Jean-Luc Raymond

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vendredi 10 novembre 2006

Jean-Pierre Corniou, la connaissance n'est pas un stock mais un flux

Jean-Pierre Corniou (haut-fonctionnaire, ex-Directeur des Systèmes d'Information de grandes entreprises dont Renault) s'est exprimé lors des Rencontres ICC 2006, (Anticiper, Décider et Innover dans l'économie de la connaissance) au Palais Brongniart, le 19 octobre, lors de la plénière Décider, Innover et Agir dans l'Economie de la connaissance. Luc Legay a enregistré en vidéo une partie de l'intervention de Jean-Pierre Corniou sur le thème "Information et connaissances" dont voici la transcription écrite :

"Dans un monde bruissant d'informations et de connaissances, on ne peut pas s'en tenir à un savoir statique. La connaissance n'est pas un stock mais un flux. Ce n'est pas parce que vous avez fait Polytechnique à 22 ans, qu'à 50 ans, vous êtes toujours compétitif. Et ça, c'est extrêmement important de remettre en question notre processus d'élaboration du modèle élitiste et donc du pouvoir en le réinjectant, en le repositionnant de façon dynamique par rapport à l'émergence de ces formes nouvelles.


Plus que jamais, l'éducation au discernement, la réflexion critique, l'intelligence cognitive vont être des facteurs de différenciation. Et à cet égard, la manière dont marchent les outils staliniens que sont les appareils de formation initiaux m'inquiètent considérablement parce qu'au lieu d'avoir des machines productivistes dont le taux de rendement est catastrophiquement faible comme l'enseignement français (on forme 25 000 ingénieurs par an sur une classe d'âge de 750 000 jeunes avec un taux de non-productivité considérable), il faut absolument et de façon immédiate repenser ce qu'on apprend à l'école parce qu'on apprend à l'école, ce n'est pas du tout à utiliser les moteurs de recherche, c'est un savoir mort, statique, écrit dans des livres par des inspecteurs généraux qui n'ont pas ouvert leur ordinateur de leur vie parce qu'ils ne savent pas ce que c'est. Et donc, il faut repenser le processus éducatif. Et des pays comme la Finlande, la Corée du Sud, ont complètement revu leur méthode d'éducation et fabriquent des gens dont le discernement, la capacité d'analyse, la compréhension fine de l'information sont le vecteur de la connaissance.


C'est le process d'acquisition et de restitution de connaissances qui va aujourd'hui être discriminant dans la société et dans le monde de l'entreprise. Ce n'est plus l'information acquise à l'instant T qui, de toute façon, est morte. Nous sommes en dynamique et nous ne sommes plus dans un monde statique. Voilà la manière dont je perçois ce management de la complexité. Apprendre en entreprise, apprendre à l'école, apprendre en tant que citoyen, apprendre dans l'ensemble de la société civile à décrypter la complexité de ce monde ; ne plus en avoir peur, la maîtriser et se lancer dans une vision extrêmement dynamique de la société de la connaissance qui n'est pas la gestion d'un stock accaparé par une minorité de gens et qui est une production collective. (...)


La recherche d'informations, c'est absolument consubstantiel à l'intelligence humaine. Nous avons des capteurs d'informations qui sont permanents et qui sont constants. On est fabriqué comme cela. On capte la température. On capte le mouvement. On capte la lumière. Aujourd'hui, on capte avec des outils, de l'information de toute nature et notre processus cérébral est de transformer cette information, ces "data", ces données en information et ces informations en connaissances. C'est ça l'intelligence humaine. On est équipé d'une CPU ultrapuissante pour faire cela et évidemment tout ça nous permet de prendre des décisions, de faire comme disent les Québécois "de poser des gestes".


Je trouve absolument génial qu'on soit dans une ère d'excès d'information. Tant mieux. On est passé dans l'ère de la rareté, dans l'air du pouvoir qui nous interdisait d'échanger de l'information, et attention, attention, il y a des gens qui veulent nous ramener à ça, tous les jours, parce que l'information fait peur. Elle dérange. Elle est contradictoire. Elle est bruissante. Toute l'expérience humaine, toute la richesse collective est née sur la capitalisation et l'échange d'informations transformées en connaissances. Donc, je n'ai pas peur d'avoir trop d'informations, je me réjouis.


