Jean-Luc Raymond

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mercredi 14 octobre 2009

Moyennisation de la société, Gratuité à revers, Idée qu'on s'en fait, Petites oeuvres, Lanceur d'alerte

La rubrique Tendances, c'est un abstract de ce temps qui se résume au présent avec un goût de devenir. Mots en correspondance ou métaphores d'aujourd'hui, pincées de sens sur notre temps, concepts de l'instant... Les mots soulignés signifient des traits de Tendances. Notre planète est en demande non futile de sens. Bonne lecture!

Moyennisation
de la société


"La mutation inachevée de la société française (A partir du livre "Déchiffrer la Société Française de Louis Maurin", Editions La Découverte) : Sommes-nous plus libres qu'hier ? Le processus d'émancipation individuel demeure ambigu. De nouveaux modes d'influence et de contrôle social se mettent en place dans une société de communication de masse. En particulier via la télévision. Pour mieux cibler le consommateur, ses comportements dont fichés de façon de plus en plus détaillée et intrusive. Nous sommes poussés à accepter de livrer une partie de nous-mêmes en contrepartie du bénéfice de l'usage de nouveaux biens. Du côté des pouvoirs publics, la tentation est aussi de plus en plus grande d'utiliser les nouvelles technologies de l'information pour contrôler de façon étroite les comportements des citoyens. En même temps, ces nouvelles libertés, dans un contexte d'accès plus généralisé à la consommation, ont alimenté un discours sur la "moyennisation" de la société. La salarisation de l'emploi a rendu caduque une représentation binaire, fondée sur la domination des détenteurs du capital sur les autres, les prolétaires. Et le déclin du monde ouvrier a réduit la visibilité des milieux populaires. Mais de l'école à la santé, en passant par le mariage et la consommation, les univers sociaux continuent largement à modeler les pratiques et les mécanismes de domination demeurent. Une partie du déficit de compréhension de la société actuelle vient justement d'une confusion entre transformation et disparition des groupes sociaux."

(Alternatives Economiques, Octobre 2009)

La gratuité à revers

"Extrait des Mirages de la Gratuité, un article du journaliste Malcolm Gladwell, journaliste au New Yorker, critiquant l'ouvrage "Free" de Chris Anderson : "De nombreuses autres formes informations ont décidé de prendre la Gratuité à revers. On peut consulter le Times gratuitement sur son site Internet. Mais le Wall Street Journal a découvert que plus d'un million d'abonnés se réjouissaient de payer pour avoir le privilège de le lire en ligne. (...) Et la vente par téléphone des applications pour l'iPhone (des idées) rapportera peut-être bientôt davantage à Apple que la vente de l'appareil lui-même (la matière). Un jour, l'entreprise pourrait faire cadeau de l'iPhone pour développer les téléchargements ; elle pourrait faire cadeau des téléchargements pour stimuler les ventes de l'iPhone ; ou bien elle pourrait continuer de faire payer les deux, comme aujourd'hui. Qui sait ? La seule loi d'Airain qui vaille est trop évidente pour mérite un livre : l'ère numérique a tant transformé la manière dont on fabrique et on vend qu'il n'existe pas de loi d'airain"."

(Booksmag, Octobre 2009)


L'idée qu'on s'en fait

"L'une des clés du succès n'est pas tant le talent, inné ou non, que l'on possède, mais l'idée que l'on se fait du talent et de la manière de l'exercer, estime Carol Dweck, chercheur en psychologie à l'Université de Stanford, en Californie. Ses travaux l'ont conduite à identifier deux attitudes très différentes selon les individus, y compris chez ceux qui ont fait les plus brillantes études. Certains ont tendance à penser, en ce qui les concerne, que les jeux sont faits. Leur intelligence et leur talent ont été déterminés une fois pour toutes, leurs brillantes études en témoignent. Les autres ont tendance à penser que, quels que soient leurs résultats passés, leur intelligence et leur talent sont en construction et le resteront. Les premiers ont une vision "fixée" de leurs facultés, les seconds une vision "de croissance". Ce sont eux qui ont les meilleures chances de réussir".

