) aux caractéristiques de l'individu permettant de déterminer le non-usage (l'impact du sentiment d'auto-efficacité sur le non-usage ; autres caractéristiques).


En conclusion, Feirouz Boudokhane fait allusion à Michel de Certeau (le "braconnage", lire à ce propos "Michel de Certeau et la mystique du quotidien" par Pierre Macherey) :

"Dans l'univers des TIC, il n'y a pas que des "braconnages" et des détournements des modes d'emploi, mais il y a aussi des formes de non-usage voir des résistances à ces technologies. Il semble donc nécessaire de comprendre les raisons de ces phénomènes."


Source :

Boudokhane, Feirouz (16 octobre 2006). "Comprendre le non-usage technique : réflexions théoriques" (En ligne), Les Enjeux de l'information et de la communication, Université Stendhal Grenoble 3, 1 p. (Page consultée le 18 octobre 2006). Info via Olivier Trédan.

mardi 17 octobre 2006

Qu'est-ce qu'un wiki : définition, utilisation, usages, enjeux et pratiques... Et nouveau : le vidéo-wiki

Sur son nouveau blog Valeurs d'Usages, Sébastien Sauteur aborde en 3 billets la découverte de l'outil Wiki et ses possibilités dans le milieu professionnel en résumant les apports du wiki dans un contexte entrepreneurial :


Qu'est-ce qu'un wiki #1 - Définition et utilisation de l'outil : tentatives de définition ; en pratique : utiliser l'outil ; suivre la vie du wiki ; les rétroliens : cohérence de l'hypertexte ; autres fonctionnalités,


Qu'est-ce qu'un wiki #2 - Usages et intérêt pour l’entreprise : imaginons quelques usages ; intérêt du wiki pour une entreprise,


Qu'est-ce qu'un wiki #3 - Enjeux et pratiques professionnelles : la place du wiki dans la panoplie des outils NTIC ; opportunité d'un wiki : gagner du temps ici et maintenant ; autre facteur d'opportunité : prendre de l'avance sur le temps qui vient ; question faisabilité : souhaite-t'on vraiment travailler différemment ? ; en pratique : peut-t'on travailler autrement ? Conclusion.


Toujours sur le sujet Wiki, ce soir, Christophe Ducamp pointe vers une expérimentation de vidéo-wiki en test ici avec Cdml Video.

Pauvreté en France

Aujourd'hui, 17 octobre, la 19e Journée Mondiale du Refus de la Misère, un événement récurrent chaque année organisé chaque année par un groupement d'associations parmi lesquelles ATD Quart Monde et le Secours Catholique. Parmi les manifestations de ce rendez-vous 2006, un appel afin que "l'accès aux droits fondamentaux devienne la priorité des politiques publiques, et que l'État n'abandonne pas sa responsabilité de garant du droit".


Dans son hors-série "Les Chiffres de l'économie 2007" qui vient de paraître, Alternatives économique dresse un panorama statistique éloquent de la pauvreté, complexe, car aux populations marginalisées, s'ajoutent les travailleurs pauvres : "6 % de personnes pauvres en 2003, contre 12 % en 1970. La tendance est nette : la pauvreté a été sérieusement réduite dans notre pays, mais elle ne diminue quasiment plus depuis 1990, alimentée par un niveau de chômage qui se maintient à un niveau élevé." De nos jours, la pauvreté a plusieurs visages : plus d'un million de salariés perçoivent des revenus inférieurs au seuil de pauvreté. Fin 2005, on comptait 1,3 million de bénéficiaires du Revenu Minimun d'Insertion (R.M.I.); soit deux fois plus qu'en décembre 1992. En France, 6 millions de personnes vivent des allocations de minima sociaux plus de 10 % de la population.


Ce jour, les articles sur la pauvreté pleuvent dans les médias qui donnent écho à cette journée et à des conditions de vie précaires (logement, travail, santé, moyens de subsistance, de se cultiver...). Petite revue de Presse sur le sujet :


"La misère, au bas de notre porte" (France 3 Ouest) :

"L'eau courante est arrivée il y a huit jours, alors qu'ils sont installés là depuis plus de trois mois. Pas d'électricité, des bougies éclairent la nuit. Pas de gaz, si ce n'est une poignée de bouteilles pour la cuisine. Pas de chauffage sinon des braseros quand arrivent les premiers froids."

