Frédéric Dussenne, metteur en scène en résidence au Rideau de Bruxelles, prépare pour le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (Bozar) un spectacle mariant textes et musiques autour de l'oeuvre du poète Charles Baudelaire (Théâtre Marni, 23 et 24 avril 2009).

A la lecture de ses propos dans Bozar Magazine (avril 2009, n°48), on comprend que l'oeuvre de Baudelaire est tourmentée, entretient un rapport fort avec une vision moderne de notre monde, dans sa complexité et ses valeurs ; extrait de cet entretien avec Frédéric Dussenne, avec des propos recueillis par Jérôme Giersé :

"Baudelaire est une contradiction. C'est un musicien du français parlé ; son écriture est extrêmement ouvragée, presque précieuse. Et, dans le même temps, son point sur la vie est très dur, concret jusqu'à l'obscène, au trivial. Il cultive ce déséquilibre entre une forme très policée et un fond qui est assez noir. Il y a chez lui la volonté de donner une forme à la réalité la plus noire en lui conférant de la beauté. Il dit de la ville de Paris, dans un poème : "Tu m'as donné ta boue, et j'en ai fait de l'or. (...)

C'est la tension entre la beauté et la "laideur" qui est singulière chez Baudelaire (...)

Je pense que l'attitude de Baudelaire, son point de vue d'artiste, passe par le prisme de son rapport à lui-même. C'est quelqu'un qui parle du monde en se regardant dans le miroir. L'homme, la femme, la poésie et la musique sont des reflets de la même réalité qui se décline en plusieurs modes différents (...)

La forme - la beauté - rend la réalité supportable."