(Booksmag, Septembre 2009)

Petites oeuvres

"Lorsque les coûts d'accès à la culture sont élevés, nous préférons les oeuvres majeures pour amortir ce coût d'accès. Lorsque l'information est gratuite, nous préférons la multiplication d'éléments qui nous permet de bâtir notre propre histoire. C'est ainsi que se comprend le titre du livre de Tyler Cowen "Create Your Own Economy: The Path to Prosperity in a Disordered World" : la prospérité qu'il évoque ne se mesure pas en unités monétaires mais est créé par la multiplication d'économies individuelles faites d'interactions brèves avec des gens partageant nos centres d'intérêt, de réorganisations d'informations. Dans la culture qui en résulte, chacun produit son oeuvre à partir de multiples matériaux, à la fois consommateur et producteur. Cela implique moins de grandes oeuvres universelles et plus de petites oeuvres personnelles. Ce que montre Tyler Cowen, c'est qu'une culture faite d'un grand nombre de petites oeuvres n'est pas moins riche qu'une culture faite de quelques grandes."

(Enjeux Les Echos, Octobre 2009)

Lanceur d'alerte

"Les lanceurs d'alerte, vous connaissez ? Dans des laboratoires, des universités, des entreprises... des femmes et des hommes, prenant conscience que notre société court un risque majeur, se lèvent et tentent de nous en avertir (...) Cette expression, nous la devons à deux sociologues, Francis Chateaureynaud et Didier Torny. "L'alerte, précisent-ils, prend dans le sens où nous l'entendons, la forme d'une démarche, personnelle ou collective, visant à mobiliser des instances supposées capables d'agir et, pour le moins, d'informer le public d'un danger, de l'imminence d'une catastrophe, du caractère incertain d'une entreprise ou d'un choix technologique." Nous n'avons pas ou pas seulement affaire ici à la dénonciation d'une situation passée, mais bien à un appel tourné vers le futur, à propos d'un risque actuel et à venir, et qui parie donc sur une résolution."

(Imagine Demain Le Monde, Septembre-Octobre 2009)

Crédit photo : Jean-Luc Raymond. Mur d'entrée d'immeuble. Paris 3e. Septembre 2009.

mardi 6 octobre 2009

Digitainable, Monde transparent, Consubstantielle fragilité démocratique, Ciblage comportemental

La rubrique Tendances, c'est un condensé de ce temps qui s'hume au présent avec un goût d'avenir. Expressions figurées et imagées d'aujourd'hui, bribes de sens sur notre temps, concepts du moment... Les mots soulignés correspondent à des traits de Tendances. Notre monde est en invitation permanente de signifiance. Bonne lecture!

Digitainable : l'open space intelligent

"L'open space avait montré la voie à la rationalisation des m2. Sa version 2009, étendue, pourrait sceller l'union de la rentabilité financière et du bénéfice environnemental par réduction de l'empreinte écologique des entreprises, sur fond de "Clean Tech" alliant numérique et développement durable. "Digitainable" (digital + substainable), c'est justement la formule choisie par François Denieul pour prolonger son défunt "Laboratoire des espaces intelligents" de l'université Paris XIII. Ce gourou, qui conseille banques et multinationales, n'oublie pas la question humaine. "Si les entreprises ont besoin de souplesse dans la gestion de l'espace, l'individu, lui, a toujours besoin de s'approprier un territoire", explique-t-il. Solution du futur (à l'état de prototype) : un poste de travail sensible, capable grâce à ses capteurs, de distiller l'éclairage (LED, bien sûr) approprié, tel un "cocon" lumineux".

(Thalyscope, Septembre-Octobre 2009)

Un monde transparent

"Raphaël Enthoven, philosophe : "Vous avez aimé 1984 ? Vous adorerez les années 2000, c'est-à-dire l'époque où le danger ne vient pas d'en haut, mais d'à côté. Méfiez-vous les uns les uns des autres : désormais, ce n'est plus Big Brother qui vous regarde, c'est votre voisin de portable, que son téléphone transforme en mini-Fouché. Nous avons moins à craindre un retour de la dictature ou de l'ordre moral que le despotisme sournois de la transparence, la transformation de l'espace public en une cage de verre où, devant le tribunal sans appel de l'opinion publique, l'indiscrétion tient lieu de délation, l'information disparaît sous le buzz, Internet et la presse trash font office de police secrète, où la rumeur succède à la calomnie et où l'oeil de Moscou cède la place à l'oeil de boeuf d'un appareil numérique"."

