Dans le numéro 461 de La Quinzaine, le bulletin de liaison et d'information de l'Association Emmaüs, Alain Raillard, son délégué général lance un cri... C'est ça aussi, la solidarité numérique ; dire et redire en ligne :

"On ne meurt pas de faim à Paris, certes. Du moins nous n'en connaissons pas d'exemple. Mais on souffre de la faim. Le sondage BVA pour l'Association Emmaüs de novembre 2005 l'avait montré : 44 % des personnes déclaraient n'avoir pas mangé récemment pendant au moins une journée entière, surtout les jeunes (à 51 %) et ceux qui ont un emploi non déclaré (53 %).

La Fédération Française des Banques Alimentaires a récemment confirmé ces chiffres en les élargissant 3 millions de personnes ont aujourd'hui recours à une aide alimentaire, soit 5 % de la population française, par l'intermédiaire des associations ou des centres communaux ou intercommunaux d'action sociale. Un quart a moins de 26 ans, un sur 10 a plus de 70 ans, un sur 4 est chef de famille monoparentale, 16 % sont retraités, 2 sur 3 ont un logement.

Ne pas pouvoir se nourrir, être obligé de demander de l'aide, c'est le pire signe d'absence d'autonomie, l'expression la plus extrême du sentiment d'échec quand il n'y a plus de choix et qu'il faut oser demander de l'aide pour satisfaire un besoin élémentaire.

On est loin de la lutte contre la fracture sociale qui était l'un des thèmes de la campagne électorale d'il y a dix ans. Les abîmes de l'exclusion seront bien à nouveau au coeur des débats prochains."


Sources :

Collectif (1er juillet 2006). "La faim. Oui, la faim" (En ligne), La Quinzaine, Association Emmaüs, Paris, n°461, 2 p. (Page consultée le 26 juin 2006)

Collectif (15 juin 2006). "L'aide alimentaire, c'est quoi, pour qui ? Première enquête nationale indépendante" (En ligne), Fédération Française des Banques Alimentaires, Paris, 1 p. (Page consultée le 26 juin 2006)