o Jean-Luc Raymond - Tag - temps Blog de Jean-Luc Raymond. Solidarité numérique. Innovation sociale et territoriale. Usages des technologies. Culture. Espaces Publics Numériques 2009-01-02T17:22:49+01:00 Jean-Luc Raymond urn:md5:3609 Dotclear Qu'est-ce que l'innovation ? Par Marc Giget : poussée technologique et synthèse créative urn:md5:2cb77bfbf5dd6453485dc4f02eede63e 2007-05-09T21:56:00+02:00 Jean-Luc Raymond accompagnementcitationinnovation socialerecherchesavoirtechnologietemps <p><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0 1em 1em 0" alt="" src="http://blog.jeanlucraymond.net/public/200705/marcgiget.jpg" />Marc Giget est professeur titulaire de la chaire d'économie de la technologie et de l'innovation au Conservatoire National des Arts et Métiers (<a href="http://www.cnam.fr/" hreflang="fr">CNAM</a>) de Paris. Il anime <a href="http://www.cnam.fr/pole-ecogestion/article.php3?id_article=736" hreflang="fr">Les mardis de l'innovation</a> et est l'auteur de &quot;La dynamique stratégique de l'entreprise : Innovation, croissance et redéploiement à partir de l'arbre de compétences&quot; paru en 1998 chez Dunod.<br /> <br /> Dans le numéro d'avril 2007 de Sciences et Avenir (n°2667), Marc Giget s'exprime sur la créativité et la capacité d'innovation. Au coeur du potentiel créatif, il met en exergue l'accumulation de l'expérience comme facteur favorable. Extrait :</p> <blockquote> <p><em><em>&quot;Il y a de nombreuses définitions (de l'innovation). On peut dire qu'il s'agit d'intégrer le meilleur état des connaissances dans des produits ou des services qui vont plus loin dans la satisfaction des individus. C'est quelque chose en mouvement permanent, qui résulte du progrès des connaissances (...)<br /> <br /> (La poussée technologique), c'est le stade où seuls les ingénieurs comprennent à quoi servent ces machines qu'ils mettent au point dans leurs labos, vous savez ces trucs ennuyeux et moches avec des fils qui dépassent! L'homme de la rue, lui, n'en voit pas l'intérêt. Il n'y a rien d'excitant, à vrai dire, dans un microprocesseur quadruple coeur, une mémoire RAM, un serveur ou un &quot;Wireless Access Protocol&quot;! Jusqu'à ce que quelqu'un imagine qu'avec ces techniques, on va pouvoir surfer sans fil sur Internet avec un ordinateur portable. Cela devient alors une application utile, plaisante, pratique, d'un ensemble de technologies complètement obscures pour la plupart des gens (...)<br /> <br /> (Pour basculer vers l'innovation, il faut) la synthèse créative! Il faut un groupe d'individus créatifs qui prend le meilleur de la technologie du moment et invente... l'iPod! Là, l'innovation est tellement réussie qu'elle en devient un objet culte. Derrière ce produit, il y a des dizaines et des dizaines de brevets d'ingénieurs. Mais les utilisateurs n'en ont pas conscience et c'est tant mieux, car ça ne les intéresse pas. L'innovation coïncide avec ce que les gens attendent, désirent.&quot;</em></em></p> </blockquote> http://blog.jeanlucraymond.net/post/2007/05/09/Quest-ce-que-linnovation-Par-Marc-Giget-%3A-poussee-technologique-et-synthese-creative#comment-form http://blog.jeanlucraymond.net/feed/atom/comments/110176 Communautés virtuelles, penser et agir en réseau, Internet, une présence immanente urn:md5:ea21a13fdf8de87f49b96da7d3897443 2007-05-07T19:11:00+02:00 Jean-Luc Raymond citationcommunicationcooperationinternetlivremobiliterecherchereseauressourcetechnologietempsterritoiretravailuniversite <p><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0 1em 1em 0" alt="" src="http://blog.jeanlucraymond.net/public/200701/communaute.jpg" />Publié fin 2006, l'ouvrage scientifique : &quot;Communautés virtuelles, Penser et agir en réseau&quot; sous la direction de Serge Proulx, Louise Poissant et Michel Sénécal (aux <a href="http://www.pulaval.com/catalogue/communautes-virtuelles-penser-agir-reseau-8970.html" hreflang="fr">Presses de l'Université Laval</a>, collection <a href="http://www.lca.uqam.ca/blogue/" hreflang="fr">Laboratoire de communautique appliquée</a>) est composé d'articles proposant de parcourir le concept de communautés virtuelles (définition, pratiques, fondements historiques, théories, actions de coopération, dispositifs interactifs, implantations de communautés virtuelles) et où sont abordés les différents types de communautés (en ligne ou non) : communauté interprétative, communauté de pratique, réseau d'usagers en ligne, communauté imaginée, communauté médiatisée et communauté épistémique.<br /> <br /> &quot;Communautés virtuelles, Penser et agir en réseau&quot; présente trois grandes parties : 1. Communautés virtuelles : promesses et désillusions ; 2. Dispositifs interactifs : l'ère de l'interface ; 3. Cartographie des communautés virtuelles.<br /> <br /> Dans cet ouvrage, Barry Wellman et Bernie Hogan (Université de Toronto) indiquent dans leur article &quot;Internet, une présence immanente&quot; (lire leur papier original en .pdf : &quot;<a href="http://www.chass.utoronto.ca/~wellman/publications/immanent/immanent.pdf" hreflang="en">The Immanent Internet</a>&quot;) qu'Internet est étroitement lié à un changement de paradigme élargi qui touche actuellement le rapport des individus entre eux. Anciennent plutôt homogènes, très généraux et unifiants, les groupes ont pris aujourd'hui la forme de réseaux sociaux plus hétérogènes, spécialisés et faiblement reliés. Extrait :</p> <blockquote> <p><em>&quot;Avant même l'avènement du téléphone et de l'avion, déjà on entretenait des relations à distance avec les amis ou la famille. Dans les pays développés, la connectivité a été encouragée, depuis les années 1960 au moins, par des changements sociaux touchant la carrière et les horaires familiaux dédoublés, la libéralisation des lois sur le divorce qui ont réduit les cellules familiales ainsi que les changements technologiques qui ont accru la mobilité individuelle et la communication. Les déplacements aériens et autoroutiers, devenus abordables, ont facilité les fréquentations malgré la distance. Le faible coût des appels locaux et interurbains - et maintenant par Internet - permet un contact rapide, contraint plus par les décalages horaires que par la distance.