Aujourd'hui, 17 octobre, la 19e Journée Mondiale du Refus de la Misère, un événement récurrent chaque année organisé chaque année par un groupement d'associations parmi lesquelles ATD Quart Monde et le Secours Catholique. Parmi les manifestations de ce rendez-vous 2006, un appel afin que "l'accès aux droits fondamentaux devienne la priorité des politiques publiques, et que l'État n'abandonne pas sa responsabilité de garant du droit".


Dans son hors-série "Les Chiffres de l'économie 2007" qui vient de paraître, Alternatives économique dresse un panorama statistique éloquent de la pauvreté, complexe, car aux populations marginalisées, s'ajoutent les travailleurs pauvres : "6 % de personnes pauvres en 2003, contre 12 % en 1970. La tendance est nette : la pauvreté a été sérieusement réduite dans notre pays, mais elle ne diminue quasiment plus depuis 1990, alimentée par un niveau de chômage qui se maintient à un niveau élevé." De nos jours, la pauvreté a plusieurs visages : plus d'un million de salariés perçoivent des revenus inférieurs au seuil de pauvreté. Fin 2005, on comptait 1,3 million de bénéficiaires du Revenu Minimun d'Insertion (R.M.I.); soit deux fois plus qu'en décembre 1992. En France, 6 millions de personnes vivent des allocations de minima sociaux plus de 10 % de la population.


Ce jour, les articles sur la pauvreté pleuvent dans les médias qui donnent écho à cette journée et à des conditions de vie précaires (logement, travail, santé, moyens de subsistance, de se cultiver...). Petite revue de Presse sur le sujet :


"La misère, au bas de notre porte" (France 3 Ouest) :

"L'eau courante est arrivée il y a huit jours, alors qu'ils sont installés là depuis plus de trois mois. Pas d'électricité, des bougies éclairent la nuit. Pas de gaz, si ce n'est une poignée de bouteilles pour la cuisine. Pas de chauffage sinon des braseros quand arrivent les premiers froids."

"Exclus, l'inaccessible santé" (Libération) :

""En 2005, 22 % des personnes rencontrées dans nos centres de soins ne pouvaient bénéficier d'aucune couverture maladie." Ce taux a doublé depuis quatre ans. "Quant à ceux qui pourraient relever d'une couverture maladie, 82 % n'avaient pas encore pu obtenir son ouverture lorsqu'ils sont venus à Médecins du monde [MDM]." En d'autres termes, les précaires en situation régulière ou non ­sont de plus en plus exclus des soins. Et, au final, de plus en plus malades, souffrant de pathologies lourdes et chroniques."

"Dire non à la misère" (France 3 Alsace) :

"On estime qu'en France, 4 à 7 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, c'est à dire avec moins de 650 € par mois. Selon le Président d'Emmaüs France, Martin Hirsch, il y a de plus en plus de travailleurs pauvres, et de jeunes laissés-pour-compte."

"La Fondation Abbé Pierre s'inquiète" (Le Nouvel Observateur) :

"La Fondation Abbé Pierre dénonce la difficulté croissante pour les plus modestes de payer leur logement. Qu'on soit un étudiant logé dans le privé, ou un ménage à revenu modeste vivant en habitation à loyer modéré (HLM), il est de plus en plus difficile de faire face aux dépenses du logement chaque mois."

"34 % des généralistes refusent des patients relevant de l'aide médicale d'État, selon Médecins du monde" (Le Monde) :

"Près de quatre médecins sur dix refusent les soins aux bénéficiaires de l'aide médicale d'Etat (AME) ou tentent de les dissuader de venir les consulter, et près d'un médecin sur dix refuse ces soins aux patients relevant de la couverture maladie universelle (CMU), affirme Médecins du monde après un "testing" auprès de médecins généralistes. Il s'agit de la quatrième enquête depuis 2002 sur ce sujet "tabou" du refus de soins, rappelle Médecins du monde, et de la plus large par le nombre de médecins testés (725) et de régions concernées (10 villes)."

"Interview de Jacques Cotta, auteur du livre : 7 millions de travailleurs pauvres" (ActuChomage) :

"La pauvreté concentrée créé en général des tensions importantes que j'ai pu vérifier au cours de mon enquête, notamment dans les foyers la nuit, mais aussi sur les marchés lorsque les "glaneurs" convoitent parfois les mêmes prises : ici un cageot de salades défraîchies, là quelques fruits abandonnés par leur vendeur... Cette tension est bien compréhensible et d'autant plus exacerbée que s'opposent des travailleurs pauvres encore impliqués dans des relations sociales et liées à la notion de travail à des pauvres en perdition totale, plus clochardisés et souvent alcoolisés. Mais lorsque des travailleurs pauvres sont confrontés les uns aux autres de façon durable, par exemple dans quelques logements de fortune ou encore dans les tentes fournies par MDM, c'est la solidarité qui joue à plein. Ils ne font ni la différence d'origine, ni de langue, ni de nationalité. Ils sont dans la même galère et ensemble veulent en sortir."

À noter qu'en ce 17 octobre, l'Observatoire des Inégalités produit un dossier statistique sur la Pauvreté en France. Le même observatoire publie l'ouvrage "L'état des inégalités en France 2007" coordonné par Louis Maurin, aux Éditions Belin :

"Pourquoi les fils et les filles d’ouvriers ne sont-ils que 6 % des élèves de grandes écoles alors qu'ils représentent un tiers des enfants ? Comment expliquer que les hommes perçoivent - tous temps de travail confondus - des revenus supérieurs de 40 % à ceux des femmes ? Pourquoi le taux de chômage dépasse-t-il les 30 % pour certaines minorités d'origine étrangère, du Maghreb notamment ? Sait-on qu'il y a aujourd’hui en France 7 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté, dont un million d’enfants pauvres ?"