Jean-Luc Raymond

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 14 octobre 2009

Moyennisation de la société, Gratuité à revers, Idée qu'on s'en fait, Petites oeuvres, Lanceur d'alerte

La rubrique Tendances, c'est un abstract de ce temps qui se résume au présent avec un goût de devenir. Mots en correspondance ou métaphores d'aujourd'hui, pincées de sens sur notre temps, concepts de l'instant... Les mots soulignés signifient des traits de Tendances. Notre planète est en demande non futile de sens. Bonne lecture!

Moyennisation
de la société


"La mutation inachevée de la société française (A partir du livre "Déchiffrer la Société Française de Louis Maurin", Editions La Découverte) : Sommes-nous plus libres qu'hier ? Le processus d'émancipation individuel demeure ambigu. De nouveaux modes d'influence et de contrôle social se mettent en place dans une société de communication de masse. En particulier via la télévision. Pour mieux cibler le consommateur, ses comportements dont fichés de façon de plus en plus détaillée et intrusive. Nous sommes poussés à accepter de livrer une partie de nous-mêmes en contrepartie du bénéfice de l'usage de nouveaux biens. Du côté des pouvoirs publics, la tentation est aussi de plus en plus grande d'utiliser les nouvelles technologies de l'information pour contrôler de façon étroite les comportements des citoyens. En même temps, ces nouvelles libertés, dans un contexte d'accès plus généralisé à la consommation, ont alimenté un discours sur la "moyennisation" de la société. La salarisation de l'emploi a rendu caduque une représentation binaire, fondée sur la domination des détenteurs du capital sur les autres, les prolétaires. Et le déclin du monde ouvrier a réduit la visibilité des milieux populaires. Mais de l'école à la santé, en passant par le mariage et la consommation, les univers sociaux continuent largement à modeler les pratiques et les mécanismes de domination demeurent. Une partie du déficit de compréhension de la société actuelle vient justement d'une confusion entre transformation et disparition des groupes sociaux."

(Alternatives Economiques, Octobre 2009)

La gratuité à revers

"Extrait des Mirages de la Gratuité, un article du journaliste Malcolm Gladwell, journaliste au New Yorker, critiquant l'ouvrage "Free" de Chris Anderson : "De nombreuses autres formes informations ont décidé de prendre la Gratuité à revers. On peut consulter le Times gratuitement sur son site Internet. Mais le Wall Street Journal a découvert que plus d'un million d'abonnés se réjouissaient de payer pour avoir le privilège de le lire en ligne. (...) Et la vente par téléphone des applications pour l'iPhone (des idées) rapportera peut-être bientôt davantage à Apple que la vente de l'appareil lui-même (la matière). Un jour, l'entreprise pourrait faire cadeau de l'iPhone pour développer les téléchargements ; elle pourrait faire cadeau des téléchargements pour stimuler les ventes de l'iPhone ; ou bien elle pourrait continuer de faire payer les deux, comme aujourd'hui. Qui sait ? La seule loi d'Airain qui vaille est trop évidente pour mérite un livre : l'ère numérique a tant transformé la manière dont on fabrique et on vend qu'il n'existe pas de loi d'airain"."

(Booksmag, Octobre 2009)


L'idée qu'on s'en fait

"L'une des clés du succès n'est pas tant le talent, inné ou non, que l'on possède, mais l'idée que l'on se fait du talent et de la manière de l'exercer, estime Carol Dweck, chercheur en psychologie à l'Université de Stanford, en Californie. Ses travaux l'ont conduite à identifier deux attitudes très différentes selon les individus, y compris chez ceux qui ont fait les plus brillantes études. Certains ont tendance à penser, en ce qui les concerne, que les jeux sont faits. Leur intelligence et leur talent ont été déterminés une fois pour toutes, leurs brillantes études en témoignent. Les autres ont tendance à penser que, quels que soient leurs résultats passés, leur intelligence et leur talent sont en construction et le resteront. Les premiers ont une vision "fixée" de leurs facultés, les seconds une vision "de croissance". Ce sont eux qui ont les meilleures chances de réussir".

(Booksmag, Septembre 2009)

Petites oeuvres

"Lorsque les coûts d'accès à la culture sont élevés, nous préférons les oeuvres majeures pour amortir ce coût d'accès. Lorsque l'information est gratuite, nous préférons la multiplication d'éléments qui nous permet de bâtir notre propre histoire. C'est ainsi que se comprend le titre du livre de Tyler Cowen "Create Your Own Economy: The Path to Prosperity in a Disordered World" : la prospérité qu'il évoque ne se mesure pas en unités monétaires mais est créé par la multiplication d'économies individuelles faites d'interactions brèves avec des gens partageant nos centres d'intérêt, de réorganisations d'informations. Dans la culture qui en résulte, chacun produit son oeuvre à partir de multiples matériaux, à la fois consommateur et producteur. Cela implique moins de grandes oeuvres universelles et plus de petites oeuvres personnelles. Ce que montre Tyler Cowen, c'est qu'une culture faite d'un grand nombre de petites oeuvres n'est pas moins riche qu'une culture faite de quelques grandes."

