Comme quoi il faut toujours se méfier des mots, même les plus anodins. Depuis quelques années, lorsqu'on évoque la lutte contre l'exclusion numérique, le fossé numérique ou la fracture numérique, plusieurs termes reviennent communément dans les discours, les écrits et les blogs. Pour qu'une personne en difficulté, dite "éloignée" de l'internet puisse s'approprier l'utilisation même basique d'un ordinateur et de l'internet, on parle d'un accompagnement humain ou d'intermédiation. Ce mot "intermédiation" a aussi tendance à s'affirmer dans le champ du social.

Or, "intermédiation" est un terme relevant de l'économie et non du social. Selon le dictionnaire A l'aide.com, l'intermédiation est le "principe de fonctionnement de certains systèmes de paiement faisant appel à une entité qui assure la gestion du paiement sécurisé pour le compte du client et du marchand".

L'I.N.S.E.E. est encore plus précis en définissant ainsi l'intermédiation financière :

"Activité par laquelle une unité institutionnelle acquiert des actifs financiers et, simultanément, contracte des passifs pour son propre compte par le biais d'opérations financières sur le marché. Les actifs des intermédiaires financiers et leurs passifs présentent des caractéristiques différentes, ce qui suppose que, dans le processus d'intermédiation financière, les fonds collectés soient transformés ou regroupés en fonction de leur échéance, leur volume, leur degré de risque."

Comme quoi, il y a toujours des faux amis.