<br /> <br /> Par conséquent, il se pourrait qu'on entretienne plus de relations à distance avec les amis, la famille et les collègues que jamais auparavant. Il est maintenant facile pour l'internaute de trouver une communauté éparse qui partage ses intérêts et de participer activement à celle-ci. Les groupes ont peut-être connu un déclin, mais assurément pas la connectivité.<br /> <br /> L'individualisme en réseau a de profonds effets sur la cohésion sociale. Plutôt que de faire partie d'une hiérarchie de groupes toujours plus englobants, à l'image des poupées russes, l'individu appartient maintenant à des communautés multiples et partielles. Ce n'est pas une question d'aller de lieu en lieu, mais de personne en personne. L'individu se préoccupe moins de s'assurer l'appui du groupe que de chacun des membres du réseau.<br /> <br /> En dépit des réseaux sociaux moins denses, les liens sociaux ont augmenté. La connectivité Internet s'ajoute au contact physique et téléphonique ; la plupart d'entre nous avions cessé de correspondre par courrier bien avant. La possibilité de conserver ses courriels en attendant de les lire accroît les contacts à distance, sans compter la rapidité d'Internet qui approche la vitesse de la lumière, le seul délai considérable du courriel étant celui du décalage entre l'envoi et la lecture. En outre, le courriel est perçu comme étant moins intrusif que le téléphone ou les rencontres. Il en résulte que nos contacts interpersonnels sont plus nombreux et fréquents que jamais auparavant.<br /> <br /> Bien que la spécialisation des goûts et des combinaisons de rôles ne soit pas le produit d'Internet, la conception de ce dernier, culturellement enracinée dans un type spécifique d'individualisme, considère l'individu sans tenir compte du lieu ou de structures imposées socialement telles que la famille. En dépit du nombre accru d'internautes, pourtant, la distribution inégale d'Internet dans nos sociétés de réseau individualisés suscite l'exclusion sociale. Non seulement moins de personnes pauvres, peu instruites, de régions rurales et non anglophones accèdent à Internet, mais cela contribue à les exclure des possibilités que procure Internet : information, socialisation et accès à des ressources utilitaires. Cette disparité s'accroît tant entre les pays qu'au sein de ceux-ci.<br /> <br /> Dans la foulée du virage vers l'individualisme du réseau, c'est la nature même de la citoyenneté qui change. Cette transformation s'est amorcée avant l'avènement d'Internet, mais c'est la présence immanente de ce dernier qui l'accélère et la remodèle. Pendant que grimpe la connectivité, la cohésion fléchit. Les journalistes demandent souvent : &quot;Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ?&quot; Ce à quoi nous répondons : &quot;C'est ainsi, sans plus.&quot; Ce sont les conséquences qui seront bonnes ou mauvaises.&quot;</em></p> </blockquote> http://blog.jeanlucraymond.net/post/2007/05/07/Communautes-virtuelles-penser-et-agir-en-reseau-Internet-une-presence-immanente#comment-form http://blog.jeanlucraymond.net/feed/atom/comments/109160 Stéphane Paoli, journaliste, Internet est un espace pour se réapproprier le temps urn:md5:63bed03731f33fd1dcd526753439d330 2007-05-06T00:15:00+02:00 Jean-Luc Raymond citationinternetmediasavoirtechnologietempsvideo <p><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0 1em 1em 0" height="190" alt="" src="http://blog.jeanlucraymond.net/public/200705/journaliste.jpg" width="144" />La chaîne TV propose mardi 8 mai à 20h45, une soirée spéciale d'analyse de la campagne 2007 pour l'élection du Président de la République en portant un regard sur l'impact du média Internet sur ces élections : Présidentielles.com.<br /> <br /> Au programme, deux documentaires &quot;<a href="http://www.arte.tv/fr/semaine/244,broadcastingNum=678334,day=4,week=19,year=2007.html" hreflang="fr">2007 : la campagne du Net</a>&quot; et &quot;<a href="http://www.arte.tv/fr/semaine/244,broadcastingNum=739262,day=4,week=19,year=2007.html" hreflang="fr">Le Monde dans l'Arène</a>&quot; qui tenteront d'apporter un éclairage neuf sur les productions et structurations médiatiques lors de cette campagne.<br /> <br /> En amont de cette soirée thématique Présidentielles.com, ARTE a mis en place le <a href="http://blogs.arte.tv/e-campagne_2007/frontUser.do?method=getHomePage" hreflang="fr">Blog de la campagne présidentielle sur le Net</a>. Sur celui-ci, viennent d'être publiés des rush du reportage &quot;2007 : la campagne du net&quot;, interviews de journalistes, membres des équipes de campagne et universitaires qui donnent leur point de vue sur l'apport d'Internet dans la campagne.<br /> <br /> <a href="http://blogs.arte.tv/e-campagne_2007/frontUser.do?method=getPost&amp;postId=9288&amp;blogName=e-campagne_2007" hreflang="fr">L'analyse du journaliste</a> Stéphane Paoli sur l'Internet comme espace pour se réapproprier le temps est très intéressante. Voici la transcription de deux passages de cette entrevue pour ARTE :</p> <blockquote> <p><em><em>&quot;Il y a un fait intéressant parce qu'il est paradoxal. Le problème de notre métier aujourd'hui, c'est sa confrontation avec la vitesse c'est-à-dire que tout va beaucoup trop vite. On a longtemps et à tort à mon avis, dans les interviews par exemple politiques, été en tête de la petite phrase.