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Albert Jacquard (scientifique, généticien et essayiste) s’est exprimé dans la table ronde “l’aide à la décision publique et développement durable” aux Assises des ingénieurs territoriaux début juin 2006 à Montpellier avec une thématique humaniste :

“Paul Valéry a écrit en 1945 : “Le temps du monde fini commence”. Notre planète a des limites, nous devons arrêter de raisonner comme si elle était infinie et tenir compte, dans tous nos comportements, de cette finitude. La façon de vivre du milliard le plus heureux actuellement sur la Terre est incompatible avec les ressources offertes par la planète. Il va falloir partager, c’est-à-dire limiter la consommation de ce qui coûte le plus cher à la planète.

La valeur de chaque chose, c’est le désir que les autres en ont. La valeur n’est pas une caractéristique inhérente à l’objet mais c’est une caractéristique qui lui est importée et qu’elle importe de son environnement (…)

Nos arrière-petits-enfants n’auront plus de pétrole et respireront une atmosphère polluée. Mais pour préparer une humanité de 9 milliards d’hommes (prévue pour la fin du XXIe siècle) à vivre ensemble, il faut proposer une utopie, ce n’est pas une idée impossible à réaliser mais un système qu’on n’a pas osé essayer. Il faut commencer par des activités qui ne coûtent rien à la Terre et qui créent du bonheur. Il faut planétariser le système sanitaire et planétariser le coût du système éducatif, c’est-à-dire donner à chaque société les moyens de développer sa culture. Et qu’est-ce qui l’empêche ? C’est uniquement une question de volonté. Il faut mettre le présent au service de demain.”


Source :

Jacquard, Albert (juin 2006). Table ronde “l’aide à la décision publique et développement durable”, Assises des ingénieurs territoriaux, Montpellier, 6-8 juin 2006, Intervention.