Par contre, il faut accroître notre bande passante. Il faut savoir mieux lire. J'écris dans 
mon blog qu'Internet réhabilitait l'écrit. Bien sûr. Je pense aussi qu'il faut savoir lire les images. Je regrette que Dominique Wolton ne soit pas là parce que c'est extrêmement intéressant ce qu'il dit, son propos sur la lecture de l'image. Je trouve qu'apprendre aux enfants - il se trouve que ma femme est enseignante dans le primaire, elle a 18 élèves - et je déplore qu'il n'y ait pas 18 ordinateurs personnels dans sa classe lui permettant d'apprendre la géographie avec Google Earth.


Je crois qu'il faut qu'on apprenne à travailler dans un monde multimédia où nos sens sont sollicités de façon très complexe... Mais allez visiter une cathédrale à l'époque où les gens ne savaient pas lire. La richesse sémantique d'une cathédrale est quelque chose de fabuleux. La lecture d'un paysage, la lecture d'une ville, la lecture de la nature, ce sont des choses remarquables. Il y a énormément d'informations. Donc, je crois qu'il faut se réjouir de l'abondance d'informations. Il faut déplorer que nos process et nos algorithmes de traitement de l'information soient encore si pauvres et si mal préparés par les systèmes éducatifs."

jeudi 9 novembre 2006

Jacques Attali, Une brève histoire de l'avenir

Dans son nouvel ouvrage de prospective, Une brève histoire de l'avenir, Jacques Attali dessine le futur de l'homme et de la société "hyper". Il prédit que les progrès techniques vont bouleverser le travail, le loisir, l'éducation, la santé, les cultures et les systèmes politiques. La seule rareté de notre monde sera le temps. Dans un point consacré aux technologies, Jacques Attali y décrit le phénomène d'ubiquité nomade, à l'horizon 2030, chacun étant connecté dans l'espace et dans le temps. Extrait :

"Avant 2030, chacun, sauf les plus pauvres, sera connecté en tous lieux à tous les réseaux d'information par des infrastructures à haut débit, mobiles (HSPDA, WiBro, WiFi, WiMax) et fixes (fibre optique). Chacun sera ainsi en situation d'ubiquité nomade. Cela a déjà commencé : Google vient de mettre à disposition des habitants de la ville californienne où est situé son siège, Mountain View, et de ceux de San Francisco, un accès gratuit et universel à Internet sans fil à haut débit. En Corée, des villes entières sont maintenant équipées de réseaux de téléphonie mobile HSDPA, dix fois plus performants que la 3G, et d'accès à Internet mobile (WiBro). Ces infrastructures numériques permettront aussi aux collectivités de mieux gérer la sécurité urbaine, les encombrements dans les transports et la prévention des catastrophes.

Cette mise en réseau des membres de la classe créative dispersés en plusieurs lieux favorisera la création en commun à distance, sans avoir à se réunir dans un même "coeur", de logiciels, de services, de produits, de productions. Des langages permettront d'écrire des programmes accessibles au plus grand nombre et de structurer l'information pour donner accès simultanément aux données et au sens."

(...)

"On assistera à l'ultrapersonnalisation des contenus en fonction des besoins et centres d'intérêt de chaque individu : combinaison de textes, fichiers audio et vidéo sélectionnés selon ses centres d'intérêt. Les distinctions entre presse, radio, télévision et "nouveaux médias" seront de moins en moins pertinentes. Les médias devront, pour survivre, accepter cette marche inéluctable vers des médias gratuits, participatifs et ultra-personnalisés.

Les livres deviendront aussi accessibles sur des écrans bon marché et aussi fins que du papier e-paper et e-ink : nouvel objet nomade en forme de rouleau, donnant ainsi une réalité commerciale aux livres électroniques. Ils ne remplaceront pas les livres, mais auront d'autres usages, pour des oeuvres éphémères, sans cesse actualisées, et écrites spécialement pour ces nouveaux supports."