<br /> <br /> J'ai tendance à penser que le défaut de la petite phrase, c'est justement d'être petite et donc souvent de ne pas porter beaucoup de sens. Mais la petite phrase, on courait après elle. Cette petite phrase, a force d'avoir été quasi-obsessionnelle chez beaucoup d'intervieweurs, s'est contractée de plus en plus pour n'être plus qu'un mot. Alors, il y en a deux aujoud'hui qui occupent l'espace politique de la campagne, c'est &quot;racaille&quot; d'un côté et &quot;bravitude&quot; de l'autre.<br /> C'est un peu juste tout de même pour développer un sens politique.<br /> <br /> Et à mon avis, le défaut de nos médias radio, télé et on commence aussi à le voir en Presse écrite où les articles raccourcissent, où la titraille est plus épaisse mais le corps du texte un petit peu moins, le gros défaut que l'on rencontre dans la Presse aujourd'hui, c'est cette espèce de contraction du raisonnement et du temps. Et paradoxalement, le lieu où désormais des papiers, des raisonnements, des entretiens se développent dans la durée, c'est le lieu de la vitesse : c'est l'espace d'Internet.<br /> <br /> Il y a une espèce de renversement des systèmes qui fait que là où on imaginait que ça irait encore plus vite sur Internet parce que sont les réseaux, parce que le transfert d'informations se fait de plus en plus vite, c'est là qu'on découvre que ceux qui ouvrent des sites, des blogs, qui créent de nouveaux médias mettent d'abord en place le concept &quot;espace&quot; pour la durée et çà, c'est quelque chose que je trouve non seulement important mais je crois, nécessaire pour notre métier aujourd'hui. La régénerescence du métier de journaliste peut se faire dans ce nouvel espace. (...)<br /> <br /> L'un des mots les plus dangereux pour notre profession aujourd'hui, c'est cette espèce de contraction, cette disparition du sens. On met les choses en perspective à toute vitesse.<br /> <br /> Quand on sait aujourd'hui que pour des raisons qu'on sait qui sont aussi économiques, il ne faut jamais l'oublier, que c'est un algorithme qui fait la une du Monde électronique. Cet algorithme va interroger tous les grands titres de la Presse mondiale et va en fonction des occurences, 3 fois un titre sur la Presse Mondiale sur la situation au Proche-Orient, 2 fois un titre sur Airbus et une fois un titre sur le réchauffement climatique... En fonction du nombre d'occurrences, on décline la une du Monde électronique.<br /> <br /> La conférence des rédacteurs a disparu. La réflexion collective a disparu. La réflexion sur l'événement, le fait lui-même, si on ne le met pas dans un continuum, il ne peut pas prendre son sens surtout dans un système qui s'est mondialisé et qui est en interaction permanente.<br /> <br /> Si c'est une machine à algorithmes qui commence à faire la Une du Monde pour des raisons qui sont peut-être aussi des raisons d'efficacité et de rapidité et en tout cas des raisons économiques, attention ; vraiment attention.<br /> <br /> Donc, la réintroduction du temps, l'implication du journaliste par rapport au temps... Prenons le temps de parler, de réfléchir ensemble (&quot;vous n'avez pas vraiment répondu à ma question, je la reprends différemment...&quot;). Si cette génération (Internet) réintroduit cet enjeu, encore une fois, dans l'expression de votre métier, je dis parfait.&quot;</em></em></p> </blockquote> http://blog.jeanlucraymond.net/post/2007/05/06/Stephane-Paoli-journaliste-Internet-est-un-espace-pour-se-reapproprier-le-temps#comment-form http://blog.jeanlucraymond.net/feed/atom/comments/108130 Bernard Stiegler, Internet, télécratie, contributions, participativité et démocratie urn:md5:4eee3afd5b17a8043b3d37308dc2a82f 2007-01-28T11:09:00+01:00 Jean-Luc Raymond citationcollaborationcooperationeconomiefuturinformatiqueintelligencemediaphilosophiereseausavoirsolidarite numeriquetechnologietempstravail <p><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0 1em 1em 0" alt="" src="http://blog.jeanlucraymond.net/public/200611/bernardstiegler.jpg" />Le philosophe Bernard Stiegler est de plus en plus présent dans l'émission &quot;Ce soir ou jamais&quot; de <a href="http://www.france3.fr/" hreflang="fr">France 3</a>. Le <a href="http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/article.php?id_article=165&amp;id_rubrique=69" hreflang="fr">mardi 23 janvier</a>, il s'est exprimé sur la puissance de l'Internet en particulier dans l'importance des contributeurs internautes dans le débat démocratique. Voici la transcription de ses propos sur les nouvelles technologies dans le cadre de cette émission :</p> <blockquote> <p><em><em>&quot;Je crois qu'Internet est un phénomène très très important qui ne fait que commencer et qu'il faut garder de juger ce qu'il se passe sur Internet avec le très peu de recul historique dont nous disposons. En revanche, je crois qu'il s’y passe des processus participatifs. Je n'oppose pas participation et représentation. La représentation est un processus de délégation. Si par exemple, on regarde ce qui se passe sur Wikipédia qui est quand même un phénomène très intéressant. C'est une encyclopédie que beaucoup regardent de très haut, universitaires ou professeurs, écrivains et intellectuels ou avec mépris. Beaucoup la regardent de haut, mais beaucoup la pratiquent aussi, l'utilisent. L'encyclopédie Wikipédia est un média extrêmement intéressant qui est en reconfiguration permanente et où chacun peut modifier un article qu'il est en train de lire, avec un contrôle bien entendu puisqu'il y a des responsables de rubriques. Et là, on voit comment quelque chose de très intéressant se produit, qui est arrivé aussi dans une association que je préside qui s'appelle Ars Industrialis, où les internautes veulent contribuer aux choses.