Le blog collectif espagnol Administraciones en Red a fait état le 26 décembre dernier dans un article intitulé "Typologie d'outils pour la eparticipation" d'un guide passionnant publié en juin 2006 par l'antenne berlinoise du British Council sur la participation en ligne : "Facilitating active citizenship : E-participation in the United Kingdom and Germany. A status report with examples from both countries" (84 pages, téléchargeable ici en .pdf). Ce qui marque dans cette publication, c'est l'absence des poncifs traditionnels de la participation citoyenne sur Internet qui peuvent être débattus sans fin.


Le rapport "Facilitating active citizenship : E-participation in the United Kingdom and Germany" présente une brève contextualisation du sujet avant de s'attarder sur la méthodologie de recherche employée pour façonner cette étude. Suit une typologie exhaustive de formats (et non d'outils) facilitant la prise de parole sur le Web pour le citoyen lambda (avec à chaque fois des exemples). Alors, les auteurs décrivent des projets très concrets en Grande-Bretagne et en Allemagne de participation citoyenne sur le Web que ceux-ci soient à l'initiative d'administrations centrales, de collectivités territoriales, d'associations, d'établissements scolaires ou d'universités. Pour chaque projet, sont indiqués les coordonnées de la structure responsable.


En visant la simplicité et la praticité, ce rapport s'impose comme un véritable vademecum de la e-participation à compléter par des discussions à l'issue de sa lecture qui ont inspiré une liste de 20 questions/lignes de travail autour de la participation sur Internet et une énumération d'avantages et d'inconvénients liés à la participation citoyenne sur Internet (sous deux points de vue : celui de l'organisation qui souhaite cette participation active et celui de l'internaute "usager" qui est invité à participer).


Rien n'est figé dans la e-participation et le virtuel ne remplace pas et ne substitue pas au réel. La clé de cette "eparticipation" repose sur de la formation à l'appropriation non pas seulement à des outils mais aux enjeux qui se dessinent pour les communes, les associations et les citoyens localement. L'animation de réseau est aussi essentielle. Rien ne se construit à distance sans favoiser les rencontres des acteurs locaux et en envisageant de développer des synergies locales de participations citoyennes en ligne autour de projets communs.
Au Royaume-Uni, la participation en ligne est souvent abordée par l'angle du voisinage ("neigbourhood") car ce qui est local et microlocal est immédiatement perceptible par le citoyen et son faisceau relationnel comme facteur du changement du quotidien. Cette approche est appropriée à des projets concrets et utiles où Internet est une des composantes à côté des comités de quartiers, des centres sociaux, des services publics de proximité, de mobilisations citoyennes locales...


Voilà qui devrait intéresser la Région Nord-Pas-de-Calais engagée dans une démarche de financement de la participation citoyenne sur Internet auprès des collectivités locales :


"Le Conseil Régional Nord – Pas de Calais met en œuvre un axe de sa stratégie TIC dédié à l'emploi des TIC au service de la démocratie locale et de la participation citoyenne. Cet axe vise principalement à accompagner l'émergence des projets portés par les collectivités locales : de l'animation pour faire connaître cet usage et faire naître les idées ; de l'accompagnement pour aider les collectivités à formaliser leurs idées en projets ; un soutien pour la réalisation de quelques projets ou initiatives exemplaires pouvant être aisément reproduites dans d'autres collectivités."


Ce programme de participation citoyenne en ligne peut être suivi sur le blog Au fil de Dream+ animé par Alexandre Desrousseaux.