Nicolas Arpagian (grand reporter) et Grégoire Lucas (consultant) ont récemment participé à la rédaction de l'ouvrage L'Opinion numérique (sorti en novembre aux Editions Dalloz), sous la direction d'Agathe Lepage (cf. la présentation du livre). Dans une tribune des Echos (daté du mercredi 15 novembre 2006) intitulée : "Internet : passeport pour l'inégalité", les deux auteurs s'interrogent sur le mot "information" comme matière première, comme témoignage ou comme information erronée et nous questionnent sur un fait saillant avec une conclusion très optimiste :

"Avec l'avènement d'Internet, notre société est-elle dès lors condamnée à compter deux sortes de populations ? Celle des initiés, capable de faire le tri parmi le foisonnement d'informations. L'autre, dont les connaissances plus limitées ne lui permettraient pas de discerner la bonne information de la mauvaise. La réponse passe avant tout par l'éducation et l'apprentissage au plus jeune âge des enjeux de la Toile.

"Science sans conscience n'est que ruine de l'âme", disait Rabelais. On pourrait penser que la consommation d'Internet dès le berceau, et son usage presque inné chez les jeunes générations, fera émerger une capacité d'utilisation éclairée, une consommation éduquée, au fait de son potentiel et de ses limites. Et que bientôt ses utilisateurs sauront "traiter" et discerner l'information présente sur le Web, et percevoir "in fine", ce qu'elle est et surtout ce qu'elle n'est pas... C'est sans nul doute le meilleur sinon le seul rempart contre certains excès et dérives que l'on peut craindre".


Source :

Arpagian, Nicolas et Lucas, Grégoire (15 novembre 2006). "Internet, passeport pour l'inégalité ?", Les Echos, Point de vue, Paris, 1 p.