<br /> <br /> <br /> La différence entre le média Internet et les grands médias de masse que nous avons connus comme la radio et la télévision, c'est que dans ces médias de masse, il y a une opposition entre les producteurs d'un côté et les consommateurs de l'autre. Sur Internet, il n'y a pas de consommateurs. Il y a des participants, des contributeurs et c'est un processus d'un type tout à fait nouveau. Ce processus est extrêmement intéressant parce qu'il manifeste que les gens ont besoin d'exister, de pouvoir vivre collectivement, d'échanger et qu'il y a là une possibilité de développement tout à fait nouvelle.<br /> <br /> <br /> Ici, il est très intéressant de faire un rapport entre ce qui se passe sur Internet par rapport à l'information et d'une façon plus générale, le fait que dans la société industrielle contemporaine, l'opposition entre production et consommation, pas simplement dans le domaine de l'internet, commence à devenir problématique.<br /> <br /> <br /> Sur Internet, un phénomène s'est développé déjà depuis une quinzaine d'années : la production open source, en particulier le monde de ce qu'on appelle le logiciel libre. C'est un modèle industriel nouveau et un modèle économique nouveau. Un logiciel libre est développé par les utilisateurs du logiciel. Ses sources de développement sont ouvertes à tous. Tout le monde peut contribuer à l'évolution du logiciel et les gens en pratiquant le font évoluer et donc existent aussi à travers le développement de ce logiciel. (...)<br /> <br /> <br /> Ceci, c'est un nouveau projet industriel, un nouveau projet politique, un nouveau projet économique, un projet technologique. Il faut développer les technologies pour cela (...) C'est un enjeu fondamental des décennies qui viennent. Il faut que la société se mobilise pour obliger les candidats à l'élection présidentielle à développer une politique dans ce domaine.<br /> <br /> <br /> Il faut bien se rendre compte qu'il y a la convergence des technologies, donc convergence d'Internet (France Télévision a un site Internet ; toutes les chaînes de télévision ont un site Internet).<br /> <br /> <br /> Sur Internet, on voit apparaître l'autoproduction vidéo. L'écrit a repris une seconde vie et c'est très bien aussi que les gens fassent des images et apprennent à manipuler les caméras. Tout ça est en train de se développer et produit la convergence du numérique, convergence entre les télécommunications, l'informatique et l'audiovisuel. C'est colossal, les transformations qui se produisent là, sans parler de ce qu'on appelle les microtechnologies et, derrière les nanotechnologies. Toutes ces technologies des objets communicants, ce sont d'énormes vagues de transformations qui sont en train de se produire. Il faut regarder cela de très très près et les pratiques des individus.<br /> <br /> <br /> Il faut voir la vitesse à la quelle s'est socialisé internet. Il faut se souvenir qu'il y a 15 ans, Internet n'existait pas. Aujourd'hui, nous pratiquons pratiquement tous de près ou de loin. J'y passe 7, 8 heures par jour devant Internet. Je travaille avec et des centaines de milliers de gens travaillent avec Internet. C'est quelque chose qui va se développer encore beaucoup plus que tout ce que nous pouvons imaginer et il est fondamental de repenser la société industrielle par rapport à cela.<br /> <br /> <br /> Je pense qu’Internet va transformer très profondément la vie politique. Je crois que ça va conduire à une participativité, à une implication, à une contribution des gens beaucoup plus grande dans la vie politique et c'est une très bonne nouvelle. Il s’est produit une coupure pendant les dernières décennies du fait des médias de masse qui ont produit des courts-circuits dans l'individuation collective, à travers le fait que la radio et la télévision, les médias se sont substitués aux appareils démocratiques (ce que j'appelle la télécratie). Internet permet d'imaginer une relance de la démocratie. Ce peut être aussi un outil de manipulation beaucoup plus fort aussi.&quot;</em></em></p> </blockquote> http://blog.jeanlucraymond.net/post/2007/01/28/Bernard-Stiegler-Internet-telecratie-contributions-participativite-et-democratie#comment-form http://blog.jeanlucraymond.net/feed/atom/comments/74943 Lutte contre la Fracture Numérique : le Libre marque des points !, conférence à Solutions Linux 2007, le 31 janvier urn:md5:2ae77661847691490e385030d388e63b 2007-01-28T09:50:00+01:00 Jean-Luc Raymond Evénement accompagnementadministrationafriqueassociationcollectivite territorialecommunicationcooperationdeveloppementdeveloppement durableeducationevenementfracture numeriquefrancophoniefuturinegaliteinformatiqueinitiativeinternationalinternetmethodologierecherchereseausavoirsolidaritesolidarite numeriquetechnologietempsuniversite <p><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0 1em 1em 0" height="163" alt="" src="http://blog.jeanlucraymond.net/public/200701/afriqueinternet.jpg" width="198" />Le Salon <a href="http://www.solutionslinux.fr/fr/" hreflang="fr">Solutions Linux 2007</a> (CNIT - Paris La Défense, Hall Marie Curie, du 30 janvier au 1<sup>er</sup> février 2007) propose une <a href="http://www.solutionslinux.fr/fr/conferences_detail.php?id_conference=122" hreflang="fr">conférence gratuite</a> sur le thème : &quot;Lutte contre la fracture numérique : Le Libre marque des points !&quot;, le mercredi 31 janvier de 9h30 à 12h, axée sur le développement numérique en Afrique.