(Enjeux Les Echos, Octobre 2009)

Lanceur d'alerte

"Les lanceurs d'alerte, vous connaissez ? Dans des laboratoires, des universités, des entreprises... des femmes et des hommes, prenant conscience que notre société court un risque majeur, se lèvent et tentent de nous en avertir (...) Cette expression, nous la devons à deux sociologues, Francis Chateaureynaud et Didier Torny. "L'alerte, précisent-ils, prend dans le sens où nous l'entendons, la forme d'une démarche, personnelle ou collective, visant à mobiliser des instances supposées capables d'agir et, pour le moins, d'informer le public d'un danger, de l'imminence d'une catastrophe, du caractère incertain d'une entreprise ou d'un choix technologique." Nous n'avons pas ou pas seulement affaire ici à la dénonciation d'une situation passée, mais bien à un appel tourné vers le futur, à propos d'un risque actuel et à venir, et qui parie donc sur une résolution."

(Imagine Demain Le Monde, Septembre-Octobre 2009)

Crédit photo : Jean-Luc Raymond. Mur d'entrée d'immeuble. Paris 3e. Septembre 2009.

samedi 10 octobre 2009

Profession Twitterer de star ou Twitterer de personnalité

Le journaliste Yves Eudes consacre un truculent article distancié sur un nouveau métier : le nègre Twitter de star dans l'édition du Monde Magazine daté du 10 octobre. Si la profession de Twitter pour les stars est bien établie aux Etats-Unis, elle fait aussi en chemin en Europe et en France ; des missions exercées dans "l'ombre" et très peu publicisées.

En avril 2009, Laura Desjardins consacrait un article à cette profession qui se répand aux Etats-Unis : "Profession: Twitterer de stars" brossant un bref panorama de cette pratique alors naissante avec un aspect réducteur dans les propos relevés d'Annie Colbert qui exerce ce genre de missions : "Le but est que l’on vienne à vous, d’être retweetée".

Outre-Atlantique, la profession s'organise et il devient courant, pour des artistes et des personnalités, que l'offre de webmaster éditorial (site, blog...) se double de la présence et du contenu en ligne sur 4 médias sociaux - réseaux sociaux phare : Facebook, Twitter et MySpace voire YouTube. La gestion du temps chez la personnalité est comptée mais la fidélité du propos est essentielle tout comme celles de l'action de cette même star. Ainsi, un artiste musical connu aux Etats-Unis m'a récemment confié que son Twitterer pro avait publié un message sur Twitter indiquant que ce même client - artiste se trouvait alors dans un avion alors qu'il n'en était rien... Les limites de l'exercice...

Yves Eudes propose un portrait du Twitterer de star ou Twitterer de personnalité très précis et présentant les différentes facettes de ces missions ardues ; un spécialiste portant le pseudonyme de Damien :

Il propose deux types de prestations, car il y a déjà deux écoles chez les Twitterers pro américains : certains se font carrément passer pour la star, d'autres se présentent comme une membre de son entourage, un proche qui la suit partout, un confident. Bien sûr, c'est du boulot. Le Twitterer pro doit s'imprégner de la personnalité de la star, reproduire ses tics de langage.

D'autres Twitterers ont le problème inverse : des tas de choses à raconter ou à vendre, mais peu de suiveurs. Le marché est vaste : génie méconnu, politicien qui tente un come-back ou commercial sur le retour... Damien peut faire en sorte que ces anonymes explosent sur Twitter en quelques jours.

D'abord, établir avec le client le profil-type du "suiveur" idéal - âge, revenus, etc. Puis trouver un logiciel capable de scanner le moteur de recherche interne de Twitter afin de collecter des données sur des millions d'utilisateurs, et faire le tri. Enfin, envoyer des messages aux cibles sélectionnées pour les inciter à suivre le compte Twitter du client. Compliqué, mais une start-up australienne s'est spécialisée dans ce type de prestation. En attendant de s'équiper, Damien pourra sous-traiter.

mardi 6 octobre 2009

Digitainable, Monde transparent, Consubstantielle fragilité démocratique, Ciblage comportemental

La rubrique Tendances, c'est un condensé de ce temps qui s'hume au présent avec un goût d'avenir. Expressions figurées et imagées d'aujourd'hui, bribes de sens sur notre temps, concepts du moment... Les mots soulignés correspondent à des traits de Tendances. Notre monde est en invitation permanente de signifiance. Bonne lecture!