(L'Express, 1er octobre 2009)

La consubstantielle fragilité démocratique

"Jean-Claude Guillebaud : "Comment sauverons-nous la démocratie sans l'élixir de la croissance ? Nul ne le sait. C'est d'ailleurs vers cette Asie mirobolante, cette Chine affolée d'enrichissement et d'Orient industrieux que la croissance s'est expatriée. Ainsi, un fantasme nouveau hante-t-il désormais l'Europe, celui de la consubstantielle fragilité démocratique. Voyez déjà comme nos démocraties se durcissent, se raidissent tandis que réapparaissent, après démaquillage, les corporatismes, les frivolités people, les individualismes obstinés, les égoïsmes nus et cette "avidité des riches" que - bien avant le Christianisme - condamnait Aristote. Danserons-nous encore longtemps sur le Pont d'Avignon ?""

(TéléObs, 1er octobre 2009)

Ciblage comportemental des internautes

"Voilà plus d'un an que les grandes régies publicitaires sur Internet mettent en oeuvre, en catimini, ce "ciblage comportemental". (...) A en croire leurs promoteurs, une campagne ainsi conçue serait 2 à 3 fois plus efficace qu'une publicité classique. Plus besoin de se cantonner aux sites proches de son secteur d'activité pour acheter de l'espace (ciblage contextuel). (...) Tous les grands ténors du Web - Microsoft, Yahoo, AOL... - ont concocté leur offre. Google teste une solution qui devrait être commercialisée avant la fin de l'année (...) Dans son principe, le ciblage comportemental repose sur 2 procédures : le traçage de l'internaute, puis son profilage. La première opération s'effectue à l'aide d'un cookie. Ce fichier informatique envoyé par le site visité sur le disque dur de l'internaute permet de tracer l'historique de sa navigation à chaque connexion. La phase de profilage est plus délicate. Pour être efficace, une régie doit pouvoir s'appuyer sur une audience importante (10 à 15 millions de visiteurs uniques) et suffisamment diversifiée pour constituer un large panel de profils (...) A partir de quand un internaute est-il suffisamment "cerné" pour être rangé dans une famille donnée (cluster) ? L'expertise des opérateurs est encore empirique. Chacun utilise ses propres algorithmes."

(Enjeux Les Echos, Octobre 2009)

Crédit photo : Jean-Luc Raymond. Oeuvre de Street Art. Galerie Agnès B. Paris 4e. Octobre 2009.

samedi 3 octobre 2009

Syndrome Blackberry, Consommation de la data, Réalité augmentée, Autocontrôle

La rubrique Tendances, c'est un condensé de ce qui pointe le bout de son nez. Expressions ou termes d'aujourd'hui, bribes de pensées sur notre temps, concepts du moment... Les mots soulignés correspondent à des traits de Tendances. Notre monde est en recherche permanente d'instances. Bonne lecture!

Syndrome Blackberry

"Marco Diani : "Il existe désormais dans la recherche scientifique mondiale ce qu'on appelle le BlackBerry Syndrom c'est-à-dire le Syndrome des interruptions. C'est gravissime et il y a des recherches très avancées qui vous disent que vous ne pouvez plus fonctionner normalement en tant que processeur humain si vous êtes interrompus toutes les 15 secondes d'une manière ou d'une autre, que ce soit par un ordinateur, un coup de fil ou un mail.""

(Europe 1, Le Temps de le dire, Pierre-Louis Basse, 26 septembre 2009)

La consommation de la data

"Combien y a-t-il d'utilisateurs d'iPhone en France ? Xavier Couture (Directeur des contenus d'Orange) : "1,1 million d'iPhone Orange selon nos dernières statistiques." Comment l'utilisent-ils ? Xavier Couture : "Orange France a constaté que, dans la consommation de la data - c'est-à-dire, à la fois Internet et la télévision -, les propriétaires d'iPhone sont infiniment plus consommateurs que les autres. 6 à 8 fois plus"."

(Médias, Automne 2009)

Réalité Augmentée ou RA

"Frédéric Joignot : "La réalité augmentée (RA) consiste à superposer une créature ou un espace virtuel au réel. Elle dédouble notre monde qui rétrécit. Ainsi Sony propose déjà un "chien virtuel", Eye Pet, avec qui jouer à la balle chez soi, en le faisant apparaître n'importe où (voir la vidéo sur YouTube). Mais la RA se développe surtout sur les téléphones portables. Apple propose Métro Paris, une application pour iPhone utilisable en pleine rue, qui cherche la station la plus proche d'où vous vous trouvez et vous y guide. Google offre sur la plate-forme Android la carte du ciel Sky Map, qui décrit le ciel au-dessus de vous. Le logiciel Kooaba, lui, reconnaît l'affiche ou le package d'un produit culturel, film, CD, DVD ou jeu vidéo. Vous prenez l'objet en photo, et Kooaba vous propose les liens vers le site officiel, Wikipédia, YouTube, etc. C'est la réalité augmentée. Ce n'est que le début"."