</p> <p>Parmi les intervenants de la matinée :</p> <p>- Frantz Fongang, Chef de projet formations présentielles, Programme &quot;<a href="http://www.auf.org/rubrique21.html" hreflang="fr">Soutien des TICs à l'enseignement supérieur et à la recherche</a>&quot;, &quot;Rectorat-Services Centraux de l'Agence Universitaire de la Francophonie&quot; : &quot;Centre Linux et Logiciels libres pour le Développement (C3LD)et certification internationale (LPI)&quot;,</p> <p>- William Turner, Coordinateur du projet <a href="http://portal.unesco.org/shs/en/ev.php-URL_ID=3679&amp;URL_DO=DO_TOPIC&amp;URL_SECTION=201.html" hreflang="en">Diaspora Knowledge Network</a>, UNESCO,</p> <p>- Pierre Bonis, Chef du bureau pour les NTIC, Ministère des Affaires Etrangères : &quot;Lutte contre la fracture numérique : enjeux et perspectives&quot;,</p> <p>- Papa Amadou Konté, Chargé des Nouvelles technologies à la <a href="http://www.dakarville.sn/" hreflang="fr">Mairie de Dakar</a> : &quot;Logiciel libre et système d'information de de la Mairie de Dakar. Opportunités et craintes&quot;,</p> <p>- Olakanmi Adewara, formateur ADEN - &quot;Obafemi Awolowo University&quot; Ile-Ife – Nigéria et Nicolas Pejout, projet <a href="http://www.africaden.net/spip.php?rubrique1" hreflang="fr">ADEN</a> (dispositif complet pour la création de points d’accès publics à l’Internet dans des zones numériquement enclavées) du Ministère des Affaires Etrangères : &quot;Le libre au service du développement : l'exemple du projet ADEN&quot;,</p> <p>- et Gonzague Ladmiral, président d'EAH - François Jaffrennou, vice-président et chef du convoi Burkina Faso 2007 - Aurélien Lemoine, chef du <a href="http://www.wedus.org/" hreflang="fr">Projet Wedus.org</a> avec l'école d'Ingénieurs EFREI. Il s'agit d'un portail éducatif à destination des collégiens et lycéens des pays en voie de développement.</p> http://blog.jeanlucraymond.net/post/2007/01/28/Lutte-contre-la-Fracture-Numerique-%3A-le-Libre-marque-des-points-conference-a-Solutions-Linux-2007-le-31-janvier#comment-form http://blog.jeanlucraymond.net/feed/atom/comments/74915 Journée européenne de la protection des données, Alerte aux traces urn:md5:57f4a0972ab7ee752cb4f8740ee800ce 2007-01-27T21:18:00+01:00 Jean-Luc Raymond accompagnementcommunicationeducationespaces publics numeriquesformationfracture numeriquefuturinformatiqueinitiativeinternetreseausite internetsolidarite numeriquetechnologietempsterritoire <p><img alt="" src="http://blog.jeanlucraymond.net/public/200701/alerteauxtraces.jpg" /></p> <p>Ce dimanche, se déroule la journée européenne de protection des données personnelles et de la vie privée. Une <a href="http://www.coe.int/t/f/affaires_juridiques/coop%E9ration_juridique/protection_des_donn%E9es/Default%20DP%20Day%20FR.asp" hreflang="fr">page complète</a> du site du Conseil de l'Europe recense les initiatives sur notre continent dédiées à cette journée. En France, la Commission Nationale de l'Infomatique et des Libertés (<a href="http://www.cnil.fr/" hreflang="fr">CNIL</a>) se mobilise avec <a href="http://www.cnil.fr/index.php?id=2174" hreflang="fr">une campagne d'information</a> : &quot;Alerte aux traces&quot; :</p> <blockquote> <p><em><em>&quot;De nombreux actes de la vie quotidienne (téléphoner, utiliser sa carte bancaire ou surfer sur internet...) génèrent des &quot;traces&quot; porteuses d'informations sur notre identité. L'utilisation anodine de technologies performantes nous conduit naturellement à dévoiler toujours plus d'informations sur nous, sans pour autant savoir qui y aura accès, pour quoi faire et pour combien de temps. Ces données peuvent être exploitées de plus en plus vite, en plus grand nombre et sont potentiellement accessibles en tout point du globe. Notre vie privée se réduit ainsi petit à petit avec le risque que ce mouvement soit irréversible.&quot;</em></em></p> </blockquote> <p><br /> A cette occasion, le journaliste Thomas Bronnec s'entretient avec Yann Padova, secrétaire général de la CNIL, dans un article pour l'Express publié le vendredi 26 janvier 2006 : &quot;<a href="http://www.lexpress.fr/info/quotidien/rss.asp?id=8636" hreflang="fr">Les technologies rognent les libertés</a>&quot;. Extrait de cette interview sur le côté intrusif de l'exploitation des technologies où l'on met en avant une sensibilisation indispensable des citoyens sur ces questions :</p> <blockquote> <p><em>&quot;Comment s'exprime ce côté intrusif ?</em></p> <p><em>&quot;C'est très simple. Voici quelques exemples, illustrés à travers ces animations. Utiliser un GPS pour se guider sur les routes, c'est très pratique, mais à tout instant on peut savoir où vous êtes, combien de kilomètres vous avez parcouru, etc. C'est la même chose pour ce qu'on appelle la &quot;télébilletique&quot;, c'est à dire l'émission des cartes de transport équipées d'une puce. Cela facilite la vie quotidienne, c'est vrai, mais c'est aussi une atteinte à la liberté d'aller et venir anonymement . Or c'est un droit fondamental en démocratie, tout comme la liberté de réunion ou la liberté d'expression. Les technologies, si on n'y prend garde, rognent ces libertés. Si vous avez publié une tribune politique sur le web et que votre employeur, en tapant votre nom sur Google comme cela se fait fréquemment, tombe dessus, vous pouvez avoir des ennuis.&quot;&quot;</em></p> </blockquote> http://blog.jeanlucraymond.net/post/2007/01/27/Journee-europeenne-de-la-protection-des-donnees-Alerte-aux-traces#comment-form http://blog.jeanlucraymond.net/feed/atom/comments/74574 Lawrence Lessig, L'avenir des idées, Le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques, téléchargeable gratuitement urn:md5:ac9a3b78d3c599e79207e58d53addfef 2007-01-27T18:47:00+01:00 Jean-Luc Raymond commerceeconomieetats-unisinformatiqueintelligenceinternetlivrephilosophierecherchereseauressourcesavoirsolidarite numeriquetechnologietempsuniversite <div id="chapo"> <p class="spip"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0 1em 1em 0" alt="" src="http://blog.jeanlucraymond.net/public/200701/lavenirdesidees.jpg" />L'essai de Lawrence Lessig &quot;L'avenir des idées - Le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques&quot; publié il y a quelques mois en français aux <a href="http://presses.univ-lyon2.fr/" hreflang="fr">Presses Universitaires de Lyon</a> est désormais téléchargeable gratuitement sur le site des PUL <a href="http://presses.univ-lyon2.fr:8080/sdx/livres/these/pul/2005/avenir-idee/pdf/avenir-idee.pdf" hreflang="fr">à cette adresse</a> en .pdf (306 pages) ; une traduction de l'anglais par Jean-Baptiste Soufron et Alain Bony.