Digitainable : l'open space intelligent

"L'open space avait montré la voie à la rationalisation des m2. Sa version 2009, étendue, pourrait sceller l'union de la rentabilité financière et du bénéfice environnemental par réduction de l'empreinte écologique des entreprises, sur fond de "Clean Tech" alliant numérique et développement durable. "Digitainable" (digital + substainable), c'est justement la formule choisie par François Denieul pour prolonger son défunt "Laboratoire des espaces intelligents" de l'université Paris XIII. Ce gourou, qui conseille banques et multinationales, n'oublie pas la question humaine. "Si les entreprises ont besoin de souplesse dans la gestion de l'espace, l'individu, lui, a toujours besoin de s'approprier un territoire", explique-t-il. Solution du futur (à l'état de prototype) : un poste de travail sensible, capable grâce à ses capteurs, de distiller l'éclairage (LED, bien sûr) approprié, tel un "cocon" lumineux".

(Thalyscope, Septembre-Octobre 2009)

Un monde transparent

"Raphaël Enthoven, philosophe : "Vous avez aimé 1984 ? Vous adorerez les années 2000, c'est-à-dire l'époque où le danger ne vient pas d'en haut, mais d'à côté. Méfiez-vous les uns les uns des autres : désormais, ce n'est plus Big Brother qui vous regarde, c'est votre voisin de portable, que son téléphone transforme en mini-Fouché. Nous avons moins à craindre un retour de la dictature ou de l'ordre moral que le despotisme sournois de la transparence, la transformation de l'espace public en une cage de verre où, devant le tribunal sans appel de l'opinion publique, l'indiscrétion tient lieu de délation, l'information disparaît sous le buzz, Internet et la presse trash font office de police secrète, où la rumeur succède à la calomnie et où l'oeil de Moscou cède la place à l'oeil de boeuf d'un appareil numérique"."

(L'Express, 1er octobre 2009)

La consubstantielle fragilité démocratique

"Jean-Claude Guillebaud : "Comment sauverons-nous la démocratie sans l'élixir de la croissance ? Nul ne le sait. C'est d'ailleurs vers cette Asie mirobolante, cette Chine affolée d'enrichissement et d'Orient industrieux que la croissance s'est expatriée. Ainsi, un fantasme nouveau hante-t-il désormais l'Europe, celui de la consubstantielle fragilité démocratique. Voyez déjà comme nos démocraties se durcissent, se raidissent tandis que réapparaissent, après démaquillage, les corporatismes, les frivolités people, les individualismes obstinés, les égoïsmes nus et cette "avidité des riches" que - bien avant le Christianisme - condamnait Aristote. Danserons-nous encore longtemps sur le Pont d'Avignon ?""

(TéléObs, 1er octobre 2009)

Ciblage comportemental des internautes

"Voilà plus d'un an que les grandes régies publicitaires sur Internet mettent en oeuvre, en catimini, ce "ciblage comportemental". (...) A en croire leurs promoteurs, une campagne ainsi conçue serait 2 à 3 fois plus efficace qu'une publicité classique. Plus besoin de se cantonner aux sites proches de son secteur d'activité pour acheter de l'espace (ciblage contextuel). (...) Tous les grands ténors du Web - Microsoft, Yahoo, AOL... - ont concocté leur offre. Google teste une solution qui devrait être commercialisée avant la fin de l'année (...) Dans son principe, le ciblage comportemental repose sur 2 procédures : le traçage de l'internaute, puis son profilage. La première opération s'effectue à l'aide d'un cookie. Ce fichier informatique envoyé par le site visité sur le disque dur de l'internaute permet de tracer l'historique de sa navigation à chaque connexion. La phase de profilage est plus délicate. Pour être efficace, une régie doit pouvoir s'appuyer sur une audience importante (10 à 15 millions de visiteurs uniques) et suffisamment diversifiée pour constituer un large panel de profils (...) A partir de quand un internaute est-il suffisamment "cerné" pour être rangé dans une famille donnée (cluster) ? L'expertise des opérateurs est encore empirique. Chacun utilise ses propres algorithmes."

(Enjeux Les Echos, Octobre 2009)

Crédit photo : Jean-Luc Raymond. Oeuvre de Street Art. Galerie Agnès B. Paris 4e. Octobre 2009.

lundi 5 octobre 2009

Formation Real Time Web - Formation Web de l'instantané

En cette rentrée 2009, j'ajoute à mon catalogue de formations, une nouveauté : une formation Real Time Web - Formation Web en Temps réel. J'apprécie la traduction : Formation Web de l'instantané.