(Le Monde Magazine, 26 septembre 2009)

Autocontrôle dans le cadre du travail

"Marin Ledun (Chercheur en Sciences Humaines et Sociales, Ecrivain) et Brigitte Font Le Bret (Psychiatre et Médecin du travail à Grenoble) s'expriment sur l'évaluation individuelle à l'origine du mal-être des salariés : "Les critères arbitraires du "savoir-être" et de "l'employabilité" sont évalués en plus du savoir acquis et du savoir-faire issu de l'expérience. Un double autocontrôle s'instaure : celui de chaque individu sur ses performances, et celui des équipes de travail sur chaque membre. Le modèle de l'autocontrôle (et la peur de perdre son emploi) gagne sur les 2 tableaux : il court-circuite les tendances à former des contre-pouvoirs collectifs par l'individualisation des salariés mis à concurrence, et il déplace la responsabilité des dirigeants vers la pression incontestable de la "demande" et de la concurrence."

(Le Monde, 26 septembre 2009)

Crédit photo : Jean-Luc Raymond. Oeuvre de Street Art. Paris 6e. Mai 2009.

vendredi 25 septembre 2009

Crisogène, Archipels urbains, Webnapperon, Buzz-moi

Suite sur ce blog de la rubrique Tendances. Expressions ou termes du moment, bribes d'idées sur notre temps, concepts à la mode... Les mots soulignés correspondent à des amorces de Tendances. Notre monde est en perpétuel recherche de repères. Bonne lecture!

Crisogène comme crise

"D'abord la société se judiciarise : tout dommage doit être réparé et chaque accident, avoir son responsable. On veut des coupables, on adore les victimes ; ensuite, les salariés se distancient de l'entreprise et balancent plus volontiers : les contre-pouvoirs associatifs se sont structurés et bénéficient d'un énorme capital de confiance ; le Web 2.0 sert de formidable caisse de résonance et relaie sans aucune médiation une "opinion publique" sans visage ayant la capacité terrifiante de surveiller et punir. Mais la crise médiatique fleurit surtout sur la nouvelle charge morale qui pèse sur l'entreprise. Finie, l'époque où l'on demandait juste à une boîte de produire des bien, aujourd'hui, on exige de la moralité des dirigeants - voir la multiplication des crises liées aux salaires des patrons - et des politiques. (...) Par-dessus tout, on exige le respect de la Valeur Sacrée : l'écologie. "On voit de plus en plus de crises qui naissent de la nécessité de communiquer sur autre chose que son propre savoir-faire" explique Christophe Reille, conseiller en communication. "Avoir un rôle citoyen est devenu une préoccupation stratégique pour les entreprises. En conséquence, lorsqu'il y a une grande différence entre les attentes de l'opinion publique et la réalité des pratiques, on est dans une situation hautement crisogène". Le communicant de crise se trouve précisément là, entre la moralisation des rapports sociaux, la compassion placée au coeur du discours public et notre goût pour la mise en récit de l'actualité, surtout quand elle est trop ennuyeuse ou complexe."

(Technikart, Septembre 2009)


Un monde d'archipels urbains

"Marcel Hénaff, anthropologue et professeur à l'Université de San Diego : "Quelque chose s'est passé dans les villes européennes, qui n'a paseu lieu dans les villes au Moyen-Orient, de Chine ou du Japon : la formation ce que nous appelons un "espace public". A Athènes, l'assemblée était originairement faite du cercle des guerriers, dégageant en son milieu un espace neutre, où l'on déposait le butin et d'où devait se prendre la parole. (...) Cette idée d'un espace public ouvert à tous, fondamentale dans notre culture politique, est restée en grande partie étrangère aux villes des autres cultures. Elle est liée à notre philosophie : c'est l'idée selon laquelle, à la parole autoritaire ou magique, doit succéder une parole débattue, contradictoire, falsifiable, celle de la science. (...) Je crois en effet que nous sommes en train de sortir du modèle centré, qui était celui des villes européennes mais aussi asiatiques. Nous allons vers des conurbations, vers un monde d'archipels urbains de plus en plus étalé. Cette évolution correspond à l'apparition d'une nouvelle complexité, d'un autre mode de relation entre le local et le global. La globalisation a fait naître la peur d'une homogénéisation. Avec l'essor de la ville-réseau, nous nous trouvons au contraire, comme le montre Los Angeles, nébuleuse de villes-îles dans la Mégapole, devant un triomphe du vernaculaire, une multiplication des communautés locales et une nouvelle chance qui leur est offerte."

