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Daniel Thoulouze est directeur de recherche au C.N.R.S. et directeur du Conservatoire National des Arts et Métiers (C.N.A.M.) à Paris. Dans le numéro de juillet-août 2006 du Monde de l'Éducation intitulé “Penser les savoirs du XXIe siècle”, Daniel Thoulouze répond aux questions du journaliste Marc Dupuis.


Daniel Thoulouze s’exprime sur l’engouement pour les nouvelles technologies qui ont envahi nos vies. En parallèle, on constate un dédain pour la culture technique ; extraits :

“Quasiment absentes des voies générales, les technologies sont ce qu’on laisse à un élève qui semble ne pas présenter suffisamment de dispositions pour la conceptualisation… Il y a un enjeu d’intérêt national à enrayer la dévaluation de l’enseignement technique et à y voir une voie de réussite, parce qu’il y a des débouchés professionnels à la clef de cet enseignement et parce qu’il est un excellent instrument d’intégration : quel que soit leur milieu d’origine, tous les jeunes sont égaux devant les techniques. Dans leur vie, les jeunes, même les plus installés dans la réussite scolaire, sont très attirés par les techniques - portables, musique, sports -, qui reposent sur des prouesses technologiques. (…)

Plus les progrès sont intenses, moins l’accès de tous à un niveau utile de connaissance pour exercer son jugement est réaliste. Le besoin de “relais” de la connaissance est donc crucial. C’est là que les structures culturelles ont un rôle important à jouer de façon indépendante de l’enseignement. Il est urgent de rétablir la confiance dans les scientifiques et les ingénieurs, de mettre un terme aux polémiques sur les enjeux de l’avenir. On peut mieux faire comprendre aux citoyens les longs processus longs de la recherche et ses méthodes de travail pour redonner de la grandeur au débat scientifique.

L’histoire des techniques est importante. Elle permet de retracer toute la richesse de l’inventivité humaine, de faire comprendre que les innovations naissent dans des sociétés qui savent les favoriser, que les progrès ne tombent pas du ciel et que toujours, c’est l’homme qui est derrière.”


Source :

Dupuis, Marc (juin-juillet 2006). "Daniel Thoulouze : “Montrer et surtout expérimenter”", Le Monde de l’Éducation, Paris, n°349, pp. 50-51