Prochainement, j'aurai l'occasion de développer sur ce blog cette notion de "Real Time Web" qui va prendre de l'ampleur en tant que pratique personnelle mais aussi dans le monde des entreprises, des institutions et de l'économie sociale (associations...).

La première session de formation Real Time Web que je coordonne aura lieu à Paris, le 12 octobre 2009. Ci-dessous, une présentation sommaire.

Pour plus d'infos (participation, programmation d'une session de formation...) : jeanluc.raymond@gmail.com


Formation Real Time Web - Formation Web de l'instantané


Contexte

Le monde de l'internet et de ses pratiques évolue. De la facilité d'écriture et de mise en ligne de ses contributions (blogs...) à l'échange au sein de réseaux dits "sociaux" entre connaissances (Facebook...) ou pour des pratiques professionnelles (Viadeo, LinkedIn...), des outils ont favorisé la mise en ligne collaboratives de productions audiovisuelles (FlickR pour les photos, DailyMotion ou YouTube pour la vidéo...), la capitalisation de connaissances (marque-pages jouant sur la popularité tels Del.icio.us...) et la personnalisation de pages (Netvibes...) remodelant l'utilisation du Web pour les entreprises et les particuliers. Le microblogging (Twitter...) ajoute une dimension d'échanges et de publication instantanées avec un écosystème d'applications liées.

Qu'est-ce que le Web de l'instantané ?


Au-delà de ces aspects, une nouvelle tendance forte émerge sur l'Internet aujourd'hui : la création de services, outils en ligne, moteurs de recherche spécialisés... autour de la diffusion d'instants, de témoignages et d'informations sur un mode en temps réel et de façon publique. On appelle cela le "real time Web" (ou Web en temps réel) ou encore Web de l'instantané.

Ce nouveau paradigme de l'internet se présente comme un flux très abondant de données diffusées de manière continu et une surabondance, un journal minute par minute de ce qui se dit, se fait et se pense... Avec une recherche permanente de construction ou reconstruction d'une identité numérique ou empreinte numérique au sein de ce flot de données en circulation sur Internet : le lifestreaming.

Les mondes de la communication, des médias, du marketing, les entreprises et organisations se doivent de comprendre les mécanismes du Real Time Web et de mettre en place des projets d'action cohérents.

Contenu de formation


Au cours de cette journée, il est proposé de découvrir quelques outils et utilisations qui refaçonnent de façon prégnante cet Internet d'aujourd'hui en devenir autour de cette notion de Web de l'instantané :
  • La notion de "hub" (noeud de réseau) : l'identité d'une personne, d'une marque, d'une association, d'une organisation ou d'une entreprise sur Internet n'est plus associée à un site internet qui "centralise" les informations mais à un faisceau d'une présence différenciée sur le Web. Quels sont les outils et les exemples de bonnes pratiques qui permettent d'assurer une telle présence en ligne ?
  • La capitalisation et recontextualisation de l'information publiée et disponible sur le Web sur un espace Internet pluriel (lifestreaming) qui permette d'agréger des articles, photos, vidéos, annotations... Et ceci de façon simplifiée. Des outils permettent aussi de créer de nouvelles narrations et une capacité d'expression individuelle ou collective ; faisons connaissance avec ces applications,
  • L'analyse des flux de données diffusées et d'informations capitalisables à travers des nouveaux moteurs de recherche spécialisés, des outils statistiques, des agrégateurs d'infos de nouvelle génération qui permettent de filtrer et garder en mémoire les éléments qui vous intéressent. Quels logiciels en ligne utiliser pour quels objectifs ?
  • Le rôle de l'attention : Dans cet internet où l'instantanéité est de mise... Quelle est la place pour un recul critique ? Quelles compétences sont nécessaires pour agir et mettre en place des projets en tenant compte de cet Internet ?
Crédit photos : Jean-Luc Raymond. Paris, 2009.

samedi 3 octobre 2009

Syndrome Blackberry, Consommation de la data, Réalité augmentée, Autocontrôle

La rubrique Tendances, c'est un condensé de ce qui pointe le bout de son nez. Expressions ou termes d'aujourd'hui, bribes de pensées sur notre temps, concepts du moment... Les mots soulignés correspondent à des traits de Tendances. Notre monde est en recherche permanente d'instances. Bonne lecture!

Syndrome Blackberry

"Marco Diani : "Il existe désormais dans la recherche scientifique mondiale ce qu'on appelle le BlackBerry Syndrom c'est-à-dire le Syndrome des interruptions. C'est gravissime et il y a des recherches très avancées qui vous disent que vous ne pouvez plus fonctionner normalement en tant que processeur humain si vous êtes interrompus toutes les 15 secondes d'une manière ou d'une autre, que ce soit par un ordinateur, un coup de fil ou un mail.""