Sur l'ouvrage de Jacques Attali, Une brève histoire de l'avenir, à consulter : Jacques Attali interviewé par Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1 (25 octobre 2006) et Un entretien avec Christophe Barbier pour l'Express (26 octobre 2006), 


Source :

Attali, Jacques (octobre 2006). Une brève histoire de l'avenir, Fayard, Paris, pp.188-192.

mercredi 8 novembre 2006

De A à Z, Internet, Les nouveaux usages, hors-série de 60 millions de consommateurs

L'Institut National de la Consommation (I.N.C.) vient de publier un hors-série très pratique (n°129) : "De A à Z, Internet, Les nouveaux usages, hors-série de 60 millions de consommateurs, pour surfer efficace et utile". En couverture, l'accent est porté sur le Web 2.0, podcast et wiki comme dans l'éditorial de Marie-Jeanne Husset (directrice de la rédaction) titré : "Le Web fait sa révolution" ; extrait :

"Avec le Web 2.0 se concrétise, plus de dix ans, après, l'utopie initiale d'Internet : la participation et la collaboration des internautes eux-mêmes à la Toile. Le Web 2.0 regroupe ainsi des services beaucoup plus faciles à utiliser, qui ne nécessitent pas le téléchargement d'un programme. Il permet aussi des usages réellement communautaires. (...) Simplicité et diversité des usages réellement communautaires (...) Le Web 2.0 permet enfin à chacun de créer son propre site pour y abriter son journal intime, son blog. (...) Simplicité et diversité des usages caractérisent donc le Web nouveau. L'internaute ne se contente plus de surfer, il devient producteur de contenus, textes, photos, vidéos, etc., qu'il peut partager avec tous ceux qui le souhaitent. C'est la culture de l'échange et de la rencontre qui s'affirme. Certains y voient le paradis de la communication idéale ininterrompue. D'autres, l'enfer, et ils prédisent les pires dérives."

Particulièrement bien conçu, ce hors-série de 60 millions de consommateurs aborde l'internet par la praticité et par le biais d'utilisations thématiques en employant des mots simples et parlants : Albums photos, Archivages, Bonnes causes, Dossier médical personnel, Recherche d'emploi, Renseignements juridiques, Troc, Vidéo à la demande. 61 sujets phare sont explicités avec des captures d'écran, liens de référence et des cadres récapitulatifs intitulés "l'essentiel".


Source :

Collectif (Décembre 2006). "De A à Z, Internet, Les nouveaux usages" (En ligne). 60 Millions de consommateurs, Hors-série n°129, 100 p.

Haptique (tendance 003)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot ou expression à suivre...

En informatique, les technologies d'interface entre l'utilisateur et la machine permettent d'établir une communication. Les logiciels de reconnaissance vocale sont déjà diffusés dans de nombreuses applications. Autre développement à venir : l'interface haptique (du grec haptein "toucher", le terme haptique désigne la science du toucher, par analogie avec acoustique ou optique). Le projet européen de recherche GRAB (Computer GRaphics Access fo Blind People through a haptic virtual environment) veut offrir aux non-voyants un accès au monde graphique des ordinateurs :

"L'utilisateur glisse ses deux index dans des réceptacles portés par des bras montés sur vérins qui vont simuler la résistance qu'offrirait une image en trois dimensions si elle était parcourue du bout des doigts. L'équipement consiste en ce couple de bras articulés - interface haptique -, une unité de reconnaissance et de synthèse vocale permettant la communication entre l'homme et la machine et un logiciel de modélisation de géométrie tactile qui pilote l'interface. Ce logiciel est générique, c'est-à-dire qu'il peut s'adapter à différents types d'interfaces haptiques et utiliser toute image tridimensionnelle encodée selon la norme standard d'échange entre systèmes CAD (conception assistée par ordinateur). Des non-voyants ont pu tester cette innovation, notamment en expérimentant une chasse au trésor dans un bâtiment parsemé de pièges et en découvrant la structure d'une ville à partir d'une carte reconstituée."

Doctorant en réalité virtuelle et infohaptie, Aurélien Pocheville définit ainsi l'haptique :

"L'haptique concerne l'étude du sens du toucher, au sens large. On peut décomposer notre interaction avec des objets par le biais de notre main par exemple, de la façon suivante:

- Le sens kinesthésique : c'est la sensation des forces. Notre système moteur nous informe en permanence de la position de notre bras, ainsi que des efforts que nous effectuons pour le mouvoir. Lorsque nous effectuons un effort, mais que notre bras ne bouge pas, nous avons une sensation de force. C'est par exemple le cas lorsque nous appuyons notre bras sur une table.

- Le sens tactile : c'est la sensation des textures. Au bout de nos doigts (et plus largement sur notre peau), nous possédons des capteurs de pression qui nous donne une information sur le relief de l'objet. C'est ce qui nous permet de différencier facilement un objet lisse d'un objet rugueux, par exemple.

