Karine Barzilai-Nahon met en lumière les liens entre les facteurs de la fracture numérique en les contextualisant et en les intégrant dans une table de références
Par Jean-Luc Raymond le jeudi 12 octobre 2006, 23:34 - Lien permanent
Une agence de Presse Américaine, le monde universitaire, celui de l'édition scientifique et par ricochet les médias
américains se font l'écho ces jours-ci d'un article de Karine Barzilai-Nahon
(Assistant professor du département The Information School, Université de
Washington, Seattle, Washington, États-Unis) paru ce mois-ci dans la revue
scientifique The Information Society : "Gap and Bits: Conceptualizing
Measurements for Digital Divide/s" disponible ici en .pdf.
Ce papier est très critique sur la façon de mesurer traditionnellement ce
qu'est la fracture numérique. Karine Barzilai-Nahon indique que les décideurs
se contentent de collecter des données existantes et de les organiser pour
donner un sens à leur discours au lieu d'essayer de conceptualiser la
fracture numérique et ensuite de recueillir des données. En effet, les réseaux
et technologies ne sont pas neutres : l'Internet est un espace politique et
social structurant au niveau des contenus disponibles en ligne. Aussi, elle
propose que le contexte (dans la notion d'actualité du concept du fracture
numérique) soit un vrai critère reconnu dans la problématique et la mesure de
la fracture numérique.
La chercheuse poursuit en affirmant que les indicateurs de mesure de
la fracture numérique technique tels que l'accès à internet, la confiance
donnée au e-commerce, l'accès au débit, utilisation de l'ordinateur à domicile
ou au travail ne sont pas satisfaisants, . La combinaison
accès/utilisation de l'ordinateur et de l'internet construit des systèmes
de représentation biaisés de la fracture numérique puisque les
indicateurs sociaux et psychologiques sont sous-estimés.
Pour travailler sur la fracture numérique et la mesurer, Karine Barzilai-Nahon
propose un cadre de travail renouvelé avec un index intégrateur de composants
du concept, un modèle qui a l'originalité de montrer les interrelations entre
les facteurs de la fracture numérique ; un modèle conceptuel mêlant des
remarques théoriques et empiriques et offrant, pour la première fois, à ma
connaissance, une vision de l'historicité des facteurs pouvant être associés à
la fracture numérique.
La table métrique de Karine Barzilai-Nahon regroupe 6 familles de facteurs liés
à la fracture numérique avec des références de travaux scientifiques item par
item identifié :
1. L'accès à l'infrastructure,
2. L'accessibilité (relative aux autres dépenses et au revenu moyen),
3. Utilisation et usages,
4. Les contraintes et aides de nature sociales et gouvernementales,
5. Les facteurs sociodémographiques,
6. L'accessibilité (pour les personnes avec handicaps et les populations avec
des besoins spécifiques).
De cette table, Karine Barzilai-Nahon extrait un schéma d'interrelations entre
les familles de facteurs qui sont pertinents dans des analyses sur la fracture
numérique (p.273)... ce qui l'amène à parler de fractures numériques et non
d'une seule fracture numérique.
Source :
Barzilai-Nahon, Karine (octobre 2006). Gaps and Bits: Conceptualizing Measurements for Digital Divide/s (En ligne), in The Information Society, Volume 22, n°5, Washington, pp.269-278 (Page consultée le 12 octobre 2006)
