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François Zimmermann, réalisateur de films d’entreprise, de cédéroms de formation et spécialiste de la communication d’entreprise s’interroge en 20 chapitres dans son ouvrage “La Génération des astucieux” (aux Éditions Le Manuscrit, voir cette page et aussi celle-là) sur les usages quotidiens de l’internet en évoquant l’ambivalence des discours dominants sur les nouvelles technologies.

François Zimmermann présente ainsi son livre :

“Les médias modifient l’homme qui modifie les médias. Le Net a pulvérisé l’espace temps en nous amenant à fonctionner en “tout, tout de suite, que pour moi”. Les gourous qui ne manquent pas de discourir sur le net sont sûrs de se tromper avec un média en perpétuelle mutation.”


Extrait du chapitre sur le thème : “L’éducation, c’est le groupe, le “e” c’est l’individuel, l’hiatus” :

“Parlerions-nous modem subitement ? Si oui, alors nos dictionnaires, Baudelaire, Ferré, Flaubert, Aristote, Proust, et autres rimailleurs mourraient une deuxième fois, effacés, par des zéros et des uns. Autrefois, les bibliothèques faisaient l’admiration, la préciosité, l’oeuvre d’un savoir, d’une érudition. Avec l’accélération du temps, on stocke sur des surfaces de plus en plus petites, des oeuvres qui bientôt ne seront plus assez nombreuses. On range le tout dans des boîtes en plastique. Mais stocker n’est pas accéder. Voir du lettrage défiler sur un écran n’est pas lire. Voir n’est pas lire, apercevoir n’est pas apprendre. Une histoire de sentiment avec ses émotions et ses surprises, compilée de la sorte ne représente plus grand intérêt. On stocke par manie, par peur de perdre des éléments qu’on ne lira jamais, pas assez de temps, trop de choses à graver. Plus on veut de la mémoire dans nos machines, plus on perd la tête dans nos têtes. Voir des principes de physique ou de chimie s’animer en trois dimensions ne mute pas la démonstration en données acquises. Le temps a transformé l’acquisition en voyeurisme béat. Suffirait-il d’avoir vu quelque chose pour l’avoir intégré.

La connaissance qui est la transformation de l’information en savoir, la connaissance se satisfera-t-elle que des gigas octets prennent racine dans nos têtes de démos toujours plus curieux, avides de savoir ? Les machines dupliquent, l’imprimerie diffuse, les rotatives dispersent les infos, la télévision les diffuse en boucle pour mieux les rendre crédibles, la radio bégaie à longueur de flash si bien que parfois on a l’impression d’avoir eu accès à l’événement avant qu’il ne se produise. Mais les machines enseignent-elles ? Oui, peut-être, mais en se basant sur des simulations. Elles décrivent, médiatisent des théories, de là à attendre qu’elles remplacent un expert ou un professeur, il y a un mensonge, une supercherie qu’il faut s’empêcher de valider.”


Source :

Zimmermann, François (2005). La Génération des astucieux, Éditions Le Manuscrit, Paris, pp.149-150