(Philosophie Magazine, Septembre 2009)

Webnapperon : une histoire de cartes-objets

"La personne âgée pose la carte d'anniversaire sur le napperon (webnapperon) et aussitôt ses petits-enfants apparaissent dans un film vidéo sur l'écran numérique ; puis elle place un boîtier de CD sur le napperon et peut écouter ses musiques préférées ; un autre geste pour déposer une boîte de médicaments, et les données de la prescription s'affichent à l'écran. Magique, le napperon ? Plutôt technologique, car ce qui s'apparente à un tour de passe-passe suppose au préalable une configuration réunissant trois éléments : un écran ou cadre-photo avec une connexion internet, un lecteur de cartes RFID (codes-barres sans fil) placé sous le napperon et autant d'étiquettes RFID qu'il y a de cartes ou d'objets correspondant aux applications souhaitées. Bien entendu, les tags RFID sont collés sur les cartes ou les objets. Ultime condition, la famille ou les proches auront auparavant publié sur un site internet dédié les contenus destinés à être "lus" par la personnage âgée. Les contenus associés aux cartes-objets sont reconnus et affichés en provenance du Web et grâce à des flux RSS et des podcasts (informations/émissions radios). Le webnapperon permet également d'envoyer des messages SMS via Twitter."

(La Gazette des Communes, 7 Septembre 2009)

Buzz-moi


"Christophe Donner à propos du nouveau livre d'Aurélia Aurita : "Buzz-moi : "Tout le monde en a parlé, il y a eu un buzz, elle en a vendu des milliers, 3 ans après, elle raconte, toujours en images, les aventures d'une jeune auteure catapultée dans les sphères de la gloire. Elle n'a pas peur de dire les choses, de donner des noms (...) Et elle, en tant que quoi elle est là ? Blandine entre dans la fosse aux lions. Interruption de programme. La mire. Comme si on l'avait anesthésiée pour l'opération. Le soulagement qu'elle ressent en sortant lui fait croire qu'elle en gardera un bon souvenir. En vérité, elle ne se souvient de rien, pas même d'avoir d'avoir été charcutée, promue, bouffée toute crue. Et ça ne lui sert pas de leçon. (...) On reconnaît le sommet de la gloire quand la rédactrice de Elle vous interroge sur le sommet de la gloire. (...) Heureusement, il y a les lecteurs. Les rencontres. Les gens humbles, authentiques, timides, des muets (...)"

(Le Monde 2, 12 septembre 2009)

Crédit photo : Jean-Luc Raymond. Oeuvre de Street Art. Paris 1er. Septembre 2009.

mardi 15 septembre 2009

Sound Design, Trop de proximité nuit, Followers as consumers, Remplir le vide : Tendances

Reprise sur ce blog de la rubrique Tendances. Mots ou expressions du temps, bribes de réflexion sur notre temps, concepts en vogue... Les mots soulignés correspondent  à des amorces de Tendances. Notre monde est en perpétuel devenir. Bonne lecture!

Sound Design : Quelques notes valent mieux qu'un long discours

"Après des décennies de dictature de l'image, l'identité sonore est désormais reconnue comme un argument de vente et une valeur ajoutée dans la communication, constate Julian Treasure, PDG de la Sound Agency à Londres et auteur de Sound Business. Une prise de conscience liée aux évolutions technologiques - podcasts, mp3, plate-formes de téléchargement - qui sont autant de nouveaux moyens d'aller à la rencontre du public. (...) Chez Brandy Sound, on parle de "déterminisme" et de "bonding". "Le but est de créer une intimité entre la marque et le consommateur en entraînant ce dernier sur le registre émotionnel", explique Olivier Covo, son directeur associé et... ancien d'Apple."

