Les pratiques de Twitter sont mouvantes. Certaines se développent de façon éphémères, d'autres gagnent en intensité. Voici une revue sommaire de quelques tendances émergentes qui cherchent à s'imposer dans l'écosystème Twitter.

Hashtag bombing

Trop peu souligné, Twitter s'affirme également comme un "média" d'opinion. Si les hashtags permettent de tweeter en direct en commun lors d'évènements (conférences, émissions télévisées...), de marquer un témoignage qui compte lors d'une information à grande résonnance (actualité), le Hashtag bombing permet de générer un flux de messages d'opinion à partir d'un fait ou d'une situation donnée. C'est le cas depuis le vendredi 9 octobre avec l'impressionnant flot de tweets en français portant le hashtag ("#") #jeansarkozypartout (voir les tweets publiés mentionnant ce hashtag via le moteur de recherche de Twitter, TwitterSearch) mêlant un Google bombing à la sauce Twitter (Twitter bombing ?) partageant des tweets qui font part d'humour, d'analyses personnelles et d'une créativité débordante. L'initiative de ce hashtag est née du journaliste Florent Latrive et l'effet boule de neige est vraiment conséquent.

Mesurer l'opinion sur Twitter

TwtPoll
est un outil de sondage bien connu utilisant Twitter. A chacun de créer son sondage, diffusé ensuite à ses followers ; une application en ligne pratique et simple à utiliser. D'autres outils de l'écosystème Twitter se sont spécialisés dans la mesure d'opinion d'un nombre important de tweets publics en essayant de dégager des tendances. Ce communiqué de Presse laisse par exemple entrevoir que, sur un panel de 25 000 tweets, l'obtention du Prix Nobel de la Paix par Barack Obama est perçue positivement. Le traitement des données a été effectué à partir d'une solution professionnelle payante baptisée Attensity Cloud. Mesurer l'opinion publique est sans doute l'un des usages professionnels en devenir les plus prometteurs lié à Twitter.

L'avatar Twitter comme soutien à une cause

La dernière élection présidentielle aux Etats-Unis, les manifestations à Téhéran (Iran), le refus d'utiliser tel ou tel navigateur Internet... Ont ceci en commun qu'ils donnent lieu à une pratique Twitter qui consiste à transformer son avatar pour mettre en avant son adhésion à un mouvement d'opinion. Aujourd'hui, avec un outil tel que Twcauses, il est possible de monter des campagnes de marketing spécialisées cherchant à générer l'adoption à une cause de charité ou humanitaire et aussi à favoriser des donations sonnantes et trébuchantes pour des associations, organisations non gouvernementales... Un exemple de l'utilisation de TwCauses : la campagne de la Fondation One Drop ("Ajoutez une goutte à votre avatar Twitter") qui dédie une page complète à ce moyen de mise en avant par le Twitterer de son "oui" pour promouvoir une initiative de cette Fondation avec un avatar identifiant la cause.

Twitter cherche à réintégrer des fonctionnalités de pratiques popularisées

L'application en ligne Twitter est relativement sommaire dans ses fonctionnalités. Jusqu'à maintenant, Twitter a laissé l'écosystème des applications tierces fournir des fonctionnalités annexes. Le changement de cap est évident avec la nouvelle fonctionnalité de listes préselectionnées d'utilisateurs s'affichant sur son compte (actuellement en bêta) et la fonctionnalité ReTweet en développement qui permettra de faire apparaître aussi bien une liste non exhaustive des twitterers ayant retweeté une URL que d'identifier le twitterer ayant posté pour la première fois l'article sur Twitter. Ne pas laisser filer des fonctionnalités clés de Twitter en dehors de son propre giron, est-ce une nouvelle stratégie imposée par la réalité économique et les investisseurs de Twitter ?


Afficher ses "followers" en arrière-plan

Parmi les applications tierces liées à Twitter les plus en vogue actuellement, soulignons un fort engouement pour Twilk, un outil qui, après identification, vous propose d'afficher en arrière-plan une mosaïque de l'ensemble des avatars de vos "followers". Twilk est une caisse de résonnance de son identité Twitter ; il montre aussi le mille-feuilles relationnel qui s'établit sur la plateforme et entre les interlocuteurs ; ce puzzle de petits carrés forme un cliché instantané d'un faisceau tissé de connaissances ou de reconnaissance. Twilk n'hésite d'ailleurs pas à parler de "friends" et non de "followers" ; un simple glissement sémantique ?