<br /> <br /> <br /> Ouvrage essentiel que le New York Times a qualifié ainsi : <em>&quot;un livre qui vous secoue et vous fait prendre conscience de ce que l'on perd lorsque les idées sont transformées en propriété intellectuelle&quot;,</em> &quot;L'avenir des idées&quot; de Lawrence Lessig montre (avec de nombreux exemples) comment les excès de la réglementation et les dérives monoplistiques (notamment le droit d'auteur) dans l'univers de l'Internet ont pour conséquence directe de diminuer les capacités d'innovation et de créativité. L'analyse est abordée sous 3 angles : juridique, politique et philosophique.<br /> <br /> <br /> Au coeur de ces questions, notre avenir à tous et des questions essentielles : pouvons-nous définir et préserver des biens communs informationnels ? Saurons-nous sauvegarder l'échange de connaissances en ligne ? Quelle place pour le partage de savoirs sur Internet ?<br /> <br /> <br /> Ce cyberespace, véritable &quot;cité numérique&quot; est un espace de pouvoir, de créativité, d'échange où est établi un jeu d'acteurs industriels qui ont pour dénominateurs communs d'influer mondialement sur nos cultures et sur des projets politiques. A nous de comprendre et d'agir pour que l'innovation et l'expressivité soient aussi au coeur de nos préoccupations. C'est ce à quoi l'essai de Lawrence Lessig nous fait invariablement réfléchir :</p> <blockquote> <p><em>&quot;Les innovations que j'ai décrites découlent de l'environnement constitué par le Net. Cet environnement est une association équilibrée entre réglementation et liberté. Il est sensible aux modifications de cet équilibre. Si les contraintes sur la couche des contenus deviennent plus lourdes, l'innovation qui repose sur des contenus libres sera freinée. Si l'accès garanti par le bien commun de la couche du code est soumis à des conditions ou des limitations, alors l'innovation qui en dépend sera menacée. Cet environnement établit un équilibre entre ce qui est libre et ce qui est sous contrôle. Préserver cet environnement implique aussi de préserver cet équilibre.&quot;</em></p> </blockquote> <p class="spip"><br /> <a href="http://www.lessig.org/" hreflang="en">Lawrence Lessig</a> est Professeur de Droit à la <a href="http://lawschool.stanford.edu/" hreflang="en">Stanford Law School</a>. Titre original de l'ouvrage : &quot;L'avenir des idées - Le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques&quot; : &quot;<a href="http://www.the-future-of-ideas.com/" hreflang="en">The Future of ideas - The Fate Of The Commons In A Connected World</a>&quot;.</p> </div> http://blog.jeanlucraymond.net/post/2007/01/27/Lawrence-Lessig-Lavenir-des-idees-Le-sort-des-biens-communs-a-lheure-des-reseaux-numeriques-telechargeable-gratuitement#comment-form http://blog.jeanlucraymond.net/feed/atom/comments/74537 L'ordinateur à 100 Dollars, présentation en vidéo et en français de l'OLPC (One Laptop per Child) urn:md5:17c36cd172c622694ef440c52dc193ff 2007-01-20T23:50:00+01:00 Jean-Luc Raymond afriqueasiecommercedeveloppement durableeconomieetats-unisfracture numeriqueinformatiqueinitiativeinnovationintelligencesavoirsocialsolidarite numeriquesontechnologietempsvideowifi <p><a href="http://carnets.opossum.ca/remolino/archives/2007/01/lordinateur_a_1.html" hreflang="fr"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0 1em 1em 0" alt="" src="http://blog.jeanlucraymond.net/public/200701/OLPC.jpg" />Clément Laberge</a> pointe vers <a href="http://renard.effetdesurprise.qc.ca/article.php3?id_article=32" hreflang="fr">une vidéo extraite du carnet du Renard Roux</a> qui présente en exclusivité, en vidéo et en français ce que sera <a href="http://www.laptop.org/" hreflang="en">l'OLPC</a> (One Laptop Per Child) ou XO, l'ordinateur à 100 Dollars US pour les enfants des pays en voie de développement.<br /> <br /> <br /> Né de l'idée de <a href="http://web.media.mit.edu/~nicholas/" hreflang="en">Nicholas Negroponte</a>, directeur du <a href="http://www.media.mit.edu/" hreflang="en">MIT Media Laboratory</a>, l'OLPC est présenté ici par Nathanaël Lécaudé (Université de Montréal, <a href="http://www.musique.umontreal.ca/" hreflang="fr">Faculté de Musique</a>) qui développe une application de composition et de lecture musical : TamTam, à découvrir plus amplement avec des démos vidéo sur le blog dédié <a href="http://tamtam4olpc.wordpress.com/" hreflang="fr">TamTam: Music and sound for the OLPC</a>.<br /> <br /> <br /> On voit dans ce banc d'essai vidéo de l'ordinateur à 100 Dollars US, la compacité de l'appareil et son descriptif technique (microprocesseur, mémoire, résolution de l'écran, ports, entrées, sorties...). La machine est dotée d'un internet sans fil de type meshworking (portée annoncée de 1 km pour l'antenne). Cela permet de connecter plusieurs ordinateurs ensemble sans point d'accès central. Les enfants peuvent collaborer sur des travaux en commun sans connexion filaire.<br /> <br /> <br /> Quelques applications disponibles en standard sur l'OLPC : un navigateur basé sur Mozilla, Etoys (pour construire du contenu interactif), un logiciel de clavardage, une application de traitement de texte et TamTam précédemment évoqué.