(Europe 1, Le Temps de le dire, Pierre-Louis Basse, 26 septembre 2009)

La consommation de la data

"Combien y a-t-il d'utilisateurs d'iPhone en France ? Xavier Couture (Directeur des contenus d'Orange) : "1,1 million d'iPhone Orange selon nos dernières statistiques." Comment l'utilisent-ils ? Xavier Couture : "Orange France a constaté que, dans la consommation de la data - c'est-à-dire, à la fois Internet et la télévision -, les propriétaires d'iPhone sont infiniment plus consommateurs que les autres. 6 à 8 fois plus"."

(Médias, Automne 2009)

Réalité Augmentée ou RA

"Frédéric Joignot : "La réalité augmentée (RA) consiste à superposer une créature ou un espace virtuel au réel. Elle dédouble notre monde qui rétrécit. Ainsi Sony propose déjà un "chien virtuel", Eye Pet, avec qui jouer à la balle chez soi, en le faisant apparaître n'importe où (voir la vidéo sur YouTube). Mais la RA se développe surtout sur les téléphones portables. Apple propose Métro Paris, une application pour iPhone utilisable en pleine rue, qui cherche la station la plus proche d'où vous vous trouvez et vous y guide. Google offre sur la plate-forme Android la carte du ciel Sky Map, qui décrit le ciel au-dessus de vous. Le logiciel Kooaba, lui, reconnaît l'affiche ou le package d'un produit culturel, film, CD, DVD ou jeu vidéo. Vous prenez l'objet en photo, et Kooaba vous propose les liens vers le site officiel, Wikipédia, YouTube, etc. C'est la réalité augmentée. Ce n'est que le début"."

(Le Monde Magazine, 26 septembre 2009)

Autocontrôle dans le cadre du travail

"Marin Ledun (Chercheur en Sciences Humaines et Sociales, Ecrivain) et Brigitte Font Le Bret (Psychiatre et Médecin du travail à Grenoble) s'expriment sur l'évaluation individuelle à l'origine du mal-être des salariés : "Les critères arbitraires du "savoir-être" et de "l'employabilité" sont évalués en plus du savoir acquis et du savoir-faire issu de l'expérience. Un double autocontrôle s'instaure : celui de chaque individu sur ses performances, et celui des équipes de travail sur chaque membre. Le modèle de l'autocontrôle (et la peur de perdre son emploi) gagne sur les 2 tableaux : il court-circuite les tendances à former des contre-pouvoirs collectifs par l'individualisation des salariés mis à concurrence, et il déplace la responsabilité des dirigeants vers la pression incontestable de la "demande" et de la concurrence."

(Le Monde, 26 septembre 2009)

Crédit photo : Jean-Luc Raymond. Oeuvre de Street Art. Paris 6e. Mai 2009.

vendredi 25 septembre 2009

Crisogène, Archipels urbains, Webnapperon, Buzz-moi

Suite sur ce blog de la rubrique Tendances. Expressions ou termes du moment, bribes d'idées sur notre temps, concepts à la mode... Les mots soulignés correspondent à des amorces de Tendances. Notre monde est en perpétuel recherche de repères. Bonne lecture!

Crisogène comme crise

"D'abord la société se judiciarise : tout dommage doit être réparé et chaque accident, avoir son responsable. On veut des coupables, on adore les victimes ; ensuite, les salariés se distancient de l'entreprise et balancent plus volontiers : les contre-pouvoirs associatifs se sont structurés et bénéficient d'un énorme capital de confiance ; le Web 2.0 sert de formidable caisse de résonance et relaie sans aucune médiation une "opinion publique" sans visage ayant la capacité terrifiante de surveiller et punir. Mais la crise médiatique fleurit surtout sur la nouvelle charge morale qui pèse sur l'entreprise. Finie, l'époque où l'on demandait juste à une boîte de produire des bien, aujourd'hui, on exige de la moralité des dirigeants - voir la multiplication des crises liées aux salaires des patrons - et des politiques. (...) Par-dessus tout, on exige le respect de la Valeur Sacrée : l'écologie. "On voit de plus en plus de crises qui naissent de la nécessité de communiquer sur autre chose que son propre savoir-faire" explique Christophe Reille, conseiller en communication. "Avoir un rôle citoyen est devenu une préoccupation stratégique pour les entreprises. En conséquence, lorsqu'il y a une grande différence entre les attentes de l'opinion publique et la réalité des pratiques, on est dans une situation hautement crisogène". Le communicant de crise se trouve précisément là, entre la moralisation des rapports sociaux, la compassion placée au coeur du discours public et notre goût pour la mise en récit de l'actualité, surtout quand elle est trop ennuyeuse ou complexe."

