Hasard du calendrier, volonté affichée des organisations internationales de s'impliquer, bonne raison pour les acteurs industriels de s'y intéresser ou simples déclarations de bonne volonté ?...

Le 27 septembre, Kofi Annan, Secrétaire général de l'O.N.U. et Craig Barrett, dirigeant de Intel ont lancé un appel conjoint aux médias, financiers, chefs d'entreprises et hommes politiques à lutter contre le fossé numérique. Kofi Annan a demandé aux entreprises de la Silicon Valley de s'impliquer avec plus d'énergie auprès des personnes exclues des technologies. Techweb relate l'appel des deux personnalités dans l'article : Kofi Annan Praises Silicon Valley, Speaks of Closing Digital Divide.

Chiffres éloquents communiqués par l'O.N.U. : en 2004, on comptait en Afrique, 1,73 ordinateur de type PC pour 100 habitants et 2,61 d'utilisateurs d'Internet pour 100 habitants. Cette même année, 7 % des résidents dans un pays en voie développement étaient connectés à Internet ; en comparaison, 54 % des habitants des pays développés étaient connectés au Web.

Autre évènement, en clôture des travaux du XIe Sommet de la Francophonie à Bucarest (Roumanie) consacré principalement à l'éducation, le 29 septembre 2006, en présence de 68 États et gouvernements membres de l'Organisation Internationale de la Francophonie, la Déclaration de Bucarest reproduite dans son intégralité sur le site Roumanie.com affiche des intentions de lutte contre les inégalités numériques avec des mesures-cadre :

"En préambule :

6. Conscients que les technologies de l'information et de la communication favorisent l'élargissement du savoir humain et le partage de connaissances, et reconnaissant le potentiel énorme qu'elles présentent - comme stipulé dans l'article 11 de l'Engagement du Sommet mondial sur la société de l'information de Tunis (novembre 2005) - pour élargir l'accès à un enseignement de qualité, favoriser l'alphabétisation et l'éducation primaire universelle, ouvrant ainsi la voie à l'édification d'une société de l'information et d'une économie du savoir vraiment inclusives et qui respecte la diversité culturelle et linguistique ;

7. Constatant que les pays francophones en développement sont les plus touchés par la fracture numérique et les moins en mesure d'exploiter efficacement les potentialités de la société de l'information, et qu'un accès insuffisant aux technologies de l'information menace d’exacerber toutes les autres disparités et aggrave leur marginalisation ;

8. Persuadés que l'éducation est tout d'abord la transmission d'un savoir du maître à l'élève et l'acquisition de compétences, et convaincus que le développement de l'enseignement dans nos pays passe par l'engagement et la formation des femmes et des hommes qui se consacrent à cette noble mission ;

9. Soucieux d'améliorer la qualité de l'enseignement par la modernisation des systèmes éducatifs et des méthodes pédagogiques ainsi que par la diversification des moyens utilisés, en tenant compte de l'évolution technologique et des impératifs de la société de l'information ;

Nous avons choisi comme thème spécifique de notre XIe Conférence : «Technologies de l'information dans l'éducation ».

10. Nous sommes en effet convaincus que les technologies de l'information et de la communication, sans se substituer au rôle fondamental de l'enseignant, peuvent constituer un outil important pour la réalisation de nos objectifs. Nous voulons contribuer ainsi à réduire la fracture numérique qui sépare les pays du Nord et du Sud afin de favoriser l'émergence et le développement d'une société de l'information inclusive.

I. LA FRANCOPHONIE VERS LA SOCIÉTÉ DU SAVOIR

24. Agir contre les inégalités numériques persistantes, en accélérant la mise en place d'infrastructures de base et en améliorant l'accès à Internet. Cet accès doit être durable et financièrement abordable, ce qui implique un environnement international favorable au transfert de technologie et une coopération internationale renforcée dans ce domaine ;

25. Accompagner la mise en place de nouvelles procédures pour le Fonds francophone des inforoutes et accorder une place importante aux projets reliés à l'introduction des technologies de l’information dans le domaine de l’éducation ;

26. Faire de l'utilisation de l'informatique à des fins d'apprentissage une des priorités, et pour cela encourager la production et la mise à disposition d’ordinateurs à coût minime ainsi que favoriser l'utilisation systématique de logiciels appropriés, y compris les logiciels libres ;

27. Mobiliser les technologies de l'information et de la communication au service de la solidarité internationale comme sur le plan national et, au besoin, en partenariat avec le secteur privé, telle l'Université numérique francophone mondiale en partenariat avec plusieurs pays francophones africains, pour faciliter, notamment dans le cadre de la coopération tripartite, les échanges d'expertise et permettre un plus grand partage des équipements technologiques, des outils pédagogiques, des savoirs et des contenus, en particulier par l’enseignement à distance ;

28. Favoriser la contribution des réseaux de radio et de télévision à l’effort d'éducation et de formation, l'utilisation des technologies de l'information et de la communication ne se limitant pas à l'Internet et au numérique ;

29. Promouvoir l'utilisation des technologies de l'information et de la communication pour l'éducation à l'environnement, et développer des stratégies d'accès à ces technologies qui prennent en compte une gestion durable des matériels utilisés et leur recyclage sans danger pour l'environnement..."