</p> http://blog.jeanlucraymond.net/post/2007/01/20/Lordinateur-a-100-Dollars-presentation-en-video-et-en-francais-de-lOLPC-One-Laptop-per-Child#comment-form http://blog.jeanlucraymond.net/feed/atom/comments/72514 Jean-Pierre Vernant, le progrès urn:md5:69ff4a90172c29762e72d8abf0948a5b 2007-01-20T23:06:00+01:00 Jean-Luc Raymond citationcultureintelligencephilosophiesavoirsocialtempsterritoire <p><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0 1em 1em 0" height="111" alt="" src="http://blog.jeanlucraymond.net/public/200701/jeanpierrevernant.jpg" width="129" />Agrégé de philosophie et spécialiste de la Grèce Antique, Jean-Pierre Vernant est décédé le 9 janvier 2007 à Sèvres à l'âge de 93 ans. <a href="http://www.vacarme.eu.org/article92.html" hreflang="fr">Son oeuvre</a> a été marquée par une connaissance renouvelée des Grecs vs. l'Occident moderne, notamment en terme d'exercice de la démocratie.<br /> <br /> <br /> Le Nouvel Observateur de cette semaine rend hommage à Jean-Pierre Vernant avec un article intitulé &quot;Ma traversée du siècle&quot; qui reprend ses mots dans un entretien pour l'hebdomadaire en juillet 2004. Le philosophe aborde notamment la notion de progrès :</p> <blockquote> <p><em><em>&quot;Il y a eu toute une période où un grand nombre de gens, en Occident, ont vécu avec l'idée que le passé et le présent n'avaient pas d'autre sens que de préparer un avenir qui apporterait des solutions et briserait les égoïsmes nationaux et les injustices sociales. Je ne crois plus au progrès. J'ai cru à un moment donné dans ma jeunesse, qui n'était pas une jeunesse folle, qu'il y avait un progrès. (...) De la même façon que le développement des sciences physiques et chimiques donnait une maîtrise de la nature, l'essor de la sociologie pouvait nous apporter une certaine maîtrise de l'évolution sociale. (...) Aujourd'hui, je me rends compte qu'il y a un élément temporel capital : l'imprévisibilité. Après tout, la physique contemporaine ne croit plus à la causalité mécanique. Dans le domaine de la vie sociale ou intellectuelle, il y a également de l'imprévisibilité, et je dirais que c'est ce qui nous sauve : c'est d'autant plus intéressant que c'est imprévisible. C'est-à-dire qu'on est toujours surpris par ce qui arrive, et que l'explication du fait intervient toujours a posteriori. On s'aperçoit que les techniques que nous avons développées, les formes d'énergie que nous avons découvertes, peuvent avoir des conséquences que leurs découvreurs n'imaginaient pas du tout. Notre avenir humain est remis en cause par le développement technique. Il y a le Prométhée de Marx, qui veut changer le monde. Mais le Prométhée grec n'était pas celui-là. Le progrès est une idée grecque dans la mesure où l'on passe du stade de la barbarie ou de la vie quasi animale à la vie civilisée. Le tout, pour Prométhée, est de ne jamais renoncer.&quot;</em></em></p> </blockquote> http://blog.jeanlucraymond.net/post/2007/01/20/Jean-Pierre-Vernant-le-progres#comment-form http://blog.jeanlucraymond.net/feed/atom/comments/72502 Industrie musicale, dématérialisation, modèle économique publicitaire renouvelé, culture remix et nouvelles formes de créations musicales snacking urn:md5:b32eec6f1350976de813b58b9706fdd6 2007-01-20T16:20:00+01:00 Jean-Luc Raymond Mes réflexions collaborationcommercecommunicationcooperationcultureeconomieinformatiqueintelligenceinternetmetierpodcastingressourcesavoirsontechnologietempsveille <p><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0 1em 1em 0" height="154" alt="" src="http://blog.jeanlucraymond.net/public/200701/cultureremix.jpg" width="198" />Depuis le début des années 2000, l'Internet, la téléphonie mobile et l'apparition des lecteurs mp3 bouleversent l'univers de la musique avec comme effet visible, des modes de distribution de la musique qui changent : on passe d'un support matériel à immatériel d'où un changement de valeurs et de symbolique importants de ce type de création artistique dans notre esprit associé à la consommation même de l'oeuvre sonore construite.<br /> <br /> <br /> Les modèles économiques des major companies du disque stabilisés depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale ne sont plus pertinents et rentables. Production, composition, édition, fabrication, distribution, promotion et répartition des Droits sont aujourd'hui remis en cause.<br /> <br /> <br /> La massification du nombre d'utilisateurs d'Internet, de possesseurs de téléphones portables et de lecteurs mp3 a favorisé cette &quot;perte&quot; de valeurs patrimoniales d'une culture métier de l'industrie du disque en faveur d'une musique instrumentée par d'autres acteurs de l'industrie : les fournisseurs d'accès à Internet (passage obligé), les opérateurs de téléphonie mobile, les constructeurs d'appareillage physique (lecteurs mp3, téléphones portables) et logiciels principalement pour lire des fichiers. La &quot;convergence&quot; téléphonie portable - lecteur mp3 magnifiée actuellement par la campagne de communication de <a href="http://www.apple.com/iphone/" hreflang="fr">l'iPhone</a> générée et relayée sur Internet est l'une des étapes de ce processus.<br /> <br /> <br /> Il faut se souvenir que les acteurs du marketing sans une véritable culture métier du disque ont investi les organigrammes de direction de l'industrie du disque au début des années 90 suite à l'apparition du support CD.<br /> <br /> <br /> Cette nouvelle industrie musicale est dominée aujourd'hui par des acteurs médiatiques informatiques qui ont façonné une restriction des droits d'usage et de partage des créations (<a href="http://www.microsoft.com/windows/windowsmedia/fr/drm/default.aspx" hreflang="en">Microsoft</a>, <a href="http://www.apple.com/quicktime/technologies/aac/" hreflang="en">Apple</a>, <a href="http://www.presence-pc.com/actualite/sony-aac-16764/" hreflang="fr">Sony</a>), des médias traditionnels qui ont investi dans des plateformes en ligne comme <a href="http://www.newscorp.com/" hreflang="en">News Corp.