- Le sens thermique : c'est la sensation de froid ou de chaleur. Cette sensation nous renseigne sur deux points: tout d'abord, la température de l'objet par rapport à notre doigt (quand notre doigt est froid, les objets nous paraissent plus chauds). Ensuite, la nature de l'objet. Même si un morceau de bois et un morceau de métal sont à la même température, nous les percevons différemment. Pour nous, le métal est plus "froid" que le bois."

jeudi 2 novembre 2006

Intermédiation, le mot faux ami de la lutte contre le fossé numérique ou contre l'exclusion numérique

Comme quoi il faut toujours se méfier des mots, même les plus anodins. Depuis quelques années, lorsqu'on évoque la lutte contre l'exclusion numérique, le fossé numérique ou la fracture numérique, plusieurs termes reviennent communément dans les discours, les écrits et les blogs. Pour qu'une personne en difficulté, dite "éloignée" de l'internet puisse s'approprier l'utilisation même basique d'un ordinateur et de l'internet, on parle d'un accompagnement humain ou d'intermédiation. Ce mot "intermédiation" a aussi tendance à s'affirmer dans le champ du social.

Or, "intermédiation" est un terme relevant de l'économie et non du social. Selon le dictionnaire A l'aide.com, l'intermédiation est le "principe de fonctionnement de certains systèmes de paiement faisant appel à une entité qui assure la gestion du paiement sécurisé pour le compte du client et du marchand".

L'I.N.S.E.E. est encore plus précis en définissant ainsi l'intermédiation financière :

"Activité par laquelle une unité institutionnelle acquiert des actifs financiers et, simultanément, contracte des passifs pour son propre compte par le biais d'opérations financières sur le marché. Les actifs des intermédiaires financiers et leurs passifs présentent des caractéristiques différentes, ce qui suppose que, dans le processus d'intermédiation financière, les fonds collectés soient transformés ou regroupés en fonction de leur échéance, leur volume, leur degré de risque."

Comme quoi, il y a toujours des faux amis.

mercredi 1 novembre 2006

Jaccède.com, pour une ville accessible

Jaccède.com est un nouveau service utile en ligne s'inscrivant dans une démarche coopérative. Ce site Internet gratuit collecte et diffuse des informations sur des lieux accessibles et pour les personnes à mobilité réduite en France. Après inscription, les personnes peuvent ajouter des lieux accessibles à la base de données.

L'idée vient de Damien Birambeau, parisien et atteint d'une myopathie de Duchenne et de l'association de création multimédia Créactif dont il est à l'origine, associé à Eddie Baret (graphiste et webmestre) et Julie Carbonnel (qui anime la plateforme). Des bénévoles alimentent la base depuis la création de Jaccède.com et le concept participatif de ce site, militant, mobilisateur et participatif séduit : 238 lieux sont inscrits à ce jour par 144 membres contributeurs. La recherche des lieux accessibles figurant sur Jaccède.com est multicritères : par type de lieu, par code postal ou commune. À noter qu'il existe une version mobile de Jaccède.com.

Ce projet bénéficie du soutien de partenaires publics, privés et associatifs : Association Française contre les Myopathies, Région Ile-de-France, Mairie de Paris...

mardi 31 octobre 2006

Pratiques culturelles et numériques inégalitaires en France, Olivier Donnat

Dans le remarquable ouvrage coordonné par Louis Maurin et Patrick Savidan : "L'Etat des inégalités en France" (Editions Belin, 2006), Olivier Donnat (sociologue, auteur de plusieurs études du Ministère de la Culture et de la Communication), s'interroge sur les pratiques et consommations culturelles sous l'angle de la trajectoire sociale des individus. Il en dresse un constat via l'article "Culture : diversification et logique du cumul" éclairant sur les écarts toujours importants entre milieux sociaux, les classes d'âge ; renforçant les pratiques culturelles pour les personnes déjà sensibilisés à la participation à la vie culturelle (fait lié au niveau de diplôme et de revenus et à une familiarité précoce avec l'Art sans oublier une proximité de l'offre culturelle) :

"Les résultats des enquêtes montrent que les catégories de population les moins favorisées continuent à très peu fréquenter les équipements culturels et que le "désir" de culture demeure étroitement corrélé au capital culturel : la confrontation directe et régulière avec les oeuvres demeure l'apanage d'une minorité de Français et les réticences à l'égard de la création contemporaine demeurent fortes. En un mot, il n'y a pas eu de réel élargissement des publics au-delà des classes moyennes, pas de "rattrapage" des milieux sociaux les moins bien dotés au plan socio-économique".