(Technikart, Septembre 2009)


Un monde d'archipels urbains

"Marcel Hénaff, anthropologue et professeur à l'Université de San Diego : "Quelque chose s'est passé dans les villes européennes, qui n'a paseu lieu dans les villes au Moyen-Orient, de Chine ou du Japon : la formation ce que nous appelons un "espace public". A Athènes, l'assemblée était originairement faite du cercle des guerriers, dégageant en son milieu un espace neutre, où l'on déposait le butin et d'où devait se prendre la parole. (...) Cette idée d'un espace public ouvert à tous, fondamentale dans notre culture politique, est restée en grande partie étrangère aux villes des autres cultures. Elle est liée à notre philosophie : c'est l'idée selon laquelle, à la parole autoritaire ou magique, doit succéder une parole débattue, contradictoire, falsifiable, celle de la science. (...) Je crois en effet que nous sommes en train de sortir du modèle centré, qui était celui des villes européennes mais aussi asiatiques. Nous allons vers des conurbations, vers un monde d'archipels urbains de plus en plus étalé. Cette évolution correspond à l'apparition d'une nouvelle complexité, d'un autre mode de relation entre le local et le global. La globalisation a fait naître la peur d'une homogénéisation. Avec l'essor de la ville-réseau, nous nous trouvons au contraire, comme le montre Los Angeles, nébuleuse de villes-îles dans la Mégapole, devant un triomphe du vernaculaire, une multiplication des communautés locales et une nouvelle chance qui leur est offerte."

(Philosophie Magazine, Septembre 2009)

Webnapperon : une histoire de cartes-objets

"La personne âgée pose la carte d'anniversaire sur le napperon (webnapperon) et aussitôt ses petits-enfants apparaissent dans un film vidéo sur l'écran numérique ; puis elle place un boîtier de CD sur le napperon et peut écouter ses musiques préférées ; un autre geste pour déposer une boîte de médicaments, et les données de la prescription s'affichent à l'écran. Magique, le napperon ? Plutôt technologique, car ce qui s'apparente à un tour de passe-passe suppose au préalable une configuration réunissant trois éléments : un écran ou cadre-photo avec une connexion internet, un lecteur de cartes RFID (codes-barres sans fil) placé sous le napperon et autant d'étiquettes RFID qu'il y a de cartes ou d'objets correspondant aux applications souhaitées. Bien entendu, les tags RFID sont collés sur les cartes ou les objets. Ultime condition, la famille ou les proches auront auparavant publié sur un site internet dédié les contenus destinés à être "lus" par la personnage âgée. Les contenus associés aux cartes-objets sont reconnus et affichés en provenance du Web et grâce à des flux RSS et des podcasts (informations/émissions radios). Le webnapperon permet également d'envoyer des messages SMS via Twitter."

(La Gazette des Communes, 7 Septembre 2009)

Buzz-moi


"Christophe Donner à propos du nouveau livre d'Aurélia Aurita : "Buzz-moi : "Tout le monde en a parlé, il y a eu un buzz, elle en a vendu des milliers, 3 ans après, elle raconte, toujours en images, les aventures d'une jeune auteure catapultée dans les sphères de la gloire. Elle n'a pas peur de dire les choses, de donner des noms (...) Et elle, en tant que quoi elle est là ? Blandine entre dans la fosse aux lions. Interruption de programme. La mire. Comme si on l'avait anesthésiée pour l'opération. Le soulagement qu'elle ressent en sortant lui fait croire qu'elle en gardera un bon souvenir. En vérité, elle ne se souvient de rien, pas même d'avoir d'avoir été charcutée, promue, bouffée toute crue. Et ça ne lui sert pas de leçon. (...) On reconnaît le sommet de la gloire quand la rédactrice de Elle vous interroge sur le sommet de la gloire. (...) Heureusement, il y a les lecteurs. Les rencontres. Les gens humbles, authentiques, timides, des muets (...)"

(Le Monde 2, 12 septembre 2009)

Crédit photo : Jean-Luc Raymond. Oeuvre de Street Art. Paris 1er. Septembre 2009.

mardi 15 septembre 2009

Sound Design, Trop de proximité nuit, Followers as consumers, Remplir le vide : Tendances

Reprise sur ce blog de la rubrique Tendances. Mots ou expressions du temps, bribes de réflexion sur notre temps, concepts en vogue... Les mots soulignés correspondent  à des amorces de Tendances. Notre monde est en perpétuel devenir. Bonne lecture!

