L'essayiste argentin Alberto Manguel publie aux Editions Actes Sud "La Bibliothèque, la nuit", un ouvrage passionnant où il explique comment il s'est installé en 2000 dans un hameau de Poitou-Charentes, près de Châtellerault, pour amener, dès 2001, les 30 000 ouvrages qu'il possède, dans un même lieu ; une expérience rare. Lire à ce sujet l'article "Alberto Manguel : la bibliothèque, point fixe"


Dans le Nouvel Observateur du 30 novembre 2006, Alberto Manguel répond aux questions du journaliste Didier Jacob sur cette aventure de bibliothèque au coeur du rural et est interrogé sur les bibliothèques en ligne ; extrait :

"Je ne rejette pas du tout l'électronique. Ce serait absurde. Comme cette amie d'Horace Walpole qui s'exclamait un jour : "J'accepte l'Univers!" Et Walpole avait répondu : "Tant mieux!" L'électronique est là, inutile de se demander si on l'accepte ou non. Elle permet des choses très utiles. Elle permet d'indexer les textes, par exemple. De retrouver facilement un mot ou une phrase. Mais la lecture n'est pas seulement ça. Si j'ai besoin de lire un livre, pas seulement pour le consulter, le texte électronique n'est pas un moyen commode. Qui peut lire un roman entièrement sur internet ? Le livre reste indispensable. Et qu'on ne me parle pas d'interactivité. Je cite volontiers en exemple le cas d'un écrivain français, Joseph Joubert, qui ne gardait dans sa bibliothèque que les livres qu'il aimait. Il arrachait même, dans ses ouvrages préférés, les pages moins bonnes, et les jetait au feu. Si ce n'est pas une bibliothèque interactive."