Les technologies sont inégalitaires en terme d'accès et d'utilisation. Les inégalités de revenu et de diplômes demeurent fortes et prégnantes dans les usages liés aux logiciels courants dits "grand public" (bureautique) et d'accès à Internet. En parallèle, la culture se consomme plus qu'elle ne se pratique ; elle est appropriation de biens dans le mode de "posséder le bien culturel" et de le redistribuer :

"À l'heure du numérique, la participation à la vie culturelle ne peut plus se mesurer à la seule aune de la fréquentation des équipements. En effet, le développement des médias domestiques combiné à la diversification des programmes a permis de "transporter" l'art et la culture dans les foyers et favorisé l'émergence de nouveaux modes de consommation et d'appropriation des oeuvres. Il en a résulté de profondes transformations des rapports à la musique, aux films et plus récemment aux textes, sans toutefois que la loi du cumul qui est souvent dominante dans le domaine culturel - la culture va à la culture, comme l'argent va à l'argent - ne soit remise en question : de même que les amateurs d'Arte ou des émissions culturelles sont souvent des habitués des théâtres et des musées, ceux qui louent ou achètent des DVD vont plus souvent au cinéma que la moyenne et ceux qui téléchargent de la musique fréquentent plus les concerts que ceux qui ne le font pas. La diversité des modes d'accès à la culture a certes permis une augmentation des consommations culturelles, mais elle a jusqu'à présent surtout permis aux personnes ayant un intérêt pour l'art et la culture d'enrichir la palette de leurs comportements et de leurs goûts."



Source :

Donnat, Olivier (septembre 2006). "Culture : diversification et logique du cumul", in L'État des Inégalités en France 2007, Observatoire des inégalités, Belin, Paris, pp.169-173

lundi 30 octobre 2006

Que sont devenus les emplois jeunes des collectivités locales ?

A une époque, on a pu facilement gloser sur les emplois jeunes et leur utilité, voire sur la sortie du dispositif pour nombre de ces employés qui ont fait partie du dispositif du Ministère du Travail "nouveaux services, nouveaux emplois" dès la fin des années 90. Aujourd'hui, on reconnaît peu l'apport de ces salariés au sein des collectivités territoriales qui ont pourtant rempli des missions de service public. Ils sont le creuset de l'animation multimédia dans les Espaces Publics Numériques, des lieux naissants où ils ont souvent inventé, créé avec des moyens raisonnables dans un contexte de découverte des nouvelles technologies pour la majorité des Français. On oublie souvent de dire que plus de 10 % des Français, selon les statistiques, ont découvert les utilisations possibles de l'ordinateur et de l'internet dans des espaces multimédias à but non lucratif. Que sont devenus ces emploi jeunes ? Comment se sont-ils intégrés dans la vie professionnelle à l'issue de ce contrat de 5 ans ?


Une étude de la DARES (Direction de l'Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques, Ministère de l'Emploi, de la cohésion sociale et du logement) publiée ce jour s'est intéressée au devenir des emplois jeunes : "Que sont devenus les "emplois-jeunes" des collectivités locales, établissements publics et associations ?" (téléchargeable en pdf avec des tableaux au format Excel).


La conclusion montre l'efficacité du dispositif dans son ensemble comme le souligne ce résumé :

"Trois quarts des jeunes embauchés début 1999 en emploi-jeune dans une collectivité locale, un établissement public ou une association et restés au moins deux années en poste ont occupé un emploi immédiatement après leur sortie du dispositif. Parmi eux, 61 % sont restés chez leur employeur sur un contrat de droit commun ou en stage et 23 % ont été maintenus sur leur poste emploi-jeune grâce à une aide supplémentaire de trois ans en vue de sa pérennisation, les autres trouvant un emploi chez un autre employeur.

L'insertion professionnelle a été rapide quand le jeune a choisi de rompre son contrat avant le terme des cinq ans d'aide de l'État : près des deux tiers avaient déjà trouvé un emploi au moment où ils ont rompu leur contrat. L'insertion a été en revanche plus difficile quand le contrat est arrivé à son terme et que le jeune n'a pas pu rester chez son employeur.