(Les Echos, Série Limitée n°76, Septembre 2009)

Trop de proximité nuit : effet limite

"Professeur de Sciences Politiques à l'Université de Lille 2, Rémi Lefebvre met en garde contre le culte de la proximité : "L'imaginaire de la politique fut longtemps marqué par la grandeur et la distance. Celle-ci était gage d'impartialité, de neutralité, d'efficacité et d'égalité. Cette légitimité s'est affaiblie. Les élus doivent montrer qu'ils sont en prise avec le "terrain", autre mot magique. L'action publique doit être réactive et territorialisée. Le terme de proximité s'est un peu usé. Mais la légitimité que le terme désigne reste centrale (...) La proximité, cela peut être aussi l'enfermement territorial ou identitaire le "court-termisme", l'absence de perspectives, la réponse en temps réel aux demandes des citoyens, et donc le consumérisme.""

(La Gazette des Communes, 31 août 2009)

Twitter: Don't Speak to your followers as consumers

"The key thing about Twitter is not to speak to your followers as consumers. Instead, you need to engage them as real people. If you ask them what they think about your programming, you have to have a real give-and-take. This is what motivate people to follow us on Twitter and helps us strengthen their ties to us," said Andrea Chiu, an associate producer with CBC's Radio programming department."

(Radio World International Edition, August 2009)

La consommation : façon de remplir le vide

"Philippe Moati, professeur à l'Université de Paris-Diderot, directeur de recherches au CREDOC : "(Avec la crise), il n'y a pas réellement de prise de distance par rapport à la consommation mais une aspiration à ce qu'elle tienne enfin ses promesses. Les offreurs ont jusqu'ici concentré leurs efforts sur le déclenchement de l'acte d'achat. L'enjeu pour eux est désormais la satisfaction du client en visant, au-delà de l'achat, les usages et les effets utiles. (...) Il faut bien comprendre que la consommation comme affirmation de soi est d'abord une façon de remplir le vide. Réduire son emprise suppose que le vide soit rempli par autre chose, par l'idéologie, par la culture, par d'autres formes de production du lien social. La crise ne devrait donc pas remettre en cause la place de la consommation dans notre société. Elle pourrait accélérer le passage à un modèle de consommation davantage centré sur les effets utiles pour les consommateurs et pour la société dans son ensemble.""

(Alternatives Economiques, Septembre 2009)

Crédit photo : Jean-Luc Raymond. Oeuvre de Street Art. Paris 4e. Septembre 2009.

vendredi 17 avril 2009

50 conseils pour rebondir en temps de crise



Hervé Bommelaer est consultant en outplacement au cabinet L'Espace Dirigeants. Ce diplomé de Sciences Po Paris et de l'Essec est auteur de deux livres chez Eyrolles : « Booster sa carrière grâce au Réseau » (2005) et « Trouver le bon job grâce au Réseau » (2007).

Hervé Bommelaer vient de signer « Rebondir en temps de crise » (toujours chez Eyrolles, Mars 2009), un ouvrage qui synthétise un positionnement professionnel choisi en ces temps troublés, une sorte de kit de survie qui rappelle des conseils de bons sens pour agir au quotidien.

Voici les titres des 50 bons réflexes au quotidien d’Hervé Bommelaer pour « Rebondir en temps de crise » :

1. Laissez la panique aux autres
2. Sortez la tête du guidon
3. Informez-vous
4. Ne résistez pas au changement, accompagnez-le
5. Remettez-vous en cause
6. Reprenez en main le volant de votre carrière
7. Rassurez vos patrons
8. Ne laissez pas tomber votre équipe
9. Soignez vos pairs
10. Choyez vos clients
11. Gagnez maintenant les nouveaux clients de demain
12. Trouvez de nouvelles idées et appliquez-les
13. Imitez les survivants
14. Travaillez votre chance
15. Adoptez la maxi-coopération
16. Communiquez, communiquez, communiquez
17. Soignez votre visibilité
18. Ayez un discours sur la crise
19. Vos problèmes personnels n’intéressent personne
20. Sortez dans la cour de récré
21. Soyez plus que jamais connecté
22. Développez de nouvelles connexions
23. Sortez de votre Réseau de clones
24. Investissez du temps dans les associations
25. Ne déjeunez jamais seul
26. Donnez pour obtenir
27. Proposez votre aide
28. N’oubliez jamais de demander
29. Cherchez maintenant votre prochain job
30. Prenez des risques
31. Préparez-vous à l’imprévu
32. Soyez dans l’action plutôt que dans la réaction
33. Fiez-vous à votre intuition
34. Investissez dans la confiance
35. Recherchez la confrontation
36. Racontez des histoires
37. Développez votre intelligence émotionnelle
38. Pensez et agissez de façon disruptive
39. Investissez dans une innovation de rupture : la politesse
40. Trouvez le bon contexte
41. Appliquez la résilience
42. Formez-vous
43. Échappez au syndrome du chic type
44. Faites-vous plaisir
45. Reprenez votre temps en main
46. Trouvez la bonne longueur d’ondes avec les autres
47. Gardez la forme
48. Recherchez les perles rares
49. Fuyez les toxiques
50. Laissez votre empreinte

