Le quotidien gratuit Metro France de ce jour offre un espace de tribune au sociologue Michel Maffesoli (Professeur à l'Université Paris 5, fondateur et directeur du CEAQ - Centre d'Etudes sur l'Actuel et le Quotidien) titrée "Singulières communautés" dans lequel il cherche à définir la notion de communauté dans une historicité. Depuis de nombreuses années, Michel Maffesoli étudie la postmodernité au regard du nomadisme et de la tribalité.

"La communauté, c’est ne pas être ensemble uniquement par rapport à un idéal lointain rationnel démocratique, sur lequel s’était élaborée la société moderne, mais c’est le retour de l’affect. C’est le sentiment d’appartenance qui prédomine. Cela peut prendre des formes différentes, mais le dénominateur commun, c’est le partage du sentiment.

Une communauté se forme et se déforme à cause de cette espèce de pulsion qui fait que l’on a envie d’être avec des gens semblables. L’idée d’homo-socialité signifie un lien social qui va reposer sur le partage du même, même goût, même désir, même passion. C’est ce désir de rencontrer du même, pour quelque chose de particulier. Comme tout un chacun est pluriel, je vais virevolter d’une tribu à l’autre en fonction de mon intérêt du moment. Je peux avoir telle attitude dans une réunion mondaine et ce soir traîner dans un bar louche.

Le besoin d’appartenance à une communauté est un changement de peau. Comme le corps peut changer de peau, la société est en train de changer de peau. Au XVIIIe siècle, il y avait un enfermement de l’individu dans lui-même. "Je pense, donc je suis dans la forteresse de mon esprit. Très enfermé dans mon esprit."