Dans un remarquable reportage sonore (fichier podcast) de 3 minutes : "La philosophie, c'est d'abord de la politique", Monsieur Tympan donne la parole au philosophe Bernard Stiegler qui définit la philosophie et le capitalisme de notre temps, un capitalisme hyperindustriel, selon ses termes. Un condensé de la pensée de Bernard Stiegler ainsi mis en onde est plutôt rare.


Dans son édition du 16 décembre 2005, le quotidien La Croix, sous la plume de la journaliste Aude Carasco, revenait sur le parcours atypique de Bernard Stiegler : Stiegler, philosophe de l'ère numérique. Dans ce portrait, le philosophie s'exprime sur la consommation des outils technologiques actuels et le temps personnel qui y est consacré chaque jour par nombre de personnes :

"Comment expliquer cette perte d'identité, cette sensation de n'être rien ni personne ? D'après Bernard Stiegler, nos sociétés de consommation, dans lesquelles le marketing et les industries culturelles prescrivent ce qu'il faut avoir et être, ôteraient aux individus leur "singularité". "Je" s'effacerait ainsi au profit d'un "on" moutonnier.

"L'objet de consommation, le portable, les e-mails… captent notre libido, nos temps disponibles, ce qui nous rend indisponibles pour nos enfants, nos parents, la vie de la cité… Dès lors, il y a une démotivation, un désinvestissement social, qui peut aller jusqu'à un phénomène de destruction. Si bien que lorsqu'il y a passage à l'acte, il n'y a plus de limite. Les gens agissent sans vergogne", explique-t-il.

L'urgence consisterait donc à redonner du sens au "nous". Au collectif. Au vivre ensemble. Entre gens singuliers. "D'accord avec le diagnostic. Mais, qu'allez-vous faire maintenant ?" La sempiternelle question est revenue à l'issue d'une conférence, à Berlin, en avril dernier. Bernard Stiegler a alors décidé, "sur-le-champ", de créer une association (
Ars Industrialis)."