Pendant leur emploi-jeune, six jeunes sur dix ont préparé un diplôme ou un concours d'entrée dans la fonction publique et quatre sur dix l'ont obtenu. Si la réussite au concours a été le gage d'une insertion professionnelle rapide et stable, l'obtention d'un diplôme ou d'un titre a eu peu d'impact sur l'insertion des jeunes à 18 mois."


Source :

Rotman, Gilles (30 octobre 2006). "Que sont devenus les "emplois-jeunes" des collectivités locales, établissements publics et associations ?" (En ligne), in Premières Synthèses, n°44.1, Direction de l'Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques, Ministère de l'Emploi, de la cohésion sociale et du logement, Paris, 6 p. et annexes (Page consultée le 30 octobre 2006)

vendredi 20 octobre 2006

TICE et Développement, revue scientifique publiée par l'Université de Yaoundé sur les problématiques numériques et d'enseignements

TICE et Développement est le nom d'une jeune revue scientifique publiée en ligne par l'Université de Yaoundé 1 (Cameroun) en partenariat avec l'Agence Universitaire de la Francophonie sur le thème : "Recherche sur les TICE dans les pays francophones du Sud". Les chercheurs africains peuvent ainsi vulgariser leurs travaux scientifiques plus facilement. La publication fonctionne sur la base d'un partenariat entre les universités du Nord (Mons, Montréal, Strasbourg) et celles du Sud (Dakar, Alger, Maurice, Yaoundé, Tunisie). Tous les 6 mois, avec un nouveau numéro, TICE et développement met en avant les travaux des enseignants et chercheurs en charge de la formation des enseignants :

"La revue se propose aussi de constituer et d'étendre des réseaux de chercheurs en vue de mettre en commun les protocoles de recherche, les outils épistémologiques relatifs aux TICE. On pense par exemple aux données et aux outils d'interprétation, puis au mode de validation des résultats. La revue se propose enfin d'analyser la place des TICE dans la société traditionnelle et dans les systèmes éducatifs de nos pays respectifs. Les thématiques qui constitueront le contenu de TICE ET DÉVELOPEMENT vont donc concerner les usages des TICE dans les sociétés francophones, leur impact dans les systèmes éducatifs et les modes d'apprentissage et d'appropriation. Trois axes thématiques sont retenus :
- L'analyse des pratiques de terrain incluant non seulement l'enseignement, mais aussi l'évaluation ;
- La recherche pour l'innovation de l'enseignement/apprentissage ;
- Les travaux de recherche sur l'intégration des TICE dans la société et sur la contribution des TIC à la culture citoyenne."


Les n°1 et n°2 sont consultables en ligne. Thèmes des prochains numéros :
TICE et Développement n° 3 : Quelles plates-formes d'enseignement à distance pour l'Afrique ?
TICE et Développement n° 4 : Dispositifs et pédagogie pour un enseignement en ligne ?
TICE et Développement n° 5 : Quelles normes pour l'enseignement en ligne en Afrique ?
Info via le Café pédagogique.


Source :

Essono, Louis Martin Onguene (octobre 2006). TICE et Développement (En ligne), Université de Yaoundé 1, Cameroun, Site (Page consultée le 20 octobre 2006).

Passeport de vie, un site Internet pour informer sur le don d'organes

La Fondation Greffe de Vie a lancé le 17 octobre un site Internet PasseportDeVie.com à l'occasion de la Journée Mondiale du Don d'organes et de la greffe. Ce site s'inscrit dans le démarrage d'une campagne nationale "Sauver 7 vies" de la fondation (spot TV, Presse papier, radio, street marketing et produits dérivés) qui a pour objectif de sensibiliser les esprits à la notion de don d'organes et d'inciter à demander son passeport de vie : une carte de donneur à garder en permanence sur soi, individuelle et personnelle qui exprime votre choix de donner vos organes si vous mourez.


Le site Internet conte l'histoire d'un artiste musical américain fictif, Billy Johnson, avec le slogan "Give my body, 2U". Il est conçu pour une cible jeunes/adolescents et présente des témoignages de greffés.


Source :

Caille, Yvanie (17 octobre 2006). Passeport de vie (En ligne), Fondation Greffe de vie, Paris, Site (Page consultée le 20 octobre 2006).

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