"Exclus, l'inaccessible santé" (Libération) :

""En 2005, 22 % des personnes rencontrées dans nos centres de soins ne pouvaient bénéficier d'aucune couverture maladie." Ce taux a doublé depuis quatre ans. "Quant à ceux qui pourraient relever d'une couverture maladie, 82 % n'avaient pas encore pu obtenir son ouverture lorsqu'ils sont venus à Médecins du monde [MDM]." En d'autres termes, les précaires en situation régulière ou non ­sont de plus en plus exclus des soins. Et, au final, de plus en plus malades, souffrant de pathologies lourdes et chroniques."

"Dire non à la misère" (France 3 Alsace) :

"On estime qu'en France, 4 à 7 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, c'est à dire avec moins de 650 € par mois. Selon le Président d'Emmaüs France, Martin Hirsch, il y a de plus en plus de travailleurs pauvres, et de jeunes laissés-pour-compte."

"La Fondation Abbé Pierre s'inquiète" (Le Nouvel Observateur) :

"La Fondation Abbé Pierre dénonce la difficulté croissante pour les plus modestes de payer leur logement. Qu'on soit un étudiant logé dans le privé, ou un ménage à revenu modeste vivant en habitation à loyer modéré (HLM), il est de plus en plus difficile de faire face aux dépenses du logement chaque mois."

"34 % des généralistes refusent des patients relevant de l'aide médicale d'État, selon Médecins du monde" (Le Monde) :

"Près de quatre médecins sur dix refusent les soins aux bénéficiaires de l'aide médicale d'Etat (AME) ou tentent de les dissuader de venir les consulter, et près d'un médecin sur dix refuse ces soins aux patients relevant de la couverture maladie universelle (CMU), affirme Médecins du monde après un "testing" auprès de médecins généralistes. Il s'agit de la quatrième enquête depuis 2002 sur ce sujet "tabou" du refus de soins, rappelle Médecins du monde, et de la plus large par le nombre de médecins testés (725) et de régions concernées (10 villes)."

"Interview de Jacques Cotta, auteur du livre : 7 millions de travailleurs pauvres" (ActuChomage) :

"La pauvreté concentrée créé en général des tensions importantes que j'ai pu vérifier au cours de mon enquête, notamment dans les foyers la nuit, mais aussi sur les marchés lorsque les "glaneurs" convoitent parfois les mêmes prises : ici un cageot de salades défraîchies, là quelques fruits abandonnés par leur vendeur... Cette tension est bien compréhensible et d'autant plus exacerbée que s'opposent des travailleurs pauvres encore impliqués dans des relations sociales et liées à la notion de travail à des pauvres en perdition totale, plus clochardisés et souvent alcoolisés. Mais lorsque des travailleurs pauvres sont confrontés les uns aux autres de façon durable, par exemple dans quelques logements de fortune ou encore dans les tentes fournies par MDM, c'est la solidarité qui joue à plein. Ils ne font ni la différence d'origine, ni de langue, ni de nationalité. Ils sont dans la même galère et ensemble veulent en sortir."

À noter qu'en ce 17 octobre, l'Observatoire des Inégalités produit un dossier statistique sur la Pauvreté en France. Le même observatoire publie l'ouvrage "L'état des inégalités en France 2007" coordonné par Louis Maurin, aux Éditions Belin :

"Pourquoi les fils et les filles d’ouvriers ne sont-ils que 6 % des élèves de grandes écoles alors qu'ils représentent un tiers des enfants ? Comment expliquer que les hommes perçoivent - tous temps de travail confondus - des revenus supérieurs de 40 % à ceux des femmes ? Pourquoi le taux de chômage dépasse-t-il les 30 % pour certaines minorités d'origine étrangère, du Maghreb notamment ? Sait-on qu'il y a aujourd’hui en France 7 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté, dont un million d’enfants pauvres ?"

lundi 16 octobre 2006

Référentiel de compétences des métiers du multimédia en Europe, NAME, Nomenclature Analytique du Multimédia Européen

L'association APRONET (Association des Professionnels internet TIC des collectivités locales publiques) pointe à partir de sa bourse d'échanges de savoir-faire vers le référentiel de compétences des métiers du multimédia en Europe (NAME : Nomenclature Analytique du Multimédia Européen) : un travail financé par la Commission Européenne dans le cadre du Programme Leonardo da Vinci, coordonné par Aquitaine Multimédia et qui a demandé 2 ans de travail.


