La démocratie participative numérique et les collectivités territoriales
Par Jean-Luc Raymond le samedi 6 janvier 2007, 22:02 - Lien permanent
La Gazette des Communes consacre sa une du 8 janvier 2007 à :
"Internet : Les nouveaux usages de la démocratie participative" avec un dossier
de 8 pages sur le sujet, coordonné par Maud Parnaudeau. C'est à ma connaissance
une première pour l'hebdomadaire de référence des collectivités territoriales
en France.
Selon la Gazette, l'essor des réseaux numériques dans la démocratie locale est
une "extension" de l'utilisation des Technologies de l'Information et de la
Communication. Pourtant, les expériences de démocratie locale sur Internet ont
été moteurs dans le processus historique d'Internet. On redécouvre aujourd'hui
cette espoir de démocratie locale via le réseau avec la massification du nombre
d'internautes.
Le numérique participatif est dans l'air du temps et les Technologies de
l'Information et de la Communication sont d'abord considérées par
l'immense majorité des collectivités locales comme un média.
Le souci de la transparence via Internet contribue-t-il à un effort
démocratique ? Rien ne le prouve. Si le pouvoir des internautes semble plus
grand, les actions individuelles ou collectives peuvent faire pression sur les
élus mas c'est d'abord l'information et la consultation qui prime pour la
collectivité territoriale.
Quid de la liberté d'expression ? Elle est présente sur Internet remettant en
cause le fonctionnement même de la démocratie représentative. Si la
communication et la publication d'internautes est possible dans les faits et
techniquement par le citoyen lambda sous forme de blogs, forums, podcasts
audio, vidéos, ce fait en ligne qui agrège les opinions n'est pas forcément
représentatif des opinions des citoyens.
Soulignons que le nombre d'internautes en France n'est pas encore écrasant
et que les outils techniques évolués sont exploités par les personnes qui
savent s'en servir ; une partie très importante de la population n'y a pas
recours faute d'accès, de compétences, du niveau d'instruction et d'une culture
numérique inexistante.
Dernier point, l'essor des réseaux numériques joue le rôle certain d'aiguillon
auprès des pouvoirs politiqurs locaux même si cette forme est largement
surévaluée dans le paysage médiatique ambiant.
L'expression citoyenne n'est pas l'expression politique traditionnelle même si
elle est foncièrement une expression politique d'engagement dans une réflexion
et/ou une critique de la vie de la cité.
Cette distanciation entre ces deux modes d'expression n'est pas seulement
culturelle ; elle mêle des intérêts de pouvoir, de représentation, de marchés
économiques et de questions sociales redondantes.
Vincent Feltesse, maire de Blanquefort en Gironde, résume ainsi cette nouvelle forme de
contestation dans le dossier de la Gazette des Communes :
"Il est vrai qu'internet est davantage un outil de contestation que de construction. Les personnes peinent à s'emparer des espaces de discussion ouverts par les institutions ; il y a un phénomène de défiance. Aussi, pour provoquer des échanges, il peut être plus efficace de poster des messages sur des blogs citoyens que de créer des blogs institutionnels".
Quelques expériences des collectivités locales évoquées dans ce
dossier sur la démocratie locale à l'heure du numérique :
- Wiki-Brest (encyclopédie brestoise dans lequel chaque internaute peut
publier des textes, images ou des sons ayant trait au territoire) ;
- Ma ville en poche à
Laxou (portail local consultable sur téléphone mobile) ;
- La WebTV du
département de la Seine-Maritime ;
- les blogs Au
Fil de Dream+ (mis en place dans le cadre d'un projet de la Région
Nord-Pas-de-Calais sur la démocratie locale numérique) et Démocratie
participative (initié par le Conseil Régional Rhône-Alpes).