Sound Design : Quelques notes valent mieux qu'un long discours

"Après des décennies de dictature de l'image, l'identité sonore est désormais reconnue comme un argument de vente et une valeur ajoutée dans la communication, constate Julian Treasure, PDG de la Sound Agency à Londres et auteur de Sound Business. Une prise de conscience liée aux évolutions technologiques - podcasts, mp3, plate-formes de téléchargement - qui sont autant de nouveaux moyens d'aller à la rencontre du public. (...) Chez Brandy Sound, on parle de "déterminisme" et de "bonding". "Le but est de créer une intimité entre la marque et le consommateur en entraînant ce dernier sur le registre émotionnel", explique Olivier Covo, son directeur associé et... ancien d'Apple."

(Les Echos, Série Limitée n°76, Septembre 2009)

Trop de proximité nuit : effet limite

"Professeur de Sciences Politiques à l'Université de Lille 2, Rémi Lefebvre met en garde contre le culte de la proximité : "L'imaginaire de la politique fut longtemps marqué par la grandeur et la distance. Celle-ci était gage d'impartialité, de neutralité, d'efficacité et d'égalité. Cette légitimité s'est affaiblie. Les élus doivent montrer qu'ils sont en prise avec le "terrain", autre mot magique. L'action publique doit être réactive et territorialisée. Le terme de proximité s'est un peu usé. Mais la légitimité que le terme désigne reste centrale (...) La proximité, cela peut être aussi l'enfermement territorial ou identitaire le "court-termisme", l'absence de perspectives, la réponse en temps réel aux demandes des citoyens, et donc le consumérisme.""

(La Gazette des Communes, 31 août 2009)

Twitter: Don't Speak to your followers as consumers

"The key thing about Twitter is not to speak to your followers as consumers. Instead, you need to engage them as real people. If you ask them what they think about your programming, you have to have a real give-and-take. This is what motivate people to follow us on Twitter and helps us strengthen their ties to us," said Andrea Chiu, an associate producer with CBC's Radio programming department."

(Radio World International Edition, August 2009)

La consommation : façon de remplir le vide

"Philippe Moati, professeur à l'Université de Paris-Diderot, directeur de recherches au CREDOC : "(Avec la crise), il n'y a pas réellement de prise de distance par rapport à la consommation mais une aspiration à ce qu'elle tienne enfin ses promesses. Les offreurs ont jusqu'ici concentré leurs efforts sur le déclenchement de l'acte d'achat. L'enjeu pour eux est désormais la satisfaction du client en visant, au-delà de l'achat, les usages et les effets utiles. (...) Il faut bien comprendre que la consommation comme affirmation de soi est d'abord une façon de remplir le vide. Réduire son emprise suppose que le vide soit rempli par autre chose, par l'idéologie, par la culture, par d'autres formes de production du lien social. La crise ne devrait donc pas remettre en cause la place de la consommation dans notre société. Elle pourrait accélérer le passage à un modèle de consommation davantage centré sur les effets utiles pour les consommateurs et pour la société dans son ensemble.""

(Alternatives Economiques, Septembre 2009)

Crédit photo : Jean-Luc Raymond. Oeuvre de Street Art. Paris 4e. Septembre 2009.

mercredi 9 septembre 2009

Qu'est-ce que Twitter en 10 tweets ?


Qu'est-ce que Twitter en 10 tweets ? Une définition de Twitter en 10 tweets ; voici un petit exercice amusant de définition et de concision auquel je me livre :


1.
Twitter est un média social hybride donnant la possibilité de publier des messages sous forme de mises à jour de 140 caractères tout au plus

2. Pour publier des messages, s'enregistrer sur Twitter.com . Choisissez une image profil, renseigner la biographie et changer le fond de page

3. Utiliser Twitter: communiquer avec des personnes, partager un centre d'intérêt... Les clés: Objectif, stratégie, personnalité, contenu, style

4. Choisissez l'option "Find people" (trouver des personnes) pour rechercher des profils. Cliquez sur "Follow" (suivre) comme "ami sur Twitter"

5. Répondez publiquement à un message publié (tweet) en utilisant le signe @ suivi (sans espace) du nom d'utilisateur Twitter ou l'icône Flèche

6.
Envoyer un Message Direct ("Direct Message") à un ami Twitter ("Follower" qui doit aussi vous suivre) à partir de son profil puis "Message"

7.
Signaler un article et/ou un lien publié sur Twitter, c'est le "Retweet": tapez RT ou "ReTweet" puis @ et le nom d'utilisateur suivi du tweet

8. Twitter en groupe en créant un Hashtag: # suivi (sans espace) de l'intitulé de l'évènement, du sujet indexe chaque tweet publié sur le thème

9.
Profitez de la fonction "Search": le moteur de recherche Twitter Search pour interroger en temps réel les tweets et Twitter par critères

10. Twitter est multi-plateforme: on peut consulter et publier des tweets via Internet, un téléphone avec connexion Web. L'instantanéité prime


Tweet subsidiaire


11. Les applications liées à Twitter: lecture/écriture, photos, vidéo, localisation... Associées à votre compte. A vous de choisir lesquelles


A savoir...