Les principales associations professionnelles multimédia d'Europe représentant plusieurs milliers d'entreprises du secteur ont collaboré pour établir ce référentiel avec 4 familles de métiers pour la conception : conduite de projet, scénarisation, conception et réalisation graphique, développement; et 3 familles de métiers pour l'exploitation : administration de site, webmarketing, métiers divers d'exploitation.


Les 26 métiers observés et les 96 tâches étudiées font l'objet de traductions dans neufs langues (Français, Anglais, Allemand, Espagnol, Portuguais, Italien, Néerlandais, Finlandais, Slovène).


Cet outil est en libre accès (sur inscription par courrier électronique) et permet donc à tous les acteurs du secteur entreprises, organismes de formation, institutions, salariés ou demandeurs d'emploi) de mieux identifier les métiers du multimédia en Europe.


Source :

Privilis (octobre 2006). NAME Multimedia (En ligne), Privilis, Bordeaux, Site (Page consultée le 16 octobre 2006)

jeudi 12 octobre 2006

Evaluer l'information sur Internet, quelques liens et repères

Évaluer l'information sur Internet est une question récurrente pour valider l'autorité ou non d'un site ou d'une page sur un sujet traité. Cette préoccupation n'est pas nouvelle et exige une méthodologie et des points d'ancrage en forme de questionnements pour évaluer la qualité de l'information fournie.


En anglais, une bonne page d'entrée synthétique avec conseils et astuces sur l'évaluation de l'information sur Internet est fournie par la bibliothèque Universitaire de Flinders à Adélaïde (Australie) : Evaluating Information on the Web. Plus explicative et sous la forme d'un tutoriel, la page de Joe Barker (Bibliothèque de l'Université de Berkeley en Californie) pose 5 points pour l'évaluation d'un site Web avec à chaque fois, des questions à se poser et leur implication : "Evaluating Web Pages: Techniques to Apply & Questions To Ask".


En Français, la Bibliothèque Universitaire de Montréal est plus large dans son approche en proposant d'évaluer la qualité des sources numériques avec les critères suivants : fiabilité des sources, réputation de l'auteur, objectivité de l'information, exactitude de l'information et actualité de l'information. Les bibliothèques des sciences de la santé de l'Université de Montréal s'attachent, elles ,à l'évaluation d'un site Web en 5 thèmes repères (contenu, autorité de la source, mise à jour, facilité d'utilisation, design et esthétisme) et précise :

"Le réseau Internet ne possède pas de système de contrôle de la qualité de l'information. Si vous ne voulez pas diminuer la valeur de vos travaux en utilisant des informations de mauvaise qualité ou en citant des informations douteuses, vous devez évaluer les sites Web que vous rencontrez. Comme n'importe qui peut publier n'importe quoi sur l'Internet, c'est à l'utilisateur d'exercer son esprit critique."


Enfin, les dossiers "Rechercher sur Internet : Évaluer l'information" et "Rechercher sur Internet : Évaluer un site" de Educnet comprenant des références sur des grilles d'analyse sur le Web et l'appréciation de la qualité des sources, constituent un référentiel de liens intéressants dans une démarche pédagogique d'apprentissage de l'Internet, en particulier avec de populations en âge scolaire.

mardi 10 octobre 2006

Ordinateur : comment bien accompagner ses enfants ? Un dossier de l'Internaute.com

Le site L'Internaute présente dans sa rubrique High Tech un nouveau dossier sur les enfants et l'ordinateur : "Ordinateur : comment bien accompagner ses enfants ?". Au sommaire, une sélection de 16 jeux ludoéducatifs pour enfants sur cédéroms regroupés par tranches d'âge, un zoom sur 4 logiciels de contrôle parental et une réflexion sur leurs fonctionnements et leurs limites, des conseils aux parents et aux enfants dans l'utilisation d'Internet et des témoignages de parents sur le contrôle parental à partir de 3 questions clés.