</a> de Rupert Murdoch (qui possède <a href="http://www.myspace.com/" hreflang="en">MySpace</a>), des sociétés informatiques médiatiques ayant valorisé la musique via des capacités de recherche et d'indexation multimédia textuelles, imagées, animées et vidéo (Google, Yahoo) et tout un champ qui se façonne mêlant le non marchand au marchand (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/BitTorrent" hreflang="fr">BitTorrent</a>, <a href="http://interstices.info/display.jsp?id=c_8622&amp;part=4" hreflang="fr">réseaux de pair à pair</a>...). Tous ont un point commun : chercher dans la publicité le nirvana d'une nouvelle rentabilité où la musique devient en quelque sorte un &quot;addendum&quot; à une promotion autre.<br /> <br /> <br /> En parallèle, l'irruption du peer-to-peer (au sens large et générique) et de réseaux d'échanges immatériels induisent un nouveau changement de paradigme chez les consommateurs de musique : la remise en cause de la valeur du coût de la démarche de création musicale et une course à se procurer de manière gratuite ce qui était &quot;traditionnellement&quot; payant. Les acteurs de ce marché, en amont, intermédiaires ou utilisateurs doivent supporter le coût incompressible de la bande passante, donc de l'utilisation des tuyaux.<br /> <br /> <br /> Au-delà du changement des modes de distribution, ce nouveau &quot;business model&quot; publicitaire renouvelé (la musique a toujours entretenu depuis le début du 20e siècle un rapport très étroit avec l'univers publicitaire et le marketing) est micro-discriminant car il induit une communautarisation des genres musicaux et au sein de plateformes &quot;reliant&quot; des individus profilés ayant les mêmes désirs et affects (gothiques, punk, rap...).<br /> <br /> <br /> Cet écosystème publicitaire médiatique et économique (adjectif intimement liés) fait renaître d'une part une culture du remix (générer une oeuvre musicale d'autres oeuvres musicales existantes) ; lire à ce propos l'article d'Anne-Marie Boisvert : &quot;<a href="http://www.horizonzero.ca/textsite/remix.php?tlang=1&amp;is=8&amp;file=4" hreflang="fr">Idées sur le remix : du bricolage : une culture assemblée avec les moyens du bord</a>&quot; (avril, mai 2003) :</p> <blockquote> <p><em><em>&quot;(...) La culture remix : une culture qui embrasse le recyclage et le glanage, et dont l'originalité est d'avoir transformé les oeuvres préenregistrées et les moyens de diffusion comme les tables tournantes (outils traditionnels des DJs) en moyens de création. Ici, ce sont les moyens de reproduction qui précèdent et servent à la production6. Ainsi, le concept même d'oeuvre originale s'estompe et perd son sens.</em></em></p> <p><em>La culture remix est une culture de la citation et du remake, certes, mais aussi une culture de l'intervention et de la réinvention, avec pour but le divertissement, mais aussi la communion et la libération. L'artiste aux commandes fait sciemment place au hasard (entre autres, sous la forme de glitches) et aux moyens du bord dans son processus créatif. Car le résultat importe, mais moins que le processus, la performance et l'événement. La culture remix emprunte ainsi à la société postindustrielle sa sursaturation sensorielle, en la reproduisant dans un contexte esthétique qui la canalise. Ses oeuvres demeurent ouvertes, introduisant, au moins pour un moment, un sens dans la cacophonie du monde, au moyen d'assemblages bricolés et éphémères, toujours sujets à transformation et toujours susceptibles d'une réorganisation.&quot;</em></p> </blockquote> <p><br /> D'autre part, l'écosystème publicitaire médiatique et économique génère des nouvelles formes courtes d'oeuvres (sonneries musicales, mini-extraits vidéo, cartes postales virtuelles musicales) que le quotidien Le Monde qualifie du côté des consommateurs, d'effet snacking dans un article du 19 janvier 2007 : &quot;<a href="http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3246,36-857337,0.html" hreflang="fr">L'image en renfort de la musique</a>&quot;, venant peu à peu se placer à côté des traditionnels morceaux et albums mais ne qui manqueront pas, avec le temps, à se substituer à ces derniers, dans la forme même créative :</p> <blockquote> <p><em>&quot;&quot;Carl Watts, directeur des programmes chez Sony-BMG, est chargé de développer des formats vidéo courts (1 min 30 maximum), adaptés aux usages des nouveaux médias, aux sites d'artistes et aux baladeurs vidéo, téléphones portables, consoles de jeu numériques. Ces &quot;divertissements informatifs&quot; ont gagné des noms génériques : le blogsong (un artiste explique, avec son morceau en fond sonore, son état d'esprit lors de la création du titre) ; le live and rare (extrait de concert inédit) ; le in the mix (travail en studio)... Chez Sony-BMG, on travaille à la réalisation de &quot;documentaires&quot; sur les artistes, des 52-minutes faciles à tronçonner sous forme de feuilleton quotidien, et destinés à forger l'image marketing d'un artiste.</em></p> <p><em>Après le clip, le &quot;snacking&quot;</em></p> <p><em>Tout cela devient du &quot;contenu embarqué&quot;, c'est-à-dire proposé à la vente sur les consoles, téléphones, cartes mémoires, clés USB. On peut aussi les visionner sur le Net - nous voici dans la sphère du &quot;marketing viral&quot;, où l'internaute sert de relais immédiat. &quot;Les années 1980 ont connu le clip, poursuit Carl Watts. En 2006, les formats courts correspondent aux habitudes du &quot;snacking&quot; (picorage) des consommateurs.&quot;&quot;</em></p> </blockquote> http://blog.jeanlucraymond.net/post/2007/01/20/Industrie-musicale-dematerialisation-modele-economique-publicitaire-renouvele-culture-remix-et-nouvelles-formes-de-creations-musicales-snacking#comment-form http://blog.jeanlucraymond.net/feed/atom/comments/72339