samedi 14 mars 2009

Clarika, Bien mérité



Clarika "Bien mérité". Nouvelle chanson de la fée magique de la chanson française, Clarika, que j'ai eu la chance de découvrir, il y a plus de 10 ans. "Bien mérité" est extrait de l'album "Moi en Mieux" à paraître le 16 mars 2009. Voilà un morceau dont les paroles font sens avec un clip vidéo inventif...

Clarika "Bien Mérité" (paroles et musique Clarika, Jean-Jacques Nyssen)


La petite carte en plastique
Que l'Etat m’a donnée
Ah ouais
Je l'ai bien méritée
Naître en République
Dans une clinique chauffée
Ah ouais
Je l'ai bien mérité
Les bancs de mon école
Le pouvoir d'étudier
Ah ouais
Je l'ai bien mérité
Aller voir mon docteur
Quand j'me sens fatiguée
Ah ouais
Je l’ai bien mérité
La douceur de l'enfance
L'amour qu'on m'a donné...

Bah ouais, c'est vrai,
J'y avais pas pensé
Bah oui, pardi
On me l'a toujours dit
Bon sang, c'est sûr
C'est la loi de la nature
C'est l’évidence
T'avais qu'à naître en France

Et tant pis pour ta gueule
Si t'es né sous les bombes
Bah ouais
Tu l'as bien mérité
T’avais qu'à tomber
Du bon côté de la mappemonde
Bah ouais
Tu l'as bien mérité
Si la terre est aride
Y'a qu’à trouver d'la flotte
Bah ouais
Un peu de nerf mon gars
Pour la remplir, ta hotte
Bah ouais
On prend pas un bateau
Si on sait pas nager
Bah non
On n’a que c'qu’on mérite
Alors t'as mérité

Bah ouais
C’est vrai
J’y avais pas pensé
Bah oui
Pardi
On me l’a toujours dit
Bon sang, c’est sûr
C’est la loi de la nature
C’est l’évidence
T’avais qu’à naître en France
C’est l’évidence
T’avais qu’à naître en France

Bah ouais
J'y avais pas pensé
Bah tiens, c'est bien
Donnons-nous les moyens
C'est l'évidence
T'avais qu'à naître en France
C'est l'évidence
T’avais qu'à naître en France

samedi 19 janvier 2008

Christian Salmon Storytelling et l'invention du storytelling management

Christian Salmon évoque dans son passionnant essai "Storytelling" (La Découverte, 2007) comment les modes relatives au management font leur chemin ; un passage de son ouvrage plus qu'intéressant qui tend à relativiser la communication autour de méthodes de management qui se succèdent les unes les autres comme des "recettes" plus éprouvées qu'on ne le croit dans leur diffusion. Extraits de l'ouvrage de Christian Salmon "Storytelling" pour illustrer ce propos :

"Les gourous sont des pourvoyeurs de modes managériales. La popularité de leurs idées va et vient selon des cycles d'invention (quand l'idée est créée), de dissémination (quand l'idée est portée à l'intention d'un public ciblé), d'adhésion (quand l'idée est acceptée), de désenchantement (quand les évaluations négatives et les frustrations liées à cette idée commencent à émerger), puis de déclin ou d'abandon de l'idée... (...)