Source :

Collectif (4 octobre 2006). "Ordinateur : comment bien accompagner ses enfants ?" (En ligne), Linternaute.com, Benchmark Group, Paris, Dossier (Page consultée le 10 octobre 2006).

jeudi 28 septembre 2006

Jacques Cotta, 7 millions de travailleurs pauvres, la face cachée des temps modernes

Le journaliste Jacques Cotta a publié chez Fayard, le 27 septembre, un récit-essai sur une population française oubliée : les 7 millions de travailleurs pauvres : "7 millions de travailleurs pauvres. La face cachée des temps modernes".


Il y décrit de façon magistrale la vie au quotidien d'hommes et de femmes sans logis qui, la plupart du temps, errent chaque soir pour trouver un logement digne de ce nom, cherchent de quoi manger et désirent se laver ; ces mêmes personnes qui travaillent chaque jour pour un salaire dérisoire.


Crise du logement oblige, ces travailleurs pauvres sont victimes de la gentrification, terme barbare mais urbain, leur faible niveau de revenus les excluant de la ville mais aussi de la périphérie des villes. De plus en plus rejetées dans le rural, ces personnes se voient rejeter de la possibilité d'avoir un travail stable du fait de la difficulté à se déplacer par les modes de transports en commun, leur accès à la culture demeure limité, ne parlons même pas d'un accès à Internet digne de ce nom. Le livre de Jacques Cotta évoque ces gens-là, ceux qui n'ont pas d'organisations représentatives, ceux qui se taisent, dans la société française, qui n'existent pas sauf dans des statistiques liées à des revenus :

"Depuis que j'ai quitté l'homme au costume, je reste en butte à quelques questions qui se bousculent. Qui sont vraiment ces nouveaux pauvres, ces "poor workers" à la française ? La clocharde vautrée est détectable, mais eux ? Y a-t-il une trajectoire bien identifiée qui mène à cette nouvelle pauvreté, ou chaque cas est-il particulier ? Comment ces nouveaux pauvres ont-ils basculé ? Comment vivent-ils au quotidien ? Pour quelle raison l'homme qui vient de me parler a-t-il tout d'un coup sombré ? Il est environ 20h30, la pluie a cessé, et l'agitation habituelledu quartier a repris le dessus. Sous les appareils de chauffage extérieurs, les terrasses sont pleines, la musique resonge, couvrant le bruit des voitures qui passent à toute allure.

Malgré les apparences, statistiquement, il y a là des hommes et des femmes directement concernés que je ne peux repérer. Ils sont en effet 7 millions de France à connaître cette pauvreté, à ne pouvoir se nourrir, subvenir à leurs besoins élémentaires, se loger. Plus de 3 sans domicile fixe sur 10 ont un boulot et pourtant, comme l'homme que j'ai quitté à l'instant, cherchent soir après soir où dormir. Comment les reconnaître alors qu'ils sont comme vous, comme tout le monde, comme moi ?"


Statistiquement en France, plus de 7 millions de salariés perçoivent un salaire inférieur à 722 euros par mois et se trouvent dans l'incapacité de se nourrir, de se loger ou de s'habiller décemment, de même que leur famille. Plus de 12 millions ont moins de 843 euros de revenu mensuel. Entre la moitié et les deux tiers des femmes qui travaillent ont un contrat d'intégration (CES, CIE, CES...) et touchent moins de 750 euros par mois, ont un enfant, vivent seules ou avec un conjoint au chômage et forment 90 % des familles monoparentales.


Alors que la France n'a jamais été aussi riche - le Produit Intérieur Brut est en progression constante depuis le début des années 1990 - la précarité s'est développée sur un mode exponentiel. En 10 ans, l'intérim a augmenté de 130 %, le nombre de CDD de 60 %, les CDI de seulement 2 %. Plus d'un million de personnes bénéficient du RMI, plus de 500 000 de l'allocation solidarité.


Daniel Mermet (France-Inter) a consacré son émission "Là-bas si j'y suis" du 27 septembre à un entretien avec le journaliste Jaques Cotta à l'occasion de la sortie de son livre 7 millions de pauvres. Vous pouvez écouter cette émission à cette adresse.


Source :

Cotta, Jacques (27 septembre 2006). 7 millions de travailleurs pauvres, la face cachée des temps modernes, Fayard, Paris, 308 p.

Le Programme d'Accès Communautaire canadien en péril, les Espaces Publics Numériques canadiens en difficulté

Le Programme d'Accès Communautaire (P.A.C.) Canadien est-il en train de mourir ? C'est la question que l'on peut se poser. Cette initiative qui compte 11 années d'existence et qui a donné naissance à des milliers de C.A.C. (Centres d'Accès Communautaire) dans le pays a été précurseur de nos Espaces Publics Numériques à la Française et a inspiré de nombreux programmes de mise en place d'espaces publics multimédias à but non lucratif par des Etats ou des régions dans le monde.


Dès 1995, le Gouvernement Fédéral Canadien décide d'un vaste plan de création de points d'accès publics à internet (C.A.C.) accompagnés sur l'ensemble du pays animé le plus souvent par des bénévoles afin de faire découvrir Internet au plus grand nombre et d'aider les citoyens à s'approprier les outils informatiques et l'Internet. Aujourd'hui, ce le financement du P.A.C. est remis en cause par le Gouvernement Canadien et la décision sera entérinée à la fin du mois septembre.


Coordonné par l'organisme à but non lucratif Communautique, le blog Numérique s'interroge à juste titre sur cette décision politique :

"La fin du Programme d'accès communautaire dans son ensemble ainsi que de l'Initiative jeunesse de ce même programme aura des conséquences importantes pour plusieurs communautés à travers le Québec et le Canada et plus particulièrement pour les personnes les plus touchées par la fracture numérique soit : les personnes handicapées, les personnes en processus d’alphabétisation, les personnes voulant intégrer le marché du travail, les nouveaux arrivants, les Premières nations et les personnes vivant en région éloignée.De plus, la mise en ligne des services gouvernementaux exclue et continuera d'exclure une large part de la société de l’accès à l'information essentielle à une participation pleine et entière à la société d’aujourd'hui. Que fait-on du 37% restant des gens qui n'utilisent pas Internet ou qui n'y ont pas accès? Si j'en crois le succès de nos activités (Plus de 7700 ateliers de formations donnés cet été, par 106 animateurs, un record!) ce programmme a toujours sa raison d'être..."


Sur les listes de discussion internationales sur les "telecentres", les doigts s'échauffent sur les claviers pour que le Gouvernement canadien revienne sur cette décision.


La Presse au Canada commence à se faire l'écho de la disparition du P.A.C. comme le Chronicle Herald de ce jour qui y consacre un article : "CAP has been cut -- officials" en retenant la mise en péril de 279 Espaces Publics Numériques locaux et communautaires utiles pour la population dans la région de Nova Scotia, le rôle culturel et patrimonial d'informations historiques locales collectées et enregistrées dans ces lieux d'accès publics par des bénévoles.


A l'initiative de TéléCommunautés, Communautique lance une campagne de courriel pour la sauvegarde du Programme d'Accès Communautaire à partir de cette page :

"Vous n'êtes pas sans savoir que le Programme d'accès communautaire (PAC) ainsi que l'Initiative jeunesse du PAC (IJ-PAC) se termineront sans doute bientôt faute de financement. Pourtant, nous demeurons convaincus de l'utilité de ce programme et de ses bienfaits sur les collectivités qu'il dessert. Il va sans dire qu'un financement récurrent de ce programme faciliterait grandement la tâche des personnes qui travaillent sans relâche pour mener à bien ce projet, mais surtout pour aider les gens qui fréquentent les Centres d'accès communautaire Internet à franchir le fossé numérique."

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