Je fournis du conseil spécialisé sur l'utilisation de Twitter : formation Twitter (depuis 2007) et consulting (depuis 2008) : Création, Editorial, Coaching concernant Twitter et le microblogging.

Références: TPE-PME, Grandes entreprises, Institutions, ONG.

N'hésitez pas à me contacter : jeanluc.raymond@gmail.com

lundi 24 août 2009

Michel Serres, crise dans l'éducation et droit d'auteur sur Internet

Le quotidien Les Echos poursuit ses entrevues "Grands témoins" en interrogeant des personnalités sur la Crise du Siècle. Quel est leur regard et leur point de vue sur cet évènement majeur. Dans son édition du jour, le philosophe Michel Serres présente son approche de la Crise et plus largement de la conjonction des crises récentes. Il considère notamment que l'éducation subit des bouleversements majeurs sous-estimés et s'intéresse aux questions de régulation avec la question du Droit d'auteur sur Internet ; extraits :

Crise majeure dans l'éducation

"Est-ce que l'ampleur de la tempête de l'automne a modifié un peu votre vision ?

Si nous nous étions vus n'importe quand au cours des 25 dernières années j'aurais pu vous décrire l'ampleur de la tempête que subissent les instituteurs, les professeurs du secondaire et du supérieur. La génération a changé, le savoir a changé, la transmission a changé... Ce que nous avons subi dans l'enseignement est un tsunami de la même importance que ce que vous avez vécu dans la finance. La vôtre de crise a fait plus de bruit, mais la société n'a pas prêté au tsunami vécu par ses enfants une attention à la mesure de l'évènement. Elle préfère son argent à ses enfants. Je me dis souvent que les gens ne se rendent pas compte de ce que vont être les prochaines générations adultes. Je vois l'importance de votre crise, les milliards en jeu, l'effondrement de certaines fortunes. Mais avez-vous conscience de l'effondrement des savoirs ? Il n'y a plus de latin, il n'y a plus de grec, il n'y a plus de poésie, il n'y a plus d'enseignement littéraire. L'enseignement des sciences est en train de s'effondrer partout."


"Toutes les lois qu'on veut faire sur les droits d'auteur et la propriété sur Internet, c'est de la rigolade"

"Vous accordez beaucoup d'importance au droit. Notre monde a beaucoup de problèmes de régulation : finance, droits d'auteur sur Internet...

Dans une société, il y a des zones de droit et des zones de non-droit. La forêt était jadis une zone de non-droit infestée de malandrins et de voleurs. Un jour, pourtant, un voyageur traversant la forêt de Sherwood constata que tous les voleurs portaient une sorte d'uniforme ; ils portaient tous un chapeau vert et ils étaient sous le commandement de Robin Hood. Robin, qu'est-ce que ça veut dire ? Celui qui porte la robe du juge. Robin incarne le droit qui est en train de naître dans un lieu où il n'y avait pas de droit. Toutes les lois qu'on veut faire sur les droits d'auteur et la propriété sur Internet, c'est de la rigolade. Internet est un lieu de non-droit comme la forêt dont nous parlions. Or un droit qui existe dans un lieu de droit n'est jamais valable dans un lieu de non-droit. Il faut que dans ce lieu de non-droit émerge un nouveau droit. Dans le monde de demain doit émerger un nouveau droit. Si vous voulez réguler le monde d'aujourd'hui avec le vieux droit, vous allez échouer, exactement comme on a fait sur Internet. Il faut attendre que dans la forêt d'Internet on puisse inventer un droit nouveau sur ce lieu de non-droit. Plus généralement, dans cette crise qui fait entrevoir un nouveau monde, ce n'est pas le droit ancien qui va prévaloir."

mercredi 12 août 2009

Pourquoi ?



Lundi 10 août 2009
17h30
Saint-Jean-de-la-Porte (Savoie, France)

POURQUOI ?

Audrey, Robin, Nathalie...
Vous me manquez tant.
Je vous aime infiniment.

Jean-Luc

--

Mise à jour (24 août 2008) : Ces quelques mots pour vous remercier de vos témoignages de sympathie dans les commentaires, par courrier électronique...

- page 2 de 54 -