Le délai qui s'écoule entre l'apparition d'un nouveau schéma managérial et son pic de popularité s'est considérablement raccourci : il est passé de 14,8 années dans les années 1950 à 1970 à 7,5 dans les années 1980 et 2,6 dans les années 1990. Ces idées sont crées et diffusées à partir d'un réseau de sociétés de consultants, de business school et d'éditeurs, eux-mêmes en concurrence, et dont le succès auprès d'un public spécialisé (managerial audience) dépend de "leur capacité à identifier des attentes latentes et les préférences collectives" de ces consommateurs de management."

Pour comprendre ce qu'entend Christian Salmon par "Storytelling" et comment cette manière très répandue de communiquer imprègne les médias, la communication des entreprises et la communication publique/politique, lire son article pour Lekti-Ecriture : "Les nouvelles fictions du capital" (29 novembre 2006).

lundi 5 février 2007

Virtual commerce (tendance 052)

La rubrique tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Sur son blog marketing, Vanina Delobelle emploie l'expression Virtual commerce dans un contexte particulier, celui du monde virtuel Second Life : "Le virtual commerce vous connaissez ?" :

"(...) On connaissait le e-commerce, le m-commerce (...) mais maintenant il existe le virtual commerce ! Alors pour ceux qui ne sont pas familiers avec ce jeu (...), on est dans un monde virtuel. Mais ce qui est intéressant dans ce monde c'est qu'on peut acheter en "vrai". Ainsi il est possible d'acheter des ordinateurs Dell, des voitures Toyota ou encore une cannette de Coca. Vous configurez en ligne, dans le jeu, le produit que vous souhaitez acheter et ensuite votre monnaie virtuelle sera changée en vrais dollars et vous pourrez acheter directement sur le site du marchand. C'est comme ça que plus de 1,2 millions de dollars de transactions sont effectuées par jour à travers Second Life (...)."


Michel Leblanc évoque ce même terme dès novembre 2006 dans son article : "Le 3D est le futur du Web" :

"cNet a pris pied dans Second Life, de même qu’IBM qui a décidé d’investir massivement dans le jeu. Ils (IBM) ont même inventé un nouveau terme, le v-commerce, pour Virtual commerce. Ils ont déjà 230 employés à plein temps dans l’univers ainsi que plusieurs îles d’expérimentations."


Le 21 janvier 2007, le blog thématique Luxus publie un papier sur l'arrivée de la marque Dior sur Second Life en réemployant l'intitulé Virtual commerce :

"Grande nouvelle dans le domaine du vi-commerce (virtual commerce), Dior est la 1ère marque de luxe à faire irruption dans le monde de 2nd life, auprès de 2.5 millions d’avatars. Sur l’île Belladone, et ce jusqu’à fin juin, seront exposées 4 des 17 pièces de la nouvelle collection créée par Victoire de Castellane."


Le terme Virtual commerce trouve ainsi une nouvelle dénomination. Dans son sens premier, c'est l'un des termes anglais désignant le commerce électronique comme le rappelle le titre de l'ouvrage suivant sur la nouvelle économie : Evans (Philip), Wurster (Thomas), Getting real about virtual commerce, Harvard Business Review, Boston, novembre-décembre 1999 ou encore la page sur l'Electronic commerce de l'Office Québécois de la Langue Française.

lundi 29 janvier 2007

Folksonomies géographiques (tendance 051)

La rubrique tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Il faudra s'y faire : les folksonomies deviennent géographiques. En clair, on peut désormais présenter sur une carte sur Internet, les mots-clés (tags) qu'on a associés à des photos postés sur une plateforme. Ce projet expérimental développé par Yahoo s'appelle TagMaps utilise la base cartographique Navteq et des clichés extraits de Flickr mais on imagine facilement l'intégration de systèmes tels Delicious ou Digg.


Il y a donc 3 niveaux d'associations imbriquées : le lieu de prise de vue de la photo (coordonnées géographiques), les mots-clés personnalisés affectés à l'image et la situation géographique representée sur le support médiatique Internet. TagMaps permet de naviguer sur la carte et de rechercher des photos par mots-clés et par lieu et de les pré-afficher sur le côté avec des vignettes. On peut explorer cette carte mondiale de jour et de nuit.


Evidemment, on imagine des classifications collectives cartographiques qui seront pertinentes ou non dans une sorte de tryptique Internet ou bien une recherche multi-critères à 3 facettes. Plus d'explications sur TagMaps à cet URL (notamment le module de recherche World Explorer et l'application ZoneTag qui permet de poster des photos sur FlickR à partir d'un téléphone portable et de la